vendredi 4 décembre 2020

Covid-19 : comment fonctionnent les futurs vaccins

On compte aujourd’hui 237 projets de vaccins contre le coronavirus dans le monde, développés selon des techniques très différentes.
Voici comment ils agissent.


Au bout de dix mois de développement accéléré, la compétition entre laboratoires pour la vaccination contre le nouveau coronavirus a pris un tournant très médiatique ces dernières semaines avec la multiplication des annonces de résultats. Pfizer-BioNTech, Moderna, AstraZeneca ou l’institut russe Gamaleïa ont été parmi les premières équipes à dévoiler les résultats de leurs recherches.

Les espoirs d’obtenir un vaccin efficace et sûr reposent en partie sur la grande variété des techniques utilisées dans les multiples projets lancés. A la fin de novembre, on comptait 237 projets de vaccins contre le Covid-19 partout dans le monde, selon le recensement du Milken Institute, un groupe de réflexion américain.

Le bénéfice d’un vaccin repose sur le fait que l’on immunise la personne sans l’infecter avec la maladie ciblée, qui peut être dangereuse. Il faut faire croire à l’organisme qu’il est agressé par le coronavirus alors qu’il ne l’est pas vraiment pour obtenir une réponse immunitaire contre le contenu du vaccin.

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Source : Le Monde, 4/12/2020.
Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr



mardi 1 décembre 2020

Black Friday : comment la surconsommation et le "consommer mieux" cohabitent dans notre société

Le confinement a fait naître de nouveaux modes de consommation, rapidement oubliés. Est-ce que les réflexions autour du "consommer mieux" serait réservées aux classes les plus aisées ? Comment expliquer l'engouement pour les promotions et la surconsommation ? Les réponses de la sociologue Sophie Dubuisson-Quellier.

De nombreuses personnes se sont mises à consommer de manière dite plus responsable durant le premier confinement. A-t-on pu constater un réel changement ?

Sophie Dubuisson-Quellier Les Français ont changé leur manière de consommer dès le début du premier confinement. On a vu énormément se développer les courses chez les producteurs maraîchers, du fait que, dans la plupart des villes, les marchés ont été contraints de fermer. Les distributeurs ont dû adapter leurs ventes pour retrouver leur clientèle. Ce qui a suscité beaucoup de nouvelles demandes. Mais cela ne se vérifie pas sur le long terme. À partir du moment où les Français ont retrouvé leurs offres habituelles, ils sont retournés vers leurs anciennes habitudes.

Qu’en est-il des discours sur le sujet ? Eux semblent avoir évolué.

Sophie Dubuisson-Quellier Les discours publics sur le consommer moins et mieux a pris une plus grande ampleur dans l’espace public. Ce qui a été frappant, c’est que le message est désormais porté par des mouvements, des militants. Ce qui peut, peut-être, changer la donne. Les fabricants et distributeurs ont également pris part aux débats, en s’interrogeant sur la manière de faire évoluer la consommation. Et c’est ce que la société attend d’eux aujourd’hui.

Qu’en est-il de l’idée que le consommer mieux serait réservé aux classes les plus aisées ?

Sophie Dubuisson-Quellier C’est une idée qui tend à disparaître. Aujourd’hui, tout le monde s’interroge sur son mode de consommation. Mais il est vrai que cette réflexion reste plutôt réservée à des personnes ayant une certaine aisance financière. Ceux-ci peuvent faire un certain nombre de choix, comme celui de mettre plus d’argent dans l’alimentation pour un meilleur respect de l’environnement. Même si les prix des produits bio et locaux ont eu tendance à diminuer ces dernières années, des personnes qui disposent de ressources financières moindres ont moins le choix.

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Source : L'Humanité.fr, 03/12/2020.
Article intégral en ligne : https://www.humanite.fr

lundi 30 novembre 2020

Ce que contient l’accord sur le télétravail signé par les syndicats : un « double volontariat », la prise en charge des frais et le droit à la déconnexion

Le projet, qui définit ce qu’est le télétravail et impose certaines obligations, a été signé par tous les partenaires sociaux, à l’exception de la CGT.

  • Le cadre légal

Un accord national interprofessionnel (ANI) est traditionnellement formalisé par une loi. Plusieurs années peuvent s’écouler : le précédent ANI sur le télétravail de 2005, que l’accord doit compléter, a été transposé très partiellement dans une loi sept ans plus tard. Un ANI s’impose à l’employeur membre d’un syndicat patronal signataire (Medef, CPME et l’U2P sont à la table de la négociation).

