samedi 12 octobre 2019

En Australie, l’IVG est dorénavant autorisée dans tout le pays

La Nouvelle-Galles du Sud est le dernier État australien à avoir décriminalisé l’avortement, après des semaines d’affrontements entre militants des deux camps. 


« Désolé que cela ait pris tant de temps », a déclaré jeudi Alex Greenwich, député indépendant de Nouvelle-Galles du Sud, après avoir obtenu la dépénalisation de l’avortement dans cet Etat le plus peuplé d’Australie. C’est à l’issue de quarante heures de débat parlementaire, deux mois après l’introduction de sa proposition de loi, mais surtout cent dix-neuf ans après une première législation criminalisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG), que la pratique sort du code pénal de cet État, le dernier d’Australie à l’y avoir maintenue.

Inspiré des législations des États voisins, la Nouvelle-Galles du Sud autorise désormais l’avortement jusqu’à vingt-deux semaines de gestation et permet la pratique au-delà avec l’approbation de deux médecins dans un hôpital public. Toute personne cherchant à persuader une femme à avorter ou à l’en dissuader risque deux ans de prison.
La proposition de réforme s’est heurtée à de vives oppositions au sein du Parlement fédéré, particulièrement de mandataires de la coalition conservatrice au pouvoir, appuyés par l’ex-premier ministre Tony Abbott (Parti libéral) et l’ancien vice-premier ministre adjoint Barnaby Joyce (Parti national). Le premier a comparé la proposition de loi à « un infanticide sur demande », le second au « débat sur l’esclavagisme de notre époque », lors d’un rassemblement anti-avortement à Sydney, mi-septembre.

Une centaine d’amendements

Le climat politique houleux a en effet été doublé de mobilisations conséquentes des militants des « pro-choix » et « pro-vie », ces derniers soutenus par des groupes religieux, jusqu’à rassembler plusieurs milliers de manifestants. Fin août, des détracteurs de la réforme ont même eu recours à l’écriture aérienne, en inscrivant les mots « Choose life » dans le ciel de Sydney, capitale de l’État. Deux députés opposés à la décriminalisation ont été la cible de menaces, fin août, qui ont conduit à l’ouverture d’une enquête.

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Source : Le Monde, 27/09/2019.
Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr

mardi 18 décembre 2018

« Ma santé 2022 » : ce que prévoit la réforme d’Emmanuel Macron

Cette réforme de la santé, dont Agnès Buzyn a annoncé les premières mesures au Parisien, était présentée ce mardi matin par le chef de l’Etat.

Emmanuel Macron présentait ce mardi une réforme baptisée « Ma santé 2022 », censée renforcer l’offre de soins, avec un investissement de 3,4 milliards d'euros d’ici 2022. Ce plan santé compte une cinquantaine de mesures.

Suppression du numerus clausus. 


Comme l’annonçait Agnès Buzyn, ministre de la Santé, ce mardi dans les pages de notre journal, le numerus clausus sera supprimé dès 2020. Le redoutable concours qui a traumatisé des générations d’étudiants en santé, ainsi que les quotas de places en médecine, pharmacie, dentaire et maïeutique (sages-femmes), n’existeront plus. « Une loi va être promulguée », confiait la ministre aux lecteurs du Parisien. « Ça ne veut pas dire qu’il n’y aura plus de sélection, mais qu’on va revenir dans le droit commun », indique l’Elysée, qui veut « qu’il y ait plus de médecins qui soient formés demain ».

La main à la poche. 


Les crédits de l’assurance maladie augmenteront de 2,5 % l’an prochain, au lieu des 2,3 % prévus, soit près de 400 millions d'euros supplémentaires. Le plan global sera doté d’un budget de 3,4 milliards d'euros d’ici 2022, a indiqué le ministère de la Santé.
Dans le détail, des crédits de près d’1,6 milliard d’euros seront consacrés à « la structuration des soins dans les territoires », 920 millions à l’investissement hospitalier, 500 millions à la « transformation numérique » et 420 millions à « l’évolution des métiers et des formations ». 

mercredi 10 octobre 2018

Les deux tiers des IVG se font sans chirurgie, et une sur cinq hors de l’hôpital

Le nombre d’IVG reste stable en 2017, mais plus des deux tiers sont désormais médicamenteuses, et peuvent être pratiquées en cabinet ou centre médical.


Depuis janvier 2018, l’hôpital du Bailleul (Sarthe) ne pratiquait plus d’interruptions volontaires de grossesse (IVG), car trois médecins avaient fait valoir leur clause de conscience. La secrétaire d’Etat à l’égalité entre les hommes et les femmes, Marlène Schiappa, est intervenue au début de septembre pour faire reprendre l’activité, soulignant que « l’IVG est un droit » qui doit être effectif sur tout le territoire. Comment se traduit-il concrètement ? Comment sont prises en charge les femmes qui souhaitent avorter en France ? Une étude, publiée vendredi 28 septembre par le ministère de la santé, montre à quel point la pratique a changé en quinze ans, alors que, paradoxalement, le nombre de femmes concernées varie peu.

