Nous vivons une époque tout à fait exceptionnelle dans l’histoire de
l’humanité : quand l’auteur de ces lignes est né, il y a soixante et un
ans, 2,9 milliards d’êtres humains « seulement » peuplaient la Terre.
Aujourd’hui, nous sommes 7,6 milliards, 2,6 fois plus... Une hausse
inégalée en un temps si court.
Des vies plus longues
La population humaine a en effet oscillé entre 200 et 400 millions
d’individus depuis le début de notre ère jusqu’au XVIe siècle, selon les
estimations du projet HYDE de la Netherlands Environmental Assessment
Agency. Elle n’a fini par dépasser le milliard qu’au seuil du XIXe
siècle. Depuis, la croissance démographique n’a cessé de s’accélérer.
C’est le résultat, tout d’abord, d’un recul rapide de la mortalité des
jeunes enfants : en France, le taux de mortalité infantile1,
qui était de l’ordre de 30 % au XVIIIe siècle, est tombé à 0,35 % du
fait des progrès de la médecine et des conditions d’accès à celle-ci,
ainsi que de l’amélioration des conditions d’hygiène, avec notamment
l’eau courante et le traitement des eaux usées. Ce mouvement, qui a
d’abord touché les pays industrialisés, se poursuit dans les pays du
Sud, en dépit des difficultés qu’ils rencontrent : à l’échelle mondiale,
le taux de mortalité infantile, qui était encore de 6,5 % en 1990, a
reculé à 3 % en 2016, une division par deux en un quart de siècle.
Sources : avant 1950, projet HYDE : après 1950, Nations Unies Avant 1950, projet HYDE : après 1950, Nations Unies
Parallèlement, l’amélioration des conditions de travail et celle de
la médecine ont permis un allongement spectaculaire de la vie. Au début
du XIXe siècle, l’espérance de vie n’était que de quarante ans en
France, elle a aujourd’hui doublé. Là aussi, la même évolution se
poursuit dans les pays du Sud : l’espérance de vie à la naissance, de
52,6 ans en moyenne dans le monde en 1960, est aujourd’hui montée à
71,9 ans, quasiment vingt ans de plus. En 1960, seuls 43 % des hommes et
53 % des femmes dépassaient l’âge de 65 ans. Aujourd’hui, ces taux sont
respectivement de 73 % et 81 %. Cet allongement de la vie contribue par
lui-même à la hausse de la population : si chacun d’entre nous reste
sur Terre quatre-vingts ans au lieu de quarante, la population double à
nombre de naissances égal.
Près de la moitié (44% en moyenne) des maisons de
retraite médicalisées (Ehpad) déclarent avoir des difficultés de
recrutement, surtout en aides-soignants et en médecins, le secteur privé
étant le plus concerné, nous apprend une étude de la Drees publiée le
14 juin. Les Ehpad parisiens, eux, manquent surtout d’infirmiers et
d’aides-soignants.
Dans le détail, 49% des
établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes du secteur
privé disent être confrontés à des difficultés de recrutement et 38%
des établissements publics, selon cette étude de la Direction de la
recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) des
ministères sociaux, portant sur 2015. D’après l’enquête, les Ehpad emploient, toutes professions
confondues, 62,8 personnes en équivalent temps plein pour 100 places au
31 décembre 2015. Lorsqu’il se limite au personnel soignant
(aides-soignants et infirmiers), ce taux d’encadrement varie de 22,8
postes par tranche de 100 places pour les structures privées à but
lucratif et à 36,7 pour les structures hospitalières… Laissant donc
apparaitre un manque criant de personnel. Un constat tout de même :
ces difficultés sont en légère baisse depuis 2011 dans le privé (-1
point) et dans le public (-2 points), selon cette étude quadriennale
menée auprès des 7 400 Ehpad en France. On apprend également dans cette
enquête que le renouvellement du personnel est fréquent dans les maisons
de retraite médicalisées : 15% du personnel a ainsi moins d'un an
d'ancienneté.
49% des Ehpad du secteur privé disent être confrontés à des difficultés de recrutement et 38% des établissements publics.
