mercredi 5 juin 2019

Comment le droit à l’avortement recule dans l’Amérique de Trump

En 2019, quatorze Etats ont signé des lois pour limiter l’accès à l’avortement. Auparavant, les subventions aux centres pratiquant l’IVG avaient été supprimées. 


L’avortement est légal aux Etats-Unis depuis 1973 grâce à une décision historique de la Cour suprême (Roe v. Wade). Les femmes peuvent avorter tant que le fœtus n’est pas viable. Au-delà, c’est à l’appréciation de chaque Etat.
Dans l’Amérique de Donald Trump, ce droit est menacé alors que le nombre d’avortements n’a jamais été aussi bas, selon des chiffres officiels. Le président américain a décidé en 2018 de ne plus accorder de subventions aux centres de santé qui pratiquent des interruptions volontaires de grossesse (IVG). Et la jurisprudence pourrait évoluer avec l’arrivée de deux juges conservateurs, nommés par Donald Trump, à la tête de la Cour suprême.
Depuis le début de l’année, quatorze Etats ont signé des lois pour limiter l’accès à l’avortement quand trois Etats ont signé une loi pour protéger ce droit. L’Alabama a voté, le 14 mai, la loi la plus restrictive du pays en la matière. Elle interdit l’avortement après six semaines de grossesse et ne prévoit pas d’exception en cas de viol ou d’inceste. Le texte a été promulgué dans la foulée par la gouverneure, Kay Ivey ; néanmoins, il n’entrera pas en application avant six mois, délai que les anti-avortements comptent mettre à profit pour l’attaquer en justice, ce qui devrait bloquer son application pour une période indéterminée, mais sans doute pendant des années.
Lire : Derrière la loi anti-avortement de l’Alabama, une guérilla juridique pour forcer la main de la Cour suprême

Seulement 4 États sur 50 favorables à l’avortement

L’Institut Guttmacher publie des statistiques sur le contrôle des naissances et l’avortement aux Etats-Unis. Il a pu classer les Etats selon l’aspect restrictif ou favorable au droit à l’avortement.
Les « protections » regroupent :
  • l’inscription du droit à l’avortement dans les Constitutions des Etats ;
  • les normes juridiques pour protéger l’accès à l’IVG ;
  • la couverture médicale par Medicaid ;
  • l’autorisation aux professionnels de santé de pratiquer l’avortement ;
  • l’obligation d’assurances maladies ;
  • la protection des cliniques.
Du côté des « restrictions », l’institut y a inscrit :
  • les limites d’accès à l’avortement pour les mineures sans autorisation parentale ;
  • la diminution des aides de Medicaid ;
  • l’obligation de deux rendez-vous avant l’IVG ;
  • l’interdiction de la télémédecine pour l’avortement médicamenteux ;
  • les restrictions auprès des cliniques.
 (...)

Source : Le Monde, 17/05/2019
Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/05/17/le-droit-a-l-avortement-perd-du-terrain-aux-etats-unis_5463554_4355770.html

jeudi 28 septembre 2017

Où en est l'accès à l'avortement dans le monde ?

Pour la Journée mondiale du droit à l'avortement, Le Figaro revient sur l'accès à l'interruption volontaire de grossesse. Un droit parfois bien fragile et accessible pour seulement 39,5% des femmes.

À l'occasion de la Journée mondiale pour le droit à l'avortement, des rassemblements sont organisés ce jeudi à Paris et dans 25 villes françaises, sous le slogan «les femmes décident». Des mouvements semblables se déroulent dans toutes les capitales européennes. Le Figaro dresse un état des lieux de cette pratique, généralisée en Occident mais encore interdite dans de nombreux pays.