1 – Une étonnante stabilité des IVG

216 700 IVG en France, dont 202 900 en métropole
Depuis les années 1990, le nombre d’avortements évolue très peu, et oscille entre 215 000 et 230 000 en France. Une stabilité repérée et étudiée depuis plusieurs années par les démographes, malgré le large recours aux moyens de contraception. Selon les chiffres publiés vendredi par la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), les femmes de 20 à 24 ans restent les plus concernées, mais le recours à l’IVG se constate dans toutes les tranches d’âge, avec un taux de recours en légère baisse chez les moins de 20 ans depuis 2010, alors qu’il augmente chez les 25-39 ans.

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Source : Le Monde, 28/09/2018.
Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr

jeudi 28 septembre 2017

Où en est l'accès à l'avortement dans le monde ?

Pour la Journée mondiale du droit à l'avortement, Le Figaro revient sur l'accès à l'interruption volontaire de grossesse. Un droit parfois bien fragile et accessible pour seulement 39,5% des femmes.

À l'occasion de la Journée mondiale pour le droit à l'avortement, des rassemblements sont organisés ce jeudi à Paris et dans 25 villes françaises, sous le slogan «les femmes décident». Des mouvements semblables se déroulent dans toutes les capitales européennes. Le Figaro dresse un état des lieux de cette pratique, généralisée en Occident mais encore interdite dans de nombreux pays.

• Dans le monde, 47.000 décès sont causés par des avortements non sécurisés

Entre 2010 et 2014, il y a eu 55,7 millions d'avortements par an dans le monde, ce qui représente un taux d'interruption volontaire de grossesse (IVG) d'environ 25%. Selon les chiffres de l'ONU et de l'ONG Guttmacher, 25,5 millions d'IVG sont non sécurisés. C'est-à-dire, d'après l'OMS, qu'il s'agit d'une interruption de grossesse pratiquée par des personnes non qualifiées ou dans un environnement non conforme aux normes médicales minimales. Ces avortements, effectués dans de mauvaises conditions, débouchent sur environ 47.000 décès par an.

En 2016, 39,5% des femmes ont eu un accès total à l'avortement à travers le monde. De nombreux pays en Afrique et en Amérique latine restreignent fortement cette pratique et une vingtaine d'entre eux l'interdise totalement. Des pays comme le Salvador ou le Suriname sont notamment dans le viseur de l'OMS pour leurs législations très sévères. Même en cas de viol ou d'inceste, une femme risque jusqu'à vingt ans de prison pour avoir mis un terme à sa grossesse. Le continent africain est également très restrictif, puisque seulement trois pays autorisent l'IVG sans restriction: le Malawi, la Tunisie et l'Afrique du Sud.

Si l'avortement est autorisé aux États-Unis, l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche inquiète les défenseurs de l'IVG. Depuis avril 2017, une loi autorise les États à interdire le transfert d'argent public à une clinique qui pratiquerait l'interruption volontaire de grossesse.

• En Europe, seuls Malte, l'Andorre et le Vatican interdisent totalement l'IVG

La majorité des pays membres de l'UE autorisent l'avortement sans restriction jusqu'à 10 ou 12 semaines de grossesse, 18 semaines en Suède et jusqu'à 24 semaines aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.

Mais des pays ont des législations plus drastiques. En Pologne, l'avortement n'est permis qu'en cas de viol, d'inceste, de danger pour la vie de la mère ou de malformation irréversible du fœtus. À Chypre également, l'avortement est illégal et ne peut être pratiqué que si deux médecins certifient que la grossesse présente un risque pour la femme ou l'enfant à naître. Il est toléré en cas de viol et d'inceste.

L'IVG reste totalement prohibé à Malte où, en cas d'infraction, la peine encourue va de 18 mois à trois ans de prison. En-dehors de l'UE, deux États européens sont dans le même cas: l'Andorre et le Vatican.

Après des années de débat, le gouvernement irlandais a annoncé mardi l'organisation en 2018 d'un référendum sur l'avortement, actuellement illégal dans le pays sauf en cas de menace pour la vie de la mère. Le viol, l'inceste ou la malformation du fœtus ne sont pas des raisons légales d'avorter, et une telle intervention constitue un crime passible de 14 ans de prison.

