lundi 13 mars 2017

Anniversaire morose pour les dix ans du Dalo

Selon un rapport publié le 13 décembre 2016 par le HCLPD, 58 183 foyers reconnus prioritaires n'avaient toujours pas de solution de logement en 2016. Les récentes dispositions de la loi Égalité et citoyenneté permettront-elles au Dalo de rebondir ?



Les militants du Dalo n’ont pas le cœur à fêter le dixième anniversaire d’une loi pourtant votée à l’unanimité le 5 mars 2007. Car tous les indicateurs du mal-logement sont au rouge vif. Selon le rapport du HCLPD (1) sur l’effectivité du droit opposable au logement, l’obtention de la reconnaissance de ce droit auprès des commissions de médiation siégeant en préfecture est de plus en plus difficile.
En 2015, seuls 25 593 ménages ont décroché le sésame, soit 21 % de moins qu’en 2013 !

Droit opposable au logement

Le droit opposable au logement (Dalo) peut s’exercer lorsqu’une demande de logement social, déposée depuis un temps anormalement long, n’a pas reçu de réponse. La personne peut alors saisir une commission de médiation qui décrète (ou pas) sa situation prioritaire. Dans ce cas, si, six mois après cette reconnaissance, elle n’a pas reçu de proposition de logement, elle peut exercer un recours devant le tribunal administratif au titre du Dalo (loi n° 2007-290 du 5 mars 2007).

immeuble, architecture-UNE

Mal-logement

« Ce pourrait être une bonne nouvelle. Hélas, l’accès au logement ne s’améliore pas, au contraire : + 50 % de sans domicile et + 19 % de personnes hébergées chez des tiers, entre 2001 et 2012, + 17 % de logements suroccupés et + 42 % de ménages dont le taux d’effort financier pour se loger est insupportable, entre 2006 et 2013 », relate le rapport.
L’édition 2017 sur l’état du mal-logement en France publiée par la Fondation Abbé-Pierre enfonce le clou : « le taux d’effort net moyen des ménages les plus pauvres, de 55,9 %, est plus de trois fois supérieur à la moyenne ». Or, dans le même temps, les commissions de médiation, chargées d’accorder le statut de prioritaire aux demandeurs, affichent une sévérité étonnante : en 2008, 45 % des demandeurs recevaient une réponse positive contre 29 % en 2015.
Des pourcentages qui évoluent en fonction des départements : 74 % de décisions favorables dans le Doubs contre seulement 20 % dans les Alpes-Maritimes, plus urbanisés. Plus troublant, on peut s’interroger sur la perception très hétérogène du Dalo par les préfectures.
Comment interpréter la missive du préfet du Var, Pierre Soubelet, aujourd’hui préfet des Hauts-de-Seine (autre département « tendu ») qui, le 18 décembre 2015, constatait avec plaisir que seuls « 22 % des dossiers ont été déclarés recevables par la commission de médiation en 2015, contre 50 % l’année précédente ».

Effectivité du Dalo

Condamné plus de 25 000 fois depuis 2007, l’État reste insensible à une pression juridique qui, pourtant, s’amplifie. Le 9 avril 2015, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné la France pour ne pas avoir exécuté un jugement attribuant un logement à une famille prioritaire, dans l’attente depuis cinq ans d’un relogement. Le HCLPD misait alors sur l’« effet levier » d’une telle décision. En vain.
D’autres chiffres mettent en évidence le caractère chimérique de l’effectivité du Dalo : d’après Marie Rothhahn, chargée de mission accès aux droits à la Fondation Abbé-Pierre, « des prioritaires Dalo sont victimes d’expulsions locatives ».
Les derniers chiffres de la Fondation sont éloquents : en 2015, « les forces de l’ordre ont procédé à près de 14 400 expulsions, 24 % de plus qu’en 2014 ». Comment qualifier un Dalo incapable d’éviter l’expulsion de ménages prioritaires ?
Bien sûr, le mal est ailleurs : l’offre de logements sociaux est insuffisante et surtout inadaptée aux ressources financières d’une grande majorité de demandeurs. Lorsqu’elle était ministre à la Lutte contre l’exclusion, Marie-Arlette Carlotti avait lancé le Plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, prévoyant entre autres la construction de 10 000 logements sociaux PLAI (NDLR, prêts locatifs aidés d’intégration, destinés aux plus démunis).
À ce jour, après trois appels à projets, seuls 1 200 d’entre eux sont sortis de terre. L’objectif affiché depuis 2007 de construire chaque année 150 000 logements sociaux est resté au stade des bonnes intentions. Un effort notable caractérise le passage de l’année 2015 à 2016, de 109 000 à 120 000 constructions de logements sociaux mais les Plai restent minoritaires.

