mardi 23 mai 2017

La difficile lutte contre l’antibiorésistance

La résistance aux antibiotiques est au menu du premier G20 de la Santé à Berlin : les bactéries sur qui les antibiotiques n’ont plus d’effets posent de nombreux problèmes. Il est cependant possible de les réduire.


Sur le front de la guerre contre la résistance aux antibiotiques, toute bataille gagnée sonne comme une petite victoire. En janvier dernier, la revue The Lancet Infectious Diseases exposait celle remportée dans les hôpitaux anglais sur une souche résistante de Clostridium difficile. Cette bactérie est responsable de diarrhée et de colites dites «pseudomembraneuses» souvent accompagnées de fièvre et de douleurs, dont les complications peuvent être extrêmement sévères voire mortelles. L’étude publiée par la revue spécialisée montre que restreindre l’utilisation d’antibiotiques de la famille des fluoroquinolones, comme la ciprofloxacine, a entraîné la disparition dans la grande majorité des cas d’infections causées par les souches de C. difficile résistantes aux traitements.
L’équipe de chercheurs d’Oxford a enregistré une baisse d’environ 80 % du nombre de ces infections au Royaume-Uni. Dans le comté d’Oxfordshire, au sud-est de l’Angleterre, où deux tiers des bactéries C. difficile étaient résistantes aux antibiotiques en septembre 2006, elles n’étaient plus que 3 % en février 2013! Dans le même temps, le nombre de bactéries transmises d’une personne à une autre n’avait pas changé. Et ce, malgré la mise en œuvre de mesures d’hygiène pour éviter la transmission dans les établissements hospitaliers. «Cette étude vient conforter l’existence du lien entre la prescription d’antibiotiques et le développement des résistances chez les bactéries », analyse le professeur France Cazenave-Roblot, infectiologue au CHU de Poitiers.
«Le taux de résistance de Escherichia coli est passé de 1,4 % à 11,9 en 10 ans !» Le professeur Pascal Astagnau responsable du centre de prévention des infections associées aux soins de Paris
La consommation massive d’antibiotiques exerce sur les bactéries
une pression de sélection: exposées à l’antibiotique, les souches sensibles cèdent la place
aux souches résistantes, qui prolifèrent. 147548355/Richard Villalon - Fotolia
 La difficile lutte contre l’antibiorésistanceLa difficile lutte contre l’antibiorésistanceLa difficile lutte contre l’antibiorésistanceLa difficile lutte contre l’antibiorésistance
En effet, la consommation massive d’antibiotiques exerce sur les bactéries ce que les scientifiques appellent une pression de sélection: exposées à l’antibiotique, les souches sensibles cèdent la place aux souches résistantes, qui prolifèrent. La résistance de la bactérie peut être innée ou acquise. Une bactérie résistante peut en effet transmettre son matériel génétique (plasmide) porteur d’un ou plusieurs gènes de résistance à une bactérie jusqu’alors sensible. Ces résistances plasmidiques concernent 80 % des résistances acquises et sont sans aucun doute les plus préoccupantes. Pour éviter la multiplication des résistances, diminuer la prescription d’antibiotiques demeure une nécessité, comme le prouve l’étude anglaise. Si l’ensemble de la communauté scientifique s’accorde sur ce point depuis des années, les résultats se font attendre. «Nous savons que nous consommons encore trop d’antibiotiques. En France, la situation n’est pas bonne», s’alarme le professeur Antoine Andremont, chef du service de bactériologie de l’hôpital Bichat à Paris.
«Les épidémies restent modestes en France car nous avons de très bonnes unités d’hygiène dans les hôpitaux qui savent éviter la diffusion de ces souches lorsqu’elles sont détectées»
Le docteur Jean Carlet, président de l’Alliance contre le développement des bactéries multirésistantes
Malgré les campagnes de communication et les mises en garde, la consommation est en effet repartie à la hausse entre 2005 et 2015, selon les données du rapport publié à la fin de l’année dernière. Une tendance particulièrement marquée en ville alors que la consommation à l’hôpital est restée stable. «Contrôler la consommation est sans conteste plus facile à l’hôpital. Nous devons aujourd’hui être vigilants sur les gestes qui peuvent être responsables de la transmission de bactéries comme par exemple la pose trop prolongée de sondes urinaires», souligne le professeur Alain Astier, pharmacien hospitalier à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil. Car malgré une consommation contenue, les résistances, à quelques exceptions près, progressent. «La résistance aux staphylocoques doré a diminué grâce à la mise en place de mesures d’hygiène», détaille le professeur Pascal Astagnau responsable du centre de prévention des infections associées aux soins de Paris. Celle-ci est en effet passée de 27 % en 2005 à 16 % en 2015. «Mais parallèlement on voit la progression d’entérobactéries résistantes», poursuit le spécialiste. C’est notamment le cas d’Escherichia coli. Le taux de résistance de cette bactérie responsable de gastroentérites ou encore d’infections urinaires est passé de 1,4 % à 11,9 !

