Tour d'horizon des informations clés des 13 nouvelles régions métropolitaines
Depuis ce début de semaine, les 13 nouvelles grandes régions de France ont toutes un nom,
qui doit encore être validé par un décret du Conseil d'Etat. L'occasion
de faire un tour d'horizon des principales caractéristiques de nos
nouveaux territoires, qui présentent désormais des caractéristiques plus
proches les uns des autres que les anciennes régions.
Au 1er janvier 2016, la nouvelle carte
des régions entre en vigueur. La France métropolitaine compte désormais
douze régions et une collectivité territoriale à statut particulier, la Corse.
Cinq régions ont conservé le même périmètre et sept
nouvelles régions sont créées. Dans les nouvelles régions, le conseil
régional élu en décembre 2015 se réunit pour la première fois le 4
janvier 2016.
Avant le 1er juillet 2016, le conseil régional doit
adopter une résolution unique dans laquelle il se prononce sur le nom
définitif de la région, le chef-lieu définitif de la région,
l’emplacement de l’hôtel de la région, les règles de détermination des
lieux de réunion des différentes instances de la région et sur le
programme de gestion des implantations immobilières de la région.
Autre nouveauté au 1er janvier 2016, deux nouvelles
métropoles sont créées en application de la loi de modernisation de
l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (loi
MAPTAM) du 27 janvier 2014. Il s’agit de la métropole du Grand Paris et
de la métropole Aix-Marseille-Provence. Ces deux métropoles ont des
statuts particuliers.
Au 1er janvier 2015, les agglomérations de Bordeaux,
Brest, Grenoble, Lille, Montpellier, Nantes, Rennes, Rouen, Strasbourg
et Toulouse étaient devenues des métropoles. A cette date, était
également créée une nouvelle collectivité territoriale, la métropole de
Lyon, qui se substitue sur son territoire au département du Rhône.
Les métropoles sont dotées de larges compétences. Toutes
les compétences acquises par l’établissement public de coopération
intercommunale d’origine sont transférées de plein droit à la métropole.
De plus, la métropole exerce de plein droit, en lieu et place des
communes membres, certaines compétences en matière de développement
économique, d’aménagement de l’espace, de politique locale de l’habitat,
de politique de la ville, de gestion des services d’intérêt collectif
et de protection de l’environnement.
C’est un fait acquis : au fameux baby-boom des années 1960 succède un papy-boom qui correspond à la sortie de ces générations du marché du travail. Entre 2010 et 2020, près d’un salarié sur trois, soit près de 8 millions de personnes, aura pris sa retraite, ce qui libérera quantité d’emplois – 705 000 par an entre 2016 et 2020… à condition que les entreprises concernées les réaffectent. Quels sont ces emplois qui vont potentiellement devenir vacants ?
Tout d’abord, géographiquement, toutes les régions ne seront pas logées à la même enseigne, en fonction de la part des « seniors » dans leur population active. Ainsi, la part de ceux qui avaient un emploi et qui étaient âgés de 50 à 69 ans en 2009 était la plus forte dans le Limousin (27 % de la population active occupée), en Auvergne, en Corse et en Bourgogne (26 %) ; à l’inverse, le Nord-Pas-de-Calais, l’Alsace et les Pays de la Loire (23 %) se trouvent en fin de liste. Les emplois ne se libéreront donc pas également sur l’ensemble du territoire. De même, tous les secteurs d’activité ne seront pas identiquement concernés : c’est dans le domaine des services à la personne et aux collectivités (employés de maison, aides à domicile, aides ménagères, assistantes maternelles…) que l’on trouvera le plus d’emplois libérés, ainsi que dans les métiers de la fonction publique.
Les métiers employant le plus de main-d’œuvre jeune seront moins concernés : coiffeurs, esthéticiens, emplois dans l’hôtellerie et la restauration, caissiers, mais aussi métiers de l’informatique…
Si ces projections nous donnent une tendance, il est cependant difficile d’en inférer des conclusions sur l’évolution du chômage, tant celle-ci dépendra de la situation conjoncturelle (faillites d’entreprises, plans sociaux, délocalisations, et, à l’inverse, création d’activités et d’emplois liés à de nouveaux débouchés générés par l’innovation).
Nathalie Delattre, « Dans toutes les régions, des départs massifs de fin de carrière d’ici 2020 », Insee Première, n° 1508, juillet 2014.