Déresponsabilisation

La loi du 5 mars 2007 a identifié l’État comme le seul garant du droit opposable, « avec pour tout levier la mobilisation du contingent préfectoral, très insuffisant », relève encore le rapport. Or, dans certains départements, le préfet n’a toujours pas réussi à identifier ce contingent (ou bien n’en a-t-il pas la volonté), comme c’est le cas dans trente-deux des trente-six communes des Hauts-de-Seine.
Conséquence : « laisser à l’État la compétence du relogement des publics prioritaires a eu pour effet de déresponsabiliser les autres acteurs, bailleurs sociaux, collectivités locales.
Action Logement, héritier du 1 % Logement, qui devrait réserver 25 % de ses logements à ces ménages plafonne à 8 % », dénonce le rapport. « Nous pourrions gagner 11 000 logements par an si Action Logement respectait la loi », assure René Dutrey. La préfecture d’Ile-de-France a signé avec Action Logement en mars 2016 une convention prévoyant d’atteindre ce niveau… mais pas avant trois ans.

(...)

Gazette Santé Social, 10/03/2017.
Article intégral en ligne : http://www.gazette-sante-social.fr/36581/anniversaire-morose-pour-les-dix-ans-du-dalo

dimanche 12 mars 2017

Quelle place pour la viande dans nos menus du XXIème siècle ?

Le Salon de l’agriculture fermera ses portes dimanche soir. Les visiteurs seront repartis emportant avec eux le souvenir des bêtes de concours, notamment les races bovines les plus lourdes et les mieux adaptées pour la production de viande. Les  éleveurs retrouveront leurs fermes et les soucis du quotidien dont le plus inquiétant est le manque de rémunération du travail en raison de prix souvent trop bas pour couvrir les coûts de production.


Vendredi, en cours de matinée, des militants de la Coordination rurale ont formé une pyramide sur le stand du ministère de l’Agriculture en y déployant une banderole sur laquelle on pouvait lire : « Guerre économique, les agriculteurs se suicident par centaines. Leur tort, avoir voulu nourrir notre France. Non à la mort des paysans». Dans sa concision, le propos résume bien l’injustice que subit toute une profession comme conséquence économique et sociale de la mondialisation libérale.
Il faudrait aussi parler attaques contre l’agriculture comme des conséquences écologiques, aggravées par le libre échange et la politique de l’offre. Dans le premier cas, les syndicats Jeunes Agriculteurs, Coordination rurale, FNSEA  et Confédération paysanne ont publié cette semaine un texte commun pour constater que « le Salon international de l’agriculture semble être un occasion de choix pour plusieurs associations vegan d’intensifier leur campagne de culpabilisation des consommateurs et de stigmatisation des éleveurs ».  Evoquant la situation difficile de l’élevage confronté à des prix trop bas les quatre syndicats déclarent : « Nous ne dénonçons pas le véganisme en tant que tel : chacun est libre de choisir le régime alimentaire qu’il souhaite pour lui-même. Mais le prosélytisme orchestré autour du véganisme n’est pas acceptable(…) l’élevage participe au dynamisme économique et culturel des territoires, façonne les paysages (…) Les protéines animales ont toute leur place dans notre équilibre alimentaire d’omnivore, comme l’affirment de nombreux médecins et nutritionnistes. Pour toutes ces raisons, nous n’acceptons pas les insultes proférées en direction des éleveuses et des éleveurs par une minorité de provocateurs à l’occasion du Salon de l’agriculture. Nous, syndicats agricoles, demandons ensemble le respect de nos métiers », dit le texte en conclusion.

Quelle part de protéines d’origine animale dans notre bol alimentaire ?

