La résistance aux antibiotiques est au
menu du premier G20 de la Santé à Berlin : les bactéries sur qui les
antibiotiques n’ont plus d’effets posent de nombreux problèmes. Il est
cependant possible de les réduire.
Sur le front de la guerre contre la résistance aux antibiotiques, toute bataille gagnée sonne comme une petite victoire. En janvier dernier, la revue The Lancet Infectious Diseases
exposait celle remportée dans les hôpitaux anglais sur une souche
résistante de Clostridium difficile. Cette bactérie est responsable de
diarrhée et de colites dites «pseudomembraneuses» souvent accompagnées
de fièvre et de douleurs, dont les complications peuvent être
extrêmement sévères voire mortelles. L’étude publiée par la revue
spécialisée montre que restreindre l’utilisation d’antibiotiques de la
famille des fluoroquinolones, comme la ciprofloxacine, a entraîné la
disparition dans la grande majorité des cas d’infections causées par les
souches de C. difficile résistantes aux traitements. L’équipe de chercheurs d’Oxford a enregistré une baisse d’environ
80 % du nombre de ces infections au Royaume-Uni. Dans le comté
d’Oxfordshire, au sud-est de l’Angleterre, où deux tiers des bactéries
C. difficile étaient résistantes aux antibiotiques en septembre 2006,
elles n’étaient plus que 3 % en février 2013! Dans le même temps, le
nombre de bactéries transmises d’une personne à une autre n’avait pas
changé. Et ce, malgré la mise en œuvre de mesures d’hygiène pour éviter
la transmission dans les établissements hospitaliers. «Cette étude vient
conforter l’existence du lien entre la prescription d’antibiotiques et
le développement des résistances chez les bactéries », analyse le
professeur France Cazenave-Roblot, infectiologue au CHU de Poitiers.
«Le taux de résistance de Escherichia coli est passé de 1,4 % à 11,9 en 10 ans !» Le professeur Pascal Astagnau responsable du centre de prévention des infections associées aux soins de Paris
La consommation massive d’antibiotiques exerce sur les bactéries une
pression de sélection: exposées à l’antibiotique, les souches sensibles
cèdent la place aux souches résistantes, qui prolifèrent.
147548355/Richard Villalon - Fotolia
En effet, la consommation massive d’antibiotiques exerce sur les
bactéries ce que les scientifiques appellent une pression de sélection:
exposées à l’antibiotique, les souches sensibles cèdent la place aux
souches résistantes, qui prolifèrent. La résistance de la bactérie peut
être innée ou acquise. Une bactérie résistante peut en effet transmettre
son matériel génétique (plasmide) porteur d’un ou plusieurs gènes de
résistance à une bactérie jusqu’alors sensible. Ces résistances
plasmidiques concernent 80 % des résistances acquises et sont sans aucun
doute les plus préoccupantes. Pour éviter la multiplication des
résistances, diminuer la prescription d’antibiotiques demeure une
nécessité, comme le prouve l’étude anglaise. Si l’ensemble de la
communauté scientifique s’accorde sur ce point depuis des années, les
résultats se font attendre. «Nous savons que nous consommons encore trop
d’antibiotiques.
En France, la situation n’est pas bonne», s’alarme le professeur
Antoine Andremont, chef du service de bactériologie de l’hôpital Bichat à
Paris.
«Les épidémies restent modestes en
France car nous avons de très bonnes unités d’hygiène dans les hôpitaux
qui savent éviter la diffusion de ces souches lorsqu’elles sont
détectées»
Le docteur Jean Carlet, président de l’Alliance contre le développement des bactéries multirésistantes
Malgré les campagnes de communication et les mises en garde, la
consommation est en effet repartie à la hausse entre 2005 et 2015, selon
les données du rapport publié à la fin de l’année dernière. Une
tendance particulièrement marquée en ville alors que la consommation à
l’hôpital est restée stable. «Contrôler la consommation est sans
conteste plus facile à l’hôpital. Nous devons aujourd’hui être vigilants
sur les gestes qui peuvent être responsables de la transmission de
bactéries comme par exemple la pose trop prolongée de sondes urinaires»,
souligne le professeur Alain Astier, pharmacien hospitalier à l’hôpital
Henri-Mondor de Créteil. Car malgré une consommation contenue, les
résistances, à quelques exceptions près, progressent. «La résistance aux
staphylocoques doré a diminué grâce à la mise en place de mesures
d’hygiène», détaille le professeur Pascal Astagnau responsable du centre
de prévention des infections associées aux soins de Paris. Celle-ci est
en effet passée de 27 % en 2005 à 16 % en 2015. «Mais parallèlement on
voit la progression d’entérobactéries résistantes», poursuit le
spécialiste. C’est notamment le cas d’Escherichia coli. Le taux de
résistance de cette bactérie responsable de gastroentérites ou encore
d’infections urinaires est passé de 1,4 % à 11,9 !
