mardi 8 mai 2018

Concours 2018 pour le recrutement de Gardien de la Paix

Ouverture des inscriptions pour le concours de Gardien de la Paix session de Septembre 2018.


Date limite de dépôt ou d'envoi du dossier d'inscription : 29 juin 2018 (le cachet de la poste faisant foi) .

 Épreuves d’admissibilité : 25 septembre 2018.

En savoir + : https://www.lapolicenationalerecrute.fr


 L’image contient peut-être : 3 personnes, texte

dimanche 6 mai 2018

Recrutement d'Agents administratifs et d'Agent de constatation des douanes

Le ministère des Finances recrute des AGENTS ADMINISTRATIFS et des AGENTS DE CONSTATATION DES DOUANES.

 Avec un brevet des collèges, devenez agent des douanes
Le ministère des Finances organise un concours externe et un concours interne pour devenir agent administratif des finances publiques ou agent de constatation des douanes.
Les épreuves écrites se dérouleront le 2 octobre 2018, les épreuves orales du 7 au 11 janvier 2019.

Conditions d’inscription aux concours d’agent des douanes

Pour vous inscrire aux concours externes d’agent administratif des finances publiques ou d’agent de constatation des douanes, vous devez être titulaire d’un diplôme de niveau BEP, brevet des collèges ou CAP et remplir les conditions pour entrer dans la Fonction publique :
  • posséder la nationalité française ou être ressortissant d’un autre État membre de la Communauté Européenne ou partie à l’accord sur l’espace économique européen,
  • jouir de ses droits civiques,
  • ne pas avoir subi une condamnation incompatible avec l’exercice des fonctions,
  • être en position régulière au regard des obligations du service national,
  • justifier des conditions d’aptitude physique requises (compte tenu des possibilités de compensation du handicap).

Concours d’agent des douanes : quand et comment s’inscrire ?

Les inscriptions sont ouvertes du 2 mai au 4 juin 2018 à l’adresse suivante : https://www.economie.gouv.fr/recrutement/inscription-aux-concours-niveau-brevet-des-colleges-ou-equivalent-0
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Vous pouvez également :
  • retirer votre dossier d’inscription papier directement à l’École nationale des finances publiques (ENFiP) (centre des concours de Lille), 55 rue Jean Jaurès, 59 867 LILLE cedex 9.
  • ou demander que le dossier d’inscription papier vous soit envoyé par courrier : envoyez un mail à enfip.ccl@dgfip.finances.gouv.fr ou téléphonez au 0810 873 767.
 

samedi 5 mai 2018

Loin des vieux, loin du cœur : le grand âge effacé et oublié

Phénomène récent dans ces proportions, la grande vieillesse n’est pas forcément un naufrage : seule une personne de plus de 85 ans sur cinq est dépendante. Pourtant, la société française ignore cette tranche d’âge, dont elle a une perception biaisée, et souvent négative.

«Leur malheureux sort dénonce l’échec de toute notre civilisation.» Puisque Simone de Beauvoir écrit tout de même un peu mieux que nous, et que son constat colle encore au réel, on s’est permis d’emprunter ses mots. Cinquante ans plus tard, on aime toujours aussi peu nos vieux. On les planque tant bien que mal, puisqu’ils sont de plus en plus nombreux. En janvier 2016, les plus de 75 ans représentaient 9,1 % de la population française, 3 % si on resserre le segment aux plus de 85 ans. Selon la Cour des comptes, ces derniers devraient passer de 1,4 million de personnes à 5 millions en 2060. Ce sont nos grands-parents, nos parents et, qu’on se le dise, ce sera nous. C’est probablement ce qui explique cet angle mort : nous rechignons à voir ce que nous deviendrons, à nous projeter au bord du seuil.

 A Tours, en 2015.

 Jérôme Pellissier, docteur en psychogérontologie, l’explique ainsi : «Nous vivons dans une société où la mort est cachée. Or les personnes âgées sont associées à cet impensé. La société est très centrée sur des valeurs comme la performance, la jeunesse, la rapidité, avec le modèle de l’humain surpuissant, prenant soin de lui. Le très vieux nous met donc mal à l’aise si on veut maintenir cette illusion.» Il faut bien le dire aussi, les vieux, ça encombre. Ils ne travaillent plus, mais prennent des places assises dans le métro, ils ne rapportent plus mais allongent les queues aux caisses des boulangeries. «Le rapport collectif à la vieillesse est imprégné d’un présupposé d’inutilité dans une société où tout se mesure à l’utilité», explique le sociologue Michel Billé, spécialisé dans les questions relatives aux handicaps et à la vieillesse.