Dès le début, le patronat a prévenu que ce texte ne serait « ni normatif » « ni prescriptif », mais il souligne qu’un ANI « est un accord qui s’installe dans le paysage juridique des entreprises et du pays ». Par exemple, ce projet impose des obligations en matière de prise en charge des frais ou de mise en place du télétravail en situation de crise, mais se limite à des incitations en ce qui concerne le handicap, la prise en compte des alternants et nouveaux salariés, ou encore les aidants familiaux et l’égalité femmes-hommes.

  • Définition du télétravail

C’est « toute forme d’organisation du travail dans laquelle un travail qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur est effectué par un salarié hors de ces locaux, de façon volontaire en utilisant les technologies de l’information et de la communication ».

Il peut s’exercer sur le lieu d’habitation du salarié ou dans un tiers lieu, de façon régulière, occasionnelle ou en cas de circonstances exceptionnelles ou de force majeure. Par ailleurs, « la mise en œuvre du télétravail doit être compatible avec les objectifs de performance économique et sociale de l’entreprise ».

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Source : Le Monde, 27/11/2020.
Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr

vendredi 27 novembre 2020

Les violences conjugales sévères envers les femmes n’ont pas diminué en quinze ans

Une enquête montre que plus d’une femme sur trois récemment séparées déclare des violences d’un conjoint dans les douze derniers mois. 

Un an après la conclusion du Grenelle contre les violences conjugales, qui avait permis de mobiliser l’opinion publique sur le sujet et entraîné l’annonce d’une quarantaine de mesures gouvernementales, les connaissances sur les mécanismes et les effets des violences sont renforcées par la publication, lundi 23 novembre, de l’enquête « Violences et rapports de genre » (Virage).

Pour le volet conjugal, on retiendra ce chiffre marquant : 6 % des femmes et 2 % des hommes indiquent avoir subi des atteintes plus ou moins répétées de la part d’au moins un partenaire sur l’ensemble de leur vie de couple. La proportion de femmes ayant subi des violences conjugales monte à plus de 11 % parmi des femmes ayant déjà été séparées au moins une fois ; a contrario, les prévalences pour les hommes ne dépassent pas les 2 % ou 3 % selon le parcours conjugal. Si on entre dans le détail des violences rapportées, qui vont du contrôle du téléphone au dénigrement et à l’insulte jusqu’à la tentative de meurtre, la catégorie « atteintes très sévères » concerne 10 fois plus souvent les femmes que les hommes.

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Source : Le Monde, 25/11/2020.
Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr

mercredi 25 novembre 2020

L’ONU reconnaît officiellement l’utilité médicale du cannabis

Le cannabis et ses dérivés restent toutefois, selon la législation internationale, des substances considérées comme favorisant fortement l’abus, au même titre que la cocaïne.

La Commission des stupéfiants des Nations unies (CND), l’organe qui décide quelles substances sont considérées comme des drogues au vu du droit international, a approuvé, mercredi 2 décembre, la « reclassification » du cannabis et de sa résine dans les conventions internationales, reconnaissant de fait son utilité médicale.

Jusqu’ici, le cannabis et sa résine étaient considérés selon leur classement dans l’annexe IV de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961, la catégorie la plus restrictive, où sont répertoriées les substances qui favorisent fortement l’abus et ont un très faible, voire aucun, intérêt médical. Ce n’est plus le cas après le vote très serré (27 pour, 25 contre, 1 abstention) lors de la 63e session de la CND, qui a suivi les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Cette dernière a demandé en 2019, études scientifiques à l’appui, d’enlever ces substances de l’annexe IV, car elles présentent « un potentiel thérapeutique ». Désormais, le cannabis pourra être utilisé dans la fabrication de médicaments, au même titre que l’opium ou la morphine, sans que son utilisation soit découragée par l’ONU, comme c’était le cas jusqu’alors.

samedi 21 novembre 2020

Covid-19 : des élèves infirmiers appelés en renfort, parfois aux dépens de leur temps de formation

Certains étudiants alertent sur le fait que ces missions empiètent sur leur temps d’apprentissage, au détriment de leur formation.

La deuxième vague épidémique qui frappe les établissements de santé cet automne suscite un branle-bas de combat dans les instituts de formation en soins infirmiers (IFSI). Au printemps, plus de 65 000 étudiants, selon la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (Fnesi), ont été missionnés « sous couvert d’un stage » pour répondre aux « besoins en personnel » des établissements de santé. Une fois encore, les élèves sont appelés à la rescousse des équipes soignantes au bord de la rupture, parfois aux dépens de leur formation.

