dimanche 8 mars 2020

« Tu seras mère, ma fille » : un siècle de lutte des Françaises pour obtenir de le droit de maîtriser leur ventre

A l’occasion de la journée pour les droits des femmes, France 5 diffuse un passionnant documentaire nourri d’images d’archives, commentées par Cécile de France.

Le Monde, par , le 08 mars 2020 à 19h00



BROTHERFILMS
 

FRANCE 5 - DIMANCHE 8 MARS À 20 H 50 -DOCUMENTAIRE

 
Depuis presque trois ans et la déferlante #metoo, il faut avouer que la pertinence de la Journée internationale en faveur des droits des femmes, simple date dans un calendrier qui en compte 364 autres (365 cette année !), pose question. Cette journée n’en reste pas moins un excellent prétexte pour la diffusion de contenus thématiques. Bonne nouvelle : avec Tu seras mère, ma fille, France 5 nous en propose un excellent.
« Longtemps, être femme, c’était être mère. » Prenant acte de cet état de fait, tout en reconnaissant qu’il est en train de changer, la belle voix de la comédienne Cécile de France accompagne des images d’archives – certaines colorisées, d’autres non – pour nous raconter un siècle d’histoire des femmes, vue par le prisme de la maternité. L’histoire intime des mères de France se conjugue sous nos yeux avec la grande Histoire du pays, s’entrelace avec les politiques familiales décidées dans les cabinets ministériels et au Parlement, pour mieux nous faire mesurer l’immensité du chemin parcouru.

Lois natalistes

Dans les années 1920, Léontine – 19 enfants – est une mère « supérieure », décorée de la Légion d’honneur pour son rôle dans le repeuplement du pays, exsangue après la première guerre mondiale. Le ventre des Françaises, qui font moins d’enfants que leurs voisines européennes, est devenu « une affaire d’Etat » : les lois natalistes qui régissent ces ventres interdisent non seulement l’avortement, mais également toute publicité pour la contraception. Elles resteront en vigueur près de soixante ans.

BROTHERFILMS


L’histoire de la dernière fille de Léontine, qui traverse le siècle, est l’un des fils rouges de ce passionnant documentaire, qui nous rappelle que, dès les années 1930, les femmes manifestent contre le travail domestique, que la natalité n’a décollé qu’à partir du moment où les allocations familiales ont été créées, que les « trente glorieuses » ont fait de la mère au foyer une consommatrice, amorçant ainsi son émancipation… L’accouchement sans douleur, le droit à l’avortement seront des étapes supplémentaires vers l’autonomie : dans les années 1980, le combat pour l’égalité des sexes sort du foyer pour gagner le monde du travail. Classique mais particulièrement soigné dans sa forme, intelligent et captivant sur le fond, Tu seras mère, ma fille émeut et interroge. Une réussite.

A voir ou revoir jusqu'au 7 mai 2020 : https://www.france.tv


samedi 12 octobre 2019

En Australie, l’IVG est dorénavant autorisée dans tout le pays

La Nouvelle-Galles du Sud est le dernier État australien à avoir décriminalisé l’avortement, après des semaines d’affrontements entre militants des deux camps. 


« Désolé que cela ait pris tant de temps », a déclaré jeudi Alex Greenwich, député indépendant de Nouvelle-Galles du Sud, après avoir obtenu la dépénalisation de l’avortement dans cet Etat le plus peuplé d’Australie. C’est à l’issue de quarante heures de débat parlementaire, deux mois après l’introduction de sa proposition de loi, mais surtout cent dix-neuf ans après une première législation criminalisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG), que la pratique sort du code pénal de cet État, le dernier d’Australie à l’y avoir maintenue.

Inspiré des législations des États voisins, la Nouvelle-Galles du Sud autorise désormais l’avortement jusqu’à vingt-deux semaines de gestation et permet la pratique au-delà avec l’approbation de deux médecins dans un hôpital public. Toute personne cherchant à persuader une femme à avorter ou à l’en dissuader risque deux ans de prison.
La proposition de réforme s’est heurtée à de vives oppositions au sein du Parlement fédéré, particulièrement de mandataires de la coalition conservatrice au pouvoir, appuyés par l’ex-premier ministre Tony Abbott (Parti libéral) et l’ancien vice-premier ministre adjoint Barnaby Joyce (Parti national). Le premier a comparé la proposition de loi à « un infanticide sur demande », le second au « débat sur l’esclavagisme de notre époque », lors d’un rassemblement anti-avortement à Sydney, mi-septembre.