(...)

Source : Libération, 11/05/2018.
Article intégral en ligne : https://www.liberation.fr/france/2018/05/11/loin-des-vieux-loin-du-coeur-le-grand-age-efface-et-oublie_1649510

vendredi 4 mai 2018

Nouvelle session de formation "AMELIORER SES ECRITS PROFESSIONNELS" du GRETA Nord Aquitaine

Le DPFI de Lormont propose de nouvelles sessions en juin 2018 sur la formation "AMÉLIORER SES ÉCRITS PROFESSIONNELS" : les 5 et 12 juin 2018

 

Vous êtes assistant(e) de manager et vous souhaitez rédiger plus efficacement afin que vos messages soient bien compris par le destinataire.

Le DPFI de Lormont, vous propose une formation sur mesure et proche de votre domiciliation pour savoir : organiser vos idées, aller à l'essentiel, trouver les mots justes, rédiger des lettres de tout type, des notes, des courriels, des comptes rendus concis et conformes, éviter la confusion et les ambiguïtés.






Une formatrice expérimentée dans la formation pour adultes, spécialisée dans les techni-
ques rédactionnelles adaptées à tous les domaines professionnels sera à vos côtés durant ces deux jours de formations.


Inscriptions : Contacter Angélique au 05.57.77.60.02 (nombre de places limitées)
Détail du programme : https://www.greta-aquitaine.fr



 

lundi 30 avril 2018

Les Français se préoccupent de plus en plus de leurs données personnelles

La Commission nationale informatique et libertés, qui fête ses 40 ans, a reçu plus de 8.000 plaintes en 2017.





Née dans les turbulences du projet de super-fichier Safari dans les années 70, la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) vient de fêter ses 40 ans, et elle est "installée dans le paysage institutionnel français", se félicite ce mardi sa présidente, Isabelle Falque-Pierrotin, en présentant son rapport annuel [PDF].

Elle est bien identifiée par les Français – dont "9 sur 10 sont inquiets du devenir de leurs données personnelles", souligne la présidente de la Cnil, et ils se tournent vers la Commission – "77% des Français lui font confiance" : l'an dernier, la Commission a reçu un nombre record de plaintes, 8.360, en forte hausse en trois ans (5.802 plaintes en 2014, moins de 8.000 les deux années suivantes).


  • 25% de ces plaintes portent sur le marketing et le commerce, principalement sur la prospection par e-mail, téléphone ou courrier.
  • 27% des plaintes concernent la diffusion de données personnelles sur Internet (réseaux sociaux, blogs, sites), et surtout leur suppression ou leur modification.
  • Les autres secteurs concernés par les plaintes sont les ressources humaines (16%) - vidéosurveillance, géolocalisation, refus de communication du dossier professionnel -, la banque et le crédit (12%), le secteur santé et social (8%).


Conseils pratiques : mot de passe, protéger ses données...

La Commission diffuse de nombreux conseils pratiques sur la maîtrise des données personnelles ; elle a coproduit en juin 2017 avec la MGEN un clip de sensibilisation sur la protection de la vie privée, avec le youtubeur le Rire Jaune (il a été vu plus de 4,3 millions de fois en moins de 10 mois).



(...)

Article intégral en ligne : https://www.nouvelobs.com

Source : L'Observateur, 10/04/2018

samedi 28 avril 2018

3 millions d'enfants sous le seuil de pauvreté en France

Le nombre d'enfants sous le seuil de pauvreté progresse en France depuis quinze ans et s'accentue encore plus pour les familles monoparentales.



