vendredi 10 juin 2016

Michel Sidibé : « En 2030, on ne pourra plus dire que l’épidémie de sida nous fait peur »

Plus de 190 Etats membres se sont réunis du 8 au 10 juin à New York pour réaffirmer leur volonté d’éradiquer le sida. Entretien avec Michel Sidibé, directeur exécutif de l’Onusida.

 

Est-ce réaliste d’imaginer un monde sans sida d’ici 2030 ?


Michel Sidibé Nous n’aurons pas zéro infection au sida en 2030. Mais j’espère que nous serons capables de contrôler l’épidémie comme un problème de santé publique. En 2030, on ne pourra plus dire que cette épidémie nous fait peur et qu’elle concentre toute notre énergie et nos ressources. 
Les pays les plus touchés par le sida se trouvent en Afrique. Comment expliquez-vous que le virus continue à se propager dans ces régions-là ?
La partie délaissée, c’est surtout l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Car l’Afrique australe a fait des progrès incroyables. Aujourd’hui, on a pratiquement contrôlé l’épidémie dans la plupart de ces pays en termes de réduction de nouvelles infections et de réduction des décès. Dans un pays comme l’Afrique du Sud, on a pratiquement 3,3 millions de personnes sous traitement, c’est le programme le plus large de traitement mené dans le monde. On observe une baisse des nouvelles infections chez les enfants de 86 %. Même chose au Swaziland, au Botswana. Donc on est dans une situation que je considère plutôt très encourageante en Afrique australe.


Un chiffre témoigne tout de même de la prévalence de la maladie : le sida reste la première cause de mortalité chez les femmes de 15 à 44 ans. Comment cibler cette population-là ?
Tant qu’on ne met pas les femmes et les jeunes filles au cœur de nos préoccupations, on ne gagnera pas contre l’épidémie du sida en Afrique : 73 % des nouvelles infections se produisent chez les jeunes filles. Ce chiffre stagne depuis vingt ans. Donc il faut absolument se battre contre les violences faites aux femmes, encourager l’éducation à la sexualité et arriver à garder ces jeunes filles à l’école le plus longtemps possible. Ce sont des stratégies indispensables si on veut gagner contre la maladie.

 

En ce qui concerne les populations les plus discriminées, homosexuels, prostituées et toxicomanes, comment se passe la prise en charge ?


Cela reste assez timide. Les gens pensent encore que le sida est une épidémie hétérosexuelle. Mais on voit quand même des changements. J’étais récemment au Kenya. Il y a quelques années, on ne pouvait pas parler des gens qui s’injectent de la drogue. Aujourd’hui, nous avons un très bon programme de réduction des risques, comme au Sénégal qui vient de créer un centre pour les toxicomanes. Il y a donc des pays qui commencent à revoir timidement leur politique en matière de discriminations pour essayer de prendre en compte ces populations-là.
(...)

10/06/2016, Lire l'intégralité de l'article sur le site internet du Journal Le Monde : http://www.lemonde.fr

mercredi 8 juin 2016

Portugal : le président met son veto à une loi autorisant la gestation pour autrui

Le président portugais de centre-droit, Marcelo Rebelo de Sousa, a mis, mardi 7 juin, son veto à une loi autorisant la gestation pour autrui (GPA) dans certains cas d’infertilité, approuvée mi-mai par le Parlement. Selon lui, la proposition de loi « n’est pas conforme aux conditions formulées par le Conseil national d’éthique et des sciences de la vie », qui demandait un encadrement plus strict de la gestation pour autrui.


La GPA est la pratique qui consiste pour une femme à porter et à mettre au monde un enfant pour le compte de tiers. Le Parlement portugais avait adopté le 13 mai un texte autorisant la GPA, limitée à certains cas d’infertilité féminine liés par exemple à l’absence ou au dysfonctionnement de l’utérus, sans contrepartie financière pour la mère porteuse.