• Dans le monde, 47.000 décès sont causés par des avortements non sécurisés

Entre 2010 et 2014, il y a eu 55,7 millions d'avortements par an dans le monde, ce qui représente un taux d'interruption volontaire de grossesse (IVG) d'environ 25%. Selon les chiffres de l'ONU et de l'ONG Guttmacher, 25,5 millions d'IVG sont non sécurisés. C'est-à-dire, d'après l'OMS, qu'il s'agit d'une interruption de grossesse pratiquée par des personnes non qualifiées ou dans un environnement non conforme aux normes médicales minimales. Ces avortements, effectués dans de mauvaises conditions, débouchent sur environ 47.000 décès par an.

En 2016, 39,5% des femmes ont eu un accès total à l'avortement à travers le monde. De nombreux pays en Afrique et en Amérique latine restreignent fortement cette pratique et une vingtaine d'entre eux l'interdise totalement. Des pays comme le Salvador ou le Suriname sont notamment dans le viseur de l'OMS pour leurs législations très sévères. Même en cas de viol ou d'inceste, une femme risque jusqu'à vingt ans de prison pour avoir mis un terme à sa grossesse. Le continent africain est également très restrictif, puisque seulement trois pays autorisent l'IVG sans restriction: le Malawi, la Tunisie et l'Afrique du Sud.

Si l'avortement est autorisé aux États-Unis, l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche inquiète les défenseurs de l'IVG. Depuis avril 2017, une loi autorise les États à interdire le transfert d'argent public à une clinique qui pratiquerait l'interruption volontaire de grossesse.

• En Europe, seuls Malte, l'Andorre et le Vatican interdisent totalement l'IVG

La majorité des pays membres de l'UE autorisent l'avortement sans restriction jusqu'à 10 ou 12 semaines de grossesse, 18 semaines en Suède et jusqu'à 24 semaines aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.

Mais des pays ont des législations plus drastiques. En Pologne, l'avortement n'est permis qu'en cas de viol, d'inceste, de danger pour la vie de la mère ou de malformation irréversible du fœtus. À Chypre également, l'avortement est illégal et ne peut être pratiqué que si deux médecins certifient que la grossesse présente un risque pour la femme ou l'enfant à naître. Il est toléré en cas de viol et d'inceste.

L'IVG reste totalement prohibé à Malte où, en cas d'infraction, la peine encourue va de 18 mois à trois ans de prison. En-dehors de l'UE, deux États européens sont dans le même cas: l'Andorre et le Vatican.

Après des années de débat, le gouvernement irlandais a annoncé mardi l'organisation en 2018 d'un référendum sur l'avortement, actuellement illégal dans le pays sauf en cas de menace pour la vie de la mère. Le viol, l'inceste ou la malformation du fœtus ne sont pas des raisons légales d'avorter, et une telle intervention constitue un crime passible de 14 ans de prison.

En Pologne, le gouvernement a tenté de restreindre l'accès à l'IVG à l'automne 2016, tout comme Madrid en 2015. Si ces procédures n'ont pas abouti, elles témoignent d'un droit pour les femmes européennes encore fragile, d'après de nombreuses associations. Une pétition ayant reçu environ 20.000 signatures réclame une harmonisation du droit européen sur la question. Elle sera transmise jeudi au Parlement européen.

• En France, le nombre d'avortements en baisse depuis trois ans

En France, l'accès à l'IVG est dépénalisé depuis 1975. De nombreuses autres lois ont depuis été promulguées afin de protéger davantage les femmes qui y ont recours. En 2016, selon la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DRESS), 210.149 avortements ont été pratiqués en France, dont 197.777 en métropole.
(...)

Le Figaro, 28/09/2017.
Article intégral en ligne : http://www.lefigaro.fr

samedi 8 juillet 2017

Plus de quarante ans après la loi Veil, « l’IVG est le parent pauvre de l’hôpital »

A l’heure des obsèques de Simone Veil, icône de la lutte pour la légalisation de l’avortement, la coprésidente du Planning familial revient sur l’état de ce droit.