Certaines entérobactéries productrices de carbapénémases confrontent les médecins à de véritables impasses thérapeutiques car elles sont résistantes à pratiquement tous les antibiotiques. «Heureusement, les épidémies restent modestes en France car nous avons de très bonnes unités d’hygiène dans les hôpitaux qui savent éviter la diffusion de ces souches lorsqu’elles sont détectées», souligne le docteur Jean Carlet, président de l’Alliance contre le développement des bactéries multirésistantes. Contenir leur diffusion va cependant nécessiter la mise en place de mesures drastiques et coûteuses. Conscient des enjeux, le gouvernement a annoncé un plan de campagne pour lutter contre l’antibiorésistance. Il doit maintenant être déroulé.

Le Figaro santé, 18/05/2017.

dimanche 21 mai 2017

Concentré de tomate made in China : bienvenue dans la mondialisation dégueu !

Il est sans saveur, peu cher, et donc partout dans nos sauces et pizzas de supermarché : le concentré de tomate industriel, venu souvent de Chine, fait l’objet d’une passionnante enquête.


À moins de ne jamais mettre les pieds dans les grandes surfaces ou dans la plupart des restos, il y a de grandes chances que vous en ayez déjà consommé. Et en grande quantité. Le concentré de tomate chinois est omniprésent dans la world food, la nourriture mondialisée qu’on engloutit du nord au sud, quels que soient ses goûts et ses revenus.

"Global sushi" ou comment la mondialisation vide les océansSauces, soupes, pizzas, surgelés… La pâte rougeâtre et visqueuse qui nimbe tous ces plats provient très souvent du Xinjiang, une province de Chine - pays qui, pourtant, consomme assez peu de tomate.

Comment en l’espace de 20 ans à peine, les cueilleurs et fabricants européens et américains de concentré ont-ils été supplantés par les Chinois, qui fournissent aujourd’hui les géants de l’agro-industrie comme Heinz, Kraft Foods ou Unilever ? C’est ce que décrypte "L’Empire de l’or rouge", une enquête de Jean-Baptiste Malet, qui sort en librairie ce mercredi 17 mai (Editions Fayard, 288 p., 19 euros).


Concentré de tomate made in China : bienvenue dans la mondialisation dégueu !
Jean-Baptiste Malet décrit le recours au travail forcé pour la
récolte de tomates en Chine, l'ajout d'additifs chez certains producteurs,
mais aussi la taylorisation des chaînes de production par exemple chez Heinz.
(CC0 Public Domain)

Mondialisation dégueu

Le journaliste de 30 ans, qui s’est fait connaître en 2013 pour son enquête saignante sur les conditions de travail chez Amazon  explique :

"Le point de départ de cette enquête, ce sont des barils de concentré de tomate que j’ai aperçus dans l’entreprise Le Cabanon, en Provence. J’ai vu qu’ils venaient de Chine, ça m’a interloqué. Pourquoi les faire venir de si loin ?"

Le Cabanon, racheté par un conglomérat chinois en 2004, a été littéralement dépecé et n’est plus aujourd'hui que le fantôme de lui-même. Il est arrivé la même chose chez les transformateurs de tomate de nos voisins européens et américains.

Ce terrifiant phénomène pourrait s’appeler la "sino-militarisation" de la tomate. C’est en effet au sein de conglomérats (Cofco Tunhe, Chalkis) - sortes d’Etats dans l’Etat tenus par des généraux de l’Armée populaire de Chine - que la grande gagnante de la mondialisation dégueu est produite. Cueillie et transportée par des ouvriers sous-payés, non syndiqués, parfois même par des enfants, cette tomate, gorgée jusqu’à la gueule de pesticides, ne ressemble en rien au fruit rond et avenant que l’on se figure.