 
Le texte était passé à une courte majorité et grâce à des voix de partis de gauche comme de droite. Le plus haut prélat de l’Eglise catholique portugaise, Dom Manuel Clemente, avait condamné cette décision le lendemain.
Selon la Constitution portugaise, le Parlement peut passer outre le veto présidentiel à condition de faire confirmer la loi par la majorité absolue de l’ensemble des députés.
Le président portugais a en revanche promulgué, mardi, une loi élargissant aux couples homosexuels féminins et aux femmes seules le recours à la procréation médicalement assistée (PMA), ainsi que le retour aux 35 heures hebdomadaires pour les salariés du secteur public.

Le Monde.fr avec AFP |

mardi 7 juin 2016

Espérance de vie : des progrès inégaux

L’espérance de vie a progressé de manière spectaculaire depuis 2000, mais les grandes inégalités sanitaires persistent dans et entre les pays, selon les Statistiques sanitaires mondiales publiées par l'Organisation mondiale de la Santé. Revue de détails.

bébé Afrique sourire
Les nouveau-nés dans 29 pays, tous à haut revenu, ont une espérance de vie
moyenne d’au moins 80 ans tandis que dans 22 autres pays, tous en Afrique
subsaharienne, elle est de moins de 60 ans.

L’espérance de vie a augmenté de 5 ans entre 2000 et 2015, soit la hausse la plus rapide depuis les années 1960. Ces progrès inversent les tendances à la baisse observées dans les années 1990, notamment en Afrique à cause de l’épidémie de sida et en Europe de l’Est après la chute de l’Union soviétique. La hausse a été la plus rapide dans la Région africaine de l’Organisation mondiale de la Santé, où l’espérance de vie a gagné 9,4 ans pour atteindre 60 ans, grâce aux progrès en matière de survie de l’enfant, de lutte contre le paludisme et d’extension de l’accès aux médicaments antirétroviraux pour le traitement du VIH.
Le monde a progressé à grands pas pour réduire les souffrances inutiles et le nombre des décès prématurés dus aux maladies que l’on peut éviter et traiter, a déclaré le Dr Margaret Chan, Directeur général de l’OMS. Mais ces progrès ont été inégaux. Aider les pays à atteindre la couverture sanitaire universelle en se fondant sur un solide système de soins de santé primaires est la meilleure chose que nous puissions faire pour veiller à ne laisser personne à la traîne.

L’espérance de vie diffère selon le lieu de naissance

 

À l’échelle mondiale, l’espérance de vie pour les enfants nés en 2015 était de 71,4 ans (73,8 ans pour les filles et 69,1 ans pour les garçons) mais, au niveau individuel, la perspective dépend du lieu de naissance. Le rapport montre que les nouveau-nés dans 29 pays, tous à haut revenu, ont une espérance de vie moyenne d’au moins 80 ans tandis que dans 22 autres pays, tous en Afrique subsaharienne, elle est de moins de 60 ans.
Avec une durée de vie moyenne de 86,8 ans, c’est au Japon que les femmes peuvent espérer vivre le plus longtemps. Pour les hommes, c’est en Suisse qu’ils vivent le plus vieux en moyenne : 81,3 ans. La population de la Sierra Leone a la plus faible espérance de vie au monde pour les 2 sexes : 50,8 ans pour les femmes et 49,3 ans pour les hommes. L’espérance de vie en bonne santé, c’est-à-dire le nombre d’années en bonne santé qu’un enfant né en 2015 peut s’attendre à vivre, est de 63,1 ans au niveau mondial (64,6 ans pour les femmes et 61,5 ans pour les hommes).
Les Statistiques sanitaires mondiales de cette année compilent les données les plus récentes sur les cibles liées à la santé dans les objectifs de développement durable (ODD) adoptés par l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2015. Le rapport fait ressortir des lacunes importantes au niveau des données qu’il faudra combler pour suivre les progrès en matière de santé pour les ODD. Par exemple, on estime que 53% des décès dans le monde ne sont pas enregistrés, bien que plusieurs pays, dont l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, la République islamique d’Iran et la Turquie, aient fait des progrès considérables dans ce domaine.


lundi 6 juin 2016

Déserts médicaux : « la France entière est concernée »

Le conseil national de l'Ordre des médecins a publié le 2 juin son 10e Atlas national de la démographie médicale. Pas d'inversion de la courbe, la désertification va continuer jusqu'en 2025.