Chaque jour, les militants hostiles à la consommation de viande ont été présents aux portes du Salon pour développer leur propagande auprès du public. Cela ne pouvait que contrarier les éleveurs en proie à d’importantes difficultés économiques, qu’ils aient un troupeau de vaches laitières, de bovins à viande, de moutons, voire un élevage de porcs et plus encore de canards abattus en raison de la grippe aviaire. Toutefois, sans être des partisans du véganisme, il ne faut pas s’interdire de s’interroger aujourd’hui sur ce que doit être une part juste et raisonnable de protéines d’origine animale dans notre bol alimentaire en ce XXIème siècle marqué par le réchauffement climatique. Cela  nous renvoie à d’autres questions relatives aux systèmes d’élevage mis en place, au commerce de la viande et aux accords de libre échange, à l’acceptation ou  pas sur nos territoires de prédateurs comme le loup  dont la prolifération peut faire reculer l’élevage écologique à l’herbe au profit d’un élevage en bâtiments où les animaux consomment plus de grain que d’herbe , ce qui augmente le bilan carbone de chaque kilo de viande.
Certaines de ces questions ont fait l’objet de la publication récente d’un petit document à l’issue d’une concertation qui s’est déroulée de l’année 2014 à la fin de 2016 entre l’Interprofession Bétail et Viande (INTERBEV) et les quatre organisations environnementales que sont France nature environnement, la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme, Green Cross France et territoires, ainsi que WWF. Selon le ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer, « la concertation menée a mis à jour de nombreux points d’accord  sur les leviers à mettre en œuvre ». D’après le ministère, la demande de renforcement des politiques publiques en faveur de l’autonomie alimentaire et de la diminution des engrais se synthèse à travers un meilleur soutien au développement de la culture des protéagineux peut notamment être relevée. Cette proposition pourra nourrir les discussions qui viennent de s’ouvrir sur l’avenir de la Politique agricole commune », poursuit le ministère de Ségolène Royal. Mieux vaut pourtant ne pas attendre de miracle de ces discussions quand des pays comme l’Espagne, l’Allemagne, la Pologne et quelques autres poussent plus que jamais au développement de l’élevage industriel des porcs, des volailles et des bovins en important toujours plus de nourriture du continent américain. Surtout que, parallèlement, les pays membres de l’Union mandatent la Commission européenne pour négocier des accords de libre échange avec les pays du Mercosur, mais aussi les Etats-Unis après avoir déjà conclu un accord avec le Canada pour qu’il vende plus de viande de bœuf et de porc en Europe.

Ne pas opposer le véganisme à l'élevage industriel

Notons encore qu’INTERBEV inscrit sa démarche commerciale dans une stratégie de l’offre toujours plus segmentée dans le but de gagner des parts de marché dans les différents segments du marché de la viande. Ce qui se traduit aussi par de promotions permanentes chez les distributeurs. Une telle stratégie va à l’encontre de la nécessité de parvenir à une consommation plus raisonnable de viande par an et par personne dans un pays comme la France. Autant le véganisme aboutirait à laisser l’herbe pourrir sur pied dans les zones non labourables si on ne produisait plus de lait et de viande issue des troupeaux laitiers de vaches de brebis et de chèvres, autant l’élevage industriel  avec une alimentation du bétail toujours plus granivore servie à l’auge aura un bilan carbone toujours plus désastreux. Sur ce terrain là les désaccords subsistent entre l’Interprofession Bétail et Viande et les organisations  environnementales.
Dans ce secteur comme dans beaucoup d’autres, la politique de l’offre est désormais incompatible avec la lutte contre le réchauffement de la planète.

L'Humanité, Gérard Le Puill, 03/03/2017.

samedi 11 mars 2017

Un lien possible entre insecticides et troubles du comportement chez l’enfant

Une étude suggère que l’exposition l’environnementale aux pyréthrinoïdes pourrait avoir des conséquences sur le développement comportemental des enfants.


Les pyréthrinoïdes sont des insecticides chimiques synthétiques dont la structure mime celle des pyréthrines, des insecticides naturels issus des fleurs de chrysanthèmes. On les retrouve dans plus de 3500 produits utilisés en hygiène publique (dératisation, désinsectisation...), domestique (shampoings antipoux, sprays et crèmes répulsifs), en pharmacie et en médecine vétérinaire et surtout, en agriculture. Depuis une quarantaine d’années, les pyréthrinoïdes ont peu à peu remplacé les insecticides organophosphorés, puisqu’ils présentent une toxicité moindre pour les oiseaux et les mammifères, ainsi qu’une plus grande efficacité sur leurs cibles. Les uns comme les autres sont des neurotoxiques: ils tuent les insectes en détruisant leur système nerveux.
Pour la première fois en France, une équipe du département d’épidémiologie et de santé publique du CHU de Rennes-Inserm s’est intéressée à l’impact potentiel d’une exposition fœtale et quotidienne à ces insecticides sur le comportement d’enfants âgés de 6 ans. Les résultats, publiés le 1er mars dans la revue Occupational and environmental medicine, semblent établier un lien entre les concentrations urinaires de ces insecticides et les troubles du comportement.
Les scientifiques restent cependant très prudents: «notre étude ne prouve absolument pas que les pyréthrinoïdes sont à l’origine de ces troubles du comportement, met en garde Jean-François Viel, professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’université de Rennes et principal auteur. Pour le moment, nous n’avons que des présomptions, nous n’en sommes qu’au début». Si les chercheurs sont parvenus à établir une association entre insecticides et difficultés comportementales, cela ne signifie pas pour autant que les premiers sont à l’origine de celles-ci !

Selon un rapport de l’Institut de veille sanitaire paru en 2013, les pyréthrinoïdes sont les insecticides les plus présents dans les maisons.Selon un rapport de l’Institut de veille sanitaire paru en 2013, les pyréthrinoïdes sont les insecticides les plus présents dans les maisons.Selon un rapport de l’Institut de veille sanitaire paru en 2013, les pyréthrinoïdes sont les insecticides les plus présents dans les maisons.

