jeudi 8 février 2018

Près d’un logement sur dix est surpeuplé en France

Le rapport de la Fondation Abbé-Pierre publié mardi relève une augmentation du nombre de personnes qui vivent dans une habitation trop petite.


 
 

 
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Source : Le Monde, 30/01/2018.
Article intégral en ligne : http://www.lemonde.fr/logement/article/2018/01/30/le-retour-des-logements-surpeuples_5248933_1653445.html

mardi 6 février 2018

Logement : près de 8,6 millions de personnes sont à l’étroit chez elles

Alors qu’il avait beaucoup régressé, le phénomène de suroccupation des résidences principales est en pleine recrudescence, selon le rapport annuel de la Fondation Abbé-Pierre publié mardi 30 janvier.


Depuis sept ans, Saada et sa fille de 14 ans vivent dans une chambre de bonne de 14 m2 à Paris, pour un loyer de 700 €. Pour faire ses devoirs, l’adolescente a un petit bureau. C’est leur seul confort. La mère et la fille dorment ensemble dans un canapé déplié entre le coin cuisine, son frigo et son micro-ondes, et la douche, qui sert parfois d’espace de rangement.
Depuis les réparations effectuées par le syndic pour remédier à une grave fuite d’eau, les toilettes ont été placées dans la cour. « Mais c’est chez moi, et c’est mieux qu’un château chez les autres », explique Saada, qui, jusqu’à cette petite chambre, a longtemps été hébergée ici ou là. La situation durera-t-elle ? La famille, qui doit 16 000 € d’impayés, est en contentieux avec son propriétaire qui, lui, ne paie pas ses charges, explique Saada.

4 millions de mal-logés

Saada et sa fille, qui cumulent les difficultés, font partie des 4 millions de mal-logés recensés par la Fondation Abbé-Pierre, qui publie mardi 30 janvier son rapport annuel. Elles appartiennent aussi aux 2,664 millions de ménages (hors étudiants) identifiés en 2013 par l’Insee comme vivant dans un logement surpeuplé, soit 8,5 % des ménages français. Ce qui correspond à 8,59 millions de personnes.
 Des manifestants interpellent sur le « droit au logement », le 2 décembre 2017, à Paris.
Selon l’Insee, la norme d’occupation comprend, hors cuisine et sanitaires, une pièce de séjour, plus une pièce pour chaque couple, plus une pièce pour deux enfants de moins de sept ans (et une pièce de plus si les deux enfants sont plus grands ou s’ils sont de sexe différent).

dimanche 4 février 2018

Bien dormir, ce luxe qui creuse les inégalités dès l'enfance

Le manque de sommeil participe à la reproduction des inégalités sociales car il influe sur la réussite scolaire, explique à "L'Obs" Joëlle Adrien, directrice de l'Inserm.





L'idée est plaisante. Abandonnés à nous mêmes, plongés dans notre sommeil, nous pourrions au moins être égaux entre le crépuscule et l'aurore. Mais ce leurre supporte mal les bruits d'escaliers, la promiscuité, la précarité ou le stress... Nos nuits sont de fâcheuses vitrines de nos sociétés. Elles reflètent ses inégalités sociales, contribuent parfois à les dupliquer. Et ce, dès l'âge le plus tendre décrypte auprès de "l'Obs" la neurobiologiste Joëlle Adrien, directrice de recherches à l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (Inserm) à Paris : 
"Un enfant qui ne dort pas assez est difficile à réveiller le matin, fatigué, somnolent et irritable. Il fait des fautes inhabituelles à l'école et n'est pas attentif".  En France, le temps moyen de repos nocturne des enfants de cadres en grande section de maternelle est déjà supérieur de dix minutes à celui des enfants d'ouvriers. Plus tard, lorsque ces élèves deviennent adolescents, le manque de sommeil altère leur cerveau indique l'Inserm. Contractée précocement, cette dette de sommeil est susceptible d'endommager leur avenir. 

La chambre à part, un petit luxe non négligeable. (Leemage)

La chambre à part, ce luxe

Peut-on vraiment lier précarité et qualité du sommeil ?Le sommeil se trouve-t-il au cœur des mécanismes de construction des inégalités ? Oui, à en croire la neurobiologiste Joëlle Adrien qui énumère plusieurs facteurs physiques, culturels et sociaux conditionnant un bon repos : l'environnement dans lequel l'enfant dort est l'un des plus importants.