"Tomate de combat"

Jean-Baptiste Malet explique :

"La tomate destinée à être transformée en concentré n’est pas ronde, mais de forme oblongue. Elle est lourde, dense, très dure, car elle a été génétiquement fabriquée pour pouvoir être transportée par bennes sans s’abîmer. Quand on la croque, c’est très surprenant : sa peau croustille !"

Ce caillou sans saveur, bidouillé par les savants des labos du géant Heinz contient 6% de matière sèche (près du double d'une tomate normale) pour être plus rentable à la tonne, et un pédoncule spécialement fragile pour être cueillie hyper facilement. Une véritable "tomate de combat" taillée pour évincer la concurrence. Et ça a marché !

Tout espoir n’est cependant pas perdu, insiste Jean-Baptiste Malet : le consommateur vigilant peut encore décider d’acheter du concentré de qualité, produit made in Europe plutôt que made in China. Mais c’est plus cher et plus difficile, forcément.

Arnaud Gonzague, L'Observateur, 16/05/2017.

vendredi 19 mai 2017

Les accidents cardiaques touchent beaucoup plus de femmes

Les maladies cardio-vasculaires sont devenues la première cause de mortalité chez les femmes en France. Elles tuent huit fois plus que le cancer du sein. Le documentaire Accidents cardiaques : les femmes en première ligne, diffusé sur France 5, se penche sur les raisons de cette nouvelle donne.


«C’était comme si quelqu’un s’était assis sur ma poitrine» ; «J’avais des nausées» ;«J’avais des douleurs dans le dos» ; «J’ai des douleurs dans la main gauche»… Tous les témoignages de femmes présentés dans le documentaire Accidents cardiaques: les femmes en première ligne, le prouvent: les symptômes d’une femme victime d’un infarctus du myocardene sont pas les mêmes que ceux d’un homme. Pourtant, nous rappelle ce film présenté dans Enquête de santé (France 5, diffusé mardi 16 mai à 20h50 puis accessible en replay), il est communément admis que la crise cardiaque est une affaire d’hommes! Or, aujourd’hui, une femme sur trois meurt d’une maladie cardio-vasculaire. Le cancer du sein tue huit fois moins.
Les femmes souffrent de nombreuses injustices vis-à-vis de la médecine en général. En ce qui concerne le risque cardiovasculaire, elles ont plusieurs handicaps. Il y a une méconnaissance patente, aussi bien dans le grand public que chez les personnels soignants, des signes de la crise cardiaque spécifiques aux femmes. D’où un «errement» diagnostic qui retarde la prise en charge de la patiente en crise.

Des artères plus petites et plus fragiles

Et ce d’autant que la gent féminine a tendance à attendre avant d’appeler les secours. Seules 21 % des femmes, contre 36 % des hommes, sont prises en charge moins de trois heures après le début de l’attaque. Le cas de Nathalie, alors âgé de 43 ans, fait froid dans le dos. Elle se plaint de douleurs, de fatigue, d’essoufflement. Son médecin parle de problèmes gastriques. Le cardiologue lui emboîte le pas. Après des mois d’analyses, d’examens plus ou moins désagréables, les médecins comprennent enfin que cela se passe du côté du cœur de Nathalie: elle a une artère presque complètement bouchée.
On s’est longtemps reposé sur les faits que les hormones féminines, les œstrogènes, protègent les artères féminines, qui sont, bien que plus souples, plus petites et plus fragiles que celles des hommes. Pour le Dr Stéphane Manzo-Silberman, les changements de mode de vie depuis vingt ou trente ans ont changé la donne. Les femmes en général font moins de sport, ont plus de stress, fument et boivent plus qu’avant, ont une mauvaise alimentation, d’où une augmentation des risques de diabète et d’hypertension. Et donc du risque cardiovasculaire. Chaque année, on constate une augmentation de 5 % du nombre de femmes de moins de 50 ans hospitalisées pour des problèmes cardio-vasculaires, alors que les chiffres restent stables chez les hommes.
La protection des œstrogènes a été modifiée par l’usage de la pilule avec œstrogènes de synthèse, surtout associée au tabac. Leur influence peut être modifiée lors de grossesses qui entraînent des pré-éclampsies (hypertension). Et il y a bien sûr la ménopause, qui est un facteur de risque supplémentaire. Le documentaire pose la question de savoir s’il ne serait pas judicieux que toutes les femmes puissent bénéficier d’une consultation-bilan au moment de leur ménopause.
Bien sûr, il existe des solutions médicales aux artères bouchées comme la pose de stent, ces petits ressorts qui permettent le retour d’un flux sanguin normal. Mais la maladie peut laisser des séquelles, devenir chronique, avec récidives… Il est important, nous dit-on, d’avoir des séances de rééducation cardiologique et d’adopter un mode de vie adapté. Autant le faire préventivement. Notre cœur le vaut bien.