Une association incertaine

Au total, 287 femmes ayant accouché entre 2002 et 2006 en Bretagne ont participé à l’étude. Les concentrations en pyréthrinoïdes - ou plus précisément celles de cinq composants résultant de la dégradation de ces substances dans l’organisme - ont été mesurées dans leurs urines en début de grossesse (entre la 6eme et la 19eme semaine de gestation), et plus tard dans celles de leurs enfants âgés de 6 ans. Au début de leur inclusion dans l’étude, les participantes ont complété un questionnaire sur leurs conditions socio-économiques, leur régime alimentaire et leur mode de vie. Le comportement des enfants a été évalué à l’aide d’un test comprenant 25 questions. Les enfants avec le score le plus élevé étaient les plus susceptibles d’avoir des problèmes de comportement: hyperactivité, agressivité,...
D’autres facteurs susceptibles d’influer sur le développement neurocomportemental des enfants (les facteurs «confondants») ont également été évalués: tabagisme passif, niveau d’éducation de la mère, consommation excessive de poisson au cours de la grossesse (susceptible de contenir des métaux lourds), temps de sommeil, temps passé devant la télévision ou à jouer aux jeux vidéo et enfin, la pratique d’activités sportives.

Malgré ces précautions, l’étude présente une limite de taille: les pyréthrinoïdes sont très rapidement métabolisés par l’organisme. En conséquence, ils ne sont détectables que dans les jours suivants l’exposition. Les concentrations relevées dans les échantillons d’urine ne sont donc en aucun cas représentatives de l’exposition moyenne à long terme. La force statistique des associations découvertes est donc à relativiser.

Des mécanismes mal connus

«Plusieurs mécanismes pourraient être en jeu dans l’association entre les insecticides pyréthrinoïdes et les troubles du comportement chez l’enfant», écrivent les auteurs de l’étude. «L’augmentation du flux de sodium induite par ces substances pourrait affecter la plasticité neuronale (...). De plus, l’exposition à ces insecticides pourrait induire des altérations des fonctions de la dopamine et influencer la micro-anatomie du cerveau, de même que sa neurochimie.»

(...)

Le Figaro santé, 03/03/2017.
Article intégral en ligne : http://sante.lefigaro.fr/article/un-lien-possible-entre-insecticides-et-troubles-du-comportement-chez-l-enfant

vendredi 10 mars 2017

10 mesures phares du plan de lutte contre les violences faites aux enfants

Au moins deux enfants meurent chaque jour des suites de violences. Le gouvernement lance un vaste plan de mobilisation.

C'est une réalité encore largement invisible et taboue : les violences faites aux enfants. Pourtant, en 2016, la police et la gendarmerie recensaient 194 enfants de moins de 18 ans morts des suites de violences, dont 73 dans un cadre intrafamilial. Et 124.000 filles et 30.000 garçons subiraient des viols ou des tentatives de viols chaque année. Des chiffres largement sous-estimés si l'on en croit les spécialistes.

Pour enrayer ce phénomène de l'ombre, le gouvernement lance ce mercredi un plan interministériel de mobilisation qui sera dévoilé par la ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol. Le premier du genre, conçu sur trois ans (2017-2019) et voulu aussi ambitieux que les plans mis en place depuis 2005 pour lutter contre les violences faites aux femmes. Quelles sont les mesures majeures déployées ? "L'Obs" fait le point.

  1. Recenser et rendre visible les violences

Si les violences faites aux femmes sont peu à peu sorties du domaine de l'indicible, celles faites aux enfants sont encore largement tues, "sous prétexte, trop souvent encore, que les événements qui adviennent au sein de la cellule familiale relèvent de la liberté éducative ou de l'intimité à laquelle chacun a droit", lit-on dans le plan de lutte du ministère. Les violences sexuelles, et plus particulièrement l'inceste, demeurent quant à elles également taboues.
"La persistance des violences s'explique notamment du fait de leur invisibilité. Ce déni collectif face aux violences faites aux enfants est renforcé par l'absence de données statistiques."