En 2016, à l’occasion de son 60e anniversaire, le Mouvement français pour le planning familial mettait à l’honneur trois « Simone ». Trois femmes qui ont marqué l’histoire de l’association et celle des droits des femmes : l’écrivaine et philosophe Simone de Beauvoir, la militante Simone Iff et Simone Veil, qui a porté en 1974 le projet de loi de légalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

Après la mort de cette dernière, le 30 juin, Véronique Séhier, la coprésidente du Planning familial, salue le combat de « celle qui a permis de reconnaître l’avortement comme un droit humain fondamental ». Mais plus de quarante ans après l’entrée en vigueur de la loi Veil, et alors qu’un tiers des Françaises ont recours au moins une fois dans leur vie à l’IVG, selon l’Institut national d’études démographiques (INED), ce droit « n’est toujours pas considéré comme un droit à part entière », souligne-t-elle.

Le Planning familial, dont vous êtes la coprésidente, considère que l’avortement n’est toujours pas accessible à toutes les femmes en France. Comment l’expliquez-vous ?


Véronique Séhier : Si la loi a été votée il y a plus de quarante ans, il reste effectivement à rendre l’IVG accessible à toutes les femmes qui désirent y avoir recours. Dans certaines régions de France, l’accès à l’IVG est très compliqué. L’IVG est le parent pauvre de l’hôpital : lors des restructurations d’hôpitaux, les services IVG sont en général les plus fragiles et les plus susceptibles de disparaître. On a évalué qu’en 2015, 130 centres d’IVG ont fermé. Les structures de proximité disparaissent à grande vitesse alors que c’est ce dont nous avons le plus besoin. Une femme ne devrait pas avoir à faire 60 km pour avorter.

Les médecins eux-mêmes peuvent empêcher les femmes d’avoir accès à l’avortement. Certains d’entre eux, opposés à l’IVG, multiplient les rendez-vous et examens avec les femmes souhaitant avorter pour retarder l’acte médical et placer leurs patientes hors délai. On ne parle pas ici de la majorité des médecins, mais ce genre de situation existe encore en France aujourd’hui.



lundi 1 décembre 2014

Les chiffres de l'avortement

Les avortements volontaires diminuent dans le monde : 
il y en avait 35 pour 1 000 femmes en âge de procréer au début des années 1990, contre 28 à la fin des années 2000. Cette diminution s’est avant tout réalisée durant les années 1990, grâce à la diffusion des moyens de contraception dans les pays en développement. En revanche, l’avortement non sécurisé, 
qui correspond à « une interruption de grossesse pratiquée par des personnes 
non qualifiées ou dans 
un environnement non conforme aux normes médicales minimales, ou les deux », est en hausse : il représente aujourd’hui  près de la moitié des avortements dans le monde, contre un tiers au milieu des années 1990. Cet accroissement ne s’est pas traduit par une hausse de la mortalité des femmes au cours de l’avortement, au contraire, la part cette mortalité dans le total des avortements a même baissé d’un tiers en 20 ans. La raison ? La diffusion de l’avortement médicamenteux, moins léthal.
 Renaud Chartoire - Sciences Humaines - décembre 2014
Clémentine Rossier, « L’avortement non sécurisé reste fréquent dans le monde, mais il est moins souvent fatal », Population et Sociétés, n° 513, août 2014.

vendredi 28 novembre 2014

Simone Veil par Emmanuelle Devos

Le téléfilm de France 2 "La loi" retrace la genèse du vote du texte qui a dépénalisé l'IVG en 1974. La comédienne raconte comment elle a abordé ce rôle et incarné ce personnage d'exception.

