samedi 15 octobre 2016

La santé mondiale à la loupe

Espérance de vie, maladies chroniques, exposition aux risques : les données de santé des pays du monde ont été analysées par près de 2000 experts. Le Figaro propose un décryptage illustré des points les plus saillants.


Il aura fallu 1870 experts, travaillant dans 127 pays, pour dresser le bilan de santé de la population mondiale. Un travail titanesque, publié jeudi dans The Lancet, qui fait ressortir de grandes tendances: globalement, la santé des gens s'améliore. Mais les progrès sont inégalement répartis.
La population mondiale a gagné plus de 10 ans d'espérance de vie depuis 1980, un bond que l'on peut attribuer notamment au recul de la mortalité lié à des maladies infectieuses (sida, paludisme, diarrhées). Au Swaziland, l'espérance de vie, parmi les plus basses du monde, a ainsi progressé de 7 à 11 ans depuis 2005. À l'inverse, elle a reculé en Syrie sous l'effet de la guerre, notamment pour les hommes (moins 11 ans). La part globale des décès dus aux maladies cardiovasculaires et aux cancers régresse aussi, mais à un rythme plus lent.

Sur les 56 millions de décès constatés en 2015, 70% ont été causés par des maladies non transmissibles, souvent liées au mode de vie (alimentation, activité physique, tabac, alcool, etc.).
Parmi les facteurs de risques majeurs de décès figurent la pollution de l'air et le tabagisme, responsables respectivement de 6,5 et 7,1 millions de morts en 2015.

 
 Le Figaro santé, 06/10/2016.

(...)

vendredi 14 octobre 2016

L’égalité et la citoyenneté sont-elles menacées par le discours identitaire ?

Avec les contributions de Françoise Dumont, Présidente de la Ligue des droits de l’homme (LDH); Roger Martelli, Historien, codirecteur de la rédaction de Regards; François Dubet, Sociologue, ex-directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales.

Photo Niklas Halle'n/AFP

 Produire du commun face à l’obsession sécuritaire par Roger Martelli Historien, codirecteur de la rédaction de Regards.

FH-2015 - fete de l'huma 2015. village du livre. La Libération. Roger Martelli. ©Julien Jaulin/HansLucasDans les années 1970, la droite extrême a imposé une idée simple : l’égalité a laissé la place à l’identité. « Qui sommes-nous ? » : telle serait l’angoisse de notre temps…
Il est vrai que, dans les sociétés dominées par le capital, quelque chose va au-delà de la polarité centrale de la richesse et de la pauvreté. L’exploitation et la domination font corps avec l’aliénation : les individus sont dessaisis, à la fois de ce qu’ils ont et de ce qu’ils sont. Plus s’élargit le règne de la marchandise, plus s’étendent les mécanismes technocratiques de la « gouvernance », et plus se déploie le processus par lequels les hommes sont dépossédés d’eux-mêmes.

Tout ce qui donnait sens individuel et collectif à la vie s’érode, la sociabilité, les appartenances anciennes, la solidarité du labeur, le sens de l’État, l’utilité de l’engagement, la droite et la gauche. Dans ce maelström, on finit par ne plus savoir ce que l’on est, d’où l’on vient et, plus encore, où l’on va. Le passé s’éloigne et l’avenir se brouille. Le monde, de plus en plus présent, est étrange et inquiétant.
Le problème est que la complexité de ce monde rend l’origine des maux plus opaque. L’ouvrier avait face à lui le patron, le « singe » ou le « boss » ; le salarié, stable ou précaire, est confronté aux circuits financiers, invisibles, impalpables. La petite caste des décideurs reste dans l’ombre, laissant le devant de la scène aux commis et aux communicants. La politique, nous dit-on, ne peut plus grand-chose face aux « contraintes » du marché, de la « compétitivité », de la « flexibilité ».

Quand la cause du mal-être se fait évanescente, la tentation est grande de chercher un bouc émissaire. On le verra dans le plus proche, souvent le plus pauvre, celui que l’on ne veut pas devenir quand il y a moins de redistribution, de statuts, de droits protecteurs. Si nous n’allons pas bien, c’est parce que « l’autre » nous menace, fait que « nous ne sommes plus chez nous ». « Eux » et « nous », le « natif » d’un côté, « l’étranger » de l’autre ; celui qui est « de souche » et le « migrant ».

Ajoutons à cela la conviction que si le monde est instable, c’est parce que les « civilisations » s’affrontent et que, en leur cœur, se trouve toujours une religion. La boucle est alors bouclée : nous ne sommes plus chez nous parce que la mondialisation nous impose des flux ininterrompus de migrants et que trop d’entre eux sont sous la coupe de l’ennemi de « l’Occident », c’est-à-dire « l’islam ».