 

Rien que depuis le début de l'année, neuf cas d'enfants ayant trouvé la mort à la suite de violences infligées par leurs parents ou beaux-parents ont été relayés dans les médias, selon un décompte de l'AFP. Mais les histoires tragiques de Kenzo, 21 mois, qui a succombé à des coups répétés, ou Yanis, garçonnet de 5 ans qui a trouvé la mort après une punition pour avoir fait pipi au lit, ne sont que "l'arbre qui cache la forêt", selon la pédiatre Anne Tursz, directrice de recherche à l'Inserm.
"Le côté extrême de ces faits divers est contre-productif car ils sont à la fois représentatifs du pire et pas représentatifs d'un problème de société de grande ampleur, largement sous-estimé."
La maltraitance des enfants, qui touche tous les milieux, manque cruellement de statistiques officielles. En 2006, l'Observatoire national de l'enfance en danger recensait 77.500 cas connus d'enfants de moins de 15 ans en danger.
Les données fournies par la police et la gendarmerie font l'objet d'un traitement spécifique depuis 2015 mais ne sont pas publiées annuellement.
Par ailleurs, si elles ne font pas l'objet d'investigation, les morts inattendues et inexpliquées de nourrisson peuvent dissimuler des homicides. Une étude menée sur la période 1996-2000 par le docteur Anne Tursz estimait à 255 les homicides d'enfants de moins d'un an chaque année, contre 17 selon les statistiques officielles. Le plan de lutte propose donc de consolider le recueil des données, et de les publier chaque année.
Le service statistique du ministère de l'Intérieur (SSMSI) développera le recueil de données relatives aux homicides d'enfants au sein de la famille.
Le ministère des Affaires sociales et de la Santé va en outre mettre en place un dispositif national pérenne, renforcé d'identification et d'étude sur la mortalité dans l'enfance, afin d'identifier les décès associés à la violence.
Des mesures vont également être mises en place pour mieux détecter les phénomènes du "bébé secoué", notamment en favorisant la systématisation des examens post-mortem en cas de mort inattendue des nourrissons.
Le Centre National de la Recherche scientifique (CNRS) sera également chargé de renforcer les connaissances sur l'inceste.

2. Promouvoir une éducation sans violence

Depuis le mois d'avril 2016, tous les futurs parents français reçoivent de la part des CAF un livret qui leur donne des repères essentiels sur la prévention périnatale, le développement du très jeune enfant, l'éducation non violente, les droits et les responsabilités parentales et les droits de l'enfant. "Ce livret pose clairement le fait que les punitions corporelles et les humiliations verbales n'ont aucune vertu éducative et auront des conséquences sur le développement de l'enfant", explique le plan.
Ce livret va être actualisé pour intégrer :
  • La prévention du syndrome du bébé secoué ;
  • Les conséquences sur les enfants des violences familiales, des violences dans le couple de l'un des parents sur l'autre parent ;
  • La limitation des temps d'utilisation des écrans chez les jeunes enfants.
(...)

L'Observateur, 01/03/2017.
Article intégral en ligne : http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20170228.OBS5917/10-mesures-phares-du-plan-de-lutte-contre-les-violences-faites-aux-enfants.html

jeudi 9 mars 2017

8 mars : 8 infos sur la santé des femmes

Dès le plus jeune âge, les habitudes et comportements du quotidien ont un impact sur notre santé à court et à plus long terme. A l’occasion du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, Santé publique France a voulu rapprocher des indicateurs de santé aux différents âges de la vie, qui montrent que les risques pour la santé liés aux modes de vie concernent de plus en plus de femmes.


Source : Santé publique France : http://www.santepubliquefrance.fr/Actualites/8-mars-8-infos-sur-la-sante-des-femmes

 

mercredi 8 mars 2017

Perturbateurs endocriniens : pourquoi l’Europe n’a pas le courage de les interdire

Ce mardi 28 février, ces perturbateurs hormonaux auraient enfin pu être définis par la Commission européenne. Et donc limités… Mais les lobbys ont gagné.

 

Ce mardi 28 février aurait pu figurer comme une date importante dans l’histoire de l’écologie européenne : c'est ce jour qu’une définition satisfaisante des perturbateurs endocriniens aurait pu être donnée.
Et s’il est si crucial de définir sur le plan réglementaire ce qu’est une molécule qui, comme son nom l’indique, perturbe les hormones humaines ("endocrinien" est un synonyme d’"hormonal"), c’est que cela aurait pu conduire à leur limitation, voire à leur interdiction totale, d’abord dans les pesticides chimiques, ensuite dans notre quotidien (plastique, cosmétiques, détergents...). Et ils y sont nombreux !
Mais une fois de plus, cette définition n’a pas été retenue par les pays, alors que les dangers de ces produits sont scientifiquement documentés. Pourquoi cet immobilisme ? Nous avons posé la question à Stéphane Horel, journaliste indépendante et auteure d’"Intoxication" (La Découverte), enquête édifiante sur le poids du lobbying dans ce dossier.