La ministre de la santé
Agnès Buzyn, et son homologue de l’enseignement supérieur, Frédérique
Vidal, ont annoncé, jeudi 5 juillet, la suppression du concours d’entrée
en Institution de formation en soins infirmiers (IFSI) dès 2019 pour
l’ensemble des candidats. La procédure d’admission sera rattachée à
Parcoursup via l’examen d’un dossier et permettra ainsi le rapprochement
des IFSI aux universités.
La
ministre de la santé Agnès Buzyn, et son homologue de l’enseignement
supérieur, Frédérique Vidal, ont annoncé, jeudi 5 juillet, la
disparition du concours d’entrée en Institution de formation en soins
infirmiers (IFSI) dès 2019. / spotmatikphoto / stock.adobe.com
Fini l’épreuve de culture générale et les tests
psychotechniques pour devenir infirmier ou infirmière. Dès la rentrée
2019, la procédure de concours pour intégrer un IFSI, qui comprenait un
écrit d’admissibilité et un oral d’admission, va être abrogée au profit
d’un examen du dossier des candidats via la plate-forme
Parcoursup.D’après Agnès Buzyn et Frédérique Vidal qui en ont fait
l’annonce jeudi 5 juillet dernier, ce changement dans le recrutement des
élèves devrait permettre « un accès simplifié » aux IFSI et des
« droits nouveaux » pour les étudiants infirmiers qui bénéficieront
ainsi des mêmes avantages que leurs camarades de faculté comme l’accès
au statut d’étudiants et donc aux bourses. Ce pouvait être le cas dans
certaines écoles mais pas pour toutes jusqu’ici.
Chaque année, environ 180 000
candidatures sont déposées pour intégrer les IFSI (sachant qu’un
candidat postule le plus souvent dans plusieurs institutions), avec un
total de 31 000 places à pourvoir, chiffre qui ne devrait pas évoluer.
Réduction des coûts liés aux concours
En
pratique, les élèves de terminale souhaitant intégrer une école de
soins infirmiers feront une demande en ce sens sur la plate-forme
d’admission dans l’enseignement supérieur entre janvier et mars et
recevront des réponses à partir de juin. Les IFSI disposeront des
relevés de notes et autres données sur les élèves concernés et
donneront, comme pour toutes les autres filières du supérieur, une
réponse positive, négative, une place en liste d’attente ou un « oui
si » demandant une formation complémentaire à l’élève.
Cette
procédure se veut, pour le gouvernement, simplifiée par rapport à des
concours qui ne permettaient pas toujours de remplir uniformément les
IFSI – certains instituts étant bien plus demandés que d’autres – et qui
coutaient très chers : près de 25 millions d’euros pour les parents qui
devaient s’acquitter de frais d’inscriptions aux concours et de
déplacement pour s’y rendre.
Nécessité de remodeler les prépas concours
L’annonce
de cette réforme a suscité l’inquiétude des élèves d’ores et déjà
engagés dans des prépas concours pour l’an prochain, dont l’avenir à
long terme pourrait sembler compromis. Ce n’est pourtant pas le son de
cloche du ministère : celui-ci confirme que les élèves qui auront fait
une prépa pour rentrer dans un IFSI devraient acquérir des compétences
valorisées lors de l’examen des dossiers.
Une responsable de prépa au concours des IFSI dans un lycée privé, interrogée par La Croix, va dans le même sens. Selon elle, « il y avait dans ce concours un dysfonctionnement qui nécessitait une réforme ». En effet, l’examen précis du dossier de l’élève « permet
de valoriser le parcours de l’élève quel qu’il soit, si celui-ci laisse
entrevoir une réelle motivation, et ce bien plus qu’un oral de 10 à 20
minutes ».
Les classes préparatoires au concours, qu’elles
soient intégrées aux IFSI, privées ou publics devront tout de même se
remodeler. « Nous devrons chercher la montée en compétences et sortir du bachotage technique inhérentà toute préparation au concours ».
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Côté
recrutement, elle précise que la réforme ne change pas grand-chose,
chaque IFSI sera toujours souverain de son recrutement. En outre,
« cette réforme ne fait, pour l’instant, pas apparaître de demandes
ministérielles sous forme de quotas, comme c’est le cas pour les BTS par
exemple ».
