jeudi 13 juillet 2017

Décode-moi l'assurance santé ! Épisode 3

Chaque mois, découvrez une mise au point rapide et 100% garantie sur les questions que nous nous posons tous autour des questions de santé et du rôle de notre protection sociale. Le troisième épisode de cette série pratique s'intéresse à la franchise médicale. A quoi correspond-elle ? A qui s'applique-t-elle ?  Quelle est sa valeur ?

La franchise médicale : tout comprendre en 1 minute 20

 

La franchise médicale se définit comme la somme déduite des remboursements effectués par votre caisse d'Assurance Maladie sur les médicaments (50 centimes d'euros par boîte), les actes paramédicaux (50 centimes d'euros par acte) et les transports sanitaires (2 euros par transport). Sa finalité : contribuer à financer des grandes causes de santé publique : cancer, maladie d'Alzheimer, soins palliatifs.
Prenons un exemple précis : pour une boîte de médicaments à 10 €, remboursée à 65 % par l'assurance maladie, soit 6,50 €, la franchise médicale s'élève à 0,50 € : le montant final du remboursement sera donc de 6 €.
De plus, la franchise médicale est plafonnée à 50 €/an pour l'ensemble des actes ou prestations concernées et par jour et par personne à 2 € pour les actes paramédicaux et 4€ pour les transports sanitaires.
Ne sont pas concernées par la franchise médicale, les enfants, les jeunes de moins de 18 ans, les bénéficiaires de la couverture médicale universelle complémentaire (CMUC), de l'aide au paiement d'une complémentaire santé (ACS), ou de l'aide médicale de l’État (AME), les femmes prises en charge dans le cadre de la maternité et la franchise ne s'applique pas dans le cadre de l'hospitalisation qu'elle soit complète ou à domicile. (www.ameli.fr)
Pour info, il est extrêmement rare que les mutuelles santé prennent en charge la franchise médicale… voilà, vous savez tout !

Source : https://www.infirmiers.com

 

mercredi 12 juillet 2017

Que mangent les Français ? Tout savoir en 10 points

La dernière étude de l’Anses montre, entre autres, que nous consommons de plus en plus de plats industriels tout préparés, notamment les jeunes. Et que l'obésité progresse.


C'est un état des lieux de plus de 500 pages, qui est fait tous les sept ans et répond à la question : que mangent les Français ? La troisième étude individuelle nationale sur les consommations alimentaires (Inca 3) a été rendue publique ce mercredi 12 juillet par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Age, sexe, région d’origine, études, profil social… Voici les principaux enseignements d’Inca 3.

1 Les Français sont des consommateurs "multiples"

Finie la France coupée en deux : cuisine au beurre au Nord ; cuisine à l’huile d’olive au Sud. Elle est composée désormais d’une myriade d’individus aux connaissances alimentaires plus homogènes qu’avant et dont l’origine géographique n’influence presque plus les choix. Il reste trois déterminants qui influent sur ce qu’on met dans son assiette : l’âge, le sexe et la catégorie sociale.

Nous sommes tous paradoxaux, ou plutôt "multiples", disent les chercheurs de l’Anses : on aime à la fois le bio et le McDo, à la fois les circuits courts type Amap et les plats industriels. Ce qui rend toute observation plus malaisée qu’auparavant.

2 Le tout-préparé a envahi les assiettes

Sandwiches, quiches, pizzas, plats tout faits à mettre au micro-ondes, mais aussi salades et endives déjà triées, carottes ou melons déjà taillés en petits dés et vendus en barquettes, brioches industrielles fourrées, biscuits… Nés de l’inventivité intarissable des industries agroalimentaires, ces produits préparés ont énormément progressé, notamment chez les plus jeunes, qui, souligne l’Anses, les préfèrent de plus en plus aux fruits et légumes achetés à l’étal, à la viande et au poisson frais.

Le problème, c’est que ces denrées sont pleines de sucre, de sel, de gras, de conservateurs et d'additifs divers que nous ne comprenons guère et sur lesquels nous n’avons pas de prise. Ceci, alors que, paradoxalement, les intolérances et allergies (gluten, lactose) n’ont jamais été aussi obsessionnelles. D’où un sentiment d’être un peu perdus.