Pourquoi ce mardi était-il une échéance importante dans le dossier des perturbateurs ?
- C’est aujourd’hui que la Commission européenne a soumis aux Etats-membres un acte d’exécution, c’est-à-dire un texte qui aménage un règlement – en l’occurrence, le règlement de 2009 sur la mise sur le marché des pesticides. Derrière cette démarche technique, se cachait une importante décision : la définition réglementaire de ce qu’est un perturbateur endocrinien. Rappelons que cette définition aurait dû être donnée en décembre 2013 par la Commission, que la Cour de justice européenne a d’ailleurs condamné ce retard, que c’était aujourd'hui la quatrième version de ce texte.
Pourquoi ce texte n'est toujours pas jugé satisfaisant par un certain nombre de pays ?
- Parce que la Commission a soumis un texte inapplicable : les critères pour définir la nocivité d’un perturbateur exigent un niveau de preuve impossible à atteindre.

Dior Hydra Life, la nouvelle hydratation sorbet.

La nouvelle hydratation sorbet concentrée de nature & de plaisir pour une peau belle au naturel.

On comprend que les lobbys agricoles et industriels européens, notamment l’industrie chimique, ne désirent pas que des directives soient passées pour limiter, voire interdire ces molécules. Les enjeux économiques sont trop lourds ?
- C’est un argument brandi par les lobbys et leurs représentants. Mais l’industrie des pesticides agricoles européenne pèse 7 milliards d'euros. C’est faible à la dimension de l’Europe. Savez-vous combien coûtent aux sociétés les conséquences sanitaires de ces molécules ? 157 milliards. En raison de leur rôle de perturbation hormonale, elles sont en effet reliées à un grand nombre de pathologies : cancers du sein, de la prostate, du sein, diabète, obésité, autisme, hyperactivité, infertilité, baisse du QI… Les études scientifiques sont nombreuses et concordantes. Et naturellement, le coût économique de ces fléaux est moins important que leur coût humain.

(...)

L'Observateur, 28/02/2017.
Article intégral en ligne : http://tempsreel.nouvelobs.com/planete/20170228.OBS5916/perturbateurs-endocriniens-pourquoi-l-europe-n-a-pas-le-courage-de-les-interdire.html

mardi 7 mars 2017

Des chiens capables de renifler des cancers

Deux chiens dressés par le programme Kdog de l’Institut Curie ont identifié 100% des femmes qui avaient une tumeur au sein. Un premier test qui va être suivi d’un essai plus important, sur 1000 femmes.


Une infirmière intriguée par l’odeur des plaies causées par des cancers du sein. Un éducateur canin spécialisé dans la détection d’explosifs. Voici l’équipe originale montée par l’Institut Curie avec l’aide d’une campagne de financement participatif pour évaluer deux chiens capables de renifler le cancer.
Thor et Nykios sont pourtant loin d’être des anges. «Ce ne sont pas des chiens calmes et obéissants, car tout leur apprentissage est basé sur le jeu», s’amuse Isabelle Fromantin, infirmière et docteur en sciences à l’Institut Curie à l’origine du projet Kdog. Plus de six mois après le lancement de l’expérience, les toutous ont fait montre d’un talent étonnant: parmi 130 lingettes imbibées de sueur, le duo a pu identifier 100% des 79 fournies par des femmes à qui venait d’être diagnostiqué un cancer du sein, et qui n’avaient pas encore démarré de traitement. Des données qu’Isabelle Fromantin vient de présenter aux membres de l’Académie de médecine avec le Dr Séverine Alran, chef de l’unité de chirurgie ambulatoire de l’hôpital parisien de l’Institut.

