samedi 14 avril 2018

Fin de vie : que dit la loi ?

Le Conseil économique, social et environnemental a recommandé mardi 10 avril une « dépénalisation conditionnelle de l’aide à mourir ».


Faut-il autoriser « l’aide à mourir » pour les personnes atteintes d’une maladie incurable ? Chaque rebondissement de l’affaire Vincent Lambert, du nom de ce patient en état végétatif permanent depuis 2008, au centre d’une bataille judiciaire pour l’arrêt ou le maintien de ses soins, repose régulièrement cette question. Elle a également été soulevée en octobre 2017 quand l’écrivaine Anne Bert, atteinte d’une maladie évolutive et incurable, était allée en Belgique pour être euthanasiée.

Alors que la fin de vie est un des thèmes abordés lors des états généraux de la bioéthique (qui se tiennent de janvier à juillet, avant une loi en automne), l’assemblée consultative du Conseil économique, social et environnemental (CESE) a adopté, mardi 10 avril, un avis recommandant d’instaurer pour les personnes atteintes d’une maladie incurable en « phase avancée ou terminale », et dont la souffrance physique ou psychique est « inapaisable », un droit à bénéficier d’une « sédation profonde explicitement létale ».



Aujourd’hui, un droit à la « sédation profonde et continue »

 
Cette disposition, qualifiée de « dépénalisation conditionnelle de l’aide à mourir », viendrait compléter la loi Claeys-Leonetti de 2016, qui a instauré un droit à la « sédation profonde et continue jusqu’au décès » pour les malades en phase terminale et prévoit que les soins soient arrêtés en cas d’ « obstination déraisonnable », « lorsqu’ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou lorsqu’ils n’ont d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie », afin d’éviter l’acharnement thérapeutique.
La sédation peut être demandée :
  • par le patient dont le pronostic vital est engagé à court terme et dont la souffrance est insupportable ;
  • par le médecin, lorsque le patient n’est pas en mesure d’exprimer sa volonté et qu’il ne s’y est pas opposé par le passé ou, à défaut, s’il n’a pas fait part de ses vœux à ses proches.
La décision de l’arrêt des soins est prise collégialement.

Exprimer ses souhaits dans une « directive anticipée »

Il est ainsi important, pour chacun, d’exprimer son souhait, dans un document appelé « directive anticipée », de poursuite ou d’arrêt des traitements « s’ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou n’ayant d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie ». Un modèle de lettre est disponible sur le site du ministère de la santé.
Dans le cadre de la loi Claeys-Leonetti, trois décisions majeures ont été rendues par la justice. La dernière en date concerne Inès, 14 ans, dans le coma depuis juin 2017. Le 5 janvier, le Conseil d’Etat a autorisé l’arrêt des soins contre l’avis des parents, qui ont décidé de saisir la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). A l’inverse, le 8 mars 2017, la plus haute juridiction administrative avait décidé qu’un hôpital de Marseille avait tort de vouloir mettre un terme aux soins de Marwa, une petite fille de 15 mois lourdement handicapée.
Le débat public a été lancé avec l’affaire très médiatisée de Vincent Lambert, l’avis des parents, opposés à l’arrêt des soins, allant à l’encontre de celui de sa femme. A la suite d’une nouvelle décision du Conseil d’Etat, en juillet 2017, le CHU de Reims a estimé, lundi 9 avril, que le sort du patient faisait l’objet d’une « obstination déraisonnable », préconisant l’arrêt des traitements.

Source : Le Monde, 10/04/2018.

jeudi 12 avril 2018

Éducation. Parcoursup fait décoller le business de l’orientation scolaire

Lettres de motivation, CV, attendus… Les nouvelles règles instaurées par la plate-forme d’accès à l’enseignement supérieur font le beurre des officines privées de « coaching scolaire ». Ce marché florissant, qui surfe sur l’angoisse et les promesses de sélection, menace l’égalité entre élèves.


«Vive Parcoursup ! » Stéphane Boiteux est ravi. Enchanté, même, de la nouvelle plate-forme d’accès à l’enseignement supérieur. Sur son compte Facebook, il ne tarit pas d’éloges. Parcoursup ? « C’est une démarche responsable et engageante », s’enflamme-t-il. Bien plus « réfléchie, sérieuse et argumentée » que son célèbre et décrié prédécesseur ­Admission postbac (APB). Un vrai plaidoyer. Il faut dire que Stéphane Boiteux ne cherche pas à rejoindre la fac. Lui n’est plus un lycéen en quête d’avenir. Mais le patron intéressé de Motivsup.fr, une de ces multiples officines privées de « coaching scolaire » qui promettent aux élèves de terminale de les guider vers la filière de leur rêve, moyennant finance. Chez Motivsup, on reste relativement modeste. Il vous en coûtera 49,90 euros pour obtenir un questionnaire d’auto­évaluation sur les « dix compétences clés identifiées par le World Economic Forum » et un entretien téléphonique avec un « expert ». Le résultat n’est pas garanti. Moins, en tout cas, que le chiffre d’affaires de Stéphane Boiteux et de tout le secteur du « conseil en orientation » qui fait son beurre des nouvelles règles d’entrée à l’université.