Renaud Chartoire Mis à jour le 06/10/2014 Sciences Humaines
Quatre régions ont lancé un appel aux pharmaciens pour expérimenter la vente à l'unité de certains antibiotiques avec pour objectif d'obtenir des économies pour la Sécurité sociale et lutter contre la mauvaise utilisation des médicaments.
Les agences régionales de santé (ARS) d’Ile-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Lorraine et Limousin ont été désignées par le ministère des Affaires sociales pour recruter des volontaires. Les candidats ont jusqu’au 8 septembre pour se manifester, indiquent trois d’entre elles sur leur site internet, le délai étant fixé au 31 août pour la région Paca. L’idée avait été lancée en septembre 2013 par la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine, lors de la présentation du budget de la Sécurité sociale.
« Il y a un certain nombre de pays où l’on vous donne exactement le nombre de pilules ou de cachets dont vous avez besoin », avait-elle souligné, assurant que cette pratique permettait d’éviter « qu’on se retrouve avec des armoires à pharmacie pleines de médicaments qu’on ne consomme pas » ou « mal ». Selon elle, chaque Français conserve en moyenne 1,5 kilo de médicaments chez lui.
La mesure est plutôt bien accueillie par l’opinion : 83 % des Français estiment qu’elle peut réduire le gâchis. Toutefois, certains syndicats de pharmaciens se montrent plus réservés, à l’heure où la grogne monte contre le gouvernement qui prévoit de libéraliser leur profession.
Pour ce premier test, un objectif national de 100 pharmacies a été fixé : 25 sont appelées à être « témoins », c’est-à-dire qu’elles continueront à délivrer des boîtes, et 75 dites « expérimentatrices » vendront seulement le nombre de pilules nécessaires à la durée exacte du traitement.
Jusqu’à 1.500 euros par an
Les patients devront également donner leur accord en remplissant un formulaire. Une rémunération spécifique sera versée aux officines participantes : jusqu’à 1.500 euros par an pour les « expérimentatrices » et jusqu’à 300 euros pour les « témoins ». L’ARS Ile-de-France a indiqué avoir déjà reçu « quelques réponses » de pharmaciens, sans être en mesure d’avancer un chiffre. L’expérimentation sera ensuite évaluée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), avant une possible généralisation.
« A terme, il s’agit de lutter contre la surconsommation ou la mauvaise consommation des médicaments. Si ça marche, il n’y a pas de raison que ce ne soit pas élargi, mais l’expérimentation vise à vérifier la faisabilité et les impacts », souligne la Direction générale de la santé (DGS).
Philippe Besset, vice-président de la fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF, majoritaire), favorable à la mesure, fait valoir que la vente à l’unité existe déjà en France pour la morphine ou pour les traitements destinés aux enfants hyperactifs. « C’est un enjeu de santé publique car il s’agit de voir si cette pratique permet de lutter contre la résistance (de certains patients) aux antibiotiques », souvent liée à un mauvais usage du médicament, relève-t-il.
Entre réserve et opposition
Toutefois, son syndicat est « défavorable à une extension à tous les médicaments parce que ça va coûter plus cher » et que les erreurs seront plus difficiles à tracer. En revanche, « pourquoi ne pas l’étendre à certains patients comme les personnes âgées parfois désorientées ? », interroge-t-il.
Gilles Bonnefond, secrétaire général de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), est lui hostile à cette expérimentation qui « ne servira à rien ». La quantité des médicaments dans une boîte est « parfaitement adaptée à la durée des traitements » préconisée par les autorités sanitaires mais selon lui, certains médecins prescrivent parfois des jours en plus ou en moins.
De plus, « on sait très bien que quand il reste des médicaments dans une armoire, c’est parce que le patient a arrêté son traitement trop tôt ». « Si nous voulons lutter efficacement contre les résistances aux antibiotiques, il faut renforcer la coopération pharmaciens-médecins et communiquer auprès des patients ».
Quant à la rémunération prévue, elle est « symbolique au regard du travail que cela va représenter : découper des boîtes, retranscrire les notices, les indications sur les boîtes, en plus de la posologie, ce n’est pas notre boulot. Et c’est une façon assez décevante de concevoir notre métier de pharmacien », déplore-t-il.