Le Figaro santé, 16/05/2017.

mercredi 17 mai 2017

Diesel : 38 000 décès dans le monde seraient dus, en 2015, au dépassement des normes

Un article publié dans la revue « Nature » révèle que la moitié des voitures sur la planète dépassent les limites réglementaires d’émissions d’oxydes d’azote.

Voilà une étude qui ne devrait pas tarder à se retrouver sur le bureau des juges du pôle santé publique du tribunal de grande instance de Paris qui enquêtent sur le « dieselgate ».

Publiée lundi 15 mai dans la revue scientifique Nature, elle montre qu’un tiers des poids lourds et plus de la moitié des véhicules légers en circulation émettent beaucoup plus d’oxydes d’azote (NOx) que ne le permettent les différentes limites réglementaires auxquels ils sont théoriquement soumis. Elle révèle aussi que ces excès d’émissions ont été responsables d’environ 38 000 décès prématurés en 2015, principalement dans les pays de l’Union européenne, en Chine et en Inde.

Le groupe des oxydes d’azote, des gaz particulièrement nocifs pour l’homme et l’environnement, comprend notamment le monoxyde d’azote et le dioxyde d’azote. Ce dernier est quarante fois plus toxique que le monoxyde de carbone (CO), également présent dans les gaz d’échappement.
Logiciels truqueurs

En 2015, quand le scandale Volkswagen (VW) éclate, le constructeur allemand reconnaît utiliser depuis 2008 des logiciels truqueurs pour abaisser artificiellement les mesures des émissions de NOx de onze millions de ses véhicules pour satisfaire aux tests d’homologation.

Partie des Etats-Unis, la vague de révélations s’est ensuite étendue à l’Europe et à d’autres constructeurs. Ainsi, en France, outre VW, la justice a ouvert une information judiciaire contre Renault, PSA et Fiat-Chrysler pour « tromperie sur la qualité substantielle et les contrôles effectués avec cette circonstance que les faits ont eu pour conséquence de rendre les marchandises dangereuses pour la santé de l’homme ».

lundi 15 mai 2017

Évaluer ses droits en sept minutes

Évaluer ses droits à quinze aides sociales nationales en sept minutes, c’est la promesse du site mes-aides.gouv.fr. Un moyen « open source » qui permet de lutter contre le non-recours.


Selon un rapport de l’Assemblée nationale, le taux de non-recours au RSA socle est de 35 %, et de 68 % pour le RSA activité, soit près de 6 millions d’euros d’aides non distribuées (1).

La lutte contre le non-recours figure parmi les priorités du gouvernement, qui a d’abord expérimenté dans deux départements un « dossier unique » pour les prestations.

Mais c’est ce simulateur en ligne qui lui a été préféré. Après deux ans de test, relooké et fin prêt, il fait l’objet d’une campagne de communication lancée le 9 mars par Ségolène Neuville, secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion.



mes-aides.gouv.fr

Un site créé par le SGMAP. Réalisé en partenariat avec la Direction générale de la cohésion sociale, la direction de la Sécurité sociale, la Cnaf, la Cnam, la Cnav, Pôle Emploi, l’Éducation nationale, la ville de Paris, le conseil départemental de Seine-Saint-Denis.
Informer le public des aides existantes

« Il s’agit à la fois d’informer le grand public qu’il existe un outil facile d’utilisation, rapide, efficace et anonyme, qui permet d’avoir une idée précise des aides existantes, mais aussi de donner aux professionnels du travail social les outils pour orienter au mieux les personnes suivies », a-t-elle déclaré.

Il suffit de renseigner sa situation (familiale, logement, ressources…), pour obtenir une liste des aides auxquelles on peut prétendre et leur montant estimé : allocations familiales, assurance maladie (CMU, ACS), bourses de l’Éducation nationale, allocation de solidarité aux personnes âgées, allocation de solidarité spécifique, etc.