On ne met pas le doigt dans l’engrenage ; on ne dispute pas l’identité à la droite radicalisée.
Si le monde est instable et dangereux, ce n’est pas parce que des identités menacent, mais parce que les inégalités se creusent et que les discriminations s’exacerbent. Ce n’est pas en dressant des frontières et des murs que l’on se protège, mais en produisant du commun.
Les individus et les groupes ont besoin d’identifications, de repères, de racines, d’appartenances. Mais quand la multiplicité des appartenances se réduit à une seule, quand le processus mouvant des identifications se fige en identité, le risque est de passer très vite de la spécificité à la différence. La frontière qui sépare chacun d’autrui devient le principe premier de définition de soi.

Quand l’égalité n’est plus un horizon, quand le commun n’est plus considéré comme possible, il ne reste que deux options : se réfugier dans un universel abstrait, qui n’est le plus souvent que le masque d’une domination ; se réfugier dans le cocon de la « communauté », de l’entre-soi, du « nous » séparé de tous les autres.
Tous différents ou tous pareils ? Où est donc l’égalité ? Face à l’obsession identitaire, une seule réponse : la promotion du triptyque fondateur de l’égalité, de la citoyenneté et de la solidarité.

(...) L'Humanité, 12/10/2016.

Pourquoi jette-t-on autant d’aliments ?

A l’occasion de la Journée nationale de lutte contre le gaspillage, la chercheuse Mia Birau décrypte « les mécanismes psychologiques, largement inconscients, qui conduisent au gaspillage alimentaire ».


Selon la dernière étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), parue en mai, dix millions de tonnes de nourriture sont jetées chaque année en France. Soit l’équivalent de 16 milliards d’euros et de 15,3 millions de tonnes de CO2.
Ramené à chaque Français, cela représente 29 kg d’aliments jetés chaque année chez soi, et 155 kg sur l’ensemble de la chaîne alimentaire. La valeur de la nourriture ainsi perdue représente 240 euros par an et par personne.

A l’occasion de la Journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire et de la Journée mondiale de l’alimentation, dimanche 16 octobre, Mia Birau, chercheuse à Grenoble Ecole de management, auteure d’études sur les leviers psychologiques du gaspillage alimentaire, explique les ressorts conscients et inconscients qui conduisent les consommateurs à jeter autant d’aliments.

Les campagnes d’information sur le gaspillage se multiplient. Ont-elles un impact sur les consommateurs ?


Ces campagnes permettent de faire connaître le problème de gaspillage. Mais elles utilisent souvent un message culpabilisant, qui a l’effet inverse à celui recherché : les consommateurs, sous-estimant leur gaspillage, ne se sentent ainsi pas coupables. « Si tout le monde gaspille, pourquoi serais-je plus concerné que les autres ? », se disent-ils.
En revanche, si le message souligne la part de responsabilité des distributeurs et des restaurateurs, le consommateur est plus disposé à faire des efforts pour réduire le gaspillage, ne se sentant pas le seul concerné. Autrement dit, si le message n’est pas uniquement concentré sur lui, il est prêt à participer à l’effort.
Nos études montrent aussi que lorsqu’on explique que c’est facile de réduire son gaspillage, en somme, que l’on fait appel à la confiance du consommateur, le sentiment d’être accusé s’atténue. Le consommateur est alors disposé à faire plus d’efforts.

Constate-t-on un recul du gaspillage ?


