dimanche 1 janvier 2017

Bulletin de paie, horaires, accords : tout ce qui va changer au travail en 2017

Des dispositifs importants de la loi travail sont sur le point d’entrer en vigueur. 

Accords majoritaires, compte personnel d’activité, réforme de la médecine du travail, généralisation de la garantie jeunes, droit à la déconnexion… Des dispositifs importants de la loi travail sont sur le point d’entrer en vigueur.

A lire aussi : Cigarettes, plats cuisinés, divorce : tout ce qui change au 1er janvier 2017

A compter du 1er janvier

– Temps de travail : les accords d’entreprise primeront, dans la plupart des cas, sur les conventions de branche. Mais ces accords d’entreprise devront désormais être majoritaires, c’est-à-dire signés par des syndicats représentant plus de 50% des salariés aux élections professionnelles. Des syndicats minoritaires (plus de 30%) pourront toutefois organiser un référendum pour valider un accord. Actuellement, un accord peut être validé par des syndicats minoritaires (30%), à condition que les organisations majoritaires ne s’y opposent pas.
– Accords "offensifs" en faveur de l’emploi: un accord d’entreprise signé en vue de préserver ou de développer l’emploi primera sur le contrat de travail. Seule la rémunération mensuelle du salarié ne pourra être diminuée. Les salariés refusant de tels accords s’exposeront à un licenciement pour "motif spécifique" et bénéficieront d’un "parcours d’accompagnement personnalisé" pour retrouver un emploi.
– Compte personnel d’activité (CPA): il regroupera le compte personnel de formation (CPF), le compte pénibilité (C3P) et un nouveau compte "engagement citoyen". Chaque titulaire aura accès à une plateforme en ligne l’informant sur ses droits sociaux, où il pourra effectuer des simulations.
– Bulletin de paie dématérialisé: les employeurs pourront remettre les fiches de paie de leurs salariés par voie électronique, sauf si les intéressés s’y opposent. Elles seront consultables sur le site internet du CPA et les employeurs devront en garantir la disponibilité pendant 50 ans ou jusqu’aux 75 ans des salariés.
– Médecine du travail: suppression de la visite médicale d’embauche (sauf pour les métiers à risques), remplacée par une "visite d’information et de prévention", reconduite "dans un délai de cinq ans" (deux actuellement), quatre pour les salariés sur des postes à risques.
– Garantie jeunes: généralisation de ce dispositif, ouvert aux jeunes de 16–25 ans ni en emploi, ni en études, ni en formation. Il s’agit d’un accompagnement renforcé vers l’emploi pendant un an, doté d’une allocation mensuelle de 461 euros.
– Droit à la déconnexion: les entreprises devront engager des négociations pour assurer le respect des temps de repos et de congé, ainsi que la vie personnelle et familiale du salarié. A défaut d’accord, l’employeur devra élaborer une charte définissant les modalités de l’exercice du droit à la déconnexion. 

Ce qui est déjà en vigueur

– Licenciements économiques: depuis décembre, des motifs sont précisés dans le code du travail, comme une réorganisation de l’entreprise, une cessation d’activité, une baisse des commandes ou du chiffre d’affaires. Ceux-ci sont différenciés selon la taille de l’entreprise.
– Neutralité en entreprise: les employeurs peuvent introduire ce principe dans le règlement intérieur de leur entreprise, y compris pour les signes religieux, si le fonctionnement de l’entreprise le justifie ou si une pratique religieuse porte atteinte aux droits fondamentaux des autres salariés.
– Aide à la recherche du premier emploi: les jeunes boursiers récemment diplômés peuvent demander la prolongation de leur bourse pour quatre mois maximum.

Les mesures en retard

– Télétravail: une concertation entre partenaires sociaux devait démarrer avant le 1er octobre. De premières discussions ont finalement eu lieu le 20 décembre. Elles pourraient déboucher sur une négociation, pour actualiser le dernier accord datant de 2005, et sur un guide de bonnes pratiques qui servira de référence lors des négociations dans les branches ou les entreprises. Sur le même sujet, un rapport gouvernemental qui aurait dû être remis avant le 1er décembre au Parlement, ne sortira finalement pas avant début 2017.
– Dialogue social: le gouvernement a aussi pris du retard dans la rédaction d’un rapport, prévu initialement pour le 31 décembre, destiné à aider les partenaires sociaux dans la rénovation des méthodes de négociations interprofessionnelles. 