Création d’un master en soins infirmiers
Finalement,
l’objectif de cette réforme est de mettre au rang universitaire la
filière afin de fluidifier à la fois son accès et ses débouchés. Sur ce
dernier aspect, la réforme prévoit, en effet, la création dès 2018 d’un
master d’infirmier de pratique avancée (IPA), délivrant des formations
qualifiantes dans des spécialités comme la cancérologie, la néphrologie
ou les maladies chroniques. Ce master est rendu accessible par la
reconnaissance du cursus de trois ans en IFSI comme une licence.
Il
permet également d’envisager la possibilité pour un étudiant de faire
un doctorat en soin infirmier, chose impossible aujourd’hui en France et
qui entraînait certains des meilleurs praticiens infirmiers vers le
Canada.
Le
Conseil constitutionnel a affirmé ce vendredi qu'une aide désintéressée
au «séjour irrégulier» ne saurait être passible de poursuites, au nom
du «principe de fraternité».
Ce sera un jour marqué d'une pierre blanche pour tous les militants pro-immigration. Cédric Herrou, cet agriculteur qui est devenu le porte-drapeau des migrants dans le sud de la France,
à la frontière entre l'Italie et la France, vient de remporter une
victoire sans précédent. Sa question prioritaire de constitutionnalité
portée par Maître Patrice Spinosi et Henri Leclerc a fait mouche. Les
Sages du Conseil constitutionnel ont reconnu la fraternité comme
principe constitutionnel, au nom de l'article 2 de la déclaration des
droits de l'homme et en référence au préambule de la constitution et de
son article 72-3. «Il découle de ce principe la liberté d'aider autrui,
dans un but humanitaire, sans considération de la régularité de son
séjour sur le territoire national», affirme le Conseil constitutionnel
qui, par voie de conséquence, censure les mots «séjour irrégulier».
Le
Conseil constitutionnel a affirmé vendredi qu'une aide désintéressée au
"séjour irrégulier" ne saurait être passible de poursuites, au nom du
"principe de fraternité", et a censuré en conséquence des dispositions
du Code de l'entrée et du séjour des étrangers.
Cette
décision, qui promet de résonner comme un coup de tonnerre dans un
contexte politique européen tendu, répond à une demande de Cédric
Herrou, devenu le symbole de l'aide aux migrants à la frontière
franco-italienne et qui réclamait l'abolition du "délit de solidarité". Pour
la première fois, le Conseil constitutionnel consacre le "principe de
fraternité", rappelant que "la devise de la République est "Liberté,
Egalité, Fraternité" et que la loi fondamentale se réfère à cet "idéal
commun".
"Il découle du principe de fraternité la liberté d'aider
autrui, dans un but humanitaire, sans considération de la régularité de
son séjour sur le territoire national", selon le texte de la décision. Pour
permettre au législateur de remédier à l'inconstitutionnalité
constatée, le Conseil reporte au 1er décembre 2018 la date d'abrogation
des dispositions contestées.
Devant le Conseil constitutionnel, Cédric Herrou et un autre
militant de la vallée de la Roya, tous deux condamnés pour aide au
séjour irrégulier, avaient attaqué deux articles du Code de l'entrée et
du séjour des étrangers. Ils visaient l'article 622-1, qui punit
l'aide à l'entrée, à la circulation et au séjour irrégulier de cinq ans
d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende, et l'article 622-4, qui
précise que cette aide ne peut donner lieu à des poursuites lorsqu'elle
est le fait de la famille ou "de toute personne physique ou morale,
lorsque l'acte reproché n'a donné lieu à aucune contrepartie directe ou
indirecte".
Le texte précise ensuite que cette aide autorisée consiste
notamment "à fournir des conseils juridiques ou des prestations de
restauration, d'hébergement ou de soins médicaux (...) ou bien toute
autre aide visant à préserver la dignité ou l'intégrité physique".
Un texte "trop vague" pour les défenseurs des militants, qui
permettait de sanctionner l'aide humanitaire de la même façon que la
criminalité organisée des filières de passeurs. "En réprimant
toute aide apportée à la circulation de l'étranger en situation
irrégulière", le Conseil constitutionnel estime que le législateur n'a
pas respecté l'équilibre entre "principe de fraternité" et "sauvegarde
de l'ordre public".