Il n’existe pas aujourd’hui d’études conduisant à cette conclusion. Les analyses actuelles se concentrent sur l’estimation de la quantité et des volumes d’alimentation gaspillée, mais non sur son évolution.
Ce qui est sûr, c’est que la prise de conscience du problème s’accroît. Les programmes, les actions de lutte contre le gaspillage se multiplient. Mais la lutte contre le gaspillage est un chantier de longue haleine. C’est aussi une question de culture. Et changer les comportements prend du temps.
Le gaspillage s’explique-t-il en partie par la prééminence de normes sociales, hygiénistes ?
Certains mécanismes psychologiques, largement inconscients, conduisent en effet au gaspillage. Pour se rassurer sur son niveau de vie, pour conforter son image de « bons parents » prévoyants, d’hôtes généreux, on achète souvent trop.
Les consommateurs sous-estiment aussi le remplissage de leur congélateur, de leurs placards et pensent être en mesure de consommer tous les produits achetés avant la date de péremption.
Même au moment du repas, notre inconscient contrecarre les motivations qui ont guidé l’achat. Un souci diététique peut nous avoir poussé à acheter une salade, mais une fois à table, on se laisse tenter par une pizza, des pâtes. De la même façon, on achète un nouveau yaourt pour tester, changer, mais on continue à consommer son yaourt habituel.
Et les habitudes ont la vie dure : la tranche d’entame du pain, le fond de pot de sauce, le reste d’un plat finissent à la poubelle. Même la façon de stocker les aliments relève d’habitudes souvent bien ancrées. On met par exemple les bananes et les biscuits dans le frigo parce que nos parents ont toujours fait cela.
Quant aux dates de péremption, les consommateurs les interprètent souvent comme une alerte immédiate sur la sécurité alimentaire du produit, alors que pour beaucoup de produits, ce n’est qu’une date indicative. On ne fait pas de différence entre « consommer avant ou jusqu’au » et « consommer de préférence avant ». Un certain nombre d’aliments non ouverts finissent ainsi à la poubelle. De la même façon, les études montrent que l’on cuisine d’abord les derniers produits achetés. Les produits plus anciens sont inutilisés, puis jetés.

 Article intégral en ligne : http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/10/14/des-mecanismes-psychologiques-largement-inconscients-conduisent-au-gaspillage-alimentaire_5014017_3244.html

jeudi 13 octobre 2016

A quoi les migrants ont-ils vraiment droit en France ?

Idées reçues, caricatures ou fantasmes circulent sur le sort des migrants en France. Le point sur les dispositifs existants et les conditions pour y accéder.


Alors que la campagne politique en vue de l’élection présidentielle en mai 2017 a déjà commencé, la question des migrants s’immisce dans les discours, avec de nombreuses approximations. Parfois elle fait même l’objet d’une instrumentalisation, à l’opposé de la réalité extrêmement complexe à laquelle sont confrontés les candidats à l’immigration en France.

Pour y voir plus clair, nous avons résumé le dédale juridique actuel et le dispositif en place à travers six affirmations, clichés ou idées reçues.




Idée reçue 1/6



« Ils envahissent la France »


Les migrants en situation irrégulière sont, par définition, difficiles à dénombrer. Outre les migrants n’ayant jamais entamé de démarches, un certain nombre de déboutés du droit d’asile ne sont pas effectivement expulsés. La Cimade, un des grands services de soutien aux étrangers, a calculé qu’en moyenne 10 % des déboutés du droit d’asile sont renvoyés. Mais ce chiffre n’est qu’une estimation.

Si l’on regarde les statistiques des demandes d’asile et admissions sur près d’un demi-siècle, la France a, en effet, accordé un nombre record de 19 506 asiles l’an dernier, record lié à la guerre en Syrie et à des conflits plus anciens (Soudan, Irak, Afghanistan).

Le Monde, 12/10/2016.

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Article intégral en ligne : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/10/13/a-quoi-les-migrants-ont-ils-vraiment-droit-en-france_5012683_4355770.html






mercredi 12 octobre 2016

La longévité humaine a-t-elle atteint ses limites ?

Morte à 122 ans, Jeanne Calment était une exception: 115 ans semble être un âge maximum pour les supercentenaires.


Certains milliardaires, pas forcément américains, rêvent d'aller camper sur la Lune ou sur Mars et y consacrent une partie de leur fortune. D'autres aspirent à bénéficier d'une hypothétique fontaine de Jouvence et comptent bien accroître significativement leur durée de vie en finançant les recherches nécessaires. Parmi les laboratoires créés ces dernières années, la société Calico (California Life Company), filiale du secret Google X Lab fondée fin 2013, a pour devise: «Tuer la mort». Une autre société enrôlerait, dit la rumeur, de riches volontaires dans le cadre de soi-disant essais cliniques privés pour recevoir des transfusions de sang de personnes de moins de 25 ans… Faut-il y croire? Peut-on repousser d'hypothétiques limites biologiques de durée de vie?
Une équipe de généticiens du Albert Einstein College of Medicine de New York relance le débat dans le journal Nature. Les trois chercheurs apportent une réponse, tirée de données démographiques, dans une publication scientifique titrée La preuve d'une limite de la durée de vie humaine  (Evidence for a limit to human lifespan). Mieux encore, ils chiffrent cette limite à 115 ans en moyenne.