© Fotolia
 
 
Les statistiques de l’Ordre sont toujours présentées en entonnoir  : d’abord le nombre d’inscrits soit 285 840 médecins au 1er janvier 2016, puis les actifs soit 215 583, enfin les médecins dits « à activité régulière », c’est-à-dire hors médecins remplaçants ou temporairement en inactivité, soit 198 144. Ce sont évidemment ces derniers qui font la réalité du terrain.
Sur 10 ans, si le nombre de médecins en activité régulière se maintient (-0,4%), le nombre de médecins retraités est en forte augmentation (+87,7%). Ils sont désormais 70 257 médecins retraités inscrits à l’Ordre.

Un nombre stable de spécialistes

 

Les spécialités médicales (hors médecine générale puisque, rappelons-le, il s’agit d’une spécialité) et chirurgicales voient, dans l’ensemble, leurs effectifs augmenter.
L’Ordre recense 85 064 spécialistes en activité régulière, soit une augmentation de 7% des effectifs depuis 2007. La tendance à la hausse devrait se confirmer jusqu’en 2025 pour atteindre 91 012.
Mais certaines spécialités ne sont pas aussi chanceuses que d’autres. Ainsi, la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent est au bord du naufrage avec une chute de ses effectifs de 50% sur la période 2007/2016. Au hit-parade de la baisse, la médecine du travail vient en seconde position (-14,6%), puis la dermatologie et la rhumatologie (-9%)

La perte d’un généraliste sur quatre d’ici 2025

 

Mais ce sont les effectifs de médecins généralistes qui sont les premiers touchés par le nombre important de départs en retraite. La chute est inexorable, et pourrait se traduire par la perte d’un médecin généraliste sur quatre sur la période 2007-2025.
Au 1er janvier 2016, 88 886 généralistes exercent en activité régulière tous modes d’exercice confondus. Sur la période 2007/2016 les effectifs ont diminué de 8,4%
A l’échelle régionale, les disparités territoriales sont considérables.
Côté baisse des effectifs, c’est la région Ile-de-France qui enregistre la plus forte diminution de généralistes depuis 2007  : -18,7%, suivie, sans surprise, de la région Centre (-13,1%), puis, quasi à égalité, de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et de la région Nord-Pas-de-Calais/Picardie.
A l’inverse, la Bretagne et les Pays-de-la Loire tirent leur épingle du jeu avec une hausse respective de 0,4 et 1,3% de leur médecins généralistes. Mais pas toute la Bretagne, et pas tous les Pays de la Loire, comme le montrent les statistiques infra-régionales que publie régulièrement l’Ordre des Médecins.
desertMed-CNOM-2016 Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

 

Équilibre entre exercice salarié et libéral

 

En termes de modes d’exercice, on constate un équilibre entre médecins salariés (45,8%) et libéraux exclusifs (43,9%). Les 10,3% des médecins restant sont en exercice mixte. L’exercice libéral n’est pas délaissé par les jeunes médecins : s’il est vrai que, lors de leur première inscription à l’Ordre, seuls 10,8% en font le choix, ce taux remonte sensiblement quelques années après. Par exemple, 33,3% des inscrits de 2008 exercent en libéral en 2016.

L’impact des stages en médecine de ville

 

L’Ordre a inclus dans son Atlas 2016 les résultats d’une intéressante enquête sur l’impact des stages ambulatoires sur le choix des étudiants d’exercer ou pas la médecine générale. Ils « illustrent de façon éloquente la nécessité de développer une formation initiale plus proche du terrain – et le plus tôt possible dans le cursus des études de médecine », a commenté Jean-François Rault, président de la section santé publique et démographie médicale de l’Ordre. Plébiscités par les étudiants, ces stages permettent « de renforcer l’attractivité d’une spécialité et de territoires en souffrance ».