Une centaine d’amendements

Le climat politique houleux a en effet été doublé de mobilisations conséquentes des militants des « pro-choix » et « pro-vie », ces derniers soutenus par des groupes religieux, jusqu’à rassembler plusieurs milliers de manifestants. Fin août, des détracteurs de la réforme ont même eu recours à l’écriture aérienne, en inscrivant les mots « Choose life » dans le ciel de Sydney, capitale de l’État. Deux députés opposés à la décriminalisation ont été la cible de menaces, fin août, qui ont conduit à l’ouverture d’une enquête.

(...)

Source : Le Monde, 27/09/2019.
Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr

mercredi 10 octobre 2018

Les deux tiers des IVG se font sans chirurgie, et une sur cinq hors de l’hôpital

Le nombre d’IVG reste stable en 2017, mais plus des deux tiers sont désormais médicamenteuses, et peuvent être pratiquées en cabinet ou centre médical.


Depuis janvier 2018, l’hôpital du Bailleul (Sarthe) ne pratiquait plus d’interruptions volontaires de grossesse (IVG), car trois médecins avaient fait valoir leur clause de conscience. La secrétaire d’Etat à l’égalité entre les hommes et les femmes, Marlène Schiappa, est intervenue au début de septembre pour faire reprendre l’activité, soulignant que « l’IVG est un droit » qui doit être effectif sur tout le territoire. Comment se traduit-il concrètement ? Comment sont prises en charge les femmes qui souhaitent avorter en France ? Une étude, publiée vendredi 28 septembre par le ministère de la santé, montre à quel point la pratique a changé en quinze ans, alors que, paradoxalement, le nombre de femmes concernées varie peu.

1 – Une étonnante stabilité des IVG

216 700 IVG en France, dont 202 900 en métropole
Depuis les années 1990, le nombre d’avortements évolue très peu, et oscille entre 215 000 et 230 000 en France. Une stabilité repérée et étudiée depuis plusieurs années par les démographes, malgré le large recours aux moyens de contraception. Selon les chiffres publiés vendredi par la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), les femmes de 20 à 24 ans restent les plus concernées, mais le recours à l’IVG se constate dans toutes les tranches d’âge, avec un taux de recours en légère baisse chez les moins de 20 ans depuis 2010, alors qu’il augmente chez les 25-39 ans.

(...)

 

Source : Le Monde, 28/09/2018.
Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr

dimanche 15 octobre 2017

Enquête nationale périnatale 2016. Les naissances et les établissements, situation et évolution depuis 2010

Ce rapport décrit l’état de santé des mères et des nouveau-nés, leurs caractéristiques, et les pratiques médicales durant la grossesse et au moment de l’accouchement, ainsi que les lieux d’accouchement et l’environnement des naissances. Les résultats présentent une description de la situation en 2016 et les évolutions depuis la précédente enquête nationale périnatale de 2010. La rédaction du rapport a été assurée par l’Équipe de recherche en Épidémiologie Obstétricale, Périnatale et Pédiatrique (EPOPé) de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) pour la partie sur les naissances, et par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) pour la partie sur les établissements.


Cette enquête a été mise en oeuvre et financée par la Direction générale de la santé (DGS), la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), la DREES, Santé Publique France (SPF) et l’Équipe EPOPé de l’INSERM.

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La réalisation de l’enquête sur le terrain a été possible grâce à la participation des services départementaux de Protection maternelle et infantile (PMI), des réseaux de santé en périnatalité et des professionnels des maternités.


Nous remercions les médecins et les responsables des maternités qui ont accepté que l’enquête ait lieu dans leur service. Nos remerciements s’adressent également à toutes les personnes qui ont apporté leur concours à la réalisation de l’enquête, en particulier toutes les enquêtrices et enquêteurs, les sages-femmes référentes pour l’enquête dans chaque maternité et les écoles de sages-femmes qui ont accepté que leurs étudiant·e·s participent au recueil. Nous remercions également toutes les femmes qui ont accepté de répondre à nos questions après la naissance de leur enfant.