Lors de la première vague, l’expérience n’a pas toujours été facile. Mi-mars, Naïza Savignat, élève dans un IFSI parisien, termine un stage en pédopsychiatrie. L’établissement est en réunion de crise : les déprogrammations s’organisent pour laisser plus de place aux patients Covid. La jeune femme est appelée en renfort comme aide-soignante dans le même hôpital. « C’est sur la base du volontariat, précise Naïza. L’institut nous dit où sont les tensions en personnel et sans trop réfléchir, on y va dès lors que des gens ont besoin de nous. Je me suis retrouvée en réanimation. Je n’avais aucune expérience de ce service. » 

vendredi 20 novembre 2020

Comprendre les différences entre la première et la deuxième vague de l’épidémie de Covid-19

La baisse de la mortalité s’explique par l’expérience acquise dans la prise en charge hospitalière des patients. 

La deuxième vague de l’épidémie de Covid-19 se présente de manière différente de la première. D’abord en raison de sa cinétique particulière : la circulation du virus s’est accélérée lentement depuis août avant de s’emballer au cours du mois d’octobre, pour atteindre à la mi-novembre un nombre de personnes hospitalisées légèrement supérieur au pic de la mi-avril. Pourtant, à hospitalisations quasiment égales, le nombre de personnes transférées en services de réanimation, présentant donc les formes les plus graves de la maladie, a diminué entre les deux vagues.

mercredi 18 novembre 2020

L’accès universel à l’eau et à l’hygiène, un objectif encore lointain

Près de 2 milliards de personnes dans le monde sont toujours privées d’installations sanitaires élémentaires, alerte l’ONU à l’occasion de la Journée mondiale des toilettes.

En pleine pandémie mondiale, les « gestes barrières » contre la propagation du Covid-19 restent hors de portée d’une bonne partie de l’humanité. Trois milliards de personnes ne peuvent se laver les mains chez elles faute d’installation ; 1,4 milliard n’ont aucun accès ni à l’eau ni au savon.

Dix ans après avoir reconnu l’eau potable et l’assainissement comme un droit humain fondamental, l’Organisation des Nations unies écrit dans un rapport publié jeudi 19 novembre, à l’occasion de la Journée mondiale des toilettes, qu’« au rythme actuel des progrès, l’assainissement pour tous ne sera pas une réalité avant le vingt-deuxième siècle ». Un accès universel à l’eau et à l’hygiène en 2030, comme les Etats s’en sont pourtant fixé l’objectif, est encore très loin.

Selon les chiffres de 2017 (les derniers actualisés), ce chantier reste gigantesque. En effet, 2 milliards de personnes restent privées d’installations sanitaires élémentaires (toilettes avec chasse d’eau, fosses septiques, etc.) ; 4,2 milliards d’individus – près de deux personnes sur trois dans le monde –, vivent sans pouvoir utiliser de W.-C., latrines ou n’importe quel équipement relié à une forme de traitement des déchets ; 673 millions défèquent encore en plein air.

Sous-financement chronique

D’autres indicateurs interpellent dans ce rapport qui se veut « un appel urgent à transformer l’assainissement pour améliorer la santé, l’environnement, les économies et les sociétés ». Ainsi, dans le monde, 367 millions d’enfants fréquentent des écoles qui n’ont pas de toilettes. Plus de 10 % des établissements de soins sont dans le même cas, ce qui incite les femmes à ne pas venir accoucher dans ces structures. Quant aux dizaines de millions de réfugiés et déplacés de force, ils sont à peine un tiers (32 %) à disposer d’un assainissement de base.

Les conséquences pour la santé humaine et pour l’environnement sont exorbitantes. Chaque année, 830 000 personnes meurent de maladies hydriques qui pourraient être évitées comme le choléra, la diarrhée, la dysenterie, l’hépatite A… La croissance démographique explique partiellement ce manque de progrès nets. Mais si cette question essentielle ne progresse que bien lentement, c’est aussi parce que le secteur souffre de sous-financement chronique.

« Selon la Banque mondiale, il faudrait débourser 115 milliards d’euros par an entre 2015 et 2030 pour parvenir à un accès universel à l’eau et à l’assainissement, autrement dit, il faudrait multiplier par trois les investissements actuels », indique Céline Robert, responsable de la division eau et assainissement à l’Agence française de développement (AFD). Selon elle, il est difficile de mobiliser des investisseurs dans ce domaine :

« L’eau est un secteur à risques faibles mais à rentabilité faible aussi et de très long terme. L’énergie par exemple est bien plus rentable financièrement. Pourtant investir un euro dans l’eau a un effet d’entraînement sept fois supérieur en développement, en maladies évitées, environnement amélioré… »

Les besoins sont énormes. L’AFD a par exemple participé au cofinancement international de 16 millions d’euros de la station d’épuration de Beit Lahiya, située au nord de la bande de Gaza. Celle-ci reçoit les eaux usées de 250 000 habitants, soit trois fois sa capacité avant les travaux d’agrandissement. Il lui est arrivé de déborder au point de former un lac de 30 hectares, contaminant la nappe phréatique.

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Source : Le Monde.fr, 19/11/2020.
Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr