Dans son ouvrage "School Business", Arnaud Parienty dresse un constat inquiétant du poids de l’argent dans les parcours de réussite scolaire. Cours particuliers, stages de langue, prépas privées… L’accès à certaines filières et métiers dépend de plus en plus du porte-monnaie.
Ce
n’est malheureusement plus un scoop : la France possède l’un des
systèmes scolaires où l’origine sociale des parents compte le plus dans
la réussite des enfants. Être né dans un milieu social favorisé est un
passage quasi obligé pour avoir accès aux bons établissements et aux
formations d’excellence. Et pour cause : dans cette compétition
exacerbée, les cours particuliers, les « coachings » de langues et
autres prépas privées, au coût astronomique, tiennent désormais un rôle
crucial.
Ce
constat inquiétant a sauté aux yeux d’Arnaud Parienty, professeur
d’économie passé d’une ZEP à un des lycées d’Île-de-France les plus
huppés. Durant des mois, il a observé ce qu’il appelle le « school
business », véritable course effrénée à la réussite qui accentue les
inégalités avec les élèves des classes populaires et plus largement avec
ceux qui n’auront pas les moyens de suivre financièrement. Un phénomène
qui gangrène le système scolaire.
Interpellé par le comportement de ses élèves d’un lycée
parmi les plus favorisés de la région parisienne, Arnaud Parienty s’est
intéressé au business de l’école dont il a fait un livre (1). Entretien.