Les enfants issus de familles monoparentales sont plus nombreux à être confrontés à la pauvreté que ceux dont les deux parents travaillent.
Les enfants issus de familles monoparentales sont plus nombreux
à être confrontés à la pauvreté que ceux dont les deux parents travaillent. © AFP / Loic Venance

Les familles monoparentales sont davantage exposées à la pauvreté, a rappelé l'association K d'urgence mardi lors d'un point presse.
Pendant cette conférence, où l'association présentait la prochaine édition de la Journée des familles monoparentales à Paris, en juin prochain, en compagnie de la Caf et d'Olivier Noblecourt, le délégué interministériel à la lutte contre la pauvreté, K d'urgence a alerté sur la monoparentalité comme "l'un des premiers facteurs de pauvreté".
Confrontés à des difficultés d'organisation et à une baisse conséquente de leur niveau de vie, les familles monoparentales (une mère avec ses enfants, dans 82 % des cas) s'en sortent moins bien.
En quinze ans, le nombre d'enfants de moins de 18 ans vivant sous le seuil de pauvreté (1015 euros) est passé de 16 à 20 %, soit trois millions d'enfants pauvres. 


Taux en croissance

Une situation à laquelle sont davantage confrontés les enfants vivant dans une famille monoparentale. Selon les chiffres de l'Insee, issus du recensement de 2015, 34,9 % des familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté, contre 11,8 % pour les familles avec deux parents.
Cette situation a tendance à empirer. En 2008, 17,3 % des enfants vivaient sous le seuil de pauvreté, dont 37,8 % vivant dans des familles monoparentales. En 2015, ces taux grimpent respectivement à 19,9 % et 39,3 %.
Se focalisant sur Paris, où a lieu la sixième Journée des familles monoparentales, K d'urgence relève une situation plus favorable que sur l'ensemble du territoire (22,4 % des familles monoparentales concernées), mais avec des fortes disparités entre les quartiers du nord-est parisien et les quartiers le long de la petite ceinture, à la périphérie, qui concentrent une grande partie du parc locatif social parisien, et l'ouest parisien et la rive gauche, où ces familles monoparentales sont plutôt cadres ou professions libérales.

Source : France inter, 12/04/2018.

jeudi 26 avril 2018

Education, emploi, rénovation… Les propositions-chocs du rapport Borloo

Le texte, remis à Edouard Philippe jeudi, compte dix-neuf « programmes » thématiques. Elus et associations ont construit ensemble des solutions.


Le rapport Borloo sur les banlieues, remis à Edouard Philippe jeudi 26 avril, compte dix-neuf « programmes » thématiques (rénovation urbaine, éducation, mobilité, sécurité et justice, entreprises et emploi, leadership, égalité et mixité…). Il est le fruit d’une réflexion et d’un travail menés depuis plusieurs mois avec les élus et les associations de terrain mobilisés au sein du collectif « Territoire gagnants » (à l’initiative de Bleu Blanc Zèbre et Ville et Banlieue).
Depuis janvier, ils ont effectué un « tour de France » afin de faire émerger les solutions les plus innovantes et efficaces déjà en place dans certains quartiers. Ce rapport propose, entre autres, de démultiplier les meilleures sur tout le territoire. Jean-Louis Borloo recommande également des changements de méthode inédits.
  1. Une académie des leaders, à côté de l’ENA
  2. Une juridiction pour sanctionner l’inaction
  3. Trois fronts pour l’emploi
  4. Rénovation urbaine : des propositions décoiffantes
  5. Création de « cités éducatives »
  6. Déploiement de 200 campus numériques
  7. Aide aux communes pauvres
  8. Développement de la mobilité
  9. Promotion de la mixité
  10. Insertion par le sport
  11. Jumeler les institutions culturelles avec les QPV
  12. Une police plus ancrée dans son territoire
  13. « Une nouvelle armée de la République solidaire »
  14. Faciliter le financement des associations
  15. Lutter contre les discriminations
  16. Jeunesse : « A la rencontre de l’autre »
 (...)

Le Monde : 26/04/2018.
Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr

mardi 24 avril 2018

Comment les réseaux sociaux accentuent l’enfermement dans ses idées

Le poids pris par Facebook, Twitter et les algorithmes de personnalisation renforcent des tendances déjà identifiées par la psychologie sociale, observent des chercheurs.