Un budget de 50.000 euros par an

Tout est parti d’une thèse, pour laquelle l’infirmière étudiait les relations entre les bactéries peuplant les plaies tumorales et les composés organiques volatils s’en dégageant. «L’odeur la plus similaire, c’est celle des cadavres, assène l’infirmière. Or la police utilise des chiens pour chercher des corps. Ça a été ma première rencontre avec ces animaux.» En se plongeant dans la littérature scientifique, elle a découvert quelques travaux sur le sujet. Le premier d’entre eux remonte à 1989. Hywel Williams, professeur de dermatologie à l’Université de Nottingham, décrit dans le Lancet le cas d’une patiente venue pour un grain de beauté sur la jambe dont elle ne s’inquiétait pas particulièrement, jusqu’à ce que son chien se mette à le renifler frénétiquement. Il s’agissait d’un mélanome. Puis, Isabelle Fromantin a rencontré Jacky Experton, éducateur canin. «J’avais ce projet en tête depuis plusieurs années, raconte ce dernier. Il a fallu adapter l’entraînement par rapport à ce que je connais de la détection d’explosifs. La difficulté avec les cancers est que l’on ne sait pas quelle odeur on doit enseigner au chien. Au départ, on ne savait même pas si tous les cancers du sein avaient une odeur commune. Il semblerait que oui, et c’est déjà un résultat extraordinaire!»
«Thor et Nykios ont ce truc un peu magique qui leur permet de discriminer les composés volatils émis par le cancer» 
Isabelle Fromantin, infirmière et docteur en sciences à l’Institut Curie
«Utiliser cette capacité des chiens à détecter des cancers n’était alors que l’une des hypothèses évoquées dans ma thèse», se souvient Isabelle Fromantin. De là à creuser le sujet… «Comme beaucoup de monde, j’étais plutôt branchée nouvelles technologies, en l’occurrence nez électronique.» Mais l’infirmière se convainc vite que ces derniers restent encore peu fiables et trop chers. Les chiens, eux, semblent se jouer des odeurs concurrentes émises par la peau. Et pour les patientes les contraintes sont légères: il leur suffit de porter pendant une nuit, contre la peau, une lingette qui sera ensuite présentée à l’animal. «Les nez électroniques, c’est sans doute l’avenir, conclut la chercheuse. Mais en attendant, il y a les chiens!»Ne lui faites pourtant pas dire que la truffe est l’avenir de la mammographie. Les chiens «ne remplaceront évidemment jamais cet examen», et un diagnostic «canin» devra toujours être confirmé par des moyens plus conventionnels. Les chiens pourraient en revanche être utiles au dépistage, lorsque la mammographie est difficile à réaliser et surtout «dans des pays à faible revenus. Dans certains endroits d’Afrique ou d’Amérique du Sud, il n’y a tout simplement pas d’appareils à échographies. Des chiens, cela serait toujours mieux que rien…»
L’équipe espère pouvoir lancer une étude clinique avec quatre chiens et mille femmes. «Nous devons travailler sur les critères de sélection des chiens», dit la chercheuse. Les exercices deviennent aussi plus complexes, avec notamment la capacité à ne rien détecter lorsque aucun cancer n’est présenté. «Pour l’instant, ça se passe très bien.» 80.000 euros auront été nécessaires pour la preuve de concept, mais Isabelle Fromantin estime que l’entretien de deux animaux et le salaire de leur éducateur devraient coûter aux alentours de 50.000 euros par an.

(...)

Le Figaro, 06/03/2017.
Article intégral en ligne : http://sante.lefigaro.fr/article/des-chiens-capables-de-renifler-des-cancers

lundi 6 mars 2017

L’accès aux droits « recule » du fait de services publics qui « s’éloignent » des usagers

Le Défenseur des droits, dans son rapport annuel publié jeudi, dénonce la complexité des dispositifs, qui conduit de plus en plus de personnes « à renoncer à y recourir ».


Jacques Toubon, le défenseur des droits, affirme que « l’accès aux droits recule en France ». A l’occasion de la publication de son rapport annuel, jeudi 23 février, il a souligné que les « services d’accueil et de renseignement » des services publics « sont moins bons et renvoient de plus en plus vers des démarches en ligne. (…) Les services publics s’éloignent, ce qui ne peut pas ne pas avoir de conséquences politiques, indépendamment de la question de l’accès aux droits », a-t-il commenté, faisant allusion à la campagne électorale en cours.
Le Défenseur des droits, né de la réunion en 2011 des attributions du médiateur de la République, de la Commission nationale de déontologie de la sécurité, du Défenseur des enfants et de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), a été saisi, en 2016, de 86 596 dossiers de réclamations. Les organismes sociaux sont concernés dans 40 % des cas.
Dans son rapport, M. Toubon dénonce par exemple « le nombre croissant de pièces justificatives requises pour bénéficier de prestations ou d’allocations ». Conséquence : la complexité des dispositifs conduit de plus en plus de personnes « à renoncer à y recourir ».

Le poids de « l’aquoibonisme »

Dans une vaste enquête menée auprès de 5 000 personnes, dont les détails seront publiés dans les semaines et mois à venir, ressort un important phénomène de « renoncement » à faire valoir ses droits, ce que M. Toubon appelle « l’aquoibonisme ». « Cette proportion de non-recours aux droits doit absolument régresser », dit celui qui a succédé, en 2014, à Dominique Baudis.
Alors qu’un tiers des personnes interrogées dans cette enquête expriment avoir éprouvé des difficultés à accomplir des démarches administratives en ligne ou même ne pas avoir d’accès à Internet, « certaines plates-formes téléphoniques ne précisent pas la localisation ou les horaires d’ouverture de l’agence locale… puisque ces informations sont disponibles sur Internet », lit-on par exemple dans le rapport.
Les 450 délégués locaux du Défenseur des droits sont « unanimes pour dénoncer l’inaccessibilité croissante des services », qui s’étend désormais au service public de la justice.
Le phénomène du « non-recours » ne se limite pas à la difficulté de faire valoir ses droits. Il concerne également le renoncement à faire reconnaître une situation d’atteinte aux droits. En matière de discrimination, 93 % des personnes qui s’en disent victimes dans l’accès à l’emploi n’ont pas fait la moindre démarche pour faire valoir leurs droits. Ce taux de non-recours est de 88 % lorsque la discrimination est vécue comme étant fondée sur l’origine.
Une forme de passivité qui concerne également les violences faites aux autres. Alors que 16 % de la population interrogée déclare avoir été témoin d’une atteinte aux droits de l’enfant ces cinq dernières années, une personne sur deux n’a pas engagé de démarche.