Certaines entérobactéries productrices de carbapénémases confrontent
les médecins à de véritables impasses thérapeutiques car elles sont
résistantes à pratiquement tous les antibiotiques. «Heureusement, les
épidémies restent modestes en France car nous avons de très bonnes
unités d’hygiène dans les hôpitaux qui savent éviter la diffusion de ces
souches lorsqu’elles sont détectées», souligne le docteur Jean Carlet,
président de l’Alliance contre le développement des bactéries
multirésistantes. Contenir leur diffusion va cependant nécessiter la
mise en place de mesures drastiques et coûteuses. Conscient des enjeux,
le gouvernement a annoncé un plan de campagne pour lutter contre
l’antibiorésistance. Il doit maintenant être déroulé.
Il est sans saveur, peu cher, et donc partout dans nos sauces et pizzas de supermarché : le concentré de tomate industriel, venu souvent de Chine, fait l’objet d’une passionnante enquête.
À moins de ne jamais mettre les pieds dans les grandes surfaces ou dans la plupart des restos, il y a de grandes chances que vous en ayez déjà consommé. Et en grande quantité. Le concentré de tomate chinois est omniprésent dans la world food, la nourriture mondialisée qu’on engloutit du nord au sud, quels que soient ses goûts et ses revenus.
"Global sushi" ou comment la mondialisation vide les océansSauces, soupes, pizzas, surgelés… La pâte rougeâtre et visqueuse qui nimbe tous ces plats provient très souvent du Xinjiang, une province de Chine - pays qui, pourtant, consomme assez peu de tomate.
Comment en l’espace de 20 ans à peine, les cueilleurs et fabricants européens et américains de concentré ont-ils été supplantés par les Chinois, qui fournissent aujourd’hui les géants de l’agro-industrie comme Heinz, Kraft Foods ou Unilever ? C’est ce que décrypte "L’Empire de l’or rouge", une enquête de Jean-Baptiste Malet, qui sort en librairie ce mercredi 17 mai (Editions Fayard, 288 p., 19 euros).
Jean-Baptiste Malet décrit le recours au travail forcé pour la récolte
de tomates en Chine, l'ajout d'additifs chez certains producteurs, mais
aussi la taylorisation des chaînes de production par exemple chez Heinz.
(CC0 Public Domain)
Mondialisation dégueu
Le journaliste de 30 ans, qui s’est fait connaître en 2013 pour son enquête saignante sur les conditions de travail chez Amazon explique :
"Le point de départ de cette enquête, ce sont des barils de concentré de tomate que j’ai aperçus dans l’entreprise Le Cabanon, en Provence. J’ai vu qu’ils venaient de Chine, ça m’a interloqué. Pourquoi les faire venir de si loin ?"
Le Cabanon, racheté par un conglomérat chinois en 2004, a été littéralement dépecé et n’est plus aujourd'hui que le fantôme de lui-même. Il est arrivé la même chose chez les transformateurs de tomate de nos voisins européens et américains.
Ce terrifiant phénomène pourrait s’appeler la "sino-militarisation" de la tomate. C’est en effet au sein de conglomérats (Cofco Tunhe, Chalkis) - sortes d’Etats dans l’Etat tenus par des généraux de l’Armée populaire de Chine - que la grande gagnante de la mondialisation dégueu est produite. Cueillie et transportée par des ouvriers sous-payés, non syndiqués, parfois même par des enfants, cette tomate, gorgée jusqu’à la gueule de pesticides, ne ressemble en rien au fruit rond et avenant que l’on se figure.