3 On lit de moins en moins les étiquettes

Il y a les 5 fruits et légumes par jour, bon. Mais aussi les 3 ou 4 produits laitiers journaliers, le sel iodé préférable au non-iodé, le pain, les pâtes et le riz plutôt sous leur forme complète… Connaissez-vous toutes ces recommandations alimentaires officielles ? Probablement pas. Les "repères nutritionnels" sont de moins en moins connus - des plus jeunes comme des plus vieux. Pire : nous renonçons de plus en plus souvent, dit l’Anses, à lire le décryptage des ingrédients sur les emballages. Signe de découragement ou de fatalisme ? 

(...)

Nouvel Observateur, 12/07/2017.
Article intégral en ligne : http://tempsreel.nouvelobs.com

mardi 11 juillet 2017

Pour la santé des femmes, une précarité lourde de conséquences

Le Haut Conseil à l’égalité publie ce vendredi un rapport alarmant sur l'accès aux soins des femmes en situation de précarité.

 

«Urgence.» Voilà le message passé à Marlène Schiappa. Ce vendredi, la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes a reçu des mains de la présidente du Haut Conseil à l’égalité (HCE) le tout dernier rapport de l’organisation. 120 pages, une myriade d’études détaillées, des chiffres alarmants, et un sujet : la santé des femmes en situation de précarité. En France, si la pauvreté recouvre une hétérogénéité de destins, les femmes sont les premières concernées. Elles représentent 57% des bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA), 82% des emplois à temps partiel, 70% des travailleurs pauvres (vivant en dessous du seuil de pauvreté). Des données consternantes aux impacts physiques et psychologiques déplorables, désossés méthodiquement dans ce nouveau rapport du HCE, dont Libération présente ici les grandes lignes.

Le taux de fréquence des troubles musculo-squelettiques chez les ouvrières est de 8,4 pour un million d’heures salariées contre 2,4 pour les ouvriers.
Le taux de fréquence des troubles musculo-squelettiques chez les ouvrières
est de 8,4 pour un million d’heures salariées contre 2,4 pour les ouvriers.

Photo Charly Triballeau. AFP

Risque accru de maladies cardiovasculaires

Selon le HCE, les «femmes ouvrières» présentent, en moyenne, un taux de mortalité trois fois supérieur aux femmes ayant exercé la «fonction de cadre» ou une «profession intellectuelle supérieure». Plus précisément : le taux de mortalité lié aux maladies cérébro-vasculaires se situe entre 9 et 12,2 pour 100 000 femmes ayant exercé la profession d’ouvrière, contre 1,6 et 5,3 pour 100 000 femmes cadres et de professions intellectuelles supérieures. «Le manque de ressources et de suivi médical, la consommation de tabac et d’alcool, le manque d’exercice physique, l’alimentation déséquilibrée… C’est l’accumulation des facteurs qui crée le risque», explique Claire Mounier-Vehier, présidente de la Fédération Française de cardiologie. Des facteurs semble-t-il accrus en situation de précarité : les chômeuses seraient particulièrement concernées par le tabagisme (45%), la consommation d’alcool à haut risque (13,8%) et l’obésité (35,1 %).

Troubles psychologiques et affections psychiatriques multipliés

21% contre 7,5%. D’après le document, les femmes sont trois fois plus concernées que les hommes par les troubles anxieux (états de stress post-traumatique, anxiété généralisée et troubles de l’adaptation). Des troubles accentués dans le cas des femmes sans domicile fixe (35%) et des cheffes de familles monoparentales. Au-delà de la fameuse «charge mentale» vécue par ces dernières, le «fardeau» physique, le «sacrifice» de la vie personnelle et la gestion financière sont autant de motifs prédisposant aux détresses psychologiques et autres épisodes dépressifs. De manière plus générale, le rapport souligne que «ces troubles psychologiques des femmes en situation de précarité sont liés à l’absence de soin, conditions hygiéniques de logement et à désintérêt total de son propre corps».