« Il n’y a plus, depuis plusieurs années, de vrais discours sur l’égalité »

Pour M. Toubon, sa mission est « de faire entrer les droits fondamentaux et les droits sociaux dans l’effectivité ». Pour cela, outre l’extension du réseau, qui devrait compter à la fin de l’année 500 délégués, des actions de formation sont engagées afin qu’ils puissent intervenir sur l’ensemble des missions du Défenseur des droits.
Car le problème est profond. En matière de violences faites aux femmes, de harcèlement sexuel, de discrimination au travail en cas de maternité, etc. : « On sait que c’est très important, mais les recours ou les plaintes sont très faibles alors que l’appareil légal est optimum. »
D’une manière plus générale, M. Toubon, 75 ans, s’inquiète d’un contexte qui n’est pas favorable à la protection des droits : « Il n’y a plus, depuis plusieurs années, de vrais discours sur l’égalité ou les discriminations », regrette-t-il. Il constate au contraire que se développent les « discours identitaires », ce qui est « incompatible » avec les principes d’égalité devant le droit.

Le Monde, 23/02/2017.

samedi 4 mars 2017

90 ans d'espérance de vie en 2030 : une étude trop optimiste ?

Une étude parue dans "The Lancet" est particulièrement optimiste pour certains pays, dont la France. Mais la question de l'allongement de la vie fracture la communauté scientifique.

 L'espérance de vie humaine est-elle vouée à croître en ligne droite pendant tout le XXIe siècle, comme elle l'a fait au siècle dernier ? Le débat suscite une véritable guerre parmi les chercheurs du monde entier. Une étude parue en début de semaine dans la prestigieuse revue médicale "The Lancet" ne va pas contribuer à l'apaiser.
Selon les six chercheurs de l'Imperial College London, l'espérance de vie va continuer à augmenter régulièrement dans les 35 pays développés qu'ils ont observés. Selon eux, les Sud-Coréennes qui naîtront en 2030 vivront en moyenne jusqu'en 2120, soit la plus haute espérance de vie au monde (90,8 ans). Suivront les Françaises (88,6 ans), les Japonaises (88,4 ans) et les Espagnoles (88,1 ans).
L'écart entre les sexes, aujourd'hui de trois à cinq ans en moyenne, devrait lui s'amenuiser un peu avec le temps : l'espérance de vie masculine se situera autour de 84 ans pour les Sud-Coréens, les Australiens et les Suisses. D'ici 2030, la Corée du Sud (dont l'espérance de vie atteignait seulement 53 ans en 1960) connaîtrait ainsi l'une des progressions les plus fulgurantes des pays étudiés pour devenir le nouveau champion de la longévité.

"Jusqu'à récemment encore, de nombreux chercheurs pensaient que l'espérance de vie ne dépasserait jamais 90 ans", rappelle le Pr Majid Ezzati, le coordinateur.
Les chercheurs ont synthétisé 21 modèles mathématiques utilisés par les démographes depuis 30 ans, les pondérant par niveau de performance et les appliquant aux 13 prochaines années pour simuler les tendances. En prévoyant l'avenir à partir des données du passé, ils prétendent avoir mis au point une méthodologie à la fiabilité inégalée.
Augmentation régulière depuis un siècle...
Mais d'autres chercheurs ne sont pas du tout convaincus par la pertinence de la méthode. Face aux optimistes de l'accroissement de la longévité humaine, l'universitaire américain Jay Olshansky incarne depuis plusieurs années le camp des sceptiques. 

(...)

L'Observateur, 23/02/2017.
Article intégral en ligne : http://tempsreel.nouvelobs.com/sante/20170222.OBS5610/90-ans-d-esperance-de-vie-en-2030-une-etude-trop-optimiste.html


 

jeudi 2 mars 2017

La newsletter du mois de mars 2017 du DPFI de Lormont du GRETA Nord Aquitaine vient de paraître.

Vous y trouverez toute l'actualité du GRETA Nord Aquitaine, les événements locaux en rapport avec les thématiques de l'emploi, des métiers, du social, de la santé ainsi que les différentes dates de concours.



Pour la télécharger, cliquez via ce lien : Quoi de neuf_Newsletter DPFI Lormont GRETA Nord Aquitaine_Mars_2017 

Pour retrouver l'ensemble des publications du DPFI, cliquez via le lien suivant : http://actu33.blogspot.fr/p/blog-page_40.html