Cinq associations d'étudiants des formations sanitaires et sociales (FSS) dénoncent "un véritable 'secret d’État' sur les fléchages financiers des dotations de l’État, des fonds régionaux et mêmes des frais d'inscriptions", dans un document diffusé le 29 octobre 2015.
| Cinq fédérations étudiantes dénoncent un "secret d’État" sur les financements des formations sanitaires et sociale. |
une meilleure transparence du fléchage financier du budget alloué aux FSS.
Alors qu'à l'université les étudiants peuvent influer sur les budgets de leurs formations, ceux des formations sanitaires et sociales n'ont aucun accès à ces données, regrettent-elles, ajoutant que cette situation les prive
d'agir directement sur les priorités budgétaires et pédagogiques de leurs instituts. Elles font valoir
de nombreuses difficultés liées au versement des indemnités de stage et de transport, telles que des
retards de versement de plus de six mois, des
inégalités de traitementou même des indemnités non versées.
Pointant des politiques
disparatesentre les régions dans la gestion des instituts de formation paramédicaux et des écoles de sages-femmes, les associations d'étudiants déplorent que des FSS soient financées par certains conseils régionaux, mais pas par d'autres. Les inégalités selon la géographie et le type de formation entraînent
un endettement fortde certains cursus.
Ainsi, un étudiant sur quatre en kinésithérapie s'endette d'un montant de 20.000 euros pour payer ses frais de scolarité, font valoir les fédérations. Selon elles, le secteur public n'est pas épargné par cette problématique, d'autant que
la réforme de la formation initiale [a instauré] une année d'étude supplémentaire.
La multiplicité des statuts est également source d'inégalités et d'incohérence sur les droits des étudiants, notamment en matière de formation continue, défendent les cinq fédérations, qui prônent la création d'un statut unique d'étudiant. Elles réclament en conséquence
un engagement de l'Etat dans le financement des formations dispensées par les instituts ou écoles à but non lucratif, de sorte que les frais d'inscription soient équivalents à une année universitaire, et
une uniformisation des critères de prise en charge financière de la formation continue.
Les associations épinglent par ailleurs des conditions d'études qui
se dégradent d'année en année: nombre insuffisant de formateurs et d'enseignants, salles de travaux pratiques inadaptées voire inexistantes...
Or, à ce jour, aucun inventaire précis ne permet de définir les capacités pédagogiques des instituts de formation, ni leur capacité à répondre à l'augmentation des quotas ces dernières années.
Un investissement dans le bâti et la formation (enseignants, matériel)est nécessaire pour améliorer les conditions d'études, estiment les cinq signataires.