Manque de suivi cancérologique et gynécologique

Un «gradient social» corrélé à l’état de santé. Auditionné par le HCE, l’épidémiologiste Thierry Lang explique que «plus une femme est pauvre, moins elle participe aux dépistages». Les données parlent pour lui : 52,4% des femmes ne disposant pas d’une complémentaire santé privée n’ont pas réalisé de dépistage par frottis cervico-utérin dans les trois dernières années. A l'inverse, 73,9% des femmes en ayant une l'ont fait. De même, les femmes ayant des revenus inférieurs à 2 000 euros sont moins dépistées (31,48%) que celles qui ont un revenu plus conséquent (19,2%). Ce dépistage empêcherait pourtant les quelque 1 000 décès chaque année en France d’un cancer du col de l’utérus. Concernant les suivis médicaux, le rapport signale aussi les inégalités en matière d’accompagnement des grossesses. Parmi les femmes qui n’ont pas déclaré leur grossesse au premier trimestre, 20% bénéficient de la couverture maladie universelle (CMU) ou de l’Aide médicale de l’Etat et 39% n’ont pas de couverture sociale. Une situation qui augmente l’incidence des pathologies périnatales, notamment le retard de croissance intra-utérine ou le risque de morbidité néonatale.

(...)

Article intégral en ligne sur le site du journal Libération : http://www.liberation.fr

lundi 10 juillet 2017

Des chiffres alarmants sur l’accès aux soins pour les femmes en situation précaire

D’après le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, la santé des femmes en situation de précarité se dégrade et leur accès aux soins reste compliqué.


Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEFH) a publié, vendredi 7 juillet, les conclusions du rapport « Santé et accès aux soins : une urgence pour les femmes en situation de précarité ». Le texte a été remis à la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa.

L’étude rappelle que « les femmes constituent aujourd’hui la majorité des personnes en situation de précarité ». Elles représentent par exemple 70 % des travailleurs pauvres et occupent 82 % des emplois à temps partiel. Et l’évolution est alarmante : « Depuis quinze ans, les maladies professionnelles, les accidents de travail et de trajet sont en forte augmentation chez les femmes, en particulier dans des secteurs à forte précarité ».

Selon l’étude, les femmes précaires ont par exemple un moindre suivi gynécologique : 31 % des femmes vivant au sein d’un ménage au revenu inférieur à 2 000 euros par mois n’ont pas réalisé de frottis vaginal au cours des trois dernières années, contre 19 % des femmes appartenant à un ménage ayant des revenus compris entre 2 000 et 4 000 euros.

Si leur accès aux soins est pointé du doigt, la santé même des femmes en situation de précarité est préoccupante. La mortalité prématurée liée aux maladies cérébro-cardio-vasculaires chez les ouvrières est en moyenne trois fois supérieure à celle des cadres et professions intermédiaires.
Les « inégalités sociales de santé » en partie responsables

Dans son rapport, le HCE explique la santé dégradée des femmes précaires et leur moindre accès aux soins par leur situation sociale. Parmi les facteurs avancés, les conditions de travail « stressantes » et « pénibles » des femmes précaires seraient à l’origine de maladies professionnelles, d’accidents du travail ou de trajet.

Le manque de moyens financiers représente également un obstacle aux soins. Selon une étude de juin 2016 citée par le HCE, « les femmes représentent 64 % des personnes ayant reporté ou renoncé à des soins au cours de douze derniers mois ». La mauvaise situation financière rend aussi plus difficile l’accès à un logement, à une bonne alimentation et à des activités sportives et culturelles, des éléments indispensables pour une bonne santé, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Au-delà du facteur financier et des conséquences liées aux activités professionnelles exercées par les femmes précaires, le manque de sollicitation du milieu médical semble également dépendre de « difficultés de compréhension et de connaissance du milieu médical ».

Le rapport du HCE pointe également du doigt le sexisme que subissent les femmes, précaires ou non, qui rend plus difficile leur accès aux soins et a des conséquences négatives sur leur état de santé. Selon l’étude, la « charge mentale » les priverait de disponibilité et encouragerait les mères de famille à faire passer la santé de leur entourage avant la leur. Elles sont également plus sujettes aux violences dans leur vie familiale et professionnelle, avec des conséquences psychiques et physiques. Enfin, le rapport dénonce un monde de la médecine androcentré, et qui « peut nier certaines spécificités des femmes, au détriment d’un dépistage et d’un traitement efficace de certaines pathologies ».
Vingt et une recommandations pour réduire les inégalités

Pour combattre ces « inégalités sociales et sexuées », le HCE a émis une liste de vingt et une recommandations à l’attention des pouvoirs publics, qui s’articulent autour de trois axes.