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Source : Le Nouvel Observateur, 27/01/2018.
Article intégral en ligne : https://www.nouvelobs.com

vendredi 2 février 2018

La pêche électrique, technique révolutionnaire ou nuisible ?

Les députés européens se sont prononcés mardi 16 janvier contre la pêche électrique, une technique que souhaite au contraire élargir la Commission européenne.



Cette technique consiste à envoyer, depuis un chalut, des impulsions électriques dans les fonds sableux de la mer.

L’électricité fait sortir les poissons plats qui s’y cachent, notamment les soles, remontées ensuite dans le chalut.


Elle menacerait, d’après les ONG environnementales, les écosystèmes marins.

« Le courant électrique n’épargne aucun organisme : toute la vie marine est électrocutée », estime Frédéric Le Manach, biologiste marin et directeur scientifique de l’association Bloom.

Les pêcheurs néerlandais, les seuls à pratiquer ce type de pêche, indiquent qu’elle leur permet de mieux cibler les poissons et d’économiser 50 % de carburant.

Ils capturent 75 % des soles pêchés en Europe.

Mais ils devront peut-être bientôt remiser leurs filets électriques. Le Parlement européen a voté mardi 16 janvier contre cette technique.

Julien Duriez, La Croix, 16/01/2018.

mardi 30 janvier 2018

Quand l’hôpital devient un « lieu de maltraitance » pour ses soignants

Un rapport rendu public le 8 janvier décrit de graves problèmes de souffrance au travail au CHU de Grenoble. Liée dans certains cas à des querelles parfois violentes entre médecins, cette souffrance est aussi provoquée par un management dicté par une « logique comptable et financière ».


Un climat très lourd semble régner depuis plusieurs mois au CHU de Grenoble. ZOOM
Un climat très lourd semble régner depuis plusieurs mois au CHU de Grenoble. / Albert Facelly/Divergence

C’était un jeune neurochirurgien pédiatrique de 36 ans qui, de l’avis général, était brillant et très investi dans son travail. Un « perfectionniste » qui, en novembre, s’est donné la mort sur son lieu de travail, au CHU de Grenoble. Un suicide qui, selon une lettre qu’il a laissée, aurait été lié à des motifs personnels.



Un climat très lourd semble régner depuis plusieurs mois au CHU de Grenoble.


Un climat très lourd semble régner depuis plusieurs mois
au CHU de Grenoble. / Albert Facelly/Divergence


« Il n’en reste pas moins que le choix du lieu a une signification », note un rapport rendu public lundi 8 janvier par le ministère de la santé. Selon ce rapport, cette mort brutale a « profondément traumatisé » les médecins et les équipes du CHU de Grenoble, où règne depuis plusieurs mois un climat très lourd, plusieurs médecins ayant dénoncé un harcèlement moral et de la souffrance au travail.

Des services « balkanisés »

C’est pour cette raison que la ministre Agnès Buzyn a chargé Edouard Couty, médiateur national en charge des hôpitaux, d’une mission. Au terme de ce travail, celui-ci livre un diagnostic sévère, décrivant des conflits aigus dans certains services entre des médecins en place depuis longtemps et de jeunes chefs de service venus de l’extérieur et ayant le titre de professeurs.

Le service de néphrologie est décrit comme « divisé », « balkanisé » et sans cohérence. Le service de réanimation est lui aussi en proie à des guerres intestines. « Il est clair que ce conflit rejaillit sur la prise en charge des malades et sur l’ensemble des professionnels du service, cadres et infirmiers notamment, au point de cliver les équipes et de générer de la souffrance au travail », note le rapport, tout en dénonçant une « communication de mauvaise qualité » entre le sommet et la base, qui « fait place à la rumeur dont l’effet est destructeur et délétère ».