En Pologne, le gouvernement a tenté de restreindre l'accès à l'IVG à l'automne 2016, tout comme Madrid en 2015. Si ces procédures n'ont pas abouti, elles témoignent d'un droit pour les femmes européennes encore fragile, d'après de nombreuses associations. Une pétition ayant reçu environ 20.000 signatures réclame une harmonisation du droit européen sur la question. Elle sera transmise jeudi au Parlement européen.

• En France, le nombre d'avortements en baisse depuis trois ans

En France, l'accès à l'IVG est dépénalisé depuis 1975. De nombreuses autres lois ont depuis été promulguées afin de protéger davantage les femmes qui y ont recours. En 2016, selon la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DRESS), 210.149 avortements ont été pratiqués en France, dont 197.777 en métropole.
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Le Figaro, 28/09/2017.
Article intégral en ligne : http://www.lefigaro.fr

samedi 8 juillet 2017

Plus de quarante ans après la loi Veil, « l’IVG est le parent pauvre de l’hôpital »

A l’heure des obsèques de Simone Veil, icône de la lutte pour la légalisation de l’avortement, la coprésidente du Planning familial revient sur l’état de ce droit.


En 2016, à l’occasion de son 60e anniversaire, le Mouvement français pour le planning familial mettait à l’honneur trois « Simone ». Trois femmes qui ont marqué l’histoire de l’association et celle des droits des femmes : l’écrivaine et philosophe Simone de Beauvoir, la militante Simone Iff et Simone Veil, qui a porté en 1974 le projet de loi de légalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

Après la mort de cette dernière, le 30 juin, Véronique Séhier, la coprésidente du Planning familial, salue le combat de « celle qui a permis de reconnaître l’avortement comme un droit humain fondamental ». Mais plus de quarante ans après l’entrée en vigueur de la loi Veil, et alors qu’un tiers des Françaises ont recours au moins une fois dans leur vie à l’IVG, selon l’Institut national d’études démographiques (INED), ce droit « n’est toujours pas considéré comme un droit à part entière », souligne-t-elle.

Le Planning familial, dont vous êtes la coprésidente, considère que l’avortement n’est toujours pas accessible à toutes les femmes en France. Comment l’expliquez-vous ?


Véronique Séhier : Si la loi a été votée il y a plus de quarante ans, il reste effectivement à rendre l’IVG accessible à toutes les femmes qui désirent y avoir recours. Dans certaines régions de France, l’accès à l’IVG est très compliqué. L’IVG est le parent pauvre de l’hôpital : lors des restructurations d’hôpitaux, les services IVG sont en général les plus fragiles et les plus susceptibles de disparaître. On a évalué qu’en 2015, 130 centres d’IVG ont fermé. Les structures de proximité disparaissent à grande vitesse alors que c’est ce dont nous avons le plus besoin. Une femme ne devrait pas avoir à faire 60 km pour avorter.

Les médecins eux-mêmes peuvent empêcher les femmes d’avoir accès à l’avortement. Certains d’entre eux, opposés à l’IVG, multiplient les rendez-vous et examens avec les femmes souhaitant avorter pour retarder l’acte médical et placer leurs patientes hors délai. On ne parle pas ici de la majorité des médecins, mais ce genre de situation existe encore en France aujourd’hui.



jeudi 15 décembre 2016

Si vous n'avez pas suivi le débat sur le délit d'entrave à l'IVG...

L'adoption d'une proposition de loi visant à étendre le délit d'entrave à l'avortement aux sites internet avançant «masqués» et diffusant des «informations biaisées» a donné lieu à de vifs échanges cette semaine. Voici l'essentiel de ce que vous devez savoir sur ce sujet.

 

QUE DIT CE TEXTE ?

Une proposition de loi PS, adoptée jeudi à l'Assemblée nationale, veut élargir le délit d'entrave à l'interruption volontaire de grossesse aux sites Internet diffusant des informations «biaisées» sur l'avortement. Parmi ces sites: ivg.net, à l'aspect très institutionnel ; Afterbaiz, qui joue la carte jeune de la «réinformation» ; Ecouteivg.org, qui se présente comme un soutien aux femmes.
Le texte prévoit de punir de deux ans d'emprisonnement et de 30.000 euros d'amende le fait d'empêcher, de tenter d'empêcher de pratiquer ou de s'informer sur une IVG (...) «par tout moyen de communication au public, y compris en diffusant (...) par voie électronique ou en ligne, des allégations, indications de nature à induire intentionnellement en erreur, dans un but dissuasif, sur les caractéristiques ou les conséquences médicales d'une IVG».
Le débat a été celui de la liberté d'expression contre celui de la protection des droits des femmes. La ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol, en première ligne pour défendre le texte, a précisé qu'il visait avant tout les numéros vert qui mettent les femmes en ligne avec des «militants» qui leur déconseillent de pratiquer l'avortement, fausses données à l'appui.

