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BIMENSUEL Gazette santé social N°41 du DPFI de Lormont qui présente
l'actualité dans les
domaines de la santé publique, des professionnels de santé, du droits
des patients, des inégalités sociales et de santé du 5 au 18 octobre 2017 via ce
lien :
Les besoins affectifs au travail, trop souvent déniés, peuvent mener à une crise personnelle profonde.
Votre travail, vous l’aimez depuis toujours. La mission qui vous
incombe, la créativité qu’il requiert, les objectifs qu’il vous propose,
tout vous va. Seulement voilà, depuis quelques mois ou même quelques
années, c’est comme si votre activité perdait de son charme. Le contexte
y est pour beaucoup: vos collègues vont déjeuner sans vous au
restaurant d’entreprise… Tout en vous reprochant de ne pas vous
intégrer. Vos compétences sont considérées comme «hautes» par votre
hiérarchie, mais jamais on ne vous dit que vous avez bien travaillé; on
vous demande en revanche de respecter des procédures de plus en plus
rigides, et si vous posez des questions, on vous rétorque en haussant
les épaules «Qu’est-ce que tu es négatif(ve)!». Alors, peu à peu, votre
dose de stress augmente et vous vous rendez au travail avec anxiété.
Cette forme de désamour professionnel, la journaliste Danièle Laufer
l’a vécue. Elle en raconte les conditions et les effets les plus
délétères dans un récit subtil, acéré, jamais condamnateur: Le Tako Tsubo, un chagrin de travail (Éd.
LLL). Neuf ans de difficultés relationnelles insidieuses dans un groupe
de presse se sont achevés aux urgences en cardiologie. Là, on lui parle
d’abord d’infarctus. Mais on découvre qu’elle souffre d’un «tako tsubo»,
une pathologie cardiaque bien étrange - le ventricule gauche se dilate
et reprend sa forme au bout de quelques heures - qu’on a traduit par «le
syndrome du cœur brisé».
«Je n’étais pas une cadre
surchargée de responsabilités, je voulais tenir parce que j’aimais
profondément mon travail, je me sentais privilégiée, même si je n’étais
pas très bien payée»
Danièle Laufer
Le burn-out est évoqué. Mais la journaliste préfère parler de
«chagrin»: «Je n’étais pas une cadre surchargée de responsabilités, je
voulais tenir parce que j’aimais profondément mon travail, je me sentais
privilégiée, même si je n’étais pas très bien payée. Je ne me vivais
pas non plus comme une victime ou un bouc émissaire. Tous mes proches,
mes amis, me disaient “arrête”, mais moi je me sentais comme une
guerrière qui faisait face… Et a perdu.»
ENTRETIEN. Une étude de
l’Inserm met en évidence des corrélations entre l’exposition à certains
phénols et phtalates durant la grossesse et des troubles du comportement
chez l’enfant entre 3 et 5 ans.
Le
décès par euthanasie de l'écrivaine Anne Bert, lundi 2 octobre en
Belgique, met en lumière les limites de la loi française du 2 février
2016 pour abréger les souffrances. Décryptage.
Que dit la loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016 sur la fin de vie ?
La loi créant de nouveaux droits pour les personnes en fin de vie Téléchargeable
pose le principe suivant : toute personne a droit à une fin de vie
digne et apaisée. Cependant elle prévoit des barrières : directives
anticipées, décisions collégiales etc. et est réservée aux malades en
phase terminale. A comparer avec la loi belge à télécharger dans Infos +
ci-dessous.
Qu’est-ce que ça veut dire ?
Ca veut dire que les professionnels de santé mettent en œuvre tous
les moyens à leur disposition pour que ce droit soit respecté. Il s’agit
en fait de soins palliatifs jusqu’à la sédation profonde et continue
(substances anti-douleur qui endorment le patient), et non d’euthanasie active ou de suicide assisté interdits en France. Pour garantir l’accès à tous aux soins palliatifs sur l’ensemble du
territoire, il est prévu une formation spécifique obligatoire pour les
étudiants en médecine, les médecins, les infirmiers, les aide-soignants,
les aides à domicile, les pharmaciens et les psychologues cliniciens. Sous réserve de la prise en compte de la volonté du patient
par directives anticipées, les traitements sont suspendus ou ne sont
pas entrepris quand ils n’ont que pour seul effet un maintien artificiel
de la vie et apparaissent inutiles ou disproportionnés.
Dans quels cas la sédation profonde est appliquée ?