Le premier concerne les risques et la pénibilité des postes majoritairement occupés par des femmes en situation de précarité. Le HCE souhaite ainsi, par exemple, généraliser « le recueil et la publication régulière de données sexuées en matière de santé au travail ». Dans son deuxième axe, le Conseil demande d’adapter l’offre de soins et la prise en charge pour mieux répondre aux besoins des femmes en situation de précarité. Il s’agirait par exemple de « lever les freins financiers » ou « d’adapter les horaires aux contraintes des femmes en situation de précarité ».

Le troisième et dernier axe propose une intégration des problématiques spécifiques aux femmes précaires dans les politiques publiques existantes de réduction des inégalités sociales de santé.

Le Monde, 08/07/2017.

samedi 8 juillet 2017

Plus de quarante ans après la loi Veil, « l’IVG est le parent pauvre de l’hôpital »

A l’heure des obsèques de Simone Veil, icône de la lutte pour la légalisation de l’avortement, la coprésidente du Planning familial revient sur l’état de ce droit.


En 2016, à l’occasion de son 60e anniversaire, le Mouvement français pour le planning familial mettait à l’honneur trois « Simone ». Trois femmes qui ont marqué l’histoire de l’association et celle des droits des femmes : l’écrivaine et philosophe Simone de Beauvoir, la militante Simone Iff et Simone Veil, qui a porté en 1974 le projet de loi de légalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

Après la mort de cette dernière, le 30 juin, Véronique Séhier, la coprésidente du Planning familial, salue le combat de « celle qui a permis de reconnaître l’avortement comme un droit humain fondamental ». Mais plus de quarante ans après l’entrée en vigueur de la loi Veil, et alors qu’un tiers des Françaises ont recours au moins une fois dans leur vie à l’IVG, selon l’Institut national d’études démographiques (INED), ce droit « n’est toujours pas considéré comme un droit à part entière », souligne-t-elle.

Le Planning familial, dont vous êtes la coprésidente, considère que l’avortement n’est toujours pas accessible à toutes les femmes en France. Comment l’expliquez-vous ?


Véronique Séhier : Si la loi a été votée il y a plus de quarante ans, il reste effectivement à rendre l’IVG accessible à toutes les femmes qui désirent y avoir recours. Dans certaines régions de France, l’accès à l’IVG est très compliqué. L’IVG est le parent pauvre de l’hôpital : lors des restructurations d’hôpitaux, les services IVG sont en général les plus fragiles et les plus susceptibles de disparaître. On a évalué qu’en 2015, 130 centres d’IVG ont fermé. Les structures de proximité disparaissent à grande vitesse alors que c’est ce dont nous avons le plus besoin. Une femme ne devrait pas avoir à faire 60 km pour avorter.

Les médecins eux-mêmes peuvent empêcher les femmes d’avoir accès à l’avortement. Certains d’entre eux, opposés à l’IVG, multiplient les rendez-vous et examens avec les femmes souhaitant avorter pour retarder l’acte médical et placer leurs patientes hors délai. On ne parle pas ici de la majorité des médecins, mais ce genre de situation existe encore en France aujourd’hui.



jeudi 6 juillet 2017

DOC HEBDO N°132 du 6 au 19 juillet 2017


Retrouvez et téléchargez le bulletin numérique de revue de presse DOC HEBDO N°132 du DPFI de Lormont qui présente l'actualité dans les domaines de la santé, de société, du social, de l'emploi, de l'éducation, de l'emploi et de l'économie du 6 au 19 juillet 2017 via ce lien :

Doc Hebdo N°132_6_au_19_juillet_2017_DPFI Lormont GRETA Nord Aquitaine

 

Retrouvez les anciens numéros du Doc Hebdo sur cette page : http://actu33.blogspot.fr/p/doc-hebdo-du-dpfi.html

mercredi 5 juillet 2017

Les perturbateurs endocriniens, une «cyber attaque» contre l’organisme

Parfois confondus avec les cancérigènes ou limités à leur impact sur la fertilité, les perturbateurs endocriniens couvrent une gamme bien plus large de pathologies. Explications.