Affiche du gouvernement.

POURQUOI CERTAINS SONT-ILS CONTRE ?

«Délit d'opinion», entrave à la «liberté d'expression», «police de la pensée»: vent debout contre la création de ce délit d'entrave numérique, les députés LR se sont opposés au texte.
«Il y a un dogme sur l'IVG véhiculé par le gouvernement. Dire qu'un avortement peut avoir des conséquences psychologiques comme nous le faisons ne revient pas à dissuader», défend Tugdual Derville, délégué général de l'association Alliance Vita, à l'origine du site SOS Bébé.
Dans un autre genre, La Quadrature du Net, une association de défense des libertés en ligne, se montre également très critique sur la création de ce délit et s'inquiète de nouvelles «atteintes à la liberté d'expression» sur la Toile.

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Le Figaro, 05/12/2016.
Article intégral en ligne : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/12/05/01016-20161205ARTFIG00087-si-vous-n-avez-pas-suivi-le-debat-sur-le-delit-d-entrave-a-l-ivg.php

vendredi 1 juillet 2016

Le nombre d'IVG a diminué légèrement en 2015

Le nombre d'interruptions volontaires de grossesse a diminué de 3,9% en 2015 en France, alors que la baisse est amorcée depuis 2013.

 

Le nombre d'interruptions volontaires de grossesse (IVG) a diminué de 3,9% en 2015 à 218.100 en France (dont 203.500 en métropole), tandis que le recours continuait à décroître chez les moins de 20 ans, selon une étude de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques). La légère tendance à la hausse observée en 2013 a été suivie par une stabilisation en 2014, puis une légère baisse en 2015 (voir graphique ci-dessous), note la Drees. Le taux de recours est quasiment stable depuis 2006, à 14,4 IVG pour 1.000 femmes âgées de 15 à 49 ans dans la métropole, atteignant 26,5 outre-mer. Chez les moins de 20 ans, le taux de recours baisse légèrement depuis 2010, après avoir fortement augmenté entre 1990 et 2010. Il était de 12,3 pour 1.000 femmes de 15-19 ans en 2015. En métropole, 22.000 femmes de moins de 20 ans ont eu une IVG, soit 12 femmes sur 1.000, contre 26 pour 1.000 dans les DOM. C'est parmi les femmes de 20 à 24 ans que les IVG restent les plus fréquentes (27 femmes sur 1.000 dans toute la France).


Sciences et avenir, 01/07/2016.
Article intégral en ligne : http://www.sciencesetavenir.fr/sante/20160630.OBS3664/le-nombre-d-ivg-a-diminue-legerement-en-2015.html

lundi 23 mars 2015

IVG : la suppression du délai de réflexion divise



« Avancée » pour les féministes, « grave » pour l'Eglise : la fin annoncée du délai de réflexion imposé aux femmes souhaitant une interruption volontaire de grossesse (IVG) a suscité vendredi 20 mars des réactions aux antipodes.


Isabelle Fride, du Planning familial de Paris, rappelle qu'il s'agit d'une mesure demandée depuis longtemps. « C'était un frein supplémentaire et un facteur de culpabilisation. La majorité des femmes ont déjà réfléchi quand elles consultent la première fois », a-t-elle fait valoir.
Actuellement, deux consultations médicales sont obligatoires avant une IVG, avec un délai de réflexion d'une semaine entre les deux. Celui-ci est réduit à quarante-huit heures en cas d'urgence. Les députés ont supprimé ce délai en amendant en commission le projet de loi santé dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 mars.

Même son de cloche du côté du collectif « Osez le féminisme ! ». Sa porte-parole, Claire Serre-Combe, a apporté un soutien complet à cette réforme, en abolissant un dispositif « infantilisant ».

Besoin de temps pour se rétracter ?

 

« Je ne savais pas que permettre aux femmes un minimum de recul était infantilisant », lui a rétorqué Mgr Guy de Kerimel, ancien président du groupe de travail sur l'avortement à la conférence des évêques de France.
« Vous avez sept jours pour vous rétracter quand vous achetez quelque chose à distance, onze pour signer un crédit : est-ce à dire que le petit être dans le ventre de sa mère est moins que cela ? » a ainsi plaidé l'évêque de Grenoble.
Un argument également développé par la députée Front national Marion Maréchal-Le Pen sur Twitter : "Quand on achète un micro-ondes sur internet on a 7 jours pour se rétracter. Mais pour avorter plus besoin."
« Comme si le degré de réflexion d'une femme qui prend la décision d'interrompre une grossesse était comparable à celui d'un consommateur qui revient sur un achat d'une cinquantaine d'euros ! » ont répliqué les Effrontées.