- lorsque le patient atteint d’une affection grave et incurable et
dont le pronostic vital est engagé à court terme présente une souffrance
réfractaire aux traitements, - lorsque la décision du patient atteint d’une affection grave et
incurable d’arrêter un traitement engage son pronostic vital et est
susceptible d’entraîner une souffrance insupportable, - lorsque le patient ne peut pas exprimer sa volonté et, au titre du
refus de l’obstination déraisonnable, dans le cas où le médecin arrêt un
traitement de maintien en vie, celui-ci applique une sédation profonde
et continue provoquant une altération de la conscience maintenue
jusqu’au décès, associée à une analgésie. A la demande du patient, la sédation profonde et continue peut être mise en œuvre à son domicile.
Être pauvre, c’est disposer de peu. Définir la pauvreté revient à
définir ce que représente ce « peu » : peu par rapport à quoi ? Pour
cela, il existe plusieurs méthodes. Les explications de Louis Maurin,
directeur de l’Observatoire des inégalités.
Pour mesurer la pauvreté et son évolution, quatre méthodes sont les
plus couramment utilisées : la première s’appuie sur un niveau de revenu
(le seuil de pauvreté) défini par rapport au niveau de vie général de
la population ; la seconde, sur le fait de recevoir une allocation de
revenu minimum ; la troisième, sur des critères de privation en termes
de conditions de vie ; et la dernière, sur la définition d’un train de
vie minimum (pauvreté absolue).
Dans la plupart des pays riches, le « peu » s’applique au niveau de
vie : on est pauvre parce que l’on vit avec beaucoup moins d’argent que
la moyenne. En fait, pas exactement la moyenne, mais la « médiane ». La
moyenne prend en compte les revenus de toute la population divisés par
le nombre de personnes, ce qui présente un inconvénient : un petit
nombre de personnes très riches tirent la valeur de la moyenne vers le
haut, sans que ce soit très significatif du niveau de vie global. D’où
l’utilisation de la médiane qui est la valeur du niveau de vie pour
laquelle autant de personnes gagnent plus et autant gagnent moins, elle
sépare la population en deux. Quelques « hyper-riches » ne modifient pas
le revenu médian de la population.
Pour définir la pauvreté, reste à déterminer la distance à ce niveau de vie médian.
Pour cela on décide arbitrairement d’un seuil exprimé en pourcentage de
ce niveau de vie. En Europe, le plus souvent, on utilise le seuil à
60 % du niveau de vie médian (après impôts et prestations sociales). En France, le niveau de vie médian
est de 1 692 euros mensuels pour une personne seule en 2015. Le seuil
de pauvreté à 60 % est donc de 1 015 euros (60 % de 1 692). Tous ceux
qui vivent avec moins de 1 015 euros par mois sont considérés comme
pauvres.
Le calcul n’est pas terminé. Avec 1 015 euros, on ne vit pas de la
même façon si on est seul ou au sein d’une famille avec trois enfants.
Pour en tenir compte, l’Insee utilise un système de parts, comme pour un
gâteau. Dans une famille, le premier adulte vaut une part entière,
toutes les personnes de plus de 14 ans comptent pour une demi-part et
les moins de 14 ans pour 0,3 part. Chacun ne vaut pas une part entière
car on fait des économies en vivant à plusieurs : nul besoin d’une
cuisine ou d’une salle de bain par personne. Selon l’Insee, une personne
seule est pauvre si elle perçoit moins de 1 015 euros par mois et un
couple avec deux enfants en bas âge si ses ressources ne dépassent pas 2
132 euros (à 60 % du niveau de vie médian). L’institut décline ainsi des seuils pour tous les types de famille. Pourquoi un seuil à 60 % ? On pourrait tout aussi bien décider que la
pauvreté est définie par un seuil à 47 %, à 72 % ou à 83 %. Aucun ne
serait plus juste ou plus « objectif » qu’un autre. Jusqu’à la fin des
années 2000 en France, on utilisait celui à 50 %, soit 846 euros en 2015
pour une personne seule. Le choix du taux a un impact énorme : à 60 %
du niveau de vie médian,
on compte près de neuf millions de pauvres ; à 50 %, on arrive à cinq
millions. L’Observatoire des inégalités - comme l’OCDE - continue à
utiliser le plus souvent (quand les données sont disponibles) le seuil à
50 %, car il estime qu’à 60 % on rassemble des populations trop différentes.
Ce n’est pas parce qu’il existe plusieurs seuils de pauvreté qui
conduisent à des mesures différentes que « l’on peut faire dire ce que
l’on veut aux chiffres », comme on l’entend dire trop souvent. En
revanche, il faut avoir conscience que la statistique est une
construction et qu’il faut utiliser ses outils en maîtrisant ce dont on
parle, au risque, sinon, de porter des jugements erronés.