Sud-Ouest, 23/12/2016.

samedi 31 décembre 2016

Ebola : l'OMS annonce un premier vaccin qui serait "jusqu'à 100%" efficace

Il n'y a eu aucun cas d'Ebola parmi les quelque 6.000 personnes qui ont reçu ce vaccin l'an dernier en Guinée. Un vaccin d'origine canadienne contre le virus Ebola, qui a fait plus de 11.000 morts en Afrique de l'Ouest, est efficace "jusqu'à 100%", annonce ce vendredi 23 décembre l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Le vaccin, dont le laboratoire américain Merck a acquis les droits de commercialisation, pourrait être enregistré en 2018, après soumission du dossier aux autorités américaines (FDA) et européennes (EMA). Le processus d'approbation standard est habituellement d'une décennie, voire plus, a rappelé le Dr Marie-Paule Kieny, sous-directrice générale à l'OMS.
Il n'y a eu aucun cas d'Ebola parmi les quelque 6.000 personnes qui ont reçu ce vaccin l'an dernier, en Guinée, contre 23 cas dans le groupe des non-vaccinées, selon les résultats de l'essai conduit par l'OMS avec le ministère canadien et des partenaires internationaux.
"Ce qui suggère fortement que le vaccin est très efficace et pourrait avoir une efficacité jusqu'à 100%", a déclaré le Dr Kieny.
Son équipe de chercheurs a calculé qu'en cas de pleine épidémie, il y a 90% de chances que le vaccin, baptisé rVSV-ZEBOV, soit à plus de 80% efficace.

"Nous sommes prêts"

"Finalement au bout de 40 ans, il semble que nous ayons maintenant a priori un vaccin efficace contre la maladie Ebola", commente un scientifique américain indépendant, Thomas Beisbert, dans la revue médicale "The Lancet" qui publie ce vendredi les résultats finaux de l'essai.
Ces derniers confirment que le vaccin rVSV-ZEBOV présente une efficacité de 100% au cours des 10 jours suivant son administration par l'injection intramusculaire d'une dose chez une personne non infectée mais en contact avec des malades.
Des résultats préliminaires allant déjà dans ce sens d'une forte efficacité étaient parus en 2015.
S'il y avait un cas d'Ebola et une nouvelle épidémie, nous sommes maintenant prêts à y répondre", a commenté Marie-Paule Kieny.
L'essai a été conduit dans la région côtière de Basse-Guinée, qui enregistrait encore des cas d'Ebola quand il a commencé en 2015.

Encore des inconnues

"Avec le vaccin Merck, la protection intervient très tôt après la vaccination, mais nous ne savons pas si la protection durera encore six mois après", a relevé le Dr Kieny.
L'essai a été fait selon une méthode dite de vaccination en anneaux - c'est-à-dire de cercles ou groupes de gens en contact avec un malade, d'abord des proches, puis des sujets qui ont été contacts avec eux et ainsi de suite - qui a été utilisée pour éradiquer la variole.
"Après la fin de l'essai, il y a eu quelques cas en Guinée, ainsi qu'en Sierra Leone, et l'équipe a utilisé la même stratégie : la vaccination des contacts de contacts, avec l'autorisation de la FDA [...] d'utiliser le vaccin en dehors d'un essai clinique", a expliqué Marie-Paule Kieny.
En cas de flambée d'Ebola, avant la commercialisation du vaccin, 300.000 doses d'urgence, grâce à un accord entre l'Alliance pour les Vaccins-GAVI et Merck, pourraient être livrées, et le nombre de doses pourrait atteindre assez rapidement le million.

(...)

Nouvel Observateur, 23/12/2016.
Article intégral en ligne : http://tempsreel.nouvelobs.com/sante/20161223.OBS3019/ebola-l-oms-annonce-un-premier-vaccin-qui-serait-jusqu-a-100-efficace.html

jeudi 29 décembre 2016

La culture prend soin de la santé

Depuis les temps immémoriaux, l’art et la santé sont intimement liés. Apollon, dieu grec de la musique et des neuf muses, n’était-il pas aussi guérisseur, seul capable de soigner la peste que ses flèches sèment ? Cependant, si aujourd’hui il s’est durablement installé dans les structures sanitaires, c’est le résultat d’un long combat. 