La clause de conscience

 

Si elles se réjouissent de l'abandon du délai de réflexion, les associations féministes regrettent le retrait d'un amendement sur la clause de conscience. Une députée avait proposé de supprimer cette dernière, qui permet aux médecins de refuser de pratiquer une IVG. Motif invoqué : elle est redondante avec celle s'appliquant à tout acte médical.
La ministre de la santé, Marisol Touraine, avait émis « un avis résolument défavorable » à cette proposition, jugeant qu'il ne fallait pas « ranimer de débat éminemment symbolique dans un contexte de tensions sur un certain nombre de sujets de société ».
Le sujet reviendra pourtant rapidement sur la table, lors de l'examen du projet de loi dans l'hémicycle, du 31 mars au 10 avril. Environ 210 000 interruptions volontaires de grossesse sont pratiquées chaque année en France, un chiffre stable.

Le Monde, 20/03/2015.

lundi 9 février 2015

Un plan national pour améliorer l’accès à l’IVG

La date n’a pas été choisie au hasard. La ministre de la santé, Marisol Touraine, et la secrétaire d’Etat aux droits des femmes, Pascale Boistard, devaient annoncer, vendredi 16 janvier, un plan pour améliorer l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), quarante ans après l’entrée en vigueur de la loi Veil qui dépénalisait l’avortement. « C’est une deuxième étape », précise Mme Touraine.


Dès son arrivée au pouvoir, en 2012, la gauche avait instauré le remboursement complet de l’IVG. Puis la majorité parlementaire avait voté, dans la loi du 4 août 2014, et après un débat très nourri avec la droite, la suppression de la notion de détresse requise dans la loi Veil pour les femmes ayant recours à l’IVG, depuis longtemps tombée en désuétude.
« La loi Veil est une loi de progrès, un cadre accepté par l’écrasante majorité des Français, poursuit Mme Touraine. Il s’agit désormais de s’assurer que ce droit peut être exercé simplement. C’est le cas dans l’écrasante majorité des cas. Mais des difficultés peuvent apparaître dans l’accès à une information objective. Il peut aussi y avoir des différences de prise en charge sur le territoire, et des enjeux financiers. »

Manque d’accès à l’information

 

Pour y répondre, la prise en charge à 100 % est étendue aux examens qui entourent l’IVG (rendez-vous, échographie, analyses biologiques). L’accent est mis aussi sur l’information. Après le site Internet ivg.gouv.fr lancé en janvier 2014, un numéro de téléphone unique et anonyme géré par le Planning familial sera créé. Il sera opérationnel en septembre. L’objectif est de concurrencer les plates-formes téléphoniques renvoyant vers des militants anti-IVG.
Enfin, les agences régionales de santé devront élaborer un « plan régional pour l’accès à l’avortement » afin d’identifier les déficits dans l’offre de soins. Les médecins qui exercent dans les centres de santé suffisamment équipés pourront réaliser des IVG chirurgicales. Les sages-femmes pourront, de leur côté, réaliser des IVG médicamenteuses – les médecins y sont hostiles. Ces mesures prendront place dans la future loi de santé, qui doit être examinée au printemps.
Elles répondent à certaines revendications du Planning familial et des associations féministes, qui dénoncent de longue date les difficultés d’accès des femmes à l’IVG. Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes avait fait le même constat, dans un rapport en 2013 : le manque d’accès à l’information, les difficultés pratiques pour prendre les divers rendez-vous, la baisse du nombre de gynécologues, la fermeture de cent trente établissements pratiquant l’IVG en dix ans y étaient mentionnés.

« Contraception ponctuelle »

 