Quatre ans après, la « crise de la pilule » continue de faire effet sur
les pratiques contraceptives féminines. Suite à la plainte d’une jeune
femme contre un laboratoire, le ministère de la Santé avait décidé début
2013 de ne plus rembourser les pilules de troisième et quatrième
générations.
A l’occasion de la journée mondiale de la contraception qui se déroule aujourd’hui, Santé Publique France a publié les
données du « Baromètre santé 2016 ». Elle confirme le reflux progressif
de la pilule. Si cette dernière reste le moyen le plus fréquent de
contraception, elle n’était plus utilisée que par une femme sur trois en
2016, contre quatre sur dix en 2010. Cette baisse profite en premier
lieu au stérilet (DIU), et secondairement au préservatif et à l’implant,
dont les fréquence d’utilisation augmentent nettement sur la période.
Les autres méthodes (patch/anneau, diaphragme, cape, retrait...) restent
rares.
Les dernières données
de l'agence Santé publique France montrent que la désaffection envers la
pilule contraceptive se poursuit, au profit notamment des dispositifs
intra-utérins.
La contraception reste, en France, très largement médicalisée. C’est
l’enseignement majeur de données passionnantes que révèle l’agence
sanitaire Santé publique France (1), ce lundi matin, à l’occasion de la
Journée mondiale de la contraception, le 26 septembre, et cinquante ans
après la légalisation de la contraception en France par la loi Neuwirth.
Nos experts de santé publique se sont posé deux questions
basiques : d’abord, quelles sont les méthodes utilisées par les femmes
en France ? Ensuite, ces méthodes ont-elles évolué, et en particulier
depuis la «crise des pilules» de 2012 où des centaines de plaintes
avaient été déposées contre les pilules de troisième et quatrième
générations en raison de leur risque éventuel de thrombose ?
Trio gagnant : pilule, préservatif et dispositif intra-utérin
De fait, dans les méthodes contraceptives, le trio gagnant
reste le préservatif, la pilule et le DIU (dispositif intra-utérin). Il
n’empêche qu’à l’intérieur de ce trio, il y a de fortes évolutions,
directement liées aux polémiques sur les effets secondaires des pilules
de dernière génération en 2012. Si la pilule reste le moyen contraceptif
le plus utilisé, son utilisation continue de baisser : en 2010, 45% des
femmes utilisaient la pilule comme moyen de contraception, elles ne
sont plus que 40,5% en 2013, et 36,5% en 2016. Des données, plutôt très
fiables, provenant d’une enquête auprès d’un échantillon de
15 216 personnes âgées de 15 à 75 ans. Et les analyses portent sur
4 315 femmes âgées de 15 à 49 ans concernées par la contraception. Qu’en déduire ? Est-ce un mouvement de fond ? Ou une
adaptation qui se poursuit ? Depuis cinquante ans, le paysage
contraceptif a en tout cas fortement évolué, rappelle Santé publique
France. Depuis 1967, avec la légalisation de la contraception, les
méthodes se sont progressivement diversifiées (implant, patch, anneau
vaginal…). Et les femmes ont désormais plus d’une dizaine de choix
possibles. «Pour autant, bien que l’éventail de solutions se soit
élargi, c’est un peu toujours le même schéma contraceptif qui demeure :
le préservatif à l’entrée dans la sexualité, la pilule au moment de la
mise en couple, remplacée par le DIU une fois le nombre d’enfants
désirés atteint», note Santé publique France. Comme l’écrivait déjà la spécialiste Nathalie Bajos, épidémiologiste à l’INSERM, en 2014, «le
débat médiatique de fin 2012, début 2013 sur les pilules n’a pas
entraîné de désaffection vis-à-vis de la contraception : parmi les
femmes concernées, seules 3% d’entre elles n’utilisaient aucun moyen
contraceptif en 2013, soit la même proportion qu’en 2010 ».
Un report vers le DIU
Si l’on reste sur l’usage de la pilule, son recul, donc, se
poursuit et il est significatif, mais celle-ci reste toujours la méthode
de contraception la plus utilisée, en particulier chez les moins de 25
ans. Pour autant, on assiste à un report vers d’autres méthodes. En
2017, «cette désaffection profite aux autres moyens de
contraception, notamment au DIU (+6,9 points), au préservatif (+4,7
points) et à l’implant (+1,9 point)». Dans cette évolution, «ce sont parmi les 20-29 ans que les plus grands changements sont observés depuis 2010».
