samedi 8 juin 2019

Le tabac, responsable d’une mort sur huit en France

Le tabac a fait 75 000 morts en France en 2015. Mais depuis, le nombre de fumeurs a chuté dans le pays.

 
Cancers, maladies cardiovasculaires et respiratoires : le tabac a fait 75 000 morts en France en 2015, ce qui représente plus d’un décès sur huit, selon les derniers chiffres officiels, publiés ce mardi 28 mai avant la journée mondiale sans tabac.
« Comme dans la plupart des pays industrialisés, le tabagisme reste la première cause de décès évitables en France », souligne le bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’agence sanitaire Santé publique France.
Le précédent bilan datait de 2016 et portait sur l’année 2013. Il était de 73 000 morts, soit la même proportion par rapport au nombre total de décès cette année-là (environ 13 %).
 

Les femmes de plus en plus concernées

Les hommes sont particulièrement touchés, puisque 19 % des hommes décédés en 2015 sont morts à cause du tabac (55 400), contre 7 % pour les femmes (19 900).
Pour autant, sur le long terme, la tendance est défavorable aux femmes. Entre 2000 et 2015, le nombre de morts attribuables au tabac chez les hommes a diminué (-11 %), alors qu’il a été multiplié par 2,5 chez les femmes (passant de 8 000 à 19 900).
Cette évolution est due à un changement des modes de vie : diminution globale du tabagisme chez les hommes depuis 1970, mais augmentation chez les femmes.
Les causes des morts attribuables au tabagisme sont les cancers (dans 61,7 % des cas), au premier rang desquels celui du poumon, une maladie cardiovasculaire (22,1 %) et une pathologie respiratoire (16,2 %).

Moins de fumeurs, qui fument moins qu’avant

Par ailleurs, Santé publique France confirme des chiffres déjà dévoilés fin mars par la ministre de la Santé Agnès Buzyn : depuis 2016, le nombre de fumeurs quotidiens a baissé d’1,6 million, dont 600 000 au premier semestre 2018.
LIRE AUSSI > Tabac, alcool, cancer : ce que contient le plan prévention du gouvernement
Obtenus grâce au Baromètre santé, enquête réalisée par téléphone, ces chiffres 2018 montrent que la tendance à la baisse se poursuit.
Les pouvoirs publics l’attribuent à l’augmentation progressive du prix du paquet (jusqu’à 10 euros d’ici 2020), au remboursement des substituts nicotiniques et à l’opération Mois sans tabac en novembre.

Infographie: Les bienfaits de l'arrêt du tabac | Statista Vous trouverez plus de infographies sur Statista
 
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Source : L'Observateur, 28/05/2019.

jeudi 6 juin 2019

Loi de bioéthique : la révision de 2011

Les lois relatives à la bioéthique de 1994 et de 2004 ont prévu une loi de révision obligatoire. La loi du 7 juillet 2011 est l’aboutissement de cette clause de révision. À son tour, elle comprend une clause qui prévoit une révision dans un délai maximal de sept ans. C'est l'objet du projet de loi relatif à la bioéthique présenté en juillet 2019.

 
La problématique de la bioéthique est présente depuis les années 1990 dans les discussions entre médecins, juristes, hommes politiques, religieux et journalistes qui tentent d’analyser les conséquences sociales, juridiques, morales et culturelles de l’évolution des pratiques médicales sur le corps humain.
De manière progressive, mais de plus en plus passionnée, ces débats engagent également les citoyens "ordinaires", les associations et les ONG. En effet, de nouvelles questions surgissent : après le clonage, la recherche sur l’embryon ou sur le génome humain, d’autres sujets de controverses sont apparus sur le risque d’eugénisme, les mères porteuses, l’euthanasie, la transplantation d’organes, les expérimentations médicales, etc.
La loi bioéthique de 2011 est l'aboutissement d'une démarche fondée sur la participation. En 2009, le Gouvernement a pour la première fois, organisé les États généraux de la bioéthique, afin de permettre à tous les citoyens de "faire connaître leur avis sur les sujets qui engagent la condition humaine et les valeurs essentielles sur lesquelles est bâtie notre société". Les évolutions proposées dans la loi se sont appuyées sur :
  • la synthèse des contributions reçues des internautes et des conclusions de trois jurys citoyens ;
  • les avis remis par différentes institutions telles que le Comité consultatif national d’éthique (CCNE), le Conseil d’État ou l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPESCT).

mercredi 5 juin 2019

Comment le droit à l’avortement recule dans l’Amérique de Trump

En 2019, quatorze Etats ont signé des lois pour limiter l’accès à l’avortement. Auparavant, les subventions aux centres pratiquant l’IVG avaient été supprimées. 


L’avortement est légal aux Etats-Unis depuis 1973 grâce à une décision historique de la Cour suprême (Roe v. Wade). Les femmes peuvent avorter tant que le fœtus n’est pas viable. Au-delà, c’est à l’appréciation de chaque Etat.
Dans l’Amérique de Donald Trump, ce droit est menacé alors que le nombre d’avortements n’a jamais été aussi bas, selon des chiffres officiels. Le président américain a décidé en 2018 de ne plus accorder de subventions aux centres de santé qui pratiquent des interruptions volontaires de grossesse (IVG). Et la jurisprudence pourrait évoluer avec l’arrivée de deux juges conservateurs, nommés par Donald Trump, à la tête de la Cour suprême.
Depuis le début de l’année, quatorze Etats ont signé des lois pour limiter l’accès à l’avortement quand trois Etats ont signé une loi pour protéger ce droit. L’Alabama a voté, le 14 mai, la loi la plus restrictive du pays en la matière. Elle interdit l’avortement après six semaines de grossesse et ne prévoit pas d’exception en cas de viol ou d’inceste. Le texte a été promulgué dans la foulée par la gouverneure, Kay Ivey ; néanmoins, il n’entrera pas en application avant six mois, délai que les anti-avortements comptent mettre à profit pour l’attaquer en justice, ce qui devrait bloquer son application pour une période indéterminée, mais sans doute pendant des années.
Lire : Derrière la loi anti-avortement de l’Alabama, une guérilla juridique pour forcer la main de la Cour suprême

Seulement 4 États sur 50 favorables à l’avortement

L’Institut Guttmacher publie des statistiques sur le contrôle des naissances et l’avortement aux Etats-Unis. Il a pu classer les Etats selon l’aspect restrictif ou favorable au droit à l’avortement.
Les « protections » regroupent :
  • l’inscription du droit à l’avortement dans les Constitutions des Etats ;
  • les normes juridiques pour protéger l’accès à l’IVG ;
  • la couverture médicale par Medicaid ;
  • l’autorisation aux professionnels de santé de pratiquer l’avortement ;
  • l’obligation d’assurances maladies ;
  • la protection des cliniques.
Du côté des « restrictions », l’institut y a inscrit :
  • les limites d’accès à l’avortement pour les mineures sans autorisation parentale ;
  • la diminution des aides de Medicaid ;
  • l’obligation de deux rendez-vous avant l’IVG ;
  • l’interdiction de la télémédecine pour l’avortement médicamenteux ;
  • les restrictions auprès des cliniques.
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Source : Le Monde, 17/05/2019
Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/05/17/le-droit-a-l-avortement-perd-du-terrain-aux-etats-unis_5463554_4355770.html