Toutes les demandes ne sont cependant pas satisfaites. Le Haut Conseil à l’égalité souhaitait la suppression du délai de réflexion de sept jours entre les deux premiers rendez-vous avec un médecin imposé aux femmes qui veulent avorter, et celle de la clause de conscience des médecins, qui leur permet de refuser de pratiquer l’IVG. Deux mesures jugées trop sensibles, car susceptibles de rouvrir le débat avec la droite sur l’équilibre de la loi Veil.
En quarante ans, le recours à l’IVG a cependant été profondément modifié. Alors qu’il était, lors de la préparation de loi Veil, conçu comme un dernier recours, « le choix d’interrompre une grossesse est désormais devenu un droit », écrivent les chercheurs de l’Institut national d’études démographiques (INED) dans une étude publiée jeudi 15 janvier.
En quarante ans, la proportion de femmes ayant eu recours à l’IVG au moins une fois est passée de la moitié à un tiers. Mais le nombre d’IVG reste stable, une minorité grandissante de femmes y ayant recours de manière répétée. Ainsi, 33 % des femmes avortent au moins une fois dans leur vie, 9,5 % deux fois et 4,1 % trois fois.
L’allongement du délai légal voté en 2001 (de dix à douze semaines) n’a, en revanche, pas conduit les femmes à attendre davantage avant d’interrompre leur grossesse. Au contraire, les avortements ont lieu en moyenne à 6,4 semaines de grossesse, ce qui est lié à la diffusion de l’IVG médicamenteuse (55 % en 2011), pratiquée plus tôt que les IVG chirurgicales.
Ce recours a augmenté chez les femmes de 18 à 25 ans, alors qu’il a diminué après 25 ans. L’allongement de la jeunesse sexuelle des femmes, entre l’âge du premier rapport, plus précoce aujourd’hui (17 ans), et une installation en couple stable plus tardive, explique ces évolutions. « C’est une période où les femmes construisent leur vie, analyse Magali Mazuy, démographe à l’INED. Elles peuvent être en couple puis se séparer. La contraception est ponctuelle. Les femmes sont plus souvent confrontées à la possibilité de grossesses non désirées, non préparées. Les couples attendent également d’être dans les meilleures conditions. »
Les avortements à répétition peuvent s’expliquer par l’inadéquation de la contraception par pilule prescrite à certaines femmes, alors que le stérilet ou l’implant contraceptif, qui ne demandent pas une prise quotidienne, pourraient être plus adaptés.

vendredi 28 novembre 2014

Simone Veil par Emmanuelle Devos

Le téléfilm de France 2 "La loi" retrace la genèse du vote du texte qui a dépénalisé l'IVG en 1974. La comédienne raconte comment elle a abordé ce rôle et incarné ce personnage d'exception.

PREPARATION
« J'avais un mois et demi, ce qui n'est vraiment pas énorme. D'autant qu'à l'époque, j'étais au théâtre, et répétais dans la journée une autre pièce que je joue en ce moment. Le soir, quand je me maquillais dans ma loge à Edouard-VII, je me passais les discours et les interviews de Simone Veil sur mon téléphone. Je l'ai regardée le plus possible jusqu'à ce qu'elle me rentre dans le corps. »
« J'ai visionné beaucoup d'images - merci INA.fr ! - qui remontent à l'époque de son arrivée au gouvernement Chirac. C'est à ce moment-là que Simone Veil devient un personnage public. C'est l'une des rares femmes ministres et les médias lui consacrent beaucoup de sujets. Elle a un mal fou à apprivoiser la caméra. Je me souviens d'une émission présentée par Bernard Pivot où on la sent presque frigorifiée. Sa grande copine, la réalisatrice Marceline Loridan-Ivens, est également invitée, mais Veil est tellement timide qu'elle ne peut s'empêcher de la vouvoyer. Pivot, qui connaît leur complicité hors plateau, est tellement surpris par sa raideur qu'il l'invite à plus de familiarité. Elle finit par s'exécuter, en marche forcée, comme une bonne élève... Entre 1974 et 1976, tout ce qui relève chez elle de l'intime, du sentiment personnel, ne transparaît pas à l'image. Il lui a fallu deux ans pour apprivoiser la caméra. Après, elle change, on la sent plus aguerrie médiatiquement, plus sûre d'elle. En revanche, ce qui explose à l'écran dès ses débuts, c'est son incroyable ténacité. »

TRANSFORMATION
« Il suffit de se faire un chignon, d'enfiler un tailleur Chanel et hop !, c'est parti, tout le monde a un air de Simone Veil. J'avais en plus la chance de lui ressembler un petit peu. On a le même front, la même implantation de cheveux, les mêmes pommettes. Le bas du visage est moins identique mais quand même. Tout cela m'a permis de m'occuper davantage de l'intérieur, de transcrire cette réserve mêlée d'autorité. Je l'ai regardée et écoutée tous les jours pendant un mois et demi. D'abord, elle est assez peu expressive. Elle est toujours très posée, un peu raide, ne fait pas de geste de mains. Elle a les pieds bien ancrés dans la terre. C'est toujours plus facile d'incarner quelqu'un comme ça qu'une personnalité volubile avec des tics. Elle a des regards de côté... J'étais obsédée par sa manière de prononcer les "a". Ca ne rendait pas exactement comme je le voulais, j'ai fini par abandonner. »


TAILLEUR
« Contrairement à la préparation classique d'un tournage où l'on cherche à perdre 3 kilos, cette fois-ci, je n'ai pas fait de régime. Si vous faites un petit 36, un tailleur en tweed de chez Chanel vous fait prendre deux tailles immédiatement. Ces vêtements sont terrifiants... Simone ne portait que des vêtements qui grossissent... »