Source : Ministère des Solidarités et de la Santé, 11/10/2017.
Rapport en ligne : http://drees.solidarites-sante.gouv.fr/etudes-et-statistiques/publications/recueils-ouvrages-et-rapports/rapports/article/enquete-nationale-perinatale-2016-les-naissances-et-les-etablissements

samedi 14 octobre 2017

Maternité : mieux vaut moutard que jamais...

Une enquête nationale réalisée sous l'égide du ministère de la Santé pointe l'âge de plus en plus tardif des femmes enceintes et les risques qui en découlent. 

Comment vont les futures mères, quel âge ont-elles? Comment se passe l’accouchement? Depuis 1995, à échéances régulières, est conduite une enquête nationale périnatale (1), sous l’égide du ministère de la Santé. La dernière vient d’être rendue publique. Bilan ? Une certaine préoccupation. On le sait, mais ça se confirme : les mères sont de plus en plus âgées. Ainsi, la proportion de naissance chez les 35 ans et plus atteint désormais 21% en métropole contre 19% lors de la précédente enquête de 2010, et 15,9% en 2003. La tendance semble lourde.
Si elle s’explique aisément (études plus longues, rencontre plus tardive «du» partenaire etc.), pour les autorités de santé, ce report des naissances vers un âge maternel plus avancé est considéré comme une évolution défavorable. Motif : une fertilité en baisse, et une majoration de certains risques pour la mère et l’enfant (prématurité, gémellité, trisomie, complications de pathologies qui peuvent s’aggraver avec l’âge…). Autre problème pointé du doigt : l’augmentation du surpoids et de l’obésité des femmes enceintes. En 2016, en métropole, 20% d’entre elles étaient en surpoids et près de 12% obèses, contre respectivement 17 % et 10 % en 2010. En outre-mer, le taux d’obésité des femmes enceintes est encore plus élevé : 21%. L’enquête évoque par ailleurs une dégradation de certains indicateurs de santé périnatale comme le taux de prématurité qui augmente depuis 1995 (de 4,5% en 1995 à 6% en 2016 en métropole) et une hausse de la proportion d’enfants avec un poids faible (de 10,1% en 2010 à 10,8% en 2016) chez les enfants uniques nés vivants.

Épisiotomies en baisse

Autres problèmes mis au jour : la consommation de tabac pendant la grossesse n’a pas baissé (17%) par rapport à la précédente enquête tandis que la vaccination antigrippale des femmes enceintes, pourtant considérée comme groupe à risque élevé de complications en cas de grippe, reste très faible (7 %). Enfin, moins de femmes font le choix (et oui, ce doit être un choix libre) de l’allaitement exclusif pendant le séjour en maternité (de 60% en 2010 à 52% en 2016).
Très noir ce tableau ? Il fournit un chiffre réconfortant alors que les «violences» obstétricales sont de plus en plus vertement dénoncées et doivent faire l’objet d’un rapport du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes : le pourcentage d’épisiotomies en 2016 serait tombé à 20% contre 27% en 2010. Il semble également que la prise en charge des femmes au moment de l’accouchement s’oriente vers une approche un peu moins médicalisée avec un recours à l’oxytocine (une hormone de synthèse qui permet d’accélérer les contractions) moins fréquent. Dans le même temps la prise en charge de la douleur se serait améliorée par un recours plus fréquent à la PCEA, une pompe permettant à la femme de doser elle-même l’analgésie.
(1) Enquête qui a porté sur 14 142 naissances (enfants nés vivant ou morts-nés) survenues entre le 14 et le 20 mars 2016 et sur 13 894 femmes dans l’ensemble des maternités de France, dont les cinq départements et régions d’outre-mer. Le rapport d’enquête est cosignée de l’Inserm et la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques.

Libération, 11/10/2017.

 

samedi 7 mai 2016

Grossesse : des bons d'achat en échange d'un arrêt du tabac

Les femmes participant à cette étude pourront recevoir l'équivalent de 300 euros si elles s'abstiennent de fumer durant leur grossesse.