Il censure donc partiellement l'article L 622-4, sortant du champ
des poursuites toute aide humanitaire au "séjour" comme à la
"circulation" des migrants. En revanche, "l'aide à l'entrée irrégulière"
reste sanctionnée. Concernant les conditions d'immunité listées
dans ce même article, le Conseil constitutionnel émet une "réserve
d'interprétation", c'est-à-dire qu'il précise le sens que l'on doit
donner au texte: ainsi, l'immunité devrait s'appliquer aux situations
énumérées (conseils juridiques, soins médicaux...) mais aussi "à tout
autre acte d'aide apporté dans un but humanitaire".
Près de la moitié (44% en moyenne) des maisons de
retraite médicalisées (Ehpad) déclarent avoir des difficultés de
recrutement, surtout en aides-soignants et en médecins, le secteur privé
étant le plus concerné, nous apprend une étude de la Drees publiée le
14 juin. Les Ehpad parisiens, eux, manquent surtout d’infirmiers et
d’aides-soignants.
63% des établissements rencontrant des difficultés de recrutement ont des postes non pourvus depuis six mois ou plus.
Ce n’est pas une surprise, après les multiples mouvements de grèvesqui ont agité les Ehpad ces derniers mois, mais une étude de la Drees publiée le 14 juin
vient confirmer cette réalité avec des chiffres : ces établissements
rencontrent des difficultés de recrutement. Dans le détail, 49% des
établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes du secteur
privé disent être confrontés à des difficultés de recrutement et 38%
des établissements publics, selon cette étude de la Direction de la
recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) des
ministères sociaux, portant sur 2015. D’après l’enquête, les Ehpad emploient, toutes professions
confondues, 62,8 personnes en équivalent temps plein pour 100 places au
31 décembre 2015. Lorsqu’il se limite au personnel soignant
(aides-soignants et infirmiers), ce taux d’encadrement varie de 22,8
postes par tranche de 100 places pour les structures privées à but
lucratif et à 36,7 pour les structures hospitalières… Laissant donc
apparaitre un manque criant de personnel. Un constat tout de même :
ces difficultés sont en légère baisse depuis 2011 dans le privé (-1
point) et dans le public (-2 points), selon cette étude quadriennale
menée auprès des 7 400 Ehpad en France. On apprend également dans cette
enquête que le renouvellement du personnel est fréquent dans les maisons
de retraite médicalisées : 15% du personnel a ainsi moins d'un an
d'ancienneté.
49% des Ehpad du secteur privé disent être confrontés à des difficultés de recrutement et 38% des établissements publics.
Le recrutement d’aides-soignants pose le plus de difficultés
63% des établissements rencontrant des difficultés de recrutement ont
des postes non pourvus depuis six mois ou plus. Les difficultés
concernent surtout les aides-soignants (9% en moyenne des Ehpad ont des
postes non pourvus) et les médecins coordonnateurs (10% des Ehpad sont
concernés). Le recrutement d'infirmiers pose moins de problèmes dans ces
établissements.
Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé,
et Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur et de la
Recherche, annoncent lors d'un déplacement à Caen, au sein d'un institut
de formation en soins infirmiers, que les IFSI font un pas de plus
vers l'université : inscription sur Parcoursup, statut étudiant avec
accès aux services universitaires ; un véritable progrès pour nos futurs
soignants ! Détails de ce qui a été dit, précisé et acté pour l'entrée en formation des futurs infirmier(e)s en 2019.
Crédit - Préfet du Calvados - Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé et Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche étaient à l'IFSI de Caen pour participer à une table ronde sur les thèmes de l'universitarisation des formation en santé
Dès la rentrée 2018, les étudiants en soins infirmiers seront
inscrits à l'université et accéderont aux services universitaires -
médecine préventive, sport, bibliothèque, droit de vote…- acquérant par
là-même les mêmes droits que les étudiants des autres filières. Les
futurs infirmiers bénéficieront donc de la carte étudiante de
l'université qui a établi une convention avec leur institut de
formation. Cette mesure s’inscrit dans la cadre de l’universitarisation des formations en santé, processus dans lequel les fédérations étudiantes adhèrent et sont pleinement engagées.