Un plafonnement à 114,9 ans

Pour arriver à ce résultat, les auteurs se sont plongés dans la Human Mortality Base, qui stocke les données de mortalité collectées dans 38 pays. Les chiffres donnent une sous-base de données sur la longévité internationale. Les chercheurs ont constaté que la durée de vie maximale enregistrée pour une année donnée (par exemple en 1990, ou 1991, etc.), dans les quatre pays comprenant le plus de supercentenaires (plus de 110 ans) -France, Japon, États-Unis et Royaume-Uni-, a augmenté rapidement entre les années 1970 et 1990, puis s'est mise à plafonner à 114,9 ans au milieu des années 1990. Jan Vijg, le principal investigateur, a même calculé que voir un être humain souffler 125 bougies d'anniversaire ne peut advenir que moins d'une fois tous les 10.000 ans.
Certains biologistes ont tout de suite noté, un brin hilares, que «si ce type d'études avait pu être mené autour de la naissance du Christ, la durée de vie maximale aurait été d'une trentaine d'années avec plusieurs siècles avant que cette limite ne bouge…».

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Le Figaro santé, 07/10/2016.

Article intégral en ligne : http://sante.lefigaro.fr/actualite/2016/10/07/25499-longevite-humaine-t-elle-atteint-ses-limites

mardi 11 octobre 2016

Santé : les Mueslis non bio plombés aux pesticides

Selon une enquête menée sur des paquets de muesli par l'ONG Générations Futures, 100 % des échantillons non bio analysés contiendraient des résidus de pesticides.

AFP


Alors que l'Union européenne patauge toujours pour mettre noir sur blanc une définition, acceptée de tous, des perturbateurs endocriniens, l'ONG Générations Futures, après enquête sur quinze échantillons, a révélé hier la présence de résidus de pesticides dans des mueslis aux fruits non bio. Une enquête qui tombe au plus mauvais moment pour la commission européenne qui ne cesse d’essuyer les critiques des défenseurs de l'environnement. Au début de l’été ceux-ci l’avaient en effet accusée de vouloir bafouer dans sa première mouture du texte sur ces fameux perturbateurs endocriniens (PE), tout  principe de précaution en exigeant un niveau de preuve de nocivité trop difficile à atteindre pour qu'une substance soit identifiée comme perturbatrice.
Voilà sans doute pourquoi Générations Futures, spécialisée dans l'étude des dangers liés aux pesticides et aux OGM et qui n’en est pas à son premier combat, s’est attaqué cette fois-ci à notre petit-déjeuner et plus particulièrement à notre bol de céréales. Le résultat est édifiant. Sur les mueslis étudiés et appartenant à de grandes marques (Kellogg's, Nestlé, Jordans...) ou des marques de distributeurs (Auchan, Leclerc, Carrefour...), en moyenne, ils  contiendraient 9,4 résidus de pesticides, dont 5,4 suspectés d'être des perturbateurs endocriniens. En détail, sur les 15 échantillons non bio, 141 résidus de pesticides ont ainsi été mis en évidence, dont 81 des perturbateurs endocriniens. « Dans les 15 échantillons non bio testés, 141 résidus ont été retrouvés au total, dont 70 ont pu être quantifiés, indique Générations Futures. Parmi ces 141 résidus, 81 sont des perturbateurs endocriniens suspectés, soit 57,44% du total. »

Mais comme si cela ne suffisait pas une molécule, le pyriméthanil, a aussi été détectée dans tous les échantillons non bio analysés. Or selon l'ONG, ce fongicide utilisé en viticulture a été  classé comme cancérigène possible aux États-Unis. De quoi inquiéter lorsque l’on apprend au travers de nombreuses études que les perturbateurs endocriniens diminuent non seulement la fertilité humaine, mais sont aussi soupçonnés d'affecter le système immunitaire, la fonction respiratoire chez l'enfant, et de favoriser le diabète.
Dans ce bol de mauvaise nouvelles, une seule bonne flotte à la surface: « Aucun résidu n'a en revanche été trouvé dans cinq échantillons de mueslis bio analysés.»  indique l'ONG.


Source : Eric Serres, Mardi 11 Octobre, 2016, L'Humanité.

lundi 10 octobre 2016

La newsletter du mois d'octobre 2016 du DPFI de Lormont du GRETA Nord Aquitaine vient de paraître.


Vous y trouverez toute l'actualité du GRETA Nord Aquitaine, les événements locaux en rapport avec les thématiques de l'emploi, des métiers, du social, de la santé ainsi que les différentes dates de concours.