Modifié le - Publié le | Le Point.fr
Le tabagisme chez les femmes enceintes est un fléau. 
Le tabagisme chez les femmes enceintes est un fléau.  © AFP/ CHASSENET

Les plans de communication n'ont pas suffisamment fonctionné. Il faut donc trouver d'autres arguments pour convaincre les femmes enceintes d'arrêter de fumer. Le Parisien annonce que seize maternités vont offrir des bons d'achat. Un total de 400 futures mamans vont être recrutées. Des volontaires, majeures, qui doivent être enceintes de moins de quatre mois et demi et fumer un minimum de cinq cigarettes quotidiennes (ou trois roulées, mais pas d'autres produits à base de tabac ni de cigarette électronique), selon le journal. Seize services de maternité de France participent à cette étude baptisée Fiscp et lancée par l'AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris), avec le soutien financier de l'Institut national du cancer (Inca).
Les résultats ne seront connus que dans deux ans, indique encore le quotidien qui explique que les futures mamans seront reçues et suivies en consultation de tabacologie trois ou cinq fois jusqu'à l'accouchement et devront se soumettre à un entretien téléphonique six mois plus tard. Toutes recevront une rémunération de 20 euros à chaque visite. Des bons d'achat valables dans plusieurs enseignes, sauf évidemment pour acheter du tabac ou de l'alcool.

300 euros versés

Pour une moitié des 400 futures mamans choisies de façon aléatoire (l'autre moitié constituant un groupe de contrôle), l'incitation financière pour cette aide au sevrage sera doublée. 20 euros de bons supplémentaires, en récompense de leurs mois sans cigarettes. Selon Le Parisien, une femme enceinte entrant dans l'étude en début de grossesse pourrait ainsi recevoir l'équivalent de 300 euros. L'addiction à la cigarette est des plus tenaces, particulièrement chez les femmes enceintes, précise Le Parisien, qui indique que le tabac pendant la grossesse présente un risque d'accouchement prématuré, nuit au développement d'un bébé menacé de petit poids, d'asthme et même de diabète futur.
Le journal conclut en citant les dernières statistiques disponibles du baromètre santé Inpes (Institut national de prévention et d'éducation pour la santé), selon lesquelles les futures mamans sont près de 18 % à toujours fumer au dernier mois de leur grossesse.

lundi 23 mars 2015

IVG : la suppression du délai de réflexion divise



« Avancée » pour les féministes, « grave » pour l'Eglise : la fin annoncée du délai de réflexion imposé aux femmes souhaitant une interruption volontaire de grossesse (IVG) a suscité vendredi 20 mars des réactions aux antipodes.


Isabelle Fride, du Planning familial de Paris, rappelle qu'il s'agit d'une mesure demandée depuis longtemps. « C'était un frein supplémentaire et un facteur de culpabilisation. La majorité des femmes ont déjà réfléchi quand elles consultent la première fois », a-t-elle fait valoir.
Actuellement, deux consultations médicales sont obligatoires avant une IVG, avec un délai de réflexion d'une semaine entre les deux. Celui-ci est réduit à quarante-huit heures en cas d'urgence. Les députés ont supprimé ce délai en amendant en commission le projet de loi santé dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 mars.

Même son de cloche du côté du collectif « Osez le féminisme ! ». Sa porte-parole, Claire Serre-Combe, a apporté un soutien complet à cette réforme, en abolissant un dispositif « infantilisant ».

Besoin de temps pour se rétracter ?

 

« Je ne savais pas que permettre aux femmes un minimum de recul était infantilisant », lui a rétorqué Mgr Guy de Kerimel, ancien président du groupe de travail sur l'avortement à la conférence des évêques de France.
« Vous avez sept jours pour vous rétracter quand vous achetez quelque chose à distance, onze pour signer un crédit : est-ce à dire que le petit être dans le ventre de sa mère est moins que cela ? » a ainsi plaidé l'évêque de Grenoble.
Un argument également développé par la députée Front national Marion Maréchal-Le Pen sur Twitter : "Quand on achète un micro-ondes sur internet on a 7 jours pour se rétracter. Mais pour avorter plus besoin."
« Comme si le degré de réflexion d'une femme qui prend la décision d'interrompre une grossesse était comparable à celui d'un consommateur qui revient sur un achat d'une cinquantaine d'euros ! » ont répliqué les Effrontées.