Il est possible d’accéder à un complément d’information, d’entamer les démarches directement en ligne, ou de télécharger les formulaires.
Aides nationales et locales

La ville de Paris et le conseil départemental de Seine-Saint-Denis se sont saisis de l’outil et l’ont agrémenté des aides facultatives qu’ils proposent. La ville de Rennes s’est dite intéressée. Les associations (Emmaüs, La Croix-rouge ou le réseau des Pimms) l’utilisent d’ores et déjà pour aider leur public à s’y retrouver dans le panel des aides.

« Ce site ne résout pas toutes les questions, notamment celle de la fracture numérique, mais il peut être utile aux travailleurs sociaux pour entamer une discussion avec les publics », souligne Ségolène Neuville.

Anne-Sophie Abgrall, sous-directrice des interventions sociales de Paris, relève : « nos agents sont très spécialisés sur les aides de la ville, avec mes-aides.gouv.fr, ils se forment aussi sur les aides nationales ».


Article intégral en ligne : http://www.gazette-sante-social.fr

samedi 13 mai 2017

Google veut créer une «carte complète de la santé humaine»


Le géant du net suivra 10.000 volontaires 24h/24 ces quatre prochaines années, pour recueillir toutes leurs données médicales. Un pas de plus vers le Big Data.

 Créer «une carte complète de la santé humaine». Tel est le but affiché par Verily Life Sciences, qui a lancé le 19 avril «Project Baseline», une étude en partenariat avec les universités de Stanford et de Duke (États-Unis). Cette filiale de Google, créée en 2015, va collecter des données médicales et comportementales de 10.000 adultes volontaires.

Les participants seront sélectionnés selon des critères de représentativité de la population (âge, localisation géographique, antécédents de santé, etc.). Les seules conditions pour postuler sont d’être Américain, majeur, et de ne pas faire d’allergie sévère au nickel ou aux bijoux en métal (entre autres pour ne pas rejeter la montre qu’ils devront porter pour recueillir leurs données).

Ils seront également «rémunérés pour leur temps. Le montant de l’indemnité dépendra de leur participation et sera indiqué dans le consentement établi sur place», précise l’attachée de presse de Google, contactée par le Figaro. «Il y a là un biais dans la “sélection” du panel et sa fidélité dans la poursuite de l’étude», critique Jacques Lucas, vice-président et délégué du numérique du Conseil national de l’Ordre des médecins selon lequel la rémunération des volontaires constituerait une «abdication de la liberté» vis-à-vis des technologies.
Mesures permanentes

Pour les besoins de cette étude, les participants devront porter en permanence une montre connectée, qui enregistrera leur fréquence cardiaque et leur activité physique. Leur domicile sera également équipé d’un capteur placé sous leur matelas pour étudier leur sommeil, et d’une box - comme une box internet - qui compilera les données enregistrées par ces deux outils.

Par ailleurs, ces 10.000 volontaires devront effectuer chaque année une grande visite médicale sur deux jours complets comprenant divers examens (échocardiogramme, examen des yeux, test sanguin, test de salive, réponse à des questionnaires). Trois visites plus courtes seront également prévues (une à deux heures chacune) pour alimenter la base de données.

Enfin, les participants devront tenir un «journal intime» de leur santé où ils devront renseigner leur humeur du jour, leur qualité de sommeil, etc. Il leur sera également demandé de prévenir l’équipe si un nouveau traitement médical est adopté ou s’ils sont hospitalisés pour une quelconque raison.
Des diagnostics grâce au comparatif

Le but de tout cela? «Collecter des informations d’un groupe de personnes divers et regarder comment ces informations changent au fil du temps» note l’équipe de Project Baseline, c’est-à-dire mieux comprendre la transition entre bonne santé et maladie et ainsi, identifier les facteurs de risques d’une pathologie.

«Ce que veut faire Google à terme, c’est également créer de toutes pièces un Big Data, c’est-à-dire un référentiel. Lorsqu’un patient arrivera en présentant des troubles, le système cherchera une comparaison, c’est-à-dire des personnes qui ont présenté les mêmes symptômes par exemple, pour poser un diagnostic», explique Vincent Trély, président et fondateur de l’Association pour la sécurité des systèmes d’information de santé (Apssis).
Accessibilité aux données

Les données cliniques, d’imageries, physiques, environnementales, comportementales, génétiques, biologiques (sang, salives etc.) de ces participants seront donc régulièrement collectées. «Toutes les informations seront stockées dans une base de données sécurisée cryptée avec accès restreint», assure la page internet du projet Baseline Project.