PREPARATION
« J'avais un mois et demi, ce qui n'est vraiment pas énorme. D'autant qu'à l'époque, j'étais au théâtre, et répétais dans la journée une autre pièce que je joue en ce moment. Le soir, quand je me maquillais dans ma loge à Edouard-VII, je me passais les discours et les interviews de Simone Veil sur mon téléphone. Je l'ai regardée le plus possible jusqu'à ce qu'elle me rentre dans le corps. »
« J'ai visionné beaucoup d'images - merci INA.fr ! - qui remontent à l'époque de son arrivée au gouvernement Chirac. C'est à ce moment-là que Simone Veil devient un personnage public. C'est l'une des rares femmes ministres et les médias lui consacrent beaucoup de sujets. Elle a un mal fou à apprivoiser la caméra. Je me souviens d'une émission présentée par Bernard Pivot où on la sent presque frigorifiée. Sa grande copine, la réalisatrice Marceline Loridan-Ivens, est également invitée, mais Veil est tellement timide qu'elle ne peut s'empêcher de la vouvoyer. Pivot, qui connaît leur complicité hors plateau, est tellement surpris par sa raideur qu'il l'invite à plus de familiarité. Elle finit par s'exécuter, en marche forcée, comme une bonne élève... Entre 1974 et 1976, tout ce qui relève chez elle de l'intime, du sentiment personnel, ne transparaît pas à l'image. Il lui a fallu deux ans pour apprivoiser la caméra. Après, elle change, on la sent plus aguerrie médiatiquement, plus sûre d'elle. En revanche, ce qui explose à l'écran dès ses débuts, c'est son incroyable ténacité. »

TRANSFORMATION
« Il suffit de se faire un chignon, d'enfiler un tailleur Chanel et hop !, c'est parti, tout le monde a un air de Simone Veil. J'avais en plus la chance de lui ressembler un petit peu. On a le même front, la même implantation de cheveux, les mêmes pommettes. Le bas du visage est moins identique mais quand même. Tout cela m'a permis de m'occuper davantage de l'intérieur, de transcrire cette réserve mêlée d'autorité. Je l'ai regardée et écoutée tous les jours pendant un mois et demi. D'abord, elle est assez peu expressive. Elle est toujours très posée, un peu raide, ne fait pas de geste de mains. Elle a les pieds bien ancrés dans la terre. C'est toujours plus facile d'incarner quelqu'un comme ça qu'une personnalité volubile avec des tics. Elle a des regards de côté... J'étais obsédée par sa manière de prononcer les "a". Ca ne rendait pas exactement comme je le voulais, j'ai fini par abandonner. »


TAILLEUR
« Contrairement à la préparation classique d'un tournage où l'on cherche à perdre 3 kilos, cette fois-ci, je n'ai pas fait de régime. Si vous faites un petit 36, un tailleur en tweed de chez Chanel vous fait prendre deux tailles immédiatement. Ces vêtements sont terrifiants... Simone ne portait que des vêtements qui grossissent... »

FEMINISME
« Je croyais que sa construction de femme débutait réellement au sortir des camps. Or elle a commencé bien avant, dès l'enfance, avec sa mère. C'était une femme très belle, avec un air de Greta Garbo, qui a abandonné ses études de chimie quand elle s'est mariée. J'ai pu voir ses photos... Simone a réalisé très jeune que sa mère était affectée par son statut de femme soumise, contrainte à la seule tenue du ménage. La banalité du quotidien de ce que subissaient les femmes des années 1930... Ma propre grand-mère me racontait le même genre d'humiliations : la réticence à demander de l'argent à son mari, ne serait-ce que pour financer des tâches domestiques de base, l'incompréhension dudit mari qui soupire, qui renâcle, qui lâche des "encore ?"... La mère de Simone ne cessait de lui dire ainsi qu'à sa soeur : "Il faut que vous ayez un travail, que vous gagniez de l'argent par vous-mêmes." Simone Veil est devenue féministe à ce moment-là. Elle a eu 3 fils et raconte souvent qu'elle prend position contre eux, par solidarité pour ses belles-filles. »

