vendredi 9 novembre 2018

Pauvreté. Femmes et seniors, précarité en hausse

Dans son rapport annuel, le Secours catholique pointe une recrudescence de la pauvreté chez les femmes, mais aussi chez les personnes âgées et les étrangers sans papiers.


Le constat est sans appel. En 2017, les 70 000 bénévoles du Secours catholique ont accueilli près de 1,4 million de personnes. Ces personnes avaient un revenu médian de 540 euros par mois, soit moins que le montant du RSA. Après avoir payé le loyer et les charges, il leur reste entre 2 et 5 euros par jour pour vivre. « Comment notre pays peut-il accepter de laisser des familles, dont 640 700 enfants, dans une telle situation de détresse ? » s’emporte Véronique Fayet, la présidente du Secours catholique, guère satisfaite par les annonces d’Emmanuel Macron sur la pauvreté.

Les plus fragiles : des femmes seules ou des mères isolées

Le rapport fait un focus particulièrement alarmant sur la situation des femmes, qui représentent 56,1 % des adultes rencontrés au sein d’une permanence. Lorsqu’elles sont jeunes, entre 20 et 45 ans, la part de ces femmes constitue même les deux tiers des personnes aidées par l’association. Pour celles de nationalité française, le rapport constate que 40 % sont des mères isolées, tandis que 30 % sont des femmes seules, en moyenne plus âgées, et la plupart d’entre elles vivent sous le seuil de pauvreté.



vendredi 22 septembre 2017

Le sentiment de pauvreté progresse en France

Selon le sondage annuel de l’institut Ipsos en partenariat avec le Secours populaire, les Français se sentent de plus en plus exposés à la pauvreté, en particulier les plus âgés.

Comme Josiane, 61 ans, de plus en plus de Français craignent de tomber dans la pauvreté. « Ma pension de retraite s’élève à 850 € par mois. Une fois le loyer et les charges payés, il me reste 200 € pour manger. Avec l’augmentation du coût de la vie, je suis en permanence sur le fil. Au moindre imprévu, c’est la catastrophe », confie-t-elle.



Un phénomène dont se font l’écho l’institut Ipsos et le Secours populaire dans le nouveau « baromètre de la pauvreté en France » dévoilé jeudi 14 septembre. Ce sondage vise à recueillir le ressenti des Français vis-à-vis de la précarité avec des questions du type : « Rencontrez-vous des difficultés financières ? », ou bien « Vous est-il arrivé de vous dire à un moment que vous étiez sur le point de connaître une situation de pauvreté ? ».

« 37 % des Français ont déjà fait l’expérience de la pauvreté »


Le baromètre révèle, cette année encore, que le sentiment de pauvreté s’accentue chez les Français. 37 % des sondés déclarent avoir déjà fait l’expérience de la pauvreté et 57 % redoutent de connaître une telle situation, contre 55 % en 2016. C’est-à-dire que ces derniers ont connu – ou pense connaître – prochainement des difficultés pour subvenir à leurs besoins primaires (nourriture, vêtements, logements, etc.).
Toujours selon le sondage, près d’un Français sur cinq déclare ne pas parvenir à équilibrer son budget à la fin du mois et 19 % se retrouvent à découvert. Autre indicateur, le revenu mensuel en dessous duquel les Français se considèrent comme pauvres. En 2016, il s’élevait à 1 068 € nets. Ce montant atteint 1 113 € net cette année, soit « une augmentation extrêmement prononcée en l’espace d’un an », analyse Richard Béninger, secrétaire national chargé des ressources et de la communication au Secours populaire.


mercredi 20 septembre 2017

Le sentiment de pauvreté augmente, en particulier chez les seniors

Selon le 11e Baromètre annuel Secours populaire français-Ipsos, si plus d’un Français sur trois dit avoir déjà fait l’expérience de la pauvreté, la situation semble encore plus préoccupante pour les personnes âgées, y compris lorsqu’elles sont encore en situation de travailler. En cause, des petites retraites et des parcours professionnels plus hachés. Les Français, qui fixent le seuil de pauvreté subjectif moyen à 1 113 euros en 2017 pour un Smic à 1 149 euros, sont de plus en plus nombreux à avoir le sentiment de ne plus pouvoir y arriver…

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© Stanislau_V-Fotolia


Le sentiment de précarité s’accroît dans la société française, et en particulier chez les seniors. C’est la triste constatation du onzième Baromètre annuel Secours populaire français-Ipsos. Il montre que 37 % des Français, et même la moitié des seniors, ont déjà fait dans leur vie l’expérience de la pauvreté.
C’est, par exemple, le cas de Djamila, habitante de Drancy, qui, à 73 ans, explique qu’elle a un loyer de 700 euros pour une retraite de 750 euros ; avec un faible reste à vivre, elle a dû payer ses soins dentaires en plusieurs fois. C’est aussi le cas de Charlotte, bouquiniste sur les quais de Seine, qui, à 70 ans, continue de travailler pour survivre ; elle mange tous les jours dans son restaurant Émeraude, un établissement à bas coût mis en place à Paris pour les plus de 60 ans.