"Tomate de combat"
Jean-Baptiste Malet explique :
"La tomate destinée à être transformée en concentré n’est pas ronde, mais de forme oblongue. Elle est lourde, dense, très dure, car elle a été génétiquement fabriquée pour pouvoir être transportée par bennes sans s’abîmer. Quand on la croque, c’est très surprenant : sa peau croustille !"
Ce caillou sans saveur, bidouillé par les savants des labos du géant Heinz contient 6% de matière sèche (près du double d'une tomate normale) pour être plus rentable à la tonne, et un pédoncule spécialement fragile pour être cueillie hyper facilement. Une véritable "tomate de combat" taillée pour évincer la concurrence. Et ça a marché !
Tout espoir n’est cependant pas perdu, insiste Jean-Baptiste Malet : le consommateur vigilant peut encore décider d’acheter du concentré de qualité, produit made in Europe plutôt que made in China. Mais c’est plus cher et plus difficile, forcément.
Les maladies cardio-vasculaires sont
devenues la première cause de mortalité chez les femmes en France. Elles
tuent huit fois plus que le cancer du sein. Le documentaire Accidents cardiaques : les femmes en première ligne, diffusé sur France 5, se penche sur les raisons de cette nouvelle donne.
«C’était comme si quelqu’un s’était assis sur ma poitrine» ; «J’avais
des nausées» ;«J’avais des douleurs dans le dos» ; «J’ai des douleurs
dans la main gauche»… Tous les témoignages de femmes présentés dans le
documentaire Accidents cardiaques: les femmes en première ligne, le prouvent: les symptômes d’une femme victime d’un infarctus du myocardene
sont pas les mêmes que ceux d’un homme. Pourtant, nous rappelle ce film
présenté dans Enquête de santé (France 5, diffusé mardi 16 mai à 20h50
puis accessible en replay), il est communément admis que la crise
cardiaque est une affaire d’hommes! Or, aujourd’hui, une femme sur trois
meurt d’une maladie cardio-vasculaire. Le cancer du sein tue huit fois moins. Les femmes souffrent de nombreuses injustices vis-à-vis de la
médecine en général. En ce qui concerne le risque cardiovasculaire,
elles ont plusieurs handicaps. Il y a une méconnaissance patente, aussi
bien dans le grand public que chez les personnels soignants, des signes
de la crise cardiaque spécifiques aux femmes. D’où un «errement»
diagnostic qui retarde la prise en charge de la patiente en crise.
Des artères plus petites et plus fragiles
Et ce d’autant que la gent féminine a tendance à attendre avant
d’appeler les secours. Seules 21 % des femmes, contre 36 % des hommes,
sont prises en charge moins de trois heures après le début de l’attaque.
Le cas de Nathalie, alors âgé de 43 ans, fait froid dans le dos. Elle
se plaint de douleurs, de fatigue, d’essoufflement. Son médecin parle de
problèmes gastriques. Le cardiologue lui emboîte le pas. Après des mois
d’analyses, d’examens plus ou moins désagréables, les médecins
comprennent enfin que cela se passe du côté du cœur de Nathalie: elle a
une artère presque complètement bouchée. On s’est longtemps reposé sur les faits que les hormones féminines, les œstrogènes,
protègent les artères féminines, qui sont, bien que plus souples, plus
petites et plus fragiles que celles des hommes. Pour le Dr Stéphane
Manzo-Silberman, les changements de mode de vie depuis vingt ou trente
ans ont changé la donne. Les femmes en général font moins de sport, ont
plus de stress, fument et boivent plus qu’avant, ont une mauvaise
alimentation, d’où une augmentation des risques de diabète et d’hypertension.