Un marché juteux et peu réglementé

Avec ses exigences et sa logique sélective, le portail Parcoursup, ouvert depuis mi-janvier, s’est révélé une aubaine pour ce marché florissant et peu réglementé qui surfe sur l’angoisse des familles. Fondatrice en 2009 de Tonavenir.net, Sophie Laborde-Balen assure que son activité a progressé ces dernières semaines « de 25 % à 30 % » par rapport à 2017. Studyrama, Diplomeo, Quiétude, Recto Versoi… Tous se frottent les mains également. « Clairement, les candidats sont inquiets de ne pas obtenir la formation qu’ils veulent », résume Clotilde du Mesnil, fondatrice de Cowin Coaching, pour expliquer cet afflux. Alors que les quelque 800 000 lycéens ont encore jusqu’au 31 mars pour compléter leur dossier d’inscription, les offres et communications criardes vont continuer d’envahir les réseaux sociaux et autres salons d’orientation…
Présents, pour la plupart, depuis des années sur le créneau, les acteurs privés ont, cette année, tiré un sacré profit des nouvelles règles qui accompagnent Parcoursup. En plus de formuler ses vœux, chaque élève doit désormais rédiger, pour toutes les formations demandées, y compris universitaires, une sorte de lettre de motivation (« projet de formation motivé ») et parfois un curriculum vitae, avec l’obligation de prouver qu’il répond aux « attendus » fixés par la filière visée. Des exigences dont peu de lycéens ont l’habitude. Et qui donnent à la procédure d’inscription des allures de compétition entre postulants, le tout sur fond d’universités aux capacités d’accueil incertaines.

40 % des jeunes orientés vers le privé

Les boîtes de « coaching » en ont fait illico un argument de vente. Et se proposent de « booster » les dossiers afin de mieux se « démarquer » de la concurrence de son voisin. À ce jeu-là, les tarifs et le grotesque marketing atteignent des sommets. Le site Tonavenir.net vend ainsi une « box cadeau dédiée à l’orientation scolaire », qui propose des formules allant de 250 à 620 euros… Mais son produit phare reste le « Pass sérénité ». Une « prise en charge totale » des inscriptions à Parcoursup, avec deux heures d’entretien, l’écriture des lettres de motivation et même la rédaction des vœux sur le portail, le tout pour… 560 euros. Le site va jusqu’à « garantir » l’inscription, tout en précisant, filou, qu’il ne s’agit pas là d’une garantie « au sens juridique du terme ».

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Article intégral en ligne : https://www.humanite.fr
Source : L'Humanité.fr, 21/03/2018.

mardi 10 avril 2018

Le travail est-il toujours aliénation ?

Table ronde avec Stéphane Haber, professeur de philosophie à l’université Paris Nanterre, directeur adjoint du laboratoire Sophiapol, Claude Didry, directeur de recherche au CNRS, Centre Maurice-Halbwachs, École normale supérieure  et Gaspard Koenig, philosophe et auteur, président du think tank libéral GénérationLibre

Rappel des faits. Dans notre société capitaliste, le travail s’exerce suivant différents rapports sociaux. À l’heure de l’économie globalisée et numérisée – et ses formes dites collaboratives –mais aussi de l’explosion de la précarité, qu’en est-il des rapports d’exploitation et d’aliénation mis en évidence par Marx ? Peut-il permettre a contrario un épanouissement ?

Pour décrire le travail aujourd’hui, on parle de « ressources humaines », de son « coût » ou même de sa « disparition ». Dans notre société capitaliste néolibérale, qu’est-ce qui caractérise, selon vous, les rapports sociaux ?



Stéphane Haber Face au travail humain, il existe une attitude que l’on peut qualifier d’instrumentale, et qui est parfaitement légitime à son niveau : c’est une denrée rare, il faut l’économiser, l’organiser de la façon la plus efficace possible, améliorer ses performances, etc. Ce qui ne va pas, c’est quand on considère le travail uniquement de cette manière-là. Car, en réalité, il est bien autre chose. Il est ou il pourrait être par exemple une façon de participer à la vie sociale, de rendre des services à la collectivité, il est ou il pourrait être une façon de s’engager dans une activité qui va permettre d’aiguiser nos compétences, de nous confronter à des difficultés et d’essayer de les résoudre habilement. Les premiers concernés, celles et ceux qui travaillent, le savent bien, d’ailleurs : malgré les routines pesantes, malgré les contraintes et les peines, ils accordent une grande importance au travail et y associent souvent un désir d’accomplissement de soi qui les motive, même quand le quotidien n’est pas à la hauteur. C’est le regard instrumental du chef d’entreprise regardant sur son profit qui s’est imposé sans limites, alors que, jusque dans les années 1980-1990, il existait, pour le contrebalancer, une culture ouvrière porteuse d’une conception positive du travail (la fierté de l’effort et du travail bien fait, l’importance des « services » rendus à la population) et des solidarités liées au monde du travail. Pour retrouver un équilibre, il faut entendre aujourd’hui des voix capables de nous faire entrevoir la richesse de l’expérience du travail, de nous rappeler l’importance des souffrances et des insatisfactions que l’on y trouve, de porter la parole de celles et de ceux qui cherchent à travailler mieux, différemment, à la fois pour eux et pour l’ensemble de la collectivité. C’est un enjeu de « visibilité » qui est crucial politiquement. Cela implique de parler statuts, protections, règles du jeu raisonnables, mais aussi de concevoir sur des bases démocratiques des fins communes : que voulons-nous produire, compte tenu, par exemple, des limites écologiques de nos actions ?