Plus personne n’est à l’abri

« De telles situations ne sont plus exceptionnelles. Aujourd’hui, 57 % des Français disent qu’ils ont été à un moment sur le point de basculer dans la pauvreté (et c’est arrivé pour 37 % du total). Ce sentiment de ne plus y arriver s’est élevé de plus de 10 points par rapport à notre premier baromètre. 84 % des Français estiment que le risque de précarité sera encore plus grand pour les générations à venir. Il y a quelques années, ce sentiment de précarité était surtout visible chez les ouvriers et les agriculteurs. Il se répand maintenant chez les employés. Plus personne n’est à l’abri de la précarité, en cas d’accident de la vie », affirme Étienne Mercier, co-directeur du département Opinion d’Ipsos.


jeudi 17 septembre 2015

La silver économie, les bons usages de l’âge

Alors que le projet de loi d’adaptation de la société au vieillissement revient enfin devant l’Assemblée, il est bon de rappeler que la révolution de la longévité a et aura de plus en plus d’effets sur l’économie. Mais cela nécessite d’abord de rajeunir le regard sur le vieillissement.





La pension médiane est inférieure à 1 300 euros par mois. Une large partie de l’offre ne trouvera pas son marché par l’inaccessibilité du prix.
La pension médiane est inférieure à 1 300 euros par mois. Une large
partie de l’offre ne trouvera pas son marché par l’inaccessibilité du prix. 
AFP/VALERY HACHE
Pour trop de décideurs, un pays qui prend des rides perd sa capacité à innover et sera incapable d’affronter les grands vents de la mondialisation. Pire les pays vieillissants sont par nature enclins à sacrifier les générations futures…
Sortons de ce prêt à penser essentialiste ! La longévité porte un potentiel d’emplois nouveaux (300 000 créations nettes d’ici à 2020 selon la Dares), d’innovations technologiques, sociales et culturelles, d’invention de nouveaux produits et services adaptés, d’aménagements de logements…
Rappelons que l’Allemagne, le pays le plus vieux d’Europe, est aussi celui dont on loue le dynamisme et le succès économique. C’est aussi un pays où les comptes de la sécurité sociale sont positifs… De même au Japon, le pays le plus âgé du monde, le marché de la « silver économie » représente 692 milliards d’euros en 2015, soit plus de 12 % de la création de richesses annuelle.

Le Monde.fr,  | Par


jeudi 30 octobre 2014

À qui profitera le papy-boom ?



C’est un fait acquis : au fameux baby-boom des années 1960 succède un papy-boom qui correspond à la sortie de ces générations du marché du travail. Entre 2010 et 2020, près d’un salarié sur trois, soit près de 8 millions de personnes, aura pris sa retraite, ce qui libérera quantité d’emplois – 705 000 par an entre 2016 et 2020… à condition que les entreprises concernées les réaffectent. Quels sont ces emplois qui vont potentiellement devenir vacants ?

Tout d’abord, géographiquement, toutes les régions ne seront pas logées à la même enseigne, en fonction de la part des « seniors » dans leur population active. Ainsi, la part de ceux qui avaient un emploi et qui étaient âgés de 50 à 69 ans en 2009 était la plus forte dans le Limousin (27 % de la population active occupée), en Auvergne, en Corse et en Bourgogne (26 %) ; à l’inverse, le Nord-Pas-de-Calais, l’Alsace et les Pays de la Loire (23 %) se trouvent en fin de liste. Les emplois ne se libéreront donc pas également sur l’ensemble du territoire. De même, tous les secteurs d’activité ne seront pas identiquement concernés : c’est dans le domaine des services à la personne et aux collectivités (employés de maison, aides à domicile, aides ménagères, assistantes maternelles…) que l’on trouvera le plus d’emplois libérés, ainsi que dans les métiers de la fonction publique. 

Les métiers employant le plus de main-d’œuvre jeune seront moins concernés : coiffeurs, esthéticiens, emplois dans l’hôtellerie et la restauration, caissiers, mais aussi métiers de l’informatique…

Si ces projections nous donnent une tendance, il est cependant difficile d’en inférer des conclusions sur l’évolution du chômage, tant celle-ci dépendra de la situation conjoncturelle (faillites d’entreprises, plans sociaux, délocalisations, et, à l’inverse, création d’activités et d’emplois liés à de nouveaux débouchés générés par l’innovation).

Nathalie Delattre, « Dans toutes les régions, des départs massifs de fin de carrière d’ici 2020 », Insee Première, n° 1508, juillet 2014.







Renaud Chartoire Mis à jour le 06/10/2014 Sciences Humaines