La clause de conscience

 

Si elles se réjouissent de l'abandon du délai de réflexion, les associations féministes regrettent le retrait d'un amendement sur la clause de conscience. Une députée avait proposé de supprimer cette dernière, qui permet aux médecins de refuser de pratiquer une IVG. Motif invoqué : elle est redondante avec celle s'appliquant à tout acte médical.
La ministre de la santé, Marisol Touraine, avait émis « un avis résolument défavorable » à cette proposition, jugeant qu'il ne fallait pas « ranimer de débat éminemment symbolique dans un contexte de tensions sur un certain nombre de sujets de société ».
Le sujet reviendra pourtant rapidement sur la table, lors de l'examen du projet de loi dans l'hémicycle, du 31 mars au 10 avril. Environ 210 000 interruptions volontaires de grossesse sont pratiquées chaque année en France, un chiffre stable.

Le Monde, 20/03/2015.

lundi 1 décembre 2014

Les chiffres de l'avortement

Les avortements volontaires diminuent dans le monde : 
il y en avait 35 pour 1 000 femmes en âge de procréer au début des années 1990, contre 28 à la fin des années 2000. Cette diminution s’est avant tout réalisée durant les années 1990, grâce à la diffusion des moyens de contraception dans les pays en développement. En revanche, l’avortement non sécurisé, 
qui correspond à « une interruption de grossesse pratiquée par des personnes 
non qualifiées ou dans 
un environnement non conforme aux normes médicales minimales, ou les deux », est en hausse : il représente aujourd’hui  près de la moitié des avortements dans le monde, contre un tiers au milieu des années 1990. Cet accroissement ne s’est pas traduit par une hausse de la mortalité des femmes au cours de l’avortement, au contraire, la part cette mortalité dans le total des avortements a même baissé d’un tiers en 20 ans. La raison ? La diffusion de l’avortement médicamenteux, moins léthal.
 Renaud Chartoire - Sciences Humaines - décembre 2014
Clémentine Rossier, « L’avortement non sécurisé reste fréquent dans le monde, mais il est moins souvent fatal », Population et Sociétés, n° 513, août 2014.

jeudi 16 octobre 2014

Facebook et Apple : le féminisme au congélateur


Les deux firmes, l’oeil rivé sur la rentabilité, proposent à leurs salariées 
de congeler leurs ovocytes pour éviter les grossesses en début de carrière.


Cette anecdote, qui fleure bon le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley, n’a malheureusement rien du roman d’anticipation. Elle est depuis quelques semaines une réalité chez Facebook. Et le sera bientôt chez Apple, en janvier prochain. Les deux géants de la Silicon Valley, qui aiment tant se présenter comme des modèles de management, ont décidé de faciliter pour leurs employées la congélation d’ovocytes. Les deux firmes proposent, dans le cadre de la couverture médicale que l’employeur paye aux États-Unis, de prendre en charge une partie des frais de vitrification, à hauteur de 20 000 dollars (16 000 euros). Une somme qui permet de financer, en moyenne, deux prélèvements d’ovocytes, à laquelle il faut ajouter 500 dollars (400 euros) minimum de frais annuels de conservation.



Des déclarations pseudo-éthiques


Sans rire, Facebook et Apple présentent l’initiative comme un bon moyen de lutter contre la discrimination qui frappe les femmes dans ces entreprises, où les deux tiers des employés sont des hommes. Leur argument : en congelant leurs ovocytes, les salariées, qui ont généralement leur premier enfant autour de la trentaine, pourraient consacrer cette « décennie stratégique » à évoluer professionnellement, sans se préoccuper de leur baisse de fertilité, avant de décider sur le tard de pouponner, si le cœur leur en dit. Outre-Atlantique, les promoteurs de cette solution ont un discours bien rodé. « En assurant cette possibilité à leurs employées, ces entreprises investissent dans les femmes et leur permettent de vivre la vie qu’elles ont voulue », assure Brigitte Adams, fondatrice du forum médical Eggsurance.com. Une posture féministe qui a du mal à convaincre, y compris du côté de la Californie. De nombreux blogs américains estimaient, hier, que cette décision était surtout une façon de montrer que carrière et maternité sont incompatibles en permettant de repousser l’une pour privilégier l’autre. Et pointaient, derrière les déclarations pseudo éthiques de ces grands groupes du high-tech, le souci – bien réel lui – de compétitivité à tous crins. « Le seul objectif de ce genre d’initiative n’est pas l’égalité femmes-hommes mais de rendre le salariat féminin le plus disponible possible, quitte à empiéter sur sa vie intime », décrypte Céline Verzeletti, membre du bureau confédéral de la CGT. 