Des conflits de pouvoir

Ce rapport n’a pas surpris le professeur Philippe Halimi, chef du service de radiologie à l’hôpital Pompidou à Paris. « Nous avions nous-même alerté sur ces souffrances graves à Grenoble, qu’on retrouve dans de nombreux hôpitaux en France où règne une maltraitance institutionnelle », assure ce médecin, qui préside l’association nationale Jean-Louis Megnien, du nom d’un cardiologue qui, fin 2015, s’est suicidé à Pompidou.
Ces situations peuvent être liées à des conflits de pouvoirs entre médecins. « Dans certains cas, cela peut être très violent. On reçoit des témoignages de gens qui se retrouvent sans bureau et sans patient car les secrétaires ont reçu pour consigne de ne plus leur en adresser », indique le docteur Nicole Smolski, présidente d’honneur de l’intersyndicat Action praticiens hôpital (APH) qui, le mois dernier, a créé un Observatoire de la souffrance à l’hôpital.

dimanche 28 janvier 2018

PMA, GPA, médecine prédictive... Quelles limites légales en matière de bioéthique ?

Les États généraux de la bioéthique ont débuté jeudi. Tour d'horizon des grands principes qui régissent aujourd'hui l'accès à l'assistance médicale à la procréation, la gestation pour autrui ou encore la médecine prédictive en France.

 
Les États généraux de la bioéthique ont débuté jeudi. Ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux femmes seules et aux couples de femmes, légalisation de la gestation pour autrui (GPA), manipulation du génome... Nombreux sont les sujets sensibles qui seront débattus dans les prochains mois à travers la France. Les travaux dureront jusqu'à l'été et les résultats devraient nourrir une nouvelle révision de la loi bioéthique présentée au Parlement à l'automne. Emmanuel Macron a déjà fait savoir qu'il était favorable à l'ouverture de la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes mais s'est dit fermement opposé à toute légalisation de la GPA. Une position par ailleurs similaire à celle du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), dans un avis rendu le 28 juin 2017. En revanche, le gouvernement ne semble pas vouloir rouvrir de dossiers sur la fin de vie, dans la mesure où une loi a déjà été votée sur le sujet en février 2016. Pour poser les termes des débats qui s'annoncent, voici un tour d'horizon non exhaustif des principaux sujets en question et de leur cadre juridique actuel.

Photo : Jean-Paul Chassenet






PMA, GPA, médecine prédictive... Quelles limites légales en matière de bioéthique ?
PMA, GPA, médecine prédictive... Quelles limites légales en matière de bioéthique ?PMA, GPA, médecine prédictive... Quelles limites légales en matière de bioéthique ?PMA, GPA, médecine prédictive... Quelles limites légales en matière de bioéthique ?

Assistance médicale à la procréation (AMP)

«L'assistance médicale à la procréation» (AMP) est le terme employé par la loi pour évoquer la PMA. Elle est ouverte aux couples, mariés ou en concubinage, confrontés à une infertilité pathologique. Depuis la loi bioéthique de 2004, elle est aussi accessible à un couple lorsque l'un de ses deux membres est porteur d'une maladie sexuellement transmissible ou lorsqu'il existe un risque de transmettre une maladie héréditaire à l'enfant.
La loi pose actuellement trois conditions fondamentales pour recourir à l'AMP. Elle s'adresse à un couple formé d'un homme et d'une femme, vivants et en âge de procréer. «Ces conditions traduisent une volonté que l'enfant à naître bénéficie d'une filiation crédible, explique Jean-René Binet, professeur à la Faculté de droit de Rennes et auteur de Droit de la bioéthique, paru en décembre 2017*. La technique vient ici réparer un cas pathologique d'infertilité.»
Le débat actuel porte sur l'ouverture de cette technique aux femmes seules et aux couples de femmes. «Une telle évolution change radicalement la manière d'envisager l'AMP, poursuit le professeur Jean-René Binet. Elle ne serait plus réalisée pour des motifs médicaux mais pour pallier ce que certains appellent aujourd'hui une ‘infertilité sociale'. Par ailleurs, l'enfant ne pourrait pas se prévaloir d'une filiation crédible.»
Le débat pourrait aussi poser la question de l'accès aux origines des enfants nés d'AMP. L'histoire d'Arthur Kermalvezen a récemment rouvert le débat. Ce jeune homme, né d'une insémination artificielle avec donneur anonyme, a mené sa propre enquête grâce à un test génétique pour retrouver l'identité de son géniteur. «Dans sa révision de 2011, le législateur avait envisagé de permettre l'accès à certaines données non identifiantes du donneur (âge, catégorie socio-professionnelle, motif du don), voire à son identité s'il donnait son accord, et si l'enfant en faisait la demande à sa majorité. Mais ce texte a été abandonné en première lecture», détaille le professeur Jean-René Binet.