1 - Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien?

«Si un poison traditionnel agit comme une bombe sur l’organisme, un perturbateur endocrinien (ou PE) se rapproche plus d’une cyberattaque», explique Robert Barouki, biologiste et toxicologue à l’université Paris-Descartes. Les PE viennent en effet perturber le système de communication du corps humain, appelé système endocrinien, qui permet aux organes de dialoguer entre eux via les hormones. Il existe différents «modes de perturbation» qui viennent «brouiller» la communication: un PE peut ressembler à une hormone et activer les mêmes récepteurs ; il peut inversement inhiber ces mêmes récepteurs et empêcher la diffusion du message hormonal ; il peut enfin perturber la bonne synthèse des hormones ou des récepteurs qu’elles activent.

2 - Des effets très divers

La glande thyrroïde est l’une des grandes productrices d’hormones dans le corps humain.
Comme les PE perturbent le système hormonal, ils sont souvent assimilés aux seuls produits ayant des effets délétères sur la fertilité, le développement et les organes reproducteurs. «Historiquement, c’est comme ça qu’ils ont été découverts, par leurs effets néfastes sur la taille du sexe des alligators ou le changement de sexe de mollusques dans des lacs pollués», précise Robert Barouki. «Mais les hormones interfèrent dans beaucoup d’autres domaines. On pense aujourd’hui que les PE sont impliqués dans une très large gamme de pathologies chroniques, telles que le diabète ou l’obésité. Ils ont probablement un effet néfaste sur le développement cognitif, pourraient favoriser le développement de certains cancers ou expliquer en partie la recrudescence des allergies par les perturbations induites sur le système immunitaire.»

lundi 3 juillet 2017

Lutter contre le tout jetable, c’est défendre les travailleurs à l’échelle mondiale

Un rapport présenté lundi devant le Parlement européen propose des mesures pour lutter contre l’obsolescence programmée des produits et contre le règne du tout jetable, responsable aussi bien du chômage que de la surexploitation des travailleurs à l’échelle mondiale. L’auteur de ce rapport, l’eurodéputé Pascal Durand, explique pourquoi.


Le moins qu’on puisse dire, c’est que la confiance des consommateurs dans ce qu’ils achètent, a du plomb dans l’aile. Selon l’enquête française citée dans le rapport présenté au Parlement européen, 92% des personnes interrogées sont convaincues que les produits électroménagers ou high-tech qu’on leur vend, sont volontairement conçus pour ne pas durer. C’est ce qu’on appelle l’obsolescence programmée qui, même si elle est condamnée dans plusieurs pays, comme la France depuis la loi de transition énergétique, est toujours difficile à prouver. Il faut dire qu’il n’existe quasiment aucune information sur la fiabilité des produits.

L’autre problème, inscrit au cœur même de la conception technique des marchandises qui nous entourent, c’est qu’elles sont de plus en plus conçues, non pas pour être réparées en cas de panne, mais pour être jetées, nous en faisons tous quotidiennement l’expérience. Obsolescence programmée et règne du tout jetable, sont les deux mamelles de la société du gaspillage, qui ne cesse de conquérir le monde depuis des décennies. Peut-on y mettre un coup d’arrêt, en commençant par le faire en Europe ? Le rapport présenté devant les députés européens va dans ce sens, d’autant plus qu’il explique avec précision les conséquences catastrophique, en termes sociaux et environnementaux, de cette civilisation du tout jetable. Car si le consommateur manque d’informations sur la qualité et la durabilité d’un produit, il a tendance à privilégier ceux qui sont les moins chers au détriment des produits de qualité, mais du coup, il privilégie aussi les entreprises de pays émergents qui les fabriquent, encourageant, par son achat, les conditions sociales déplorables dans lesquelles elles sont généralement produites : salaires misérables, droits sociaux inexistants, conditions de travail proches de l’esclavage, travail des enfants, etc… On peut consulter à ce propos les nombreux rapports établis chaque année par les ONG, par exemple « China Labour Watch », sur les conditions de travail des ouvriers chinois dans les usines Apple (http://chinalaborwatch.org/home.aspx.)