Pour la télécharger, cliquez via ce lien : https://drive.google.com/newsletter_octobre_2016 

Pour retrouver l'ensemble des publications du DPFI, cliquez via le lien suivant : http://actu33.blogspot.fr/p/blog-page_40.html

vendredi 7 octobre 2016

Un nouveau CAP Petite enfance pour la rentrée 2017

Créé en 1991, le CAP Petite Enfance est pour la première fois de son histoire en train d’être rénové en profondeur. La nouvelle version de ce diplôme emblématique entrera en vigueur en septembre 2017.


A quoi ressemblera le nouveau CAP Petite Enfance ? S’il est encore trop tôt pour le dire, il est certain que ce diplôme de niveau V sera bien dépoussiéré à l’aube de ses 25 ans. Et il était temps. « A l’origine, le CAP Petite Enfance a été créé pour répondre à la demande des collectivités territoriales en matière d’accueil de jeunes enfants en milieu scolaire, rappelle Martine Paty, adjointe au chef du Bureau des diplômes professionnels à la Direction Générale de l’Enseignement Scolaire (DGESCO) du ministère de l’Education nationale. Depuis, les besoins en accueil collectif et individuel ont évolué, tout un champ de métiers liés au secteur éducatif a émergé. Par ailleurs, la nécessité de professionnaliser les acteurs accueillant les enfants de moins de 6 ans se fait de plus en plus sentir ». D’autant plus que ces protagonistes ne se limitent plus aux jeunes scolaires ou apprentis.

Moins de jeunes en formation initiale, plus de candidats adultes

Progressivement, le CAP Petite Enfance est devenu un diplôme très prisé par les adultes : mères de famille, demandeurs d’emploi, personnes en reconversion professionnelle ou en formation continue, candidats à la VAE, assistantes maternelles. « La moitié des personnes qui préparent ce CAP ont plus de 45 ans. A la session 2014, 2416 scolaires se sont présentés à l’examen contre 19054 adultes » précise Sylvie Maquin, responsable de la CPC 20, la commission professionnelle consultative de la DGESCO regroupant des professionnels publics et privés des secteurs sanitaire, social et médico-social. Il y a cinq ans, le découpage scolaires/adultes étaient respectivement de 1535 et de 13114. « Avec les perspectives d’emploi dans l’aide à domicile et l’accompagnement à la personne, les candidats individuels sont devenus de plus en plus nombreux. L’intérêt de ce public pour le CAP Petite Enfance est une spécificité qui ne se retrouve pas pour d’autres diplômes ».

Rédaction des référentiels du CAP Petite Enfance en 2016

La rénovation du CAP Petite Enfance n’en est encore qu’à ses débuts. Validée par la CPC 20 en janvier 2015, elle suit depuis un processus bien rôdé. « Notre bureau a organisé l’audition de professionnels, syndicats et opérateurs de la petite enfance : directeurs de crèches et d’établissements d’accueil de jeunes enfants, directeurs d’écoles maternelles, responsables des affaires scolaires et péri-éducatives, titulaires du CAP Petite Enfance, ATSEM, assistants maternels, aides à domicile, puéricultrices, Association des Maires de France, Familles rurales, entreprises de crèches privées… » cite Sylvie Maquin. Chacun a ainsi pu exposer les spécificités de son métier, la nature des activités réalisées par les titulaires du CAP Petite Enfance en situation d’emploi ou encore les avantages et limites de cette formation. Le CAMAM, un collectif de plus de 4300 assistantes maternelles, trouve ainsi que le diplôme est trop axé sur l’accueil en collectivité, et pas adapté au mode d’accueil familial. Le collectif milite d’ailleurs pour la création d’une formation spécifique "le CAP PE option Assmat" afin que leur métier soit professionnellement reconnu.
« Nous sommes aujourd’hui dans la phase d’analyse et de synthèse des données recueillies lors de ces auditions, indique Martine Paty du Bureau des diplômes professionnels de la DGESCO. Elles serviront à rédiger le nouveau référentiel des activités professionnelles du diplôme qui sera présenté à la CPC 20 au printemps 2016. Une réflexion sur les passerelles entre le CAP Petite Enfance et les autres diplômes du ministère de l’Education nationale sera aussi menée. Il faudra ensuite rédiger le référentiel des compétences, définir les épreuves, le règlement de l’examen. Ce travail se poursuivra tout au long de l’année 2016, pour une mise en œuvre du diplôme prévue à la rentrée 2017 ».

La réforme du CAP Petite enfance ne change rien aux débouchés possibles après l’obtention du diplôme. Vous pourrez toujours vous orienter vers les métiers d’Atsem, d’auxiliaire de puériculture ou d’aide-soignant hospitalier. Les métiers de l’animation vous sont aussi ouverts.

Source : france-examen.com 28/09/2016.