Quand on s’attarde sur les femmes de 20-24 ans, l’utilisation de la
pilule diminue ainsi de façon progressive entre 2010 et 2016, le report
se faisant au profit de différentes méthodes : le DIU dont l’utilisation
a fortement augmenté entre 2010 et 2013 (+3,6 points), l’implant qui a
fortement progressé entre 2013 et 2016 (+5,5 points). Chez les femmes de 25 à 29 ans, la baisse importante de
l’utilisation de la pilule entre 2010 et 2013 s’est faite largement au
profit du DIU (+9,8 points) et du préservatif (+8,6 points). Les femmes
de 25 à 29 ans utilisent désormais le DIU dans les mêmes proportions que
les femmes de 30 à 34 ans en 2010. Pour devenir même ensuite le premier
contraceptif utilisé.
Pour la Journée mondiale du droit à l'avortement, Le Figaro revient sur l'accès à l'interruption volontaire de grossesse. Un droit parfois bien fragile et accessible pour seulement 39,5% des femmes.
À l'occasion de la Journée mondiale pour le droit à l'avortement, des rassemblements sont organisés ce jeudi à Paris et dans 25 villes françaises, sous le slogan «les femmes décident». Des mouvements semblables se déroulent dans toutes les capitales européennes. Le Figaro dresse un état des lieux de cette pratique, généralisée en Occident mais encore interdite dans de nombreux pays.
• Dans le monde, 47.000 décès sont causés par des avortements non sécurisés
Entre 2010 et 2014, il y a eu 55,7 millions d'avortements par an dans le monde, ce qui représente un taux d'interruption volontaire de grossesse (IVG) d'environ 25%. Selon les chiffres de l'ONU et de l'ONG Guttmacher, 25,5 millions d'IVG sont non sécurisés. C'est-à-dire, d'après l'OMS, qu'il s'agit d'une interruption de grossesse pratiquée par des personnes non qualifiées ou dans un environnement non conforme aux normes médicales minimales. Ces avortements, effectués dans de mauvaises conditions, débouchent sur environ 47.000 décès par an.
En 2016, 39,5% des femmes ont eu un accès total à l'avortement à travers le monde. De nombreux pays en Afrique et en Amérique latine restreignent fortement cette pratique et une vingtaine d'entre eux l'interdise totalement. Des pays comme le Salvador ou le Suriname sont notamment dans le viseur de l'OMS pour leurs législations très sévères. Même en cas de viol ou d'inceste, une femme risque jusqu'à vingt ans de prison pour avoir mis un terme à sa grossesse. Le continent africain est également très restrictif, puisque seulement trois pays autorisent l'IVG sans restriction: le Malawi, la Tunisie et l'Afrique du Sud.
Si l'avortement est autorisé aux États-Unis, l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche inquiète les défenseurs de l'IVG. Depuis avril 2017, une loi autorise les États à interdire le transfert d'argent public à une clinique qui pratiquerait l'interruption volontaire de grossesse.
• En Europe, seuls Malte, l'Andorre et le Vatican interdisent totalement l'IVG
La majorité des pays membres de l'UE autorisent l'avortement sans restriction jusqu'à 10 ou 12 semaines de grossesse, 18 semaines en Suède et jusqu'à 24 semaines aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.
Mais des pays ont des législations plus drastiques. En Pologne, l'avortement n'est permis qu'en cas de viol, d'inceste, de danger pour la vie de la mère ou de malformation irréversible du fœtus. À Chypre également, l'avortement est illégal et ne peut être pratiqué que si deux médecins certifient que la grossesse présente un risque pour la femme ou l'enfant à naître. Il est toléré en cas de viol et d'inceste.
L'IVG reste totalement prohibé à Malte où, en cas d'infraction, la peine encourue va de 18 mois à trois ans de prison. En-dehors de l'UE, deux États européens sont dans le même cas: l'Andorre et le Vatican.
Après des années de débat, le gouvernement irlandais a annoncé mardi l'organisation en 2018 d'un référendum sur l'avortement, actuellement illégal dans le pays sauf en cas de menace pour la vie de la mère. Le viol, l'inceste ou la malformation du fœtus ne sont pas des raisons légales d'avorter, et une telle intervention constitue un crime passible de 14 ans de prison.
En Pologne, le gouvernement a tenté de restreindre l'accès à l'IVG à l'automne 2016, tout comme Madrid en 2015. Si ces procédures n'ont pas abouti, elles témoignent d'un droit pour les femmes européennes encore fragile, d'après de nombreuses associations. Une pétition ayant reçu environ 20.000 signatures réclame une harmonisation du droit européen sur la question. Elle sera transmise jeudi au Parlement européen.
• En France, le nombre d'avortements en baisse depuis trois ans
En France, l'accès à l'IVG est dépénalisé depuis 1975. De nombreuses autres lois ont depuis été promulguées afin de protéger davantage les femmes qui y ont recours. En 2016, selon la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DRESS), 210.149 avortements ont été pratiqués en France, dont 197.777 en métropole. (...)