SA MERE
« Quand, à 60 ans passés, Simone l'évoque dans les interviews, elle a encore les larmes aux yeux. Elle la décrit comme une femme intègre, charismatique, d'une grande bonté dont les gens abusaient... Elle l'appelle «môman» comme si elle avait 4 ans. C'est bouleversant... Sa tristesse, son côté apeuré viennent de la perte de cette mère adorée. A Auschwitz, elles sont parvenues à rester ensemble avec sa soeur. Un coup de chance... Une kapo a vu Simone et lui a dit : "Tu es trop belle pour mourir ici." Et l'a envoyée dans un camp de travail annexe où les conditions étaient un peu moins dures. Simone a accepté à condition de venir avec sa mère et sa soeur, "Milou". La kapo n'y a pas vu d'inconvénient. Ils avaient besoin de quatre femmes. Mais cette petite faveur n'a hélas pas sauvé sa mère. Elle est morte du typhus à Bergen-Belsen. »

VIE PRIVEE
« Elle se raconte plus durant ses interviews que dans son propre livre "Une vie", où elle ne parle que de politique, de Bernard Pons, de Bayrou, qu'elle ne supporte pas, qui lui a fait tel coup... Mais de son moi profond, rien ou presque. Elle a perdu un fils. Elle n'a jamais raconté quand, comment, de quoi il était mort... J'ai regardé sur Google, rien... »

OMERTA
« Je ne l'ai jamais rencontrée. Pas plus que son entourage familial ou professionnel. J'ai essayé, d'accord plutôt mollement, mais... Ses fils n'ont pas voulu me parler, de même qu'un de ses anciens directeurs de cabinet. Je pense qu'une consigne est passée dans son entourage pour ne rien dire. Ses fils ont vu le film et sont ravis qu'on ne leur ait pas demandé la permission de le tourner parce qu'ils ne l'auraient pas donnée. Il paraît qu'elle est très diminuée. Je ne sais pas s'ils vont lui montrer... »

SENS POLITIQUE
« Le film rend hommage à son acuité politique, alors qu'elle-même affirme ne pas être une femme politique. Elle répète à l'envi qu'elle vient du droit civil, de la magistrature, qu'elle n'a pas fait Sciences-Po, l'ENA, etc. C'est une contradiction assez amusante. Sa grande intelligence a consisté à ne pas porter le débat sur la question du féminisme. Elle a laissé ça à Françoise Giroud pour se focaliser essentiellement sur le terrain de la santé publique. Sans cela, les vieux barbons de la droite de l'époque n'auraient jamais voté. Une partie de son clan avait déjà tenté de faire passer la loi un an plus tôt. Et puis Giscard l'a relancée avec l'idée de la faire incarner par une femme. »

HUMOUR
« Avec la pression d'incarner une personne vivante, je n'étais pas légère, alors qu'on l'est quand on tourne ce genre de film. Je craignais aussi le manque d'humour du personnage. Je disais à Christian Faure [le réalisateur, NDLR] : "Elle peut faire un petit sourire, là, non ?" Mais non, il avait trop peur qu'avec Lorànt Deutsch [dans le rôle de son directeur de cabinet], on glisse inévitablement dans la gaudriole, vers un truc trop familier qui s'éloignerait du personnage. »

TOURNAGE
« Ce genre de sujet se prête parfaitement à la télé. Parce que c'est populaire dans le sens où il faut que ça soit vu sans faire l'effort de se déplacer. D'accord, il y a un côté un peu didactique dans le film, mais utile. En revanche, il y a deux problèmes majeurs à la télé. Le premier, c'est que vous n'avez pas une scène qui fasse plus d'une page. Il faut que ça aille vite, tout le temps, il faut changer de mouvement, d'endroit. Dans l'absolu, j'aurais rêvé d'un truc du genre "A la Maison-Blanche" ou "les Hommes du président"... Mais bon, je pense qu'ils ont peur que les gens zappent... Le second problème, c'est le manque de temps. Quand on vient du cinéma, c'est vraiment dingue... Si vous ne "story-boardez" rien, si vous hésitez un peu sur la place que vous accordez à la caméra, vous êtes mal. Heureusement, Christian avait tout préparé avant de manière à ne se consacrer qu'aux acteurs sur le tournage. »

Guillaume Loison, Nouvel Observateur,24 novembre 2014.
Revoir le téléfilm La Loi : http://pluzz.francetv.fr/videos/la_loi_le_combat_d_une_femme_pour_,112832079.html



 

mercredi 26 novembre 2014

Il y a 40 ans, Simone Veil montait au créneau en faveur de l'IVG

Le 26 novembre 1974, Simone Veil tenait à la tribune de l'Assemblée nationale un discours historique pour défendre sa loi légalisant l'avortement. Elle va faire face à des adversaires déchaînés, des réactions d'une rare violence.