Un levier en amont

 

« En réalité, la France entière est concernée » a déclaré Patrick Romestaing, vice-président de l’Ordre, en ouvrant un débat sur la désertification dans la foulée de la présentation de l’Atlas 2016.
Côté Ordre, deux des dix propositions du Livre blanc «  Pour l’avenir de la santé  », publié en janvier dernier, visent précisément à rapprocher les études de médecine du terrain  : la réforme du numerus clausus et de la première année «pour une meilleure adaptation aux besoins des territoires  » (n°8) et la régionalisation de la formation initiale et le renforcement de la professionnalisation du deuxième cycle à l’internat (n°9). Mais on est dans le moyen terme…
Et en attendant, que fait-on  ? Marie-Caroline Bonnet-Galzy, Commissaire générale à l’égalité des territoires (CGET) a évoqué les mesures incitatives mises en œuvre par le Pacte Territoire Santé. Dont le contrat d’engagement de service public (CESP) qui permet aux étudiants de percevoir une bourse de 1000 euros contre un engagement d’exercer dans un désert médical. 1700 CESP auront été signés fin 2016 et les 100 premières installations réalisées ce qui n’a pas empêché plusieurs intervenants d’afficher un profond dédain pour cette mesure, les étudiants qui travaillent au Mc Do et les contribuables apprécieront… Jean-François Longeot, sénateur du Doubs et Pierre-Marie Lebrun, co-président du Collectif interassociatif sur la santé  (CISS) ont eux aussi manifesté leurs préoccupations sur le court terme.
D’autres ont souligné les risques de la surenchère entre territoires. Car, pour le moment, le constat est unanime, les médecins qui sortent des facultés se voient dérouler les tapis rouges par les médecins libéraux sur le départ, les collectivités locales, les hôpitaux… « Ils sont les rois du pétrole », soupire un médecin dans la salle…

Publié le • Par • La Gazette des communes.

dimanche 5 juin 2016

Cancer : un patient sur cinq ne peut pas se payer les médicaments

Le prix prohibitif des médicaments contre le cancer contraint de nombreux Américains à renoncer aux traitements, d'après une étude présentée au congrès de l'ASCO.

 Cancer : un patient sur cinq ne peut pas se payer les médicaments 
shirotie/epictura

Médicaments trop chers, absence d'assurance maladie et précarité financière... Les obstacles pour accéder aux traitements contre le cancer s'accumulent outre-Atlantique. Alors que le congrès de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO) s'est ouvert à Chicago (États-Unis), des chercheurs alertent sur la situation désastreuse que vivent de nombreux malades.
Une proportion accrue de patients renoncerait à acheter les médicaments nécessaires ou à se rendre à leurs rendez-vous médicaux car ils n'auraient pas les moyens de se les payer.

Un patient sur cinq

L'étude, présentée au congrès de l'ASCO, est menée par une équipe de l'Université de North Carolina. Elle se base sur des questionnaires remplis par     1 992 patients adultes du North Carolina cancer Hospital. Les questions portaient sur le coût et l'accessibilité des soins, ainsi que sur l'adhésion aux traitements. 
Les scientifiques ont cherché à calculer le pourcentage de patients se disant en situation de « toxicité financière »: 26 % étaient dans ce cas, assurant payer plus pour leurs soins que ce qu'ils pouvaient se permettre de débourser.
Près d'un patient sur 5 se passe de leurs médicaments, car ils ne pevent les payer. 11% d'entre eux disaient également avoir déjà manqué leurs visites de suivi médical.
Les conséquences de ces renoncements aux soins peuvent être très graves et altérer les chances de guérison et de survie. « Vous pouvez leur prescrire le meilleur médicament du monde, si les patients ne l'achètent pas, vous n'aurez aucun effet (...) Nos malades doivent être suivis de près, ils sont très vulnérables. En raison des traitements prescrits, ils doivent recevoir une attention médicale régulière pour mesurer la réponse et les effets secondaires aux traitements», insiste l'auteur principal de l'étude, le docteur Greg Knight. 