« La démarche ne va pas de soi, et c’est normal, car l’hôpital est d’abord un lieu de soins », avoue Patrick Vandenbergh, directeur Stratégie et parcours à l’agence régionale de santé (ARS) d’Auvergne-Rhône-Alpes, pourtant défenseur farouche des politiques culturelles à l’hôpital.
Dans les années 1990, des associations culturelles franchissent les murs de l’hôpital, telle « Rire médecin », qui envoie ses clowns dans les services d’oncologie pédiatrique, ou ­­« Tournesol » qui dépêche des musiciens auprès des malades de services de cancérologie ou de gériatrie. C’est l’époque des formes « au chevet ».
En 1999, la première convention interministérielle « Culture à l’hôpital » (qui deviendra « Culture et santé » en 2010) donne un cadre institutionnel, agrémenté de financements, aux partenariats entre acteurs culturels et établissements sanitaires. Elle sera déclinée au niveau national, par des conventions signées entre les directions régionales des affaires culturelles (Drac) et les agences régionales de l’hospitalisation (ARH, transformées en ARS en 2009). Cependant, la déclinaison régionale du dispositif s’avère inégale. Les régions Rhône-Alpes, Ile-de-France ou Aquitaine sont à la pointe du mouvement, alors que l’Auvergne ou le Poitou-Charentes, par exemple, prennent du retard.

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© Giambra-Fotolia

Gazette santé social, 23/12/2016.


mardi 27 décembre 2016

Combien de pauvres dans les 100 plus grandes villes ?

Combien de pauvres dans les 100 plus grandes communes de France métropolitaine ? Et quelle est leur situation familiale ? Le Compas fournit de nouvelles estimations, à partir des nouvelles données de l'Insee pour 2013, qui complètent l’outil construit avec la Gazette des communes. Elles permettent de mettre en regard le taux de pauvreté par commune, le nombre de personnes pauvres dans ces mêmes communes, mais aussi la situation familiale de ces personnes.


De 42,3 % à Roubaix à 6,2 % à Versailles, les taux de pauvreté varient fortement parmi les 100 plus grandes communes de France métropolitaine comme l’indiquent les nouvelles données de l’Insee pour l’année 2013 à partir desquelles le Compas produit ces estimations.
Les communes qui accueillent, en nombre, le plus de personnes pauvres, sont logiquement les plus peu­plées.
Les cinq plus grandes communes accueillent au moins 100 000 personnes pauvres sur leur terri­toire : Paris (342 000), Marseille (204 000), Toulouse (73 000), Nice (71 000) et Lyon (66 000).
Il faut bien garder en mémoire ces données : des taux similaires peuvent masquer des volumes très différents. Les 18,9 % de pauvres du Mans représentent 37 000 per­sonnes, alors que les 19,8 % de Dunkerque en ras­semblent 17 000.
Mais la relation entre la taille de la commune et son nombre de pauvres n’est pas méca­nique. Ainsi, Roubaix, 39ème commune en terme de volume de population, se place en 11ème position au regard du nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté (38 000).

Deux tiers des personnes pauvres vivent en famille

Outre les différences de volume et de taux de pauvreté entre les communes, les caractéristiques des populations pauvres divergent : à Neuilly-sur-Seine, par exemple, où seulement 8 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, le niveau de vie des populations pauvres apparaît le plus faible parmi les 100 plus grandes communes de France métropolitaine.
L’intensité (1)de la pauvreté y est de 33 %, avec un seuil estimé à 1 000 € pour l’année 2013.
A l’inverse, à Cholet, où le taux de pauvreté atteint 13,8 %, le niveau de vie des populations pauvres (814 €) est beaucoup plus proche du seuil de pauvreté et porte l’intensité de la pauvreté à 19 %.
Le profil des populations pauvres sur ces deux territoires diffère fortement : 70 % des populations pauvres vivent au sein de familles avec enfant(s) à Cholet contre 47 % seulement à Neuilly-sur-Seine. Au total, les deux tiers des populations pauvres vivent en famille en France métropolitaine.