Internet et les réseaux sociaux sont-ils des machines à enfermer les internautes dans leurs propres certitudes ? Cette question, posée dès 2011 par le penseur du Web Eli Pariser dans son ouvrage The Filter Bubble : What The Internet is Hiding from you (Les bulles filtrantes : ce qu’Internet vous cache, non traduit), est aujourd’hui au cœur de la réflexion de nombreux chercheurs du Net.
Lundi 23 avril à la Cité internationale de Lyon, où se tient jusqu’au vendredi 27 la prestigieuse conférence annuelle itinérante des professionnels d’Internet, The Web Conference, la polarisation des idées et des débats sur les réseaux sociaux a fait l’objet d’une demi-journée d’étude mêlant ingénierie du Web et psychologie sociale. Baptisée « Polarization on social media », elle a été présentée par un groupe de chercheurs en informatique de Helsinski (Finlande), Kiran Garimella, Aristides Gionis, et Michael Mathioudakis, et un ingénieur au centre de recherche informatique du Qatar, Gianmarco De Francisci Morales.
A l’origine de ces interrogations, le constat désormais très répandu qu’au lieu d’amener les internautes à échanger leurs points de vue et bâtir des théories nuancées, utopie qui a porté la démocratisation d’Internet dans les années 1990, l’émergence des réseaux sociaux et des algorithmes de recommandation a au contraire amené une radicalisation des points de vue, une exacerbation des tensions en ligne, et une impossibilité chronique à se faire entendre et respecter.

Quelle est la part de responsabilité des sites et services Internet ?
Quelle est la part de responsabilité des sites et services Internet ? Illustration Quentin Hugon / Le Monde

Une vieille question de psychologie sociale

Cette impasse démocratique, remarquent les chercheurs, est loin d’être une invention du Net. La question de la formation des opinions dans un contexte social a donné naissance dès les années 1950 au concept de dissonance cognitive, du psychologue Leon Festinger, qui décrit l’état de désarroi et les stratégies d’évitement face à des opinions contraires aux siennes.
Par ailleurs, la recherche n’a pas attendu l’âge d’or de la collecte de données sur Internet pour tenter des approches quantitatives. Dans un article de 1974, « Reaching a Consensus », le statisticien américain Morris DeGroot observe déjà que les individus tendent à se conformer progressivement aux opinions émises par leurs semblables (de sexe, de couleur de peau, de religion…), même s’ils n’ont aucune connaissance de leur véracité. Ce phénomène est connu sous le nom d’homophilie, l’attirance de la similarité. « Un modèle basique, qui ne rend pas encore compte des logiques de polarisation », nuance Gianmarco De Francisci Morales.
En 2000, dans Mixing Beliefs among Interacting Agents, les chercheurs Deffuant, Neau, Amblard et Weisbuch arrivent à une conclusion plus fine : un individu moyen n’adapte ses jugements que si les opinions auxquelles il est confronté n’en sont pas trop éloignées. « C’est l’idée que si quelque chose est trop éloigné de ce à quoi je crois, je ne vais même pas lui accorder mon attention », résume Gianmarco De Francisci Morales.


dimanche 22 avril 2018

Les enseignants décryptent l'algorithme "ubuesque" de Parcoursup

Macron a promis la publication de l'algorithme national de Parcoursup. Mais l’avenir des étudiants se jouera plutôt dans la pléthore de variantes locales, estampillées "outils d’aide à la décision". "Opaques" pour les uns, "incompréhensibles", pour les autres, ces algorithmes locaux sont "un vrai moyen de sélection" à l'entrée de l'université.

 
Lors d’un discours sur l’Intelligence artificielle au Collège de France le 29 mars dernier, Emmanuel Macron a lourdement insisté : il est impératif que les algorithmes utilisés par l’Etat soient rendus publics. Premier concerné : celui de Parcoursup, afin de rendre plus transparent le processus d’intégration des étudiants. C’est de ce logiciel dont dépendent, pour la première fois cette année, toutes les formations qui, sélectives ou non, recrutent après le bac. Mais du côté enseignants, cette annonce n’a pas soulevé l’enthousiasme : "Publier cet algorithme au niveau national ne sert à rien, se désole Thomas Alam, maître de conférences en sciences politiques à l’Université de Lille II. Les critères ajoutés par chaque université, chaque filière, seront absents. Le véritable enjeu est dans les algorithmes locaux, dont le contenu est aujourd’hui totalement opaque". De fait, dans l’enseignement supérieur, nombreuses sont les voix qui s’élèvent contre un algorithme qui permettrait une "sélection déguisée" des candidats à l’entrée de l’université.