Et donc du risque cardiovasculaire. Chaque année, on constate une
augmentation de 5 % du nombre de femmes de moins de 50 ans hospitalisées
pour des problèmes cardio-vasculaires, alors que les chiffres restent
stables chez les hommes. La protection des œstrogènes a été modifiée par l’usage de la pilule
avec œstrogènes de synthèse, surtout associée au tabac. Leur influence
peut être modifiée lors de grossesses qui entraînent des pré-éclampsies (hypertension). Et il y a bien sûr la ménopause,
qui est un facteur de risque supplémentaire. Le documentaire pose la
question de savoir s’il ne serait pas judicieux que toutes les femmes
puissent bénéficier d’une consultation-bilan au moment de leur
ménopause. Bien sûr, il existe des solutions médicales aux artères bouchées
comme la pose de stent, ces petits ressorts qui permettent le retour
d’un flux sanguin normal. Mais la maladie peut laisser des séquelles,
devenir chronique, avec récidives… Il est important, nous dit-on,
d’avoir des séances de rééducation cardiologique et d’adopter un mode de
vie adapté. Autant le faire préventivement. Notre cœur le vaut bien.
Un
article publié dans la revue « Nature » révèle que la moitié des
voitures sur la planète dépassent les limites réglementaires d’émissions
d’oxydes d’azote.
Voilà
une étude qui ne devrait pas tarder à se retrouver sur le bureau des
juges du pôle santé publique du tribunal de grande instance de Paris qui
enquêtent sur le « dieselgate ».
Publiée lundi 15 mai dans la
revue scientifique Nature, elle montre qu’un tiers des poids lourds et
plus de la moitié des véhicules légers en circulation émettent beaucoup
plus d’oxydes d’azote (NOx) que ne le permettent les différentes limites
réglementaires auxquels ils sont théoriquement soumis. Elle révèle
aussi que ces excès d’émissions ont été responsables d’environ 38 000
décès prématurés en 2015, principalement dans les pays de l’Union
européenne, en Chine et en Inde.
Le groupe des oxydes d’azote,
des gaz particulièrement nocifs pour l’homme et l’environnement,
comprend notamment le monoxyde d’azote et le dioxyde d’azote. Ce dernier
est quarante fois plus toxique que le monoxyde de carbone (CO),
également présent dans les gaz d’échappement. Logiciels truqueurs
En
2015, quand le scandale Volkswagen (VW) éclate, le constructeur
allemand reconnaît utiliser depuis 2008 des logiciels truqueurs pour
abaisser artificiellement les mesures des émissions de NOx de onze
millions de ses véhicules pour satisfaire aux tests d’homologation.
Partie
des Etats-Unis, la vague de révélations s’est ensuite étendue à
l’Europe et à d’autres constructeurs. Ainsi, en France, outre VW, la
justice a ouvert une information judiciaire contre Renault, PSA et
Fiat-Chrysler pour « tromperie sur la qualité substantielle et les
contrôles effectués avec cette circonstance que les faits ont eu pour
conséquence de rendre les marchandises dangereuses pour la santé de
l’homme ».
Évaluer ses droits à quinze aides sociales nationales en sept minutes, c’est la promesse du site mes-aides.gouv.fr. Un moyen « open source » qui permet de lutter contre le non-recours.
Selon un rapport de l’Assemblée nationale, le taux de non-recours au RSA socle est de 35 %, et de 68 % pour le RSA activité, soit près de 6 millions d’euros d’aides non distribuées (1).
La lutte contre le non-recours figure parmi les priorités du gouvernement, qui a d’abord expérimenté dans deux départements un « dossier unique » pour les prestations.
Mais c’est ce simulateur en ligne qui lui a été préféré. Après deux ans de test, relooké et fin prêt, il fait l’objet d’une campagne de communication lancée le 9 mars par Ségolène Neuville, secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion. mes-aides.gouv.fr
Un site créé par le SGMAP. Réalisé en partenariat avec la Direction générale de la cohésion sociale, la direction de la Sécurité sociale, la Cnaf, la Cnam, la Cnav, Pôle Emploi, l’Éducation nationale, la ville de Paris, le conseil départemental de Seine-Saint-Denis. Informer le public des aides existantes
« Il s’agit à la fois d’informer le grand public qu’il existe un outil facile d’utilisation, rapide, efficace et anonyme, qui permet d’avoir une idée précise des aides existantes, mais aussi de donner aux professionnels du travail social les outils pour orienter au mieux les personnes suivies », a-t-elle déclaré.