Devant une assemblée qui compte 9 femmes pour 481 hommes, la ministre s'exprime d'une voix calme, un peu tendue: "Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les 300000 avortements qui chaque année mutilent les femmes dans ce pays, bafouent nos lois et humilient ou traumatisent celles qui y ont recours".


Simone Veil à l'Assemblée en 1974
AFP

"Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement. Il suffit de les écouter. C'est toujours un drame", assure-t-elle tout en soulignant que "l'avortement doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue". Son discours d'une heure est chaleureusement applaudi par la gauche. La droite se tait, pour l'instant. Dans les tribunes du public, à l'inverse de l'hémicycle, ce sont les femmes qui dominent, venues en masse écouter la ministre.
Suivent alors plus de 25 heures de débats durant lesquelles Simone Veil affronte insultes et propos de "soudards", racontera-t-elle, pendant qu'à l'extérieur, des militants anti-avortement égrènent leurs chapelets. Trois jours et deux nuits de combat contre les tenants de sa propre majorité.


Michel Debré, ancien Premier ministre du général de Gaulle, voit dans ce texte "une monstrueuse erreur historique". Les députés de droite René Feït et Emmanuel Hamel diffusent dans l'hémicycle, à tour de rôle, les battements d'un cœur de fœtus de quelques semaines. Le premier affirme que si le projet était adopté "il ferait chaque année deux fois plus de victimes que la bombe d'Hiroshima". Jean Foyer, ancien Garde des Sceaux du général de Gaulle, lance: "Le temps n'est pas loin où nous connaîtrons en France ces avortoirs, ces abattoirs où s'entassent des cadavres de petits hommes".
Le pire reste à venir: Hector Rolland reproche à Simone Veil, rescapée des camps de la mort, "le choix d'un génocide". Jean-Marie Daillet évoque les embryons "jetés au four crématoire". Jacques Médecin parle de "barbarie organisée et couverte par la loi comme elle le fut par les nazis".


 L'Humanité, vendredi 21 novembre 2014.

dimanche 23 novembre 2014

Infographie. L’avortement, un droit à défendre

En France, le droit à l’avortement dans les meilleures conditions possibles est très menacé. Les centres pratiquant l’IVG qui ferment sont dramatiquement nombreux, le secteur privé se désengage, jugeant l’activité peu rentable, et de plus en plus de femmes ne peuvent plus choisir leur méthode d’avortement.

Photo AFP

Consulter l'infographie dans sa globalité : http://www.humanite.fr/infographie-lavortement-un-droit-defendre-558325

mardi 21 janvier 2014

Espagne / Tollé contre le projet de loi interdisant l'avortement

Selon un sondage publié par El Pais, 78 % des Espagnols rejettent le projet de loi qui interdit l'avortement. Le texte adopté par le  le 20 décembre prévoit de supprimer ce droit des femmes à disposer de leurs corps, sauf dans quelques cas très restrictifs : danger prouvé pour la vie ou la  physique ou psychologique de la femme, ou en cas de  ayant fait l'objet d'une plainte antérieure.




Extrait du journal Le Parisien

IVG / l’Espagne regonfle les anti-avortement


« La marche pour la vie » a mobilisé hier à Paris entre 16 000 et 40 000 militants anti-IVG qui demandent à la France un retour en arrière comme en Espagne. Près de quarante ans après la loi Veil, l’avortement divise encore.




L’amendement au projet de loi pour l’égalité hommes-femmes 
qui assouplit le recours à l’avortement ravive les passions. Photo N.C.






Extrait des Dernières nouvelles d'Alsace