Une population pauvre vivant au sein de ménages âgés dans les communes du sud de la France

6 % des personnes pauvres vivent dans un ménage dont la personne de référence est âgée de 75 ans et plus en France métropolitaine. Cette proportion est particulièrement élevée dans les communes du sud de la France.
Elle est par exemple doublée dans les communes d’Ajaccio et d’Antibes où elle représente 12 % de la population pauvre, et plus que divisée par deux au sein des communes « jeunes » telles que Evry (1%), Cergy, Villeneuve-d’Ascq et Épinay-sur-Seine (2 %).

Les pôles étudiants concentrent les ménages pauvres les plus jeunes

La proportion de personnes vivant seules parmi les personnes pauvres est logiquement plus importante dans les pôles étudiants (2). Ainsi, plus d’une per­sonne pauvre sur trois vit seule à Nantes, Bordeaux, Rennes, etc…
C’est dans ces communes que l’on retrouve également les proportions les plus élevées de personnes vivant au sein de jeunes ménages (moins de 30 ans) parmi les populations pauvres : ces proportions sont supérieures à 20 % à Toulouse, Bordeaux ou Rennes, par exemple, près de deux fois plus que la moyenne métropolitaine (11%).

Gazette des communes, 21/12/2016.
Article intégral en ligne : http://www.lagazettedescommunes.com/478387/combien-de-pauvres-dans-les-100-plus-grandes-villes/#utm_source=quotidien&utm_medium=Email&utm_campaign=22-12-2016-quotidien&email=crlormont@gmail.com

dimanche 25 décembre 2016

Don d’organes : que change la nouvelle mesure sur le refus explicite ?

La législation évolue pour augmenter le nombre de greffes, toujours largement inférieur aux besoins. Une mesure entrant en vigueur le 1er janvier 2017 reprécise les règles, notamment pour les refus.


Il y a quarante ans, la loi Caillavet instaurait des règles encadrant le prélèvement d’organes humains en vue d’une greffe, un geste médical qui a permis de sauver des milliers de vies. Mais si le nombre de donneurs est en légère hausse en France ces dernières années, il ne permet pas de couvrir les besoins. Une mesure entrant en vigueur le 1er janvier 2017 reprécise les règles, notamment pour les refus. Explications.

Des dons insuffisants pour couvrir les besoins

Depuis 2000, le nombre de donneurs d’organes a quasiment doublé parmi la population française, avec une forte hausse des prélèvements sur des personnes vivantes (notamment des greffes de rein), multipliées par cinq sur la même période.
En 2015, 571 personnes ont choisi de réaliser un prélèvement de leur vivant, alors que les organes de 1 824 personnes mortes ont permis de sauver des vies. Le don d’organes ne concerne en réalité qu’une toute petite partie des décès en France. Il faut en effet que les différentes parties du corps prélevées (foie, poumon, cœur, cornée…) soient en état d’être greffées, ce qui arrive dans le cas de mort cérébrale ou de certains arrêts cardiaques.

Malheureusement, cette hausse ne suffit pas à couvrir les besoins des patients, qui ont aussi doublé sur la même période, à cause du vieillissement de la population. En 2015, plus de 21 000 personnes étaient en attente de greffe. Là encore, le rein est l’organe le plus demandé.

En 2015, 553 patients sont morts alors qu’ils étaient en liste d’attente pour obtenir une greffe.

Le principe du consentement présumé

Selon la loi du 22 décembre 1976 sur le don d’organes, « des prélèvements peuvent être effectués à des fins thérapeutiques ou scientifiques sur le cadavre d’une personne n’ayant pas fait connaître de son vivant son refus d’un tel prélèvement ». Cela signifie que par défaut, hors cas particuliers (mineurs, personnes sous tutelle) tous les Français sont des donneurs d’organes potentiels, sans qu’ils aient à formuler leur consentement explicitement.
Dans les faits, les médecins consultent systématiquement les proches pour connaître les intentions du défunt. Ce qui aboutit à environ un tiers de refus de don (32,5 % en 2015), le plus souvent en raison des opinions de l’entourage plutôt que de la personne concernée.
On constate d’ailleurs un décalage entre les intentions – selon un sondage, 79 % des Français sont favorables au don d’organe – et la réalité : seuls 67 % de prélèvement chez les patients concernés.