Il suffit de renseigner sa situation (familiale, logement, ressources…), pour obtenir une liste des aides auxquelles on peut prétendre et leur montant estimé : allocations familiales, assurance maladie (CMU, ACS), bourses de l’Éducation nationale, allocation de solidarité aux personnes âgées, allocation de solidarité spécifique, etc.
Il est possible d’accéder à un complément d’information, d’entamer les démarches directement en ligne, ou de télécharger les formulaires. Aides nationales et locales
La ville de Paris et le conseil départemental de Seine-Saint-Denis se sont saisis de l’outil et l’ont agrémenté des aides facultatives qu’ils proposent. La ville de Rennes s’est dite intéressée. Les associations (Emmaüs, La Croix-rouge ou le réseau des Pimms) l’utilisent d’ores et déjà pour aider leur public à s’y retrouver dans le panel des aides.
« Ce site ne résout pas toutes les questions, notamment celle de la fracture numérique, mais il peut être utile aux travailleurs sociaux pour entamer une discussion avec les publics », souligne Ségolène Neuville.
Anne-Sophie Abgrall, sous-directrice des interventions sociales de Paris, relève : « nos agents sont très spécialisés sur les aides de la ville, avec mes-aides.gouv.fr, ils se forment aussi sur les aides nationales ».
Le géant du net suivra 10.000 volontaires 24h/24 ces quatre prochaines années, pour recueillir toutes leurs données médicales. Un pas de plus vers le Big Data.
Créer «une carte complète de la santé humaine». Tel est le but affiché par Verily Life Sciences, qui a lancé le 19 avril «Project Baseline», une étude en partenariat avec les universités de Stanford et de Duke (États-Unis). Cette filiale de Google, créée en 2015, va collecter des données médicales et comportementales de 10.000 adultes volontaires.
Les participants seront sélectionnés selon des critères de représentativité de la population (âge, localisation géographique, antécédents de santé, etc.). Les seules conditions pour postuler sont d’être Américain, majeur, et de ne pas faire d’allergie sévère au nickel ou aux bijoux en métal (entre autres pour ne pas rejeter la montre qu’ils devront porter pour recueillir leurs données).
Ils seront également «rémunérés pour leur temps. Le montant de l’indemnité dépendra de leur participation et sera indiqué dans le consentement établi sur place», précise l’attachée de presse de Google, contactée par le Figaro. «Il y a là un biais dans la “sélection” du panel et sa fidélité dans la poursuite de l’étude», critique Jacques Lucas, vice-président et délégué du numérique du Conseil national de l’Ordre des médecins selon lequel la rémunération des volontaires constituerait une «abdication de la liberté» vis-à-vis des technologies. Mesures permanentes
Pour les besoins de cette étude, les participants devront porter en permanence une montre connectée, qui enregistrera leur fréquence cardiaque et leur activité physique. Leur domicile sera également équipé d’un capteur placé sous leur matelas pour étudier leur sommeil, et d’une box - comme une box internet - qui compilera les données enregistrées par ces deux outils.
Par ailleurs, ces 10.000 volontaires devront effectuer chaque année une grande visite médicale sur deux jours complets comprenant divers examens (échocardiogramme, examen des yeux, test sanguin, test de salive, réponse à des questionnaires). Trois visites plus courtes seront également prévues (une à deux heures chacune) pour alimenter la base de données.
Enfin, les participants devront tenir un «journal intime» de leur santé où ils devront renseigner leur humeur du jour, leur qualité de sommeil, etc. Il leur sera également demandé de prévenir l’équipe si un nouveau traitement médical est adopté ou s’ils sont hospitalisés pour une quelconque raison. Des diagnostics grâce au comparatif
Le but de tout cela? «Collecter des informations d’un groupe de personnes divers et regarder comment ces informations changent au fil du temps» note l’équipe de Project Baseline, c’est-à-dire mieux comprendre la transition entre bonne santé et maladie et ainsi, identifier les facteurs de risques d’une pathologie.