Le prix des médicaments augmente

Parmi les raisons avancées par les patients pour expliquer pourquoi ils renoncent aux soins, certains mettent en avant l'absence de couverture  maladie, les problèmes de transports pour se rendre à l'hôpital ou le manque de moyens financiers au quotidien. 
(...)

05/06/2016, Lire l'article dans son intégralité : pourquoidocteur.fr

samedi 4 juin 2016

Newsletter de juin 2016 du DPFI

La newsletter du mois de juin 2016 du DPFI de Lormont du GRETA Nord Aquitaine vient de paraître.

Vous y trouverez toute l'actualité du GRETA Nord Aquitaine, les événements locaux en rapport avec les thématiques de l'emploi, des métiers, du social, de la santé ainsi que les différentes dates de concours.

Pour la télécharger, cliquez via ce lien : https://drive.google.com/newsletter_juin_2016 

Pour retrouver l'ensemble des publications du DPFI, cliquez via le lien suivant : http://actu33.blogspot.fr/p/blog-page_40.html

vendredi 3 juin 2016

Les déserts médicaux s'étendent: notre carte de France

La pénurie de médecins généralistes s'accentue en France. Depuis 2007, leur nombre a diminué de 8,4%. En voici l'évolution, département par département.

 
Le constat du Conseil national de l'ordre des médecins n'est pas pour rassurer. Si le nombre total de médecins ne baisse que lentement, la spécialité de médecine générale traverse une grave crise de vocations, martèle l'Ordre dans l'édition 2016 de son Atlas de la démocratie médicale, présenté ce jeudi. Depuis 2007, le nombre de généralistes a diminué de 8,4 %. 

Comme le montre la dernière étude du Conseil national de l'ordre des médecins, la Savoie et la Loire-Atlantique sont les seuls départements à être épargnés, depuis 2007, par la baisse du nombre de généraliste, rapporté à la population. Quant aux autres, la désertification ne les frappe pas tous avec la même virulence. Les plus durement atteints sont la Nièvre et... Paris. Les coûts élevés de l'immobilier dans la capitale sont en effet un frein à l'installation. 

La Mairie de Paris a bien lancé un plan d'aide. Mais il met du temps à se traduire sur le terrain. Au niveau national, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a lancé deux plans de lutte contre les déserts médicaux, qui ne suffisent pas à inverser la tendance. L'Ordre réclame donc une réforme structurelle. Et alerte: si rien n'est fait, de 2007 à 2025, la France aura perdu un quart de ses généralistes. 

Le Figaro, 02/06/2016.

Accès aux soins : la « fracture sanitaire » s’aggrave

Déserts médicaux, dépassements d’honoraires… Dans une étude publiée mercredi 29 juin, l’UFC-Que choisir étrille le bilan de la gauche en matière d’accès aux soins. Selon les calculs de l’association de consommateurs, l’accès géographique ou financier à un médecin généraliste, un gynécologue, un ophtalmologiste ou un pédiatre en 2016 s’est « dégradé pour plus de trente millions de Français » par rapport à 2012, date de la précédente étude. Son président, Alain Bazot, considère même que le pays se trouve aujourd’hui en « état d’urgence sanitaire », fustigeant « l’échec » du gouvernement et de l’Assurance-maladie en la matière.



Des chiffres éloquents viennent nourrir ce réquisitoire, qui tombe en pleine phase finale des négociations conventionnelles entre assurance-maladie et syndicats de médecins libéraux. En quatre ans, plus du quart (27 %) des Français ont vu diminuer le nombre de médecins généralistes accessibles en moins de 30 minutes de voiture. Au cours de cette même période, près de six Français sur dix (59 %) ont connu une réduction du nombre de gynécologues accessibles à moins de 45 minutes de route. Une tendance jugée « préoccupante ». Et pour les quatre spécialités étudiées, seuls 11 % à 19 % des patients ont vu leur situation s’améliorer depuis 2012.


« De toute évidence, les politiques d’incitation financière accordées aux médecins pour les convaincre de s’installer dans les zones sous-dotées sont un échec », notent les auteurs du rapport, relevant que d’une façon générale « les médecins sont moins bien répartis sur le territoire qu’en 2012 » et qu’« aucun département n’est épargné » par ce phénomène.