Déchargée du « souci » de la maternité, les femmes peuvent se consacrer corps et âme à l’entreprise qui se paye le luxe, de son côté, de s’assurer des gains de productivité tout en diffusant une image bienveillante à l’égard de ses salariés. Stratégie redoutable et hautement dangereuse. « Si l’on pousse la logique, les femmes qui refusent de donner leurs ovocytes dans ces entreprises seront virées ou pas embauchées ? » interroge Céline Verzeletti, qui évoque une nouvelle forme « d’esclavigisme moderne ». Même indignation pour Suzy Rotman : « Ce procédé de congélation est tout à fait scandaleux, s’agace la porte-parole du Collectif national pour le droit des femmes. Facebook et Apple pénètrent dans la vie privée de ses salariées avec une gestion ultra-intrusive et paternaliste qui fait presque penser au XIXe siècle. » Mais, au fond, faut-il s’étonner que ce soit ces deux firmes qui proposent un tel procédé ? Toutes deux, ainsi que leurs homologues de la Silicon Valley comme Google ou IBM, sont passées maîtresses dans l’art d’utiliser le prétendu bien-être des salariés à leur profit. Depuis des années, leur idée est d’organiser un environnement de travail dans lequel l’employé sera le plus productif possible. Quitte à tout contrôler. Derrière les murs de ces entreprises, les lieux de sociabilité sont optimisés au maximum. Mais pas seulement. On aide le salarié à se loger pas cher et pas loin, on le transporte dans le bus de la firme pour qu’il ne soit jamais en retard, on lui crée des crèches en entreprise pour qu’il n’ait jamais à partir plus tôt le soir, on va jusqu’à lui fournir une laverie pour qu’il n’ait pas à se préoccuper de son linge sale… Lui assurer la congélation de ses ovocytes pour ne pas qu’il lui vienne l’idée saugrenue de prendre un congé maternité est une étape supplémentaire dans cette gestion cocooning aux relents totalitaires. « Cette idée de congélation est une manière d’asservir encore plus la salariée et de la renvoyer à sa seule responsabilité individuelle, souligne Suzy Rotman. Pendant ce temps, on ne réfléchit pas aux meilleures manières de mettre en œuvre le congé maternité ou au partage des tâches… » Du côté de la Silicon Valley, l’odre social n’est pas prêt de se décongeler

Cindy n’a pas hésité longtemps. Tiraillée depuis des années entre son boulot de cadre dans une grande société de high-tech et son désir d’avoir un enfant, cette trentenaire pleine d’allant a décidé de dire oui à la proposition de sa hiérarchie. D’ici quelques semaines, Cindy poussera la porte d’une clinique spécialisée et fera, avec l’aide financière de son patron, congeler plusieurs de ses ovules. Après s’être convertie à la salle de sport de l’entreprise, avoir laissé son linge sale à la laverie de l’entreprise, avoir accepté de prendre matin et soir le bus de l’entreprise, la jeune femme sera, cette fois, libérée des contingences de son horloge biologique. Elle pourra continuer de s’impliquer « à 200 % », comme son manager aime le lui rappeler, tout en gardant l’espoir d’une grossesse future…

Laurent Mouloud
Article publié par L'Humanité le jeudi 16 octobre 2014.