«Ce que veut faire Google à terme, c’est également créer de toutes pièces un Big Data, c’est-à-dire un référentiel. Lorsqu’un patient arrivera en présentant des troubles, le système cherchera une comparaison, c’est-à-dire des personnes qui ont présenté les mêmes symptômes par exemple, pour poser un diagnostic», explique Vincent Trély, président et fondateur de l’Association pour la sécurité des systèmes d’information de santé (Apssis). Accessibilité aux données
Les données cliniques, d’imageries, physiques, environnementales, comportementales, génétiques, biologiques (sang, salives etc.) de ces participants seront donc régulièrement collectées. «Toutes les informations seront stockées dans une base de données sécurisée cryptée avec accès restreint», assure la page internet du projet Baseline Project.
L’entreprise Verily envisage de rendre anonyme ces informations pour les mettre à disposition de «chercheurs qualifiés». Et précise que chaque demande d’accès à ces données sera évaluée par un comité scientifique.
Santé publique France et la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques publient la 7e édition du rapport ‘état de santé de la population en France’.
L’édition 2017 accorde une place importante aux données régionales et
infrarégionales, et une attention particulière a été portée à la
description des inégalités sociales de santé sur le plan social et
territorial.
« Les
français sont globalement en bonne santé mais toujours marqués par des
inégalités sociales et territoriales importantes dès le plus jeune âge »
Le rapport ‘état de santé de la population en France’ est un outil de référence
qui permet de décrire les évolutions de l’état de santé de la
population et de ses principaux déterminants. Il conjugue des approches
transversales, par population, par déterminants et par pathologies
permettant de mettre en lumière les enjeux de santé présents et futurs.
Vous y trouverez toute l'actualité du GRETA Nord Aquitaine, les événements locaux en rapport avec les thématiques de l'emploi, des
métiers, du social, de la santé ainsi que les différentes dates de
concours.
En première ligne face aux maux de la société mais en manque de
moyens, la profession, qui recrute, voit néanmoins le nombre de ses
diplômés baisser.
Le Monde, par Véronique Soulé, 02/05/2017
Le recul étant limité, les centres de formation ne ressentent pas toujours cette moindre attraction pour la profession. En 2015, ces instituts totalisaient encore 13 732 étudiants, soit une baisse de 3,5 % en cinq ans. « Nous accueillons 30 étudiants chaque année et nous avons plus de 200 candidats à l’oral, explique Joao de Medeiros, responsable pédagogique à l’Ecole supérieure de travail social (Etsup) à Paris. Si nous en avons eu moins à l’écrit, c’est parce que désormais les écoles, hors des instituts régionaux de travail social (IRTS), proposent une admissibilité commune. Les candidats peuvent passer l’épreuve près de chez eux, et ensuite venir chez nous pour l’oral. »
Au centre de formation d’Ile-de-France des Ceméa (Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active,un mouvement d’éducation nouvelle), on affirme en revanche avoir pris la mesure du repli. « Nos statistiques sont claires : nous avons moins d’inscrits en éducation spécialisée et plus en formation de moniteur éducateur, un diplôme obtenu en deux ans contre trois pour le premier », affirme Nadia Azoug, la directrice adjointe. D’après elle, cela s’explique en bonne partie par les débouchés : « De plus en plus, les structures recrutent des moniteurs éducateurs, car ils coûtent moins cher, et cette formation devient une porte d’entrée dans la profession. »
Si le métier reste globalement épargné par le chômage, un secteur est touché : la prévention spécialisée. Céline Favre, 33 ans, a été durant quatre ans éducatrice de rue en Seine-Saint-Denis, avec des populations roms, puis dans un quartier difficile. Partie vivre à Lyon, elle cherche du travail dans la prévention spécialisée depuis plusieurs mois. Sans succès. « On est dehors toute la journée, sur le terrain, à essayer de rattraper des jeunes avant la rupture ou des mères seules qui sont à bout, explique-t-elle. C’est un travail difficilement quantifiable, dont les résultats prennent du temps. Les politiques préfèrent des dispositifs avec une rentabilité. D’où la baisse des fonds alloués par les départements et la fermeture de clubs de prévention. »