Pour dresser ce constat, l’UFC-Que choisir a réitéré une opération déjà menée en 2012. En début d’année, elle a « aspiré » – sans son accord – l’annuaire en ligne de l’Assurance-maladie qui recense de façon exhaustive la localisation et les tarifs des médecins libéraux français. Excluant de fait les médecins salariés par un établissement de santé – et c’est une des limites de l’étude –, elle a ensuite croisé ces données avec la répartition de la population sur le territoire, afin d’établir une carte des « fractures sanitaires ». Une zone avec un « accès difficile aux médecins » se caractérise ainsi par une densité médicale pour 100 000 habitants comprise entre 30 % et 60 % en dessous de la moyenne nationale. En deçà de 60 %, la zone est qualifiée de désert médical.

Le Monde, 29/06/2016
Article intégral en ligne :  http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/06/29/acces-aux-soins-la-fracture-sanitaire-s-aggrave_4960284_3224.html#X0OOjRuZ3zdku9dc.99

jeudi 2 juin 2016

Médecins : plus de retraités, moins de généralistes


La profession médicale est marquée par un nombre accru de retraités. La médecine générale en est la première victime.


Médecins : plus de retraités, moins de généralistes 


Publié le



Le Conseil National de l’Ordre des Médecins publie ce mercredi son Atlas national de la démographie médicale. Le document, riche en informations, décrit une profession dynamique qui continue d’attirer dans ses rangs les nouvelles recrues, mais plus que jamais marquée par des départs massifs à la retraite.

88 % de retraités en plus

 

Au 1er janvier 2016, le tableau de l’Ordre recensait 285 840 médecins – soit 1,7 % de plus qu’en 2015. Parmi eux, 215 583 sont en activité totale et 70 257 sont retraités, dont 26 % ont fait le choix de poursuivre l’exercice de la médecine.
Au cours de l’année l’année 2015, 7 714 médecins se sont inscrits pour la première fois à un tableau de l’Ordre (+79 % par rapport à l’année 2006). Toutefois, ces nouvelles arrivées ne compensent pas les départs à la retraite.
En effet, si l’on considère ces dix dernières années, les médecins retraités enregistrent un accroissement de 87,7 % de leurs effectifs. Bien que nombreux sont ceux qui continuent à travailler pendant leur retraite, la situation reste problématique, alors que le nombre d’actifs n’a augmenté, sur la même période, que de 1,2 %.



Source : Atlas de la démographie médicale, CNOM
 


Perte d’un généraliste sur 4 d’ici 2025

 

« Cet état de fait a un impact significatif sur la spécialité de médecine générale, écrit le CNOM. Alors que les spécialités médicales et chirurgicales voient, dans l’ensemble, leurs effectifs augmenter (…), les effectifs de médecins généralistes sont les premiers touchés » par les départs en retraite.
Ainsi, le nombre de généralistes connaît « une chute inexorable », qui devrait se poursuivre jusqu’en 2025, « ce qui pourrait se traduire par la perte d’un médecin généraliste sur quatre sur la période 2007-2025 », nous enseigne encore l’Atlas. Actuellement, le tableau de l’Ordre recense 88 886 médecins généralistes en activité régulière, soit une diminution de 8,4% des effectifs depuis 2007.

 

Disparités territoriales

 

A ce constat s’ajoute une très forte disparité territoriale. Alors que les territoires de la façade Atlantique, Rhône-Alpes et les territoires transfrontaliers (Nord, Est) voient leurs effectifs augmenter, d’autres zones sont marquées par une forte désertification. Ce sont des territoires qui « allient densité faible et manque d’attractivité », précise le CNOF.
Parmi eux, la région Centre, dont la densité médicale en activité régulière s’élève à 233 médecins pour 100 000 habitants – bien en deçà de la moyenne nationale (284 médecins pour 100 000 habitants). La tandis que la région PACA enregistre la plus forte densité avec 350 médecins pour 100 000 habitants.