La GPA

Totalement interdite en France, la gestation pour autrui est une technique médicale qui permet de recourir à une «mère porteuse» à qui on fait une insémination à partir des gamètes du couple commanditaire, ou des gamètes de donneurs tierces, voire avec ses propres ovocytes et le sperme du commanditaire. Quelle que soit la situation, la mère porteuse est tenue contractuellement de remettre l'enfant aux commanditaires à la naissance. Enfin, un lien de filiation est établi entre cet enfant et les parents commanditaires.
Si la légalisation de cette pratique en France semble exclue à ce jour, celle de la filiation de l'enfant né d'une mère porteuse avec le couple commanditaire est brûlante d'actualité. La France est confrontée à des couples qui recourent à des mères porteuses recrutées à l'étranger et demandent l'établissement en droit français d'un lien de filiation avec l'enfant ainsi conçu.
La Cour de cassation a constamment refusé de faire produire le moindre effet juridique à ces conventions réalisées à l'étranger. Par la «circulaire Taubira» du 25 janvier 2013, la Chancellerie a toutefois décidé un revirement en donnant pour consigne de délivrer des certificats de nationalité française aux enfants nés de GPA à l'étranger, dès lors que ce lien de filiation avec un Français résultait d'un acte d'état civil étranger probant.

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Source : Le Figaro, 19/01/2018.
Article intégral en ligne : http://www.lefigaro.fr

vendredi 26 janvier 2018

L’espérance de vie des femmes en léger recul

L’écart entre les sexes se réduit, l’espérance de vie à la naissance atteignant 85,3 ans pour les femmes et 79,5 ans pour les hommes.


C’est un élément du bilan démographique annuel de l’Insee observé à la loupe : l’espérance de vie à la naissance atteint 85,3 ans pour les femmes et 79,5 ans pour les hommes en 2017. L’écart entre les sexes se réduit. L’espérance de vie des hommes s’est en effet remise à progresser depuis 2016 (79,3 ans), après un recul en 2015, à 79 ans. Elle est en très légère baisse pour les femmes, qui ne retrouvent pas le niveau atteint en 2014 et 2016 (85,4 ans). Elle avait chuté à 85,1 ans en 2015.

« On a l’impression d’un plafonnement », observe le géographe Laurent Chalard. Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer cette relative stagnation. Une épidémie de grippe particulièrement meurtrière a sévi pendant l’hiver 2016-2017, qui a entraîné une forte augmentation du nombre de morts en janvier.


Comportements à risque


Or ce sont les conditions de mortalité de l’année qui sont prises en compte pour calculer l’espérance de vie. « Les progrès de la lutte contre la mort aux grands âges sont conditionnés par les épidémies », observe le démographe Laurent Toulemon.
D’autres causes expliquent l’évolution spécifique des femmes. « Elles ont adopté les comportements à risque masculins, le tabagisme en particulier », poursuit M. Chalard. Et décèdent donc davantage de cancers du poumon.
La France n’est cependant pas dans la situation des Etats-Unis, qui ont vu leur espérance de vie diminuer pour la deuxième année consécutive en 2017 – en raison notamment d’une épidémie d’overdose d’opioïdes. Les deux sexes sont concernés.

Source : Le Monde, 16/01/2018.

mercredi 24 janvier 2018

Espérance de vie: diminution des écarts entre hommes et femmes

L’espérance de vie est en augmentation en France et les chiffres progressent plus vite pour les hommes que pour les femmes.

Les Français vivent de plus en plus vieux. Mais dans quelles conditions? C’est ce que révèle le rapport de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES). 

 

L’écart hommes-femmes diminue 

 

Le premier chiffre décrypté est l’espérance de vie à la naissance. Celui-ci estime le nombre d’années à vivre entre nos premiers cris et notre mort. Bonne nouvelle: nous vivons de plus en plus vieux car cet indicateur est en augmentation par rapport à 2015. Mais les deux sexes ne sont pas égaux en la matière. Cette augmentation de l’espérance de vie est en effet plus favorable aux hommes qui gagnent 2,2 ans entre 2006 et 2016. Ils rattrapent donc progressivement les femmes qui, elles, n’ont gagné que 1,2 an sur la même période. 