Éducateur spécialisé pendant douze ans, Emmanuel Gutierrez, 38 ans, a décidé de se reconvertir. Après une formation d’un an, le voilà maraîcher, à 2 kilomètres d’Aix-en-Provence et à 20 kilomètres de Marseille, sa ville. Désormais, il vend des paniers bio. « J’ai été déçu, confie-t-il, trop de paperasse, une hiérarchie pesante, un manque de moyens, le sentiment de ne pas faire au mieux. » La dernière année, il accompagnait de jeunes mineurs isolés. « Ils devaient être logés dans des studios, mais comme il n’y en avait pas assez, on les mettait dans des hôtels sordides. Etait-ce vraiment mieux que dehors ? »
L’ex-éducateur aime toujours son métier initial. C’est d’ailleurs pour mieux y revenir qu’il s’est lancé dans le maraîchage. « Dans trois ans, lorsque mon activité sera stabilisée, explique-t-il, je contacterai les associations d’insertion. Je proposerai des contrats de travail aux personnes qu’elles accueillent, avec un accompagnement. Au lieu de les trimbaler de mini-stages en mini-formations et remises à niveau, ces associations pourront proposer une activité qui a du sens, rémunératrice et valorisante. » Malaise de la profession
Emmanuel Gutierrez exprime ainsi le malaise d’une partie de la profession. Comme lui, beaucoup assurent aimer leur métier. Qu’ils l’exercent auprès de personnes handicapées, de mineurs confiés à l’Aide sociale à l’enfance ou de populations en rupture, ils revendiquent leur fibre sociale, indispensable pour affronter la misère qu’ils côtoient. En première ligne face aux maux de la société, ils confient aussi être régulièrement en proie aux doutes et aux désillusions.
Alors que l’éducation spécialisée fait partie des professions « en tension » où l’on recrute, une étude de la direction statistique du ministère des affaires sociales et de la santé a fait état, en décembre 2016, d’une baisse de 5,8 % du nombre de diplômés sortis des écoles entre 2013 et 2015. Si l’on tient compte des diplômés par la validation des acquis d’expérience (VAE) et par d’autres voies, la baisse est de 3,5 %. Rien de spectaculaire, mais un signal tout de même.
Dès ce 1er mai, les médecins généralistes
gagneront 2 euros de plus à chaque consultation. Une hausse prise en
charge par la sécurité sociale et les complémentaires.
Ce 1er mai ne marque pas seulement la fête du travail. A
cette date, la nouvelle convention médicale entre en vigueur, et le
restera jusqu’en 2021. Ce texte fixe les relations tarifaires entre les
médecins libéraux et l’Assurance maladie. Les patients sont eux aussi
concernés : plusieurs consultations voient leur prix augmenter. Mais
l’application se fait graduellement. Pourquoidocteur fait le point sur les évolutions majeures.
2 euros en plus pour les généralistes
A compter de ce 1er mai, la consultation de médecine
générale en secteur 1 – sans dépassement d’honoraires – coûte désormais
25 euros. Cela représente une hausse de deux euros, répartie entre
l’Assurance maladie et les complémentaires santé. Ces organismes
prennent en charge l’intégralité de la consultation. Cette hausse ne
devrait donc pas se répercuter sur le portefeuille des malades. Les médecins spécialistes devront patienter encore deux mois pour
augmenter leurs honoraires. Dans le secteur 1, la consultation reviendra
désormais à 30 euros, contre 28 auparavant. L’écart tarifaire se
maintient donc par rapport aux généralistes – malgré les demandes de ces
derniers.
Des consultations complexes
Mais ces tarifs ne valent que pour les consultations dites simples.
Les choses se compliquent ensuite. A partir de novembre, l’Assurance
maladie établit deux tarifs supplémentaires. Les consultations
« complexes » ouvrent un honoraire de 46 euros dans les cabinets de
spécialistes ; celles « très complexes » sont facturées 60 euros, chez
le spécialiste toujours. Dans le premier cas, il s’agit d’un suivi spécifique « exigeant
davantage de temps et d’attention », la prise en charge d’un patient
diabétique par exemple. Sont dits « très complexes » les rendez-vous à
lourde charge émotionnelle, comme l’annonce d’un cancer ou la mise en
place d’un dossier de greffe. Là aussi, les hausses tarifaires sont
prises en charge par l’Assurance maladie.