FEMINISME
« Je croyais que sa construction de femme débutait réellement au sortir des camps. Or elle a commencé bien avant, dès l'enfance, avec sa mère. C'était une femme très belle, avec un air de Greta Garbo, qui a abandonné ses études de chimie quand elle s'est mariée. J'ai pu voir ses photos... Simone a réalisé très jeune que sa mère était affectée par son statut de femme soumise, contrainte à la seule tenue du ménage. La banalité du quotidien de ce que subissaient les femmes des années 1930... Ma propre grand-mère me racontait le même genre d'humiliations : la réticence à demander de l'argent à son mari, ne serait-ce que pour financer des tâches domestiques de base, l'incompréhension dudit mari qui soupire, qui renâcle, qui lâche des "encore ?"... La mère de Simone ne cessait de lui dire ainsi qu'à sa soeur : "Il faut que vous ayez un travail, que vous gagniez de l'argent par vous-mêmes." Simone Veil est devenue féministe à ce moment-là. Elle a eu 3 fils et raconte souvent qu'elle prend position contre eux, par solidarité pour ses belles-filles. »

SA MERE
« Quand, à 60 ans passés, Simone l'évoque dans les interviews, elle a encore les larmes aux yeux. Elle la décrit comme une femme intègre, charismatique, d'une grande bonté dont les gens abusaient... Elle l'appelle «môman» comme si elle avait 4 ans. C'est bouleversant... Sa tristesse, son côté apeuré viennent de la perte de cette mère adorée. A Auschwitz, elles sont parvenues à rester ensemble avec sa soeur. Un coup de chance... Une kapo a vu Simone et lui a dit : "Tu es trop belle pour mourir ici." Et l'a envoyée dans un camp de travail annexe où les conditions étaient un peu moins dures. Simone a accepté à condition de venir avec sa mère et sa soeur, "Milou". La kapo n'y a pas vu d'inconvénient. Ils avaient besoin de quatre femmes. Mais cette petite faveur n'a hélas pas sauvé sa mère. Elle est morte du typhus à Bergen-Belsen. »

VIE PRIVEE
« Elle se raconte plus durant ses interviews que dans son propre livre "Une vie", où elle ne parle que de politique, de Bernard Pons, de Bayrou, qu'elle ne supporte pas, qui lui a fait tel coup... Mais de son moi profond, rien ou presque. Elle a perdu un fils. Elle n'a jamais raconté quand, comment, de quoi il était mort... J'ai regardé sur Google, rien... »

OMERTA
« Je ne l'ai jamais rencontrée. Pas plus que son entourage familial ou professionnel. J'ai essayé, d'accord plutôt mollement, mais... Ses fils n'ont pas voulu me parler, de même qu'un de ses anciens directeurs de cabinet. Je pense qu'une consigne est passée dans son entourage pour ne rien dire. Ses fils ont vu le film et sont ravis qu'on ne leur ait pas demandé la permission de le tourner parce qu'ils ne l'auraient pas donnée. Il paraît qu'elle est très diminuée. Je ne sais pas s'ils vont lui montrer... »

SENS POLITIQUE
« Le film rend hommage à son acuité politique, alors qu'elle-même affirme ne pas être une femme politique. Elle répète à l'envi qu'elle vient du droit civil, de la magistrature, qu'elle n'a pas fait Sciences-Po, l'ENA, etc. C'est une contradiction assez amusante. Sa grande intelligence a consisté à ne pas porter le débat sur la question du féminisme. Elle a laissé ça à Françoise Giroud pour se focaliser essentiellement sur le terrain de la santé publique. Sans cela, les vieux barbons de la droite de l'époque n'auraient jamais voté. Une partie de son clan avait déjà tenté de faire passer la loi un an plus tôt. Et puis Giscard l'a relancée avec l'idée de la faire incarner par une femme. »

HUMOUR
« Avec la pression d'incarner une personne vivante, je n'étais pas légère, alors qu'on l'est quand on tourne ce genre de film. Je craignais aussi le manque d'humour du personnage. Je disais à Christian Faure [le réalisateur, NDLR] : "Elle peut faire un petit sourire, là, non ?" Mais non, il avait trop peur qu'avec Lorànt Deutsch [dans le rôle de son directeur de cabinet], on glisse inévitablement dans la gaudriole, vers un truc trop familier qui s'éloignerait du personnage. »