"Beaucoup d’entre nous ignorent encore quels seront leurs propres critères de notation", déplore un enseignant.
"Beaucoup d’entre nous ignorent encore quels seront leurs
propres critères de notation", déplore un enseignant.
- Michel Stoupak / NurPhoto

"Projet de formation motivé", "fiches Avenir" et bulletins


De quoi parle-t-on exactement ? Dans beaucoup de filières, où le nombre de candidats excède celui des places, les commissions d’examen des voeux, composées par les chefs d’établissement, devront examiner des milliers de dossiers reçus, puis les ordonner entre "oui", "oui si" et "en attente" (le non étant réservé exclusivement aux filières dites "sélectives"). Pour faciliter le traitement de cette tâche dantesque, le ministère de l’Enseignement supérieur a mis à disposition un "outil d’aide à la décision", présenté aux équipes lors de journées de formation fin mars.

"L’outil de décision", c’est le petit nom donné aux algorithmes locaux qui sont censés aider les enseignants-chercheurs dans leur classement. Sur le principe, il est le même pour tous. Il permet de rentrer les différents critères qui compteront dans la détermination des dossiers des futurs étudiants.
Que se cache-t-il donc derrière ce paramétrage ? Une somme de critères assez difficile à appréhender, supposée rendre "plus humain" le recrutement dans les universités. Ces éléments sont censés mêler des éléments quantitatifs et qualitatifs. Dans la feuille de route transmise par le ministère aux enseignants lors des journées de formation, quatre grands critères sont définis. D’abord le "projet de formation motivé", à travers la lettre de motivation. Ensuite, les "fiches Avenir" remplies par les professeurs principaux des élèves et les proviseurs. Après, les notes des élèves en fonction de leur bulletin de Première et de Terminale (certaines filières pouvant remonter jusqu’au collège) et enfin les notes du bac, indexées sur les épreuves anticipées passées l’année précédente.
Des signalements pour chercher des "marqueurs sociaux"
Certains dossiers figurant désormais entre les mains des algorithmes locaux sont également accompagnés de marqueurs bien spécifiques : "C", lorsqu’un candidat a changé de série en cours de scolarité dans le secondaire. "P" quand il a au moins redoublé une fois en première. "T" lorsqu’il a redoublé au moins une fois sa Terminale. Mais aussi… "O", quand le candidat a suivi ou suit une “option européenne, internationale ou bi-nationale" et “E", si le candidat suit une "scolarité à l’étranger après avoir obtenu son bac français". Pour Thomas Alam, ces signalements sont bien la preuve d’une recherche de "marqueurs sociaux" pour différencier les candidats : "Les lycées français à l’étranger sont réputés pour être plus exigeants que les autres. Pour quelle raison choisit-on de signaler la provenance de ces lycéens si ce n’est pas pour souligner cet élément ?"


Extrait du document "Paramétrer l'aide à la décision pour les formations de licence".

 

Des critères différents pour chaque université... et pour chaque filière

 

Reste-t-il alors simplement à pondérer chacun de ces éléments ? Absolument pas. C'est là que les "spécificités locales" entrent en jeu car il revient aux formations d’établir les différentes pondérations auxquelles seront soumis les dossiers. "Nous quittons le registre national pour nous orienter vers un système où chaque filière représentera en elle-même un îlot de sélection", se désespère Christel Coton, maîtresse de conférence en sociologie à l’université de Paris I et responsable de sa filière Administration économique et sociale (AES). Concrètement, cela signifie que la licence de droit à l’université du Capitole, à Toulouse, n’aura pas les mêmes critères d’entrée que celle de l’université Jean-Moulin à Lyon. Et attention : dans ce classement supposément "objectif" - puisque réalisé à l’aide d’un algorithme - il ne peut pas y avoir de candidats ex-aequos.
"Nous quittons le registre national pour nous orienter vers un système où chaque filière représentera un îlot de sélection"
Prenons dans un premier temps l’exemple du bulletin de notes. Avant d’obtenir la moyenne définitive d’un élève, l’enseignant doit dans un premier temps renseigner plusieurs "moyennes intermédiaires" : une pour les notes du bac, une pour les notes de Première, et une troisième pour les notes de Terminale. Il leur est aussi possible de créer des moyennes intermédiaires en fonction des disciplines. En théorie, cela doit permettre de valoriser une matière en lui apportant un coefficient plus élevé. Par exemple, une Commission de première année de licence de mathématiques peut choisir d’isoler les domaines scientifiques.
Qu’en est-il de celles qui ne découlent pas directement d’une discipline enseignée au lycée ? Par défaut, le français peut faire figure de distinction dans le classement. "Il ne suffit pas ‘d’avoir un bon niveau d’expression écrite’, comme on l’a vu dans certains attendus nationaux pour réussir dans une filière", objecte un enseignant-chercheur faisant partie de l'Observatoire de la sélection universitaire. Ce groupement informel, opposé à la réforme, veut en dévoiler les coulisses par l’intermédiaire des réseaux sociaux. Au-delà du processus de notation en lui-même, l’Observatoire pointe ses problèmes philosophique : "On sait parfaitement que certains lycéens notent plus facilement que d’autres. Nous pouvons être tentés de mettre une note plus favorable à un établissement connu pour son exigence, pour mettre tout le monde sur un pied d’égalité. C’est déjà discutable. Mais que faire des milliers des lycéens dont on ignore les critères de notation ?"