Claude Didry De 1985 à 2015, le chômage a crû de 40 %, mais la population active a crû de 21 %, les retraités de 74 %. Loin de disparaître, le travail n’a jamais concerné autant de personnes dans la population française, tout comme le travail salarié (+ 25 % entre 1985 et 2015), alors que le nombre d’indépendants a baissé de 17 %. Les jeunes sont les plus touchés par les contrats précaires et le chômage. Mais il ne faut pas oublier que 75 % des actifs entre 28 et 58 ans sont en CDI et que l’ancienneté moyenne dans l’entreprise croît avec l’âge. Loin de disparaître, le travail stable est un fait social. Dans cette situation, la précarité ne désigne pas uniquement les emplois hors CDI, elle doit intégrer la menace de perdre son emploi, véritable épée de Damoclès à partir de 40 ans.


L'écrivain Gaspard Koenig pose sur le plateau de l'émission littéraire de TF1, Vol de Nuit, le 28 septembre 2004 à Paris. AFP PHOTO DANIEL JANINGaspard Koenig Cette question repose sur des prémisses que je ne partage pas. La société française est ossifiée en statuts et corporations : tout sauf du libéralisme. Quant aux grandes entreprises, elles se partagent une rente de situation souvent acquise avec la complicité des pouvoirs publics : tout sauf du capitalisme. De ce fait, les rapports sociaux sont marqués par la violence et l’aigreur : c’est privilège contre privilège, grade contre grade, titre contre titre. Pour prendre un exemple que je connais bien, celui des profs, comment justifier que les professeurs agrégés continuent ad vitam æternam à assurer moins d’heures de cours et à toucher un salaire plus élevé que les certifiés, sur la base d’un concours de jeunesse ? La France a le don de recréer des mini-aristocraties. Les identités personnelles se définissent trop souvent d’après une fonction professionnelle, et ce à tous les échelons de l’échelle sociale. L’angoisse face au manque de sens du travail, criante chez les nouvelles générations, est à mes yeux une excellente nouvelle. Je vois autour de moi de plus en plus de trentenaires qui abandonnent une position bien établie, une fonction bien rémunérée pour voler de leurs propres ailes. Et qui, chacun à leur manière, tâchent de devenir ce qu’ils sont.

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Article intégral en ligne : https://www.humanite.fr
Source : L'Humanité.fr

dimanche 8 avril 2018

Zéro sans-domicile en Europe en 2030 ?

La Fondation Abbé-Pierre et la Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans-abri proposent aux autorités locales, nationales et européennes cinq orientations pour éradiquer le sans-abrisme en Europe. Elles mettent en garde contre quatre écueils qui menacent l’efficience et l’impact des politiques en faveur des personnes privées de domicile. En France, après la diminution des aides personnelles au logement, le projet de loi portant Évolution du logement, de l'aménagement et du numérique (Elan) table sur la vente de 40 000 logements sociaux par an et le bail mobilité. Trois facteurs qui expliquent l’explosion du sans-abrisme outre-Manche.


Où est l’Europe sociale ? Loin, bien loin si l’on en juge par le 3e Regard sur le mal-logement en Europe (RMLE) qui focalise cette année la question du sans-abrisme.
Alors que le logement se transforme de plus en plus en un simple bien, produit financier, au détriment de la vision d’un droit fondamental garanti pour tous, la Fondation Abbé-Pierre (FAP) et la Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans-abri (FEANTSA) relèvent un accroissement du nombre des « laissés-pour-compte de la croissance retrouvée ».
Les enfants constituent le premier groupe accueilli dans les hébergements d’urgence et les femmes, les jeunes, les migrants et les travailleurs pauvres sont les nouveaux visages du dehors.

sans-abri
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Des politiques inadaptées et contre-productives

Les deux producteurs du cru 2018 du RMLE dénoncent « des politiques inadaptées et contre-productives », « la profonde méconnaissance des situations des personnes sans domicile », résultant du « manque de suivi quantitatif et qualitatif rigoureux de l’exclusion au logement ».
Ainsi l’hébergement d’urgence est-il souvent vu comme une mise à l’abri temporaire au lieu d’être la première étape d’un parcours résidentiel et de déboucher sur une sortie vers le logement.
Un logement qui est un moyen et non une fin, un « droit fondamental garanti par les traités internationaux et européens », rappelle le RMLE.

Source : Gazette Santé Social, 22/03/2018. 


mercredi 4 avril 2018

Les inégalités d’espérance de vie dans le monde se