L’autre conséquence du tout jetable et de l’obsolescence programmée affecte directement l’emploi. Le fait qu’on ne répare plus les objets a fait chuter des secteurs de l’économie qui y sont consacrés: 2 000 emplois ont été perdus par exemple aux Pays-Bas en 7 ans. En Allemagne, 13% des boutiques de réparation de radio et de télévisions ont disparu en un an seulement, et 16% en Pologne en deux ans. Une situation que déplorent les consommateurs puisque selon l’Eurobaromètre de 2014, 77% des citoyens européens préféreraient réparer leurs biens plutôt que d’en acheter de nouveaux. Le succès des ateliers et des sites de réparation gratuite prouve par ailleurs que la demande est là.

Reste à savoir ce qu’une déclaration d’intention exprimée par le Parlement européen pourra changer à l’ordre économique mondial.

L’auteur du rapport, l’eurodéputé Pascal Durand (Verts-ALE), estime qu’un mouvement se dessine au niveau mondial contre les pratiques désastreuses des grandes firmes mondiales et que c’est ce mouvement que doivent renforcer les institutions européennes. Entretien.

On parle souvent de l’obsolescence programmée du point de vue des consommateurs, mais rarement de ses conséquences néfastes au niveau de l’économie globale et de l’emploi. Quels sont les constats auxquels vous a mené votre recherche pour établir ce rapport.


Pascal Durand. La logique de la société du déchet et du jetable est une logique de destruction et de l’emploi et de l’exploitation des ressources et des êtres humains dans les pays du sud ? C’est-à-dire que la logique qui tend à la production de masse, c’est effectivement d’aller chercher une production à très bas coût dans des pays qui n’ont pas les garanties sociales que nous avons. C’est aussi d’aller chercher des matières premières qu’on peut récupérer à moindre coût dans des pays que globalement on pille. Donc, la conséquence sociale pour l’Europe, c’est le chômage. La deuxième conséquence, c’est que non seulement on perd dans l’industrie  mais on en perd également dans l’artisanat, dans la réparation et dans les services, parce que ces produits ne sont pas réparables, ils sont conçus pour être jetés pas pour être réparés. On a des conséquences très fortes également sur les catégories les plus défavorisées qui achètent des produits qui sont de très mauvaise qualité, qui croient faire une affaire et qui en réalité sont obligés de les changer très souvent. Sur l’économie par ailleurs, on a aussi chez nous une main-d’œuvre qualifiée qui part, qui est obligée d’aller travailler à l’étranger tout simplement parce qu’on n’a plus les centres de production en Europe.



samedi 1 juillet 2017

La newsletter des mois de juillet-août 2017 du GRETA Nord Aquitaine vient de paraître.

Vous y trouverez toute l'actualité du GRETA Nord Aquitaine, les événements locaux en rapport avec les thématiques de l'emploi, des métiers, du social, de la santé ainsi que les différentes dates de concours.


https://drive.google.com/open?id=0B8K6AGV2iEkDeEQzN2MxUUpYckk

Pour la télécharger, cliquez via ce lien : Quoi de neuf_Newsletter GRETA Nord Aquitaine_Juillet-Août_2017


Pour retrouver l'ensemble des publications du DPFI, cliquez via le lien suivant : http://actu33.blogspot.fr/p/blog-page_40.html

vendredi 30 juin 2017

Le Comité d’éthique favorable à la PMA pour les couples lesbiens et les célibataires

La procréation médicalement assistée est aujourd’hui réservée aux couples hétérosexuels dont l’infertilité est médicalement constatée.


C’est une révolution. Dans son avis sur les « demandes sociétales » de recours à l’aide médicale à la procréation, rendu public mardi 27 juin, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) se prononce en faveur d’une ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules qui souhaitent procréer sans partenaire masculin grâce à un don de sperme. La PMA est aujourd’hui réservée aux couples hétérosexuels dont l’infertilité est médicalement constatée.

C’est une révolution. Dans son avis sur les « demandes sociétales » de recours à l’aide médicale à la procréation, rendu public mardi 27 juin, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) se prononce en faveur d’une ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules qui souhaitent procréer sans partenaire masculin grâce à un don de sperme. La PMA est aujourd’hui réservée aux couples hétérosexuels dont l’infertilité est médicalement constatée.