La "capacité à réussir" notée de 1 à 20


Passons à un deuxième critère. Les enseignants-chercheurs doivent également se pencher sur les "fiches Avenir". Sont déterminés par le prof principal : la méthode de travail d’un élève, son autonomie, son engagement, son esprit d’initiative et sa capacité à s’investir. Au proviseur est laissée la lourde tâche de déterminer la cohérence du projet du lycéen et… de donner son avis sur sa capacité à réussir ! Une fois dans l’algorithme, ces appréciations écrites doivent être transformées en note comprise entre 0 et 20, "20 étant le maximum possible donné à la modalité 'Très satisfaisant' ou 'Très cohérent'", indiquent les documents du Ministère de l’enseignement supérieur. (Il est également possible de noter le tout sur 15 et non pas sur 20, mais nous vous passerons ces joyeuses considérations mathématiques.)
Il revient aussi à l’enseignant-chercheur de décider, en fonction des coefficients, quels éléments de la "fiche Avenir" il préfère mettre en valeur. L’autonomie peut par exemple être moins valorisée que la méthode de travail, comme le montre l’exemple ci-dessous :

Extrait du document "Paramétrer l'aide à la décision pour les formations de licence".
Ici encore, nouveau problème: "Dans certains lycées, les professeurs principaux n’ont pas joué le jeu. Ils ont décidé de mettre ‘Très satisfaisant’ à chacun de leurs élèves, nous explique un membre de l’Observatoire de la sélection universitaire. C’est normal, ils ont envie qu’ils réussissent ! Ce qui signifie que si on décide de faire entrer les fiches avenir dans nos critères de notation, nous allons désavantager les élèves dont les professeurs ont scrupuleusement respecté les consignes du Ministère".

La "sélection sociale" par la lettre de motivation

 

Troisième et dernier élément à renseigner dans l’algorithme local : l’examen du projet de formation motivé. Exit, comme sur APB, les indications des préférences des étudiants en fonction des établissements : "Comment savoir si un étudiant veut venir si on ignore où notre filière se situe dans ses voeux ?" s’agace un enseignant. Sur Parcoursup, la réponse se trouve dans les lettres de motivation en 1.500 signes remplies par les élèves. "Mais elles peuvent avoir été rédigées par quelqu’un d’autre, du professeur au parent ! se désespère Christel Coton. On avantage les élèves dont l’entourage est suffisamment disponible et cultivé pour écrire ces billets. C’est de la sélection sociale". Quid, de plus, des cas où ces lettres de motivation ont été écrites par des officines privées ? Pour l’Observatoire de la sélection universitaire, la réponse est simple : de toute manière, ces lettres ne seront pas lues : "Vous pensez vraiment qu’il est humainement possible de lire 3000 candidatures et de rentrer manuellement chacune des notes demandée par l’algorithme ? Dans beaucoup de filières, la ‘partie qualitative’ passera à la trappe. Et que restera-t-il, sinon une sélection par les notes à l’entrée de l’université ?"

(...)

Source : Marianne, 09/04/2018

Article intégral en ligne : https://www.marianne.net