L’entreprise Verily envisage de rendre anonyme ces informations pour les mettre à disposition de «chercheurs qualifiés». Et précise que chaque demande d’accès à ces données sera évaluée par un comité scientifique.

Le Figaro santé, 02/05/2017.

jeudi 11 mai 2017

Etat de santé de la population en France : rapport 2017

Santé publique France et la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques publient la 7e édition du rapport ‘état de santé de la population en France’. L’édition 2017 accorde une place importante aux données régionales et infrarégionales, et une attention particulière a été portée à la description des inégalités sociales de santé sur le plan social et territorial.


« Les français sont globalement en bonne santé mais toujours marqués par des inégalités sociales et territoriales importantes dès le plus jeune âge »

 


Le rapport ‘état de santé de la population en France’ est un outil de référence qui permet de décrire les évolutions de l’état de santé de la population et de ses principaux déterminants. Il conjugue des approches transversales, par population, par déterminants et par pathologies permettant de mettre en lumière les enjeux de santé présents et futurs.

Retrouvez le rapport complet sur le site Santé publique France : http://www.santepubliquefrance.fr

Source : santé publique France, 11/05/2017.

lundi 8 mai 2017

La newsletter du mois de mai 2017 du GRETA Nord Aquitaine vient de paraître.

Vous y trouverez toute l'actualité du GRETA Nord Aquitaine, les événements locaux en rapport avec les thématiques de l'emploi, des métiers, du social, de la santé ainsi que les différentes dates de concours.


Pour la télécharger, cliquez via ce lien : Quoi de neuf_Newsletter GRETA Nord Aquitaine_Mai_2017 

Pour retrouver l'ensemble des publications du DPFI, cliquez via le lien suivant : http://actu33.blogspot.fr/p/blog-page_40.html

vendredi 5 mai 2017

Educateur spécialisé, un métier qui attire moins

En première ligne face aux maux de la société mais en manque de moyens, la profession, qui recrute, voit néanmoins le nombre de ses diplômés baisser.

Le Monde, par Véronique Soulé, 02/05/2017



Le recul étant limité, les centres de formation ne ressentent pas toujours cette moindre attraction pour la profession. En 2015, ces instituts totalisaient encore 13 732 étudiants, soit une baisse de 3,5 % en cinq ans. « Nous ­accueillons 30 étudiants chaque année et nous avons plus de 200 candidats à l’oral, explique Joao de Medeiros, responsable pédagogique à l’Ecole supérieure de travail social (Etsup) à Paris. Si nous en avons eu moins à l’écrit, c’est parce que désormais les écoles, hors des instituts régionaux de travail social (IRTS), proposent une admissibilité commune. Les candidats peuvent passer l’épreuve près de chez eux, et ensuite venir chez nous pour l’oral. »

Au centre de formation d’Ile-de-France des Ceméa (Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active,un mouvement d’éducation nouvelle), on affirme en revanche avoir pris la mesure du repli. « Nos statistiques sont claires : nous avons moins d’inscrits en éducation spécialisée et plus en formation de moniteur éducateur, un diplôme obtenu en deux ans contre trois pour le premier », affirme Nadia Azoug, la ­directrice adjointe. D’après elle, cela s’explique en bonne partie par les débouchés : « De plus en plus, les structures recrutent des moniteurs éducateurs, car ils ­coûtent moins cher, et cette formation devient une porte d’entrée dans la profession. »

Si le métier reste globalement épargné par le chômage, un secteur est touché : la prévention spécialisée. Céline Favre, 33 ans, a été durant quatre ans éducatrice de rue en Seine-Saint-Denis, avec des populations roms, puis dans un quartier difficile. Partie vivre à Lyon, elle cherche du travail dans la prévention spécialisée ­depuis plusieurs mois. Sans succès. « On est dehors toute la journée, sur le terrain, à essayer de rattraper des jeunes avant la rupture ou des mères seules qui sont à bout, explique-t-elle. C’est un travail difficilement quantifiable, dont les résultats prennent du temps. Les politiques préfèrent des dispositifs avec une rentabilité. D’où la baisse des fonds alloués par les départements et la fermeture de clubs de prévention. »