En 2017, il faudra exprimer explicitement son refus

Si le cadre général ne change pas, un amendement introduit dans la loi santé et applicable au 1er janvier 2017 durcit les conditions de refus, en précisant que « le prélèvement d’organes post-mortem peut être pratiqué sur une personne majeure dès lors qu’elle n’a pas fait connaître, de son vivant, son refus d’un tel prélèvement, principalement par l’inscription sur un registre national automatisé prévu à cet effet ».
Les personnes opposées au don d’organes pourront s’inscrire par Internet sur le registre du refus, en joignant une copie de pièce d’identité (actuellement, ce n’est possible que par formulaire papier). Dans le cas contraire, le prélèvement sera réalisé, sauf si les proches attestent des circonstances précises du refus formulé par la personne, par un document écrit et signé.

(...)

Article intégral en ligne : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/12/22/don-d-organe-quarante-ans-apres-la-loi-sur-le-consentement-presume-ou-en-est-on_5053129_4355770.html#4QPwi6gejXDI5t33.99

Le Monde, 22/12/2016.


vendredi 23 décembre 2016

Surtout, ne pas abuser des écrans chez les tout-petits

Avant 3 ans, toute heure passée devant un écran est une heure perdue.


Ils ne marchent pas encore, maîtrisent à peine le langage mais manipulent avec dextérité les tablettes numériques. Leurs parents ont grandi avec Internet, les écrans ne les effraient donc pas. Bien au contraire! Ils sont 44 % à prêter leur portable à leur enfant de moins de 3 ans pour l’occuper ou le consoler, selon une enquête réalisée il y a quelques mois par les pédiatres de l’Association française de pédiatrie (Afpa). Au total, la moitié des moins de 3 ans passent en moyenne trente minutes par semaine sur un écran interactif. Un temps qui se surajoute bien souvent à celui passé devant l’écran de télévision. C’est pour tenir compte de l’évolution des pratiques que les pédiatres américains viennent d’émettre de nouvelles recommandations sur l’usage des écrans chez les enfants.

Depuis 1999, ils recommandaient aux parents d’éviter tout écran pour les enfants de moins de 2 ans. Des conseils édictés à une époque où la télévision dominait largement. Depuis, elle est concurrencée par les tablettes, ordinateurs portables et autres smartphones. Leurs consignes évoluent donc: avant 18 mois, l’écran reste à bannir sauf pour skyper avec une grand-mère habitant à l’autre bout du pays. À partir de 18 mois, les enfants peuvent regarder certains programmes éducatifs à condition d’être accompagnés de leurs parents. Entre 2 et 5 ans, les spécialistes proposent de ne pas dépasser une heure d’écran par jour mais toujours partagée avec les parents.

Pas de console de jeux personnelle avant 6ans

Est-ce que ces recommandations s’appliquent également aux petits Français? «Nous sommes un peu plus restrictifs. Nous déconseillons les écrans avant 3 ans et entre 3 et 6 ans nous préconisons d’en limiter l’accès et d’accompagner les enfants», souligne le docteur Sylvie Hurbinois, présidente de l’Afpa.
Les pédiatres s’appuient sur la règle des 3-6-9-12 élaborée par le psychiatre Serge Tisseron dès 2008. En résumé: pas de télé avant 3 ans, pas de console de jeux personnelle avant 6 ans, pas d’Internet non accompagné avant 9 ans et pas de réseaux sociaux avant 12 ans…

(...)

Article intégral en ligne : http://sante.lefigaro.fr/article/surtout-ne-pas-abuser-des-ecrans-chez-les-tout-petits
Le Figaro santé, 16/12/2016.

mercredi 21 décembre 2016

Perturbateurs endocriniens : de quels composants faut-il se méfier ?

Une centaine de scientifiques s'alarment, dans "Le Monde", de la présence de composants pouvant avoir des effets nocifs sur la santé dans de nombreux produits du quotidien.

Nourriture, produits d'entretiens, cosmétiques... Les perturbateurs endocriniens seraient potentiellement partout autour de nous. Dans une tribune publiée dans Le Monde mardi 29 novembre, près d'une centaine de scientifiques s'inquiètent de la présence de composants pouvant avoir des effets nocifs sur la santé dans les produits du quotidien. Comment ces substances peuvent-elles bouleverser nos organismes ?