Les écarts diminuent, certes, mais restent bien présents. En 2016, les femmes vivent encore 6 années de plus que les hommes en moyenne. Elles peuvent donc espérer vivre jusqu’à 85,3 ans contre 79,3 ans pour la gent masculine. 

http://i.f1g.fr/media/eidos/680x382_crop/2018/01/17/XVMa59c4610-fbaf-11e7-b32a-91b1e9319fc4.jpg
En 2016, les femmes vivent encore 6 années de plus que les hommes en moyenne. lev dolgachov/Syda Productions - stock.adobe.com

Plus vieux mais pour quelle santé? 

 

Est-ce que ces années de vie supplémentaires sont associées à un bon état de santé? C’est à cette question que répond l’espérance de vie en bonne santé. Cet indicateur permet d’évaluer la qualité de ces années gagnées. Là aussi, les femmes sortent gagnantes. L’indice indique en effet 64,1 ans pour les femmes et 62,1 ans pour les hommes en 2016. Cependant, 80% des hommes déclarent n’avoir aucune incapacité fonctionnelle, qu’elles soient forte ou légère, durant leur période de vie en bonne santé, contre 75% des femmes. Ces chiffres restent stables depuis 10 ans.

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Source : Le Figaro, 17/01/2018.
Article intégral en ligne : http://sante.lefigaro.fr

mardi 23 janvier 2018

Le travail de nuit favorise le cancer chez les femmes

Selon une analyse de 61 études sur 3,9 millions de personnes et plus de 100 000 patients, les infirmières de nuit sont particulièrement touchées, avec davantage de cancers de la peau, du sein et du système gastro-intestinal.

Le travail de nuit est lié à un risque accru de cancers du sein, gastro-intestinal et de la peau chez les femmes, selon l’analyse de plusieurs études publiée lundi 8 décembre dans Cancer Epidemiology, Biomarkers and Prevention, la revue de l’American Association for Cancer Research. Cette étude consiste en une analyse de 61 études couvrant 114 628 cas de cancer et 3,9 millions de participants en Amérique du Nord, en Europe, en Australie et en Asie.
Ces chercheurs, dont le cancérologue Xuelei Ma, de l’Université chinoise Sichuan à Chengdu, ont cherché à déterminer si le fait de travailler de nuit pendant de longues années pouvait accroître le risque de onze types de cancer chez les femmes. Une autre analyse a été effectuée sur les effets du travail de nuit pour six types de cancer parmi des infirmières.
Les conclusions de cette étude montrent une augmentation de 19 % du risque de cancer pour les femmes travaillant de nuit pendant plusieurs années. Ce risque est le plus grand pour le cancer de la peau (41 %), suivi par le cancer du sein (32 %) et le cancer gastro-intestinal (18 %) comparativement aux femmes n’ayant pas effectué de travail de nuit de façon durable.

Les infirmières de nuit ont un risque accru de 58 % de contracter un cancer du sein.
Les infirmières de nuit ont un risque accru de 58 %
de contracter un cancer du sein.
NATALIE BEHRING / REUTERS

Niveau d’hormones sexuelles trop élevées

Les chercheurs ont également indiqué que l’accroissement du cancer du sein n’a été constaté que chez les femmes travaillant de nuit en Amérique du Nord et en Europe. Selon eux, cela pourrait indiquer que ces femmes avaient des niveaux d’hormones sexuelles plus élevés, ce qui accroît le risque de cancer mammaire.


Dans le groupe des infirmières, celles qui travaillaient de nuit avaient un risque nettement plus grand de cancer du sein (58 %) ainsi que de cancer gastro-intestinal (35 %) et du poumon (28 %).
De tous les métiers, les infirmières sont le groupe de femmes avec le risque le plus élevé de cancer du sein, en travaillant la nuit pendant plusieurs années. Mais cette fréquence accrue pourrait aussi s’expliquer par les connaissances médicales des infirmières et le fait qu’elles se soumettent plus fréquemment à des examens médicaux, relèvent les auteurs. Une autre explication réside dans les contraintes du travail d’infirmière, qui peut souvent être plus intense la nuit.

Les chercheurs ont déterminé que le travail nocturne augmente le risque de cancer du sein de 3,3 % par tranche de cinq ans dans une équipe de nuit. « Les résultats de cette étude suggèrent la nécessité de programmes de protection de la santé des femmes travaillant de nuit, avec des examens médicaux réguliers », estiment les chercheurs.

Source : Le Monde avec l'AFP, 09/01/2018.