En 2019, les 326 IFSI sélectionneront sur dossier leurs quelques 31
000 lauréats, qui bénéficieront tous du statut étudiant et de ses
avantages grâce au rattachement des IFSI aux universités.
Rappelons que les recrutements en IFSI sont aujourd'hui très diversifiés
: néo-bacheliers, étudiants ayant suivi une préparation au concours
après le bac, étudiants en réorientation, personnes en reconversion ou
en promotion professionnelle, titulaires d’un diplôme et d’une
expérience comme aide-soignant ou comme auxiliaire de puériculture. En
2019, c'est désormais officiel, de nouvelles modalités sont actées pour
l'entrée en institut de formation en soins infirmiers (Ifsi) : suppression du concours (écrit et oral) et admission via ParcourSup.
Les néo-bacheliers ainsi que les étudiants en réorientation formuleront
donc leurs vœux sur ParcourSup - afin d'accroître la visibilité des
formations -, avec un accompagnement renforcé, une orientation
progressive qui prendra en compte l'ensemble de leurs compétences et la
valorisation de leurs parcours. L'idée est aussi d'encourager la
diversité des profils de bacheliers admis. Les étudiants pourront
candidater aux IFSI de leurs choix. Chaque IFSI organisant son propre
concours ou presque, cet « accès simplifié » entraînera la suppression
des coûts importants dus aux nombreux déplacements et à l’inscription
aux différents concours. Le nombre de places sera maintenu et les IFSI resteront sur l’ensemble des territoires, ont assuré Agnès Buzyn et Frédérique Vidal. Un dispositif d’accompagnement et de consolidation des acquis est prévu pour les étudiants qui se verront répondre « oui, si », sur ParcourSup. Les aides-soignants et les auxiliaires de puéricultureconservent une voie d'accès spécifique au titre de la promotion professionnelle (voie
d'accès qui pourra évoluer si nécessaire). Un accès sera préservé pour
les professionnels non bacheliers ayant plusieurs années d'expérience.
Ces professionnels non bacheliers connaissent en effet actuellement un
processus de présélection avant de se présenter au concours. Un tel
dispositif de présélection sera maintenu mais articulé avec Parcoursup.
L'instruction des modalités de cette articulation est en cours. Quant
aux personnes en reconversion professionnelle, bachelières ou titulaires
d'un diplôme de niveau équivalent, elles bénéficieront pour intéger la
formation en soins infirmiers du même accès à la procédure ParcourSup et déposeront donc des voeux en vue de leur inscription en 1ere année à travers un dossier qui leur permettra de valoriser leur parcours professionnel.
Sur la question de la valorisation des « prépas Ifsi », les
ministères garantissent que l'analyse des dossiers de candidature des
étudiants prendra positivement en compte les compétences acquises
lors d'une année de préparation au concours en 2018–2019, étudiants qui
déposeront eux aussi leur dossier sur Parcoursup début 2019. Dès la
rentrée prochaine, les « prépas IFSI » ne vont pas forcément
disparaître, elle devront cependant mettre l’accent sur l’acquisition de
compétences complémentaires et la réflexion sur l’orientation et non
plus sur la préparation technique des épreuves.
Ce projet de
loi, adopté mardi 19 juin en première lecture par l’Assemblée nationale,
porte sur la formation professionnelle, l’apprentissage et
l’assurance-chômage. Explications.
Le projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir
professionnel » a été adopté, mardi 19 juin, en première lecture par
l’Assemblée nationale. Ce texte, deuxième volet de la réforme du marché
du travail, décrié par les partenaires sociaux, porte essentiellement
sur la formation professionnelle, l’apprentissage et
l’assurance-chômage. Détail des principales mesures prévues par ce
texte.