Des substances difficiles à éliminer

Les perturbateurs endocriniens peuvent dérégler nos systèmes hormonaux et, à terme, avoir des conséquences importantes sur la santé, explique le magazine "Envoyé Spécial". Le triclosan, un antibactérien, serait ainsi lié à de nombreux cancers de la prostate et du sein, rapporte L'Obs. Les phtalates, présents dans plusieurs types d'emballages plastiques, pourraient causer une baisse de la fertilité ou des malformations chez les fœtus, selon Rue 89.
Les perturbateurs endocriniens inquiètent d'autant plus la communauté scientifique qu'ils sont très difficiles à éliminer. Le DDT, un puissant pesticide, est encore présent dans notre environnement plus de quarante ans après son interdiction en France, précise LCI. Il peut subsister dans l'organisme pendant huit à dix ans après l'exposition.

Francetvinfo, 30/11/2016.


 

lundi 19 décembre 2016

Un Français sur dix vit dans la solitude

INFOGRAPHIE - Selon une étude réalisée par le Crédoc pour la Fondation de France, 5 millions de Français sont dans une situation d'isolement.


C'est un chiffre qui ne baisse pas: en France, cinq millions de personnes de plus de 15 ans vivent encore seuls. En clair, un Français sur dix ne rencontrent que très peu sa famille, ses amis, ses voisins ou des connaissances, selon une enquête du Crédoc pour la Fondation de France publiée ce lundi.
» VIDÉO - «À part la radio et la télévision, je n'ai pas de contact»
Cette estimation, qui ne prend pas en compte les relations au sein des ménages, est comparable à une précédente enquête sur les solitudes publiée par cette fondation en 2014. Voici ce qu'on peut retenir de cette étude. 

Le Figaro, 05/12/2016.

 

samedi 17 décembre 2016

En Grande-Bretagne, un bébé peut avoir trois ADN

Le Royaume-Uni autorise désormais la conception de bébés à partir de l’ADN de trois parents, en l’occurrence deux femmes et un homme.



L’information était attendue. Le Royaume-Uni est devenu jeudi le premier pays à autoriser la conception de bébés à partir de l’ADN de trois «parents», une technique à visée thérapeutique qui reste controversée, notamment pour des raisons éthiques. L’approbation du comité d’éthique britannique était l’ultime condition avant l’utilisation en clinique de cette technique consistant à combiner les ADN de deux femmes et d’un homme pour éviter la transmission d’une maladie héréditaire maternelle.
«Nous avons pris une décision historique et mûrement réfléchie. Les familles concernées ont enfin une chance d’avoir un enfant en bonne santé», a déclaré Sally Cheshire, la présidente de l’Autorité de régulation de l’assistance médicale à la procréation et à la recherche en embryologie (HFEA). «C’est un feu vert prudent», a-t-elle toutefois ajouté, alors que cette technique de fécondation in vitro avec «remplacement mitochondrial» continue à diviser.
Ses défenseurs estiment qu’elle permettra aux couples concernés (3000 au Royaume-Uni) de donner naissance à des enfants en meilleure santé. Pour ses opposants, la technique n’est pas encore suffisamment mûre et va trop loin en matière de modification génétique en ouvrant la boîte de Pandore de la sélection des bébés. «Je ne pense pas qu’on s’engage sur une pente glissante. Nous nous sommes appuyés sur un panel d’experts internationaux qui ont estimé la technique suffisamment sûre et efficace. Le processus a duré cinq ans. Il y a eu un grand débat public. Quatre rapports ont été publiés. Le Parlement a débattu de la question et a approuvé la technique à une majorité de trois contre un», a souligné Sally Cheshire.

Les parents venant de l’étranger sont les bienvenus

La technique devrait être utilisée dans un premier temps sur environ 25 couples et un premier bébé pourrait naître dès fin 2017. «Les années suivantes, 200 couples pourraient être concernés tous les ans. Ceux venus de l’étranger sont les bienvenus», a souligné Sally Cheshire. «Maintenant, nous avons besoin de donneurs d’ovules», a commenté le professeur Mary Herbert, de l’université de Newcastle, qui a développé la technique expérimentale.
Environ 125 bébés naissent chaque année en Grande-Bretagne avec un dysfonctionnement mitochondrial. Les mitochondries sont des petites structures à l’intérieur des cellules qui jouent un rôle de «centrale énergétique» en transformant le sucre et l’oxygène en énergie. Tandis que l’ADN nucléaire est transmis par les deux parents, l’ADN mitochondrial (ADNmt) n’est hérité que de la mère. Certaines femmes présentent des mutations génétiques de cet ADNmt qui, si elles sont transmises à leurs enfants, peuvent provoquer diverses maladies parfois incurables, comme le syndrome de Leigh. La fécondation in vitro avec «remplacement mitochondrial» peut alors apparaître comme une solution. Leur ADN nucléaire est extrait de leurs ovules et introduit, avec le sperme du père, dans l’ovule sans noyau de la donneuse qui a un ADNmt sain.