Éducateur spécialisé pendant douze ans, Emmanuel Gutierrez, 38 ans, a décidé de se reconvertir. Après une formation d’un an, le voilà maraîcher, à ­2 kilomètres d’Aix-en-Provence et à 20 kilomètres de Marseille, sa ville. Désormais, il vend des paniers bio. « J’ai été déçu, confie-t-il, trop de paperasse, une hiérarchie pesante, un manque de moyens, le sentiment de ne pas faire au mieux. » La dernière année, il ­accompagnait de jeunes mineurs isolés. « Ils devaient être logés dans des studios, mais comme il n’y en avait pas assez, on les mettait dans des hôtels sordides. Etait-ce vraiment mieux que dehors ? »

L’ex-éducateur aime toujours son métier initial. C’est d’ailleurs pour mieux y revenir qu’il s’est lancé dans le maraîchage. « Dans trois ans, lorsque mon activité sera stabilisée, explique-t-il, je contacterai les associations d’insertion. Je proposerai des contrats de travail aux personnes qu’elles accueillent, avec un accompagnement. Au lieu de les trimbaler de mini-stages en mini-formations et remises à niveau, ces associations pourront proposer une activité qui a du sens, rémunératrice et valorisante. »
Malaise de la profession

Emmanuel Gutierrez exprime ainsi le malaise d’une partie de la profession. Comme lui, beaucoup assurent aimer leur métier. Qu’ils l’exercent auprès de personnes handicapées, de mineurs confiés à l’Aide sociale à l’enfance ou de populations en rupture, ils revendiquent leur fibre sociale, indispensable pour affronter la misère qu’ils côtoient. En première ligne face aux maux de la société, ils confient aussi être ­régulièrement en proie aux doutes et aux désillusions.

Alors que l’éducation spécialisée fait partie des professions « en tension » où l’on recrute, une étude de la direction statistique du ministère des affaires sociales et de la santé a fait état, en décembre 2016, d’une baisse de 5,8 % du nombre de diplômés sortis des écoles entre 2013 et 2015. Si l’on tient compte des ­diplômés par la validation des acquis d’expérience (VAE) et par d’autres voies, la baisse est de 3,5 %. Rien de spectaculaire, mais un signal tout de même.

lundi 1 mai 2017

Consultation : le tarif chez le généraliste passe à 25 euros

Dès ce 1er mai, les médecins généralistes gagneront 2 euros de plus à chaque consultation. Une hausse prise en charge par la sécurité sociale et les complémentaires.

Ce 1er mai ne marque pas seulement la fête du travail. A cette date, la nouvelle convention médicale entre en vigueur, et le restera jusqu’en 2021. Ce texte fixe les relations tarifaires entre les médecins libéraux et l’Assurance maladie. Les patients sont eux aussi concernés : plusieurs consultations voient leur prix augmenter. Mais l’application se fait graduellement. Pourquoidocteur fait le point sur les évolutions majeures.

2 euros en plus pour les généralistes

A compter de ce 1er mai, la consultation de médecine générale en secteur 1 – sans dépassement d’honoraires – coûte désormais 25 euros. Cela représente une hausse de deux euros, répartie entre l’Assurance maladie et les complémentaires santé. Ces organismes prennent en charge l’intégralité de la consultation. Cette hausse ne devrait donc pas se répercuter sur le portefeuille des malades.
Les médecins spécialistes devront patienter encore deux mois pour augmenter leurs honoraires. Dans le secteur 1, la consultation reviendra désormais à 30 euros, contre 28 auparavant. L’écart tarifaire se maintient donc par rapport aux généralistes – malgré les demandes de ces derniers.

Des consultations complexes

Mais ces tarifs ne valent que pour les consultations dites simples. Les choses se compliquent ensuite. A partir de novembre, l’Assurance maladie établit deux tarifs supplémentaires. Les consultations « complexes » ouvrent un honoraire de 46 euros dans les cabinets de spécialistes ; celles « très complexes » sont facturées 60 euros, chez le spécialiste toujours.
Dans le premier cas, il s’agit d’un suivi spécifique « exigeant davantage de temps et d’attention », la prise en charge d’un patient diabétique par exemple. Sont dits « très complexes » les rendez-vous à lourde charge émotionnelle, comme l’annonce d’un cancer ou la mise en place d’un dossier de greffe. Là aussi, les hausses tarifaires sont prises en charge par l’Assurance maladie.


Source : Assurance maladie

 (...)

Source : pourquoidocteur.fr, 01/05/2017
 Article intégral en ligne : https://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/21052-Consultation-tarif-le-generaliste-passe-25-euros