La formation professionnelle
Le compte personnel de formation sera désormais crédité en euros, et
non plus en heures comme c’est actuellement le cas. Chaque actif
disposera de 500 euros par année, avec un plafond à 5 000 euros. Les
personnes sans qualification devraient voir leur compte crédité de
800 euros chaque année, avec un plafond à 8 000 euros. Le congé individuel de formation (CIF) sera par ailleurs remplacé par
un nouveau dispositif. Chaque salarié souhaitant entreprendre une
formation longue pour une transition professionnelle pourra demander une
prise en charge et bénéficier d’un congé après validation par une
nouvelle commission paritaire à compétence régionale.
Le financement sera assuré par une cotisation professionnelle et les
fonds transmis à la Caisse des dépôts et consignation. Des « opérateurs
de compétences », qui remplacent les OPCA (organismes paritaires
collecteurs agréés), apporteront l’appui technique aux branches
professionnelles et financeront les plans de formation des TPE et PME. Les salariés pourront également bénéficier d’un conseil en évolution
professionnelle (CEP), dispositif d’accompagnement gratuit proposé aux
personnes souhaitant faire le point sur leur situation professionnelle.
L’apprentissage
L’apprentissage sera désormais possible jusqu’à 30 ans et non plus
26, et l’embauche d’apprentis possible tout au long de l’année au lieu
des quatre premiers mois de l’année scolaire. Les apprentis d’au moins 18 ans bénéficieront d’une aide de 500 euros
pour passer leur permis de conduire. Ceux entre 16 et 20 ans percevront
30 euros net de plus par mois. La ministre du travail souhaite par ailleurs que 15 000 jeunes
apprentis effectuent quelques mois de leur formation dans un autre pays
d’Europe, contre moins de 7 000 actuellement. Le financement des centres de formation des apprentis sera modifié :
consistant auparavant en une enveloppe globale accordée par les régions,
il sera désormais fixé selon le nombre d’apprentis inscrits dans les
classes, en fonction du coût, déterminé par les branches, que représente
pour l’établissement la formation d’un apprenti. Par ailleurs, le passage obligatoire et préalable devant les
prud’hommes pour rompre un contrat d’apprentissage après 45 jours sera
supprimé.
L’assurance-chômage
Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, un droit à l’indemnisation
chômage sera instauré pour les démissionnaires, mais soumis à
conditions. Ceux-ci devront poursuivre « un projet d’évolution professionnelle présentant un caractère réel et sérieux »
(reconversion nécessitant une formation, projet de création ou reprise
d’entreprise) et solliciter un conseil sur la validité de leur plan de
carrière. Ils bénéficieront alors des mêmes conditions que les chômeurs
actuels. Les entrepreneurs indépendants dont l’activité a fait l’objet d’un
jugement de liquidation judiciaire ou d’une procédure de redressement
judiciaire auront droit à une indemnité forfaitaire. Le ministère du
travail a avancé le montant de 800 euros par mois pendant six mois si le
revenu d’activité a atteint en moyenne au moins 10 000 euros par an sur
plusieurs années. Le projet de loi comprend une disposition permettant au gouvernement,
pendant un an et demi (de janvier 2019 à septembre 2020), d’instaurer
par décret un bonus-malus sur les cotisations patronales
d’assurance-chômage si les entreprises ne limitent pas suffisamment le
recours aux contrats courts.
Le contrôle des chômeurs sera aussi renforcé : les radiations pour
insuffisance de recherche d’emplois seront allongées en fonction du
nombre de « manquements », pouvant consister en un refus à deux reprises
d’une offre raisonnable d’emploi, un refus d’actualiser son profil ou
de répondre à une convocation, etc. Les critères définissant une « offre
raisonnable d’emploi » (distance, rémunération…) pourront être définis
par avance avec un conseiller Pôle emploi. Dans deux régions, à titre expérimental, les chômeurs devront remplir
mensuellement un journal de bord dans lequel ils détailleront leurs
démarches. Ce dispositif pourrait être élargi à l’ensemble du territoire
au bout d’un an. L’équipe de contrôle de Pôle emploi passera de 200 à 600 agents d’ici
au premier trimestre 2019 et à 1 000 d’ici à 2020, selon le ministère
du travail. Le projet de loi devrait arriver au Sénat le 27 juin, pour entrée en
vigueur de certaines mesures dès septembre, puis en janvier 2019.