Source : Atlas de la démographie médicale, CNOM


La médecine libérale attire

 

Enfin, en terme de modes d’exercice, le CNOM constate un équilibre entre médecins salariés (46 %) et libéraux exclusifs (44 %). Les 10 % des médecins restant allient exercice mixte entre libéral et salarié.
« L’exercice libéral n’est pas délaissé par les jeunes médecins : s’il est vrai que, lors de leur première inscription à l’Ordre, seuls 10,8 % font le choix de l’installation, une étude de cohorte de 2008 montre, qu’après quelques années, ce taux remonte sensiblement, 33,3 % des inscrits de 2008 exerçant en libéral en 2016 ».

mercredi 1 juin 2016

L’Assurance-maladie pourrait augmenter la consultation des généralistes à 25 euros



L’Assurance-maladie envisage de revaloriser de 2 euros le montant de base de la consultation des médecins généralistes, qui passerait de 23 à 25 euros.
Le prix de la consultation de base des médecins généralistes sera-t-il bientôt de 25 euros, contre 23 actuellement ? C’est en tout cas l’une des pistes envisagées par l’Assurance-maladie, selon un document consulté mardi 31 mai par l’Agence France-Presse (AFP). Ce texte doit servir de socle à la nouvelle séance de négociation prévue pour mercredi entre les syndicats de praticiens libéraux et l’organisme, concernant la future convention médicale, qui régit pour cinq ans les relations entre les deux parties, et fixe les honoraires.
Cette revalorisation de 2 euros « n’est pas définitive », explique l’Assurance-maladie. Un « équilibre global » doit être trouvé sur le plan financier pour l’ensemble des mesures détaillées dans la convention. Ainsi, l’augmentation du tarif de base ne sera pas compatible avec l’instauration d’un « tarif sensiblement majoré pour les consultations longues et complexes », que les syndicats réclament en supplément.

« Impacts en termes de bénéficiaires »

 

L’Assurance-maladie a chiffré les deux pistes évoquées par les organisations représentant la profession en cas de revalorisation à 25 euros. Elles « n’ont ni les mêmes coûts ni les mêmes impacts en termes de bénéficiaires », dit l’organisme.
La moins onéreuse consiste à mettre « en place une majoration qui permettra aux médecins généralistes de secteur 1 [pratiquant des tarifs « Sécu »] et secteur 2 adhérant au CAS [contrat d’accès aux soins, qui permet d’encadrer les dépassements d’honoraires] de bénéficier, selon un calendrier à définir, d’une valeur de la consultation équivalente à celle des autres spécialistes ». Cette mesure coûterait 570 millions d’euros, l’Assurance-maladie n’en remboursant qu’une partie.
L’autre solution consiste à supprimer une cotation de 2 euros (la majoration provisoire clinicien, MPC) dont profitent seulement les spécialistes (hors généralistes) pratiquant des tarifs « Sécu », leur consultation de base passant directement à 25 euros, comme pour les généralistes. Mais cela profiterait surtout aux spécialistes pratiquant des dépassements d’honoraires pour lesquels l’actuelle MPC ne s’applique pas, et qui verront donc leur consultation de base augmenter de 2 euros, pour un budget global en remboursable de 737 millions d’euros.

 

Trois niveaux de consultation

 

L’Assurance-maladie propose en outre de simplifier les rémunérations forfaitaires annexes dont bénéficient les médecins traitants pour la prise en charge des personnes âgées ou de pathologies lourdes, notamment, en leur substituant « une rémunération unique dédiée ». Celle-ci tiendrait compte « du niveau de complexité de la prise en charge » et serait majorée selon l’âge, la pathologie, ou la précarité du patient.
Ainsi, « une majoration serait appliquée » pour les médecins traitants ayant un taux de patients bénéficiant de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) supérieur à la moyenne nationale. Concernant la prise en charge des enfants, l’Assurance-maladie propose de remplacer les quatre niveaux de consultation existants par trois niveaux plus élevés, de 25, 30 et 46 euros pour les généralistes et 28, 31 et 46 euros pour les pédiatres.


Le Monde.fr avec AFP |