jeudi 4 septembre 2014

Forte hausse des naissances multiples en 2013

De plus en plus de femmes ont recours à la fécondation in vitro après 45 ans
Malgré une légère baisse des naissances en 2013 (– 1,2 %) corrélée à la crise et au chômage, la France reste l'un des pays les plus féconds d'Europe, selon l'étude de l'Insee sur les naissances en France en 2013 rendue publique mercredi 3 septembre. Mais le point le plus saillant et inédit de cette étude est que les grossesses gémellaires se multiplient, en particulier chez les femmes âgées de plus de 45 ans.
Sur les 805 801 accouchements comptabilisés en France en 2013, 13 898 d'entre eux étaient multiples (soit 1,7 % des accouchements). Si, en dix ans, la proportion de ce type de naissances progresse faiblement, passant de 1,5 % à 1,7 % chez les femmes de moins de 40 ans et de 1,8 % à 2,4 % pour les 40-44 ans, cette part a fortement augmenté chez celles qui ont dépassé les 45 ans. Le taux passe alors de 2,8 % à 5,7 % sur cette même période.
Cette hausse est " en partie liée au fait que les mères plus âgées ont plus souvent recours à l'assistance médicale à la procréation. Ces méthodes induisent en effet plus fréquemment des grossesses multiples ", indique la note de l'Insee.
Le professeur Alexandra Benachi, chef du service de gynécologie-obstétrique à l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart, confirme ce lien. Elle n'est pas non plus étonnée par l'augmentation des naissances gémellaires chez les femmes de plus de 45 ans. " La procréation médicalement assistée a banalisé ces naissances ", confirme-t-elle.
La fréquence de ces grossesses multiples s'explique par la nécessité pour les médecins de maximiser les chances de réussite de l'opération en implantant plusieurs embryons. Le processus, parfois long et coûteux – au moins 5 000 euros –, demande la mise en œuvre d'une logistique complexe, ne serait-ce que pour organiser les déplacements. Les patientes attendent donc un résultat.
Grossesses à risque
Le professeur Benachi observe aussi une recrudescence des naissances gémellaires " depuis quatre ou cinq ans " dans les consultations de son service où l'on est habitué à traiter ces grossesses difficiles. Si certaines quadragénaires deviennent mères de manière naturelle, les autres appartiennent à " une nouvelle catégorie " de femmes, mues par un fort désir d'enfant, qui ont reçu un don de gamètes à l'étranger (en Espagne, Grèce ou dans les pays de l'Est par exemple) pour concrétiser leur envie.
Celles qui choisissent de mener une grossesse tardive sont souvent " des femmes qui ont privilégié leur carrière et se décident sur le tard à avoir un enfant, des femmes sans conjoint et des femmes à la tête de familles recomposées en couple avec un homme plus jeune sans enfants de son côté ", souligne Alexandra Benachi.
Pourtant, explique le professeur, les médecins veillent aujourd'hui à ne pas implanter plus de " deux ou trois embryons " pour justement limiter les possibilités de naissances multiples. Car ces grossesses tardives restent des grossesses à risque.
Faïza Zerouala
© Le Monde

mardi 26 août 2014

Mère porteuse Inde: Des bébés made in India

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Mère porteuse Inde: Un bébé à 14 000 euros

Lorsqu’il leur a fallu trouver de nouvelles solutions pour résoudre leur problème de stérilité, Bobby et Nikki Bains, qui vivent dans la banlieue de Londres, n’ont pas été à court d’idées. Après les plantes médicinales, la prière, les astrologues, les devins et autres gourous indiens, ils ont finalement apposé une affiche sur la vitre arrière de leur voiture : «Recherchons mère porteuse contre 14 000 euros» Après cinq fécondations in vitro (FIV) ratées et deux années de recherches infructueuses pour dénicher une mère porteuse en Angleterre, le couple a opté pour une solution qui ne leur pose aucun problème de conscience : louer le ventre d’une Indienne pour porter leur enfant.......

Lire la suite .........sur le lien suivant :

http://www.marieclaire.fr/,des-bebes-made-in-india,20161,741.asp

Film illustrant cette thématique :



Synopsis et détails

Elodie et Antoine file le parfait amour depuis plusieurs années. Pourtant quelque chose manque au tableau car au grand dam d'Elodie et suite à une opération, elle ne peut pas tomber enceinte. Ne s'avouant pas vaincu, le couple décide de faire appel à une mère porteuse en Californie où cette pratique est légale. Touchée par leur histoire, Mary, une américaine, met au monde deux adorables jumelles Isa et Léa. Malheureusement, lors du retour en France de cette nouvelle famille, la justice s'en mêle et commence alors un long combat pour faire reconnaître la parentalité d'Elodie et Antoine.

mardi 21 janvier 2014

IVG / l’Espagne regonfle les anti-avortement


« La marche pour la vie » a mobilisé hier à Paris entre 16 000 et 40 000 militants anti-IVG qui demandent à la France un retour en arrière comme en Espagne. Près de quarante ans après la loi Veil, l’avortement divise encore.




L’amendement au projet de loi pour l’égalité hommes-femmes 
qui assouplit le recours à l’avortement ravive les passions. Photo N.C.






Extrait des Dernières nouvelles d'Alsace