TOURNAGE
« Ce genre de sujet se prête parfaitement à la télé. Parce que c'est populaire dans le sens où il faut que ça soit vu sans faire l'effort de se déplacer. D'accord, il y a un côté un peu didactique dans le film, mais utile. En revanche, il y a deux problèmes majeurs à la télé. Le premier, c'est que vous n'avez pas une scène qui fasse plus d'une page. Il faut que ça aille vite, tout le temps, il faut changer de mouvement, d'endroit. Dans l'absolu, j'aurais rêvé d'un truc du genre "A la Maison-Blanche" ou "les Hommes du président"... Mais bon, je pense qu'ils ont peur que les gens zappent... Le second problème, c'est le manque de temps. Quand on vient du cinéma, c'est vraiment dingue... Si vous ne "story-boardez" rien, si vous hésitez un peu sur la place que vous accordez à la caméra, vous êtes mal. Heureusement, Christian avait tout préparé avant de manière à ne se consacrer qu'aux acteurs sur le tournage. »

Guillaume Loison, Nouvel Observateur,24 novembre 2014.
Revoir le téléfilm La Loi : http://pluzz.francetv.fr/videos/la_loi_le_combat_d_une_femme_pour_,112832079.html



 

mercredi 26 novembre 2014

Il y a 40 ans, Simone Veil montait au créneau en faveur de l'IVG

Le 26 novembre 1974, Simone Veil tenait à la tribune de l'Assemblée nationale un discours historique pour défendre sa loi légalisant l'avortement. Elle va faire face à des adversaires déchaînés, des réactions d'une rare violence.


Devant une assemblée qui compte 9 femmes pour 481 hommes, la ministre s'exprime d'une voix calme, un peu tendue: "Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les 300000 avortements qui chaque année mutilent les femmes dans ce pays, bafouent nos lois et humilient ou traumatisent celles qui y ont recours".


Simone Veil à l'Assemblée en 1974
AFP

"Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement. Il suffit de les écouter. C'est toujours un drame", assure-t-elle tout en soulignant que "l'avortement doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue". Son discours d'une heure est chaleureusement applaudi par la gauche. La droite se tait, pour l'instant. Dans les tribunes du public, à l'inverse de l'hémicycle, ce sont les femmes qui dominent, venues en masse écouter la ministre.
Suivent alors plus de 25 heures de débats durant lesquelles Simone Veil affronte insultes et propos de "soudards", racontera-t-elle, pendant qu'à l'extérieur, des militants anti-avortement égrènent leurs chapelets. Trois jours et deux nuits de combat contre les tenants de sa propre majorité.


Michel Debré, ancien Premier ministre du général de Gaulle, voit dans ce texte "une monstrueuse erreur historique". Les députés de droite René Feït et Emmanuel Hamel diffusent dans l'hémicycle, à tour de rôle, les battements d'un cœur de fœtus de quelques semaines. Le premier affirme que si le projet était adopté "il ferait chaque année deux fois plus de victimes que la bombe d'Hiroshima". Jean Foyer, ancien Garde des Sceaux du général de Gaulle, lance: "Le temps n'est pas loin où nous connaîtrons en France ces avortoirs, ces abattoirs où s'entassent des cadavres de petits hommes".
Le pire reste à venir: Hector Rolland reproche à Simone Veil, rescapée des camps de la mort, "le choix d'un génocide". Jean-Marie Daillet évoque les embryons "jetés au four crématoire". Jacques Médecin parle de "barbarie organisée et couverte par la loi comme elle le fut par les nazis".


 L'Humanité, vendredi 21 novembre 2014.

dimanche 23 novembre 2014

Infographie. L’avortement, un droit à défendre

En France, le droit à l’avortement dans les meilleures conditions possibles est très menacé. Les centres pratiquant l’IVG qui ferment sont dramatiquement nombreux, le secteur privé se désengage, jugeant l’activité peu rentable, et de plus en plus de femmes ne peuvent plus choisir leur méthode d’avortement.

Photo AFP

Consulter l'infographie dans sa globalité : http://www.humanite.fr/infographie-lavortement-un-droit-defendre-558325

mardi 21 janvier 2014

Espagne / Tollé contre le projet de loi interdisant l'avortement

Selon un sondage publié par El Pais, 78 % des Espagnols rejettent le projet de loi qui interdit l'avortement. Le texte adopté par le  le 20 décembre prévoit de supprimer ce droit des femmes à disposer de leurs corps, sauf dans quelques cas très restrictifs : danger prouvé pour la vie ou la  physique ou psychologique de la femme, ou en cas de  ayant fait l'objet d'une plainte antérieure.




Extrait du journal Le Parisien

IVG / l’Espagne regonfle les anti-avortement


« La marche pour la vie » a mobilisé hier à Paris entre 16 000 et 40 000 militants anti-IVG qui demandent à la France un retour en arrière comme en Espagne. Près de quarante ans après la loi Veil, l’avortement divise encore.




L’amendement au projet de loi pour l’égalité hommes-femmes 
qui assouplit le recours à l’avortement ravive les passions. Photo N.C.






Extrait des Dernières nouvelles d'Alsace