Le premier bébé conçu grâce à cette nouvelle technique est né en avril au Mexique. Une équipe médicale internationale menée par le Dr John Zhang, du Centre New Hope Fertility à New York, avait choisi ce pays, où il n’existe aucune règle sur la question, puisque le traitement n’est pas autorisé aux États-Unis.
Lors des expériences en laboratoire, il est arrivé que l’ADNmt porteur des mutations refasse surface et vienne compromettre l’efficacité du traitement.

Le Figaro santé, 15/12/2016.

vendredi 16 décembre 2016

La discrimination à l'embauche: une réalité en France

Une enquête commandée par le ministère du Travail et menée auprès de 40 sociétés met en lumière un taux de réponses positives de 36% pour les noms à consonance maghrébine, contre 47% pour les autres. Quelles mesures prendre pour mettre fin aux discriminations à l'embauche ? Le point avec Stéphanie Delestre, entrepreneure.

 
Entre avril et juillet 2013, une enquête de «testing» commandée par le ministère du Travail a été menée auprès de 40 entreprises françaises. Conduite par la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) et l'association ISM Corum, spécialisée dans la prévention des discriminations, cette campagne a révélé qu'un nom à consonance maghrébine pouvait être un frein, lorsque l'on recherche un emploi. Selon cette étude, le taux global de réponses positives reçues par un candidat «maghrébin» est de 36%, contre 47% pour les candidatures «hexagonales». Soit une différence de onze points. Quelles leçons tirer de ce constat, et de quelle manière vaincre les barrières sociales? Stéphanie Delestre, fondatrice de la startup Qapa et membre de France Digitale, nous offre quelques éléments de réponse.


Selon les résultats de cette enquête, pour trouver un emploi il est préférable d'avoir un nom à consonance française

LE FIGARO. - Beaucoup de critiques ont été émises lorsque le rapport de cette enquête est sorti. Mais concrètement, quelles mesures vont être prises ?


Stéphanie DELESTRE. - Je pense que mettre en place de nouvelles mesures n'est pas à l'ordre du jour. Souvenez-vous, il avait été décidé dans le passé d'opter pour un CV anonyme. Mais il s'est avéré que c'était quelque chose d'absolument impossible à mettre en oeuvre. En effet, lorsqu'un Directeur des Ressources Humaines (DRH, ndlr) reçoit une candidature de ce type, la première chose qu'il va demander au candidat, c'est son CV original. Pourquoi? Tout simplement dans le but de se faire une impression générale de la personne qu'il a en face de lui (détecter les fautes d'orthographe, voir si la construction de la candidature est claire...) et identifier le lieu de l'habitat du candidat. Si ce dernier est trop éloigné de l'entreprise, cela pourrait être source de démotivation ou d'abandon.

Les entreprises concernées par cette étude auront-elles l'occasion de «se rattraper», ou encourent-elles des sanctions ?


Puisque cette enquête a été conduite de façon anonyme, la discrimination observée n'est pas punissable. En revanche, il est fortement conseillé à ces entreprises d'en tenir compte, et de rectifier leur ligne de conduite. Le problème qui touche de nombreuses sociétés françaises, c'est qu'elles connaissent une «fracture digitale». La politique de recrutement ne vise pas l'humain dans son individualité. On ne recherche pas certaines compétences, mais un profil-type. C'est pour cela qu'il existe de nombreux débordements. Oui, aujourd'hui en France, la discrimination à l'embauche est une réalité, qui s'est accrue ces derniers mois, en raison des attentats. Aujourd'hui, il arrive fréquemment que des recruteurs disent ouvertement rechercher «un profil caucasien». Ils ne s'en cachent plus.

(...)

Le Figaro, 15/12/2016.
Article intégral en ligne : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/12/15/01016-20161215ARTFIG00403-la-discrimination-a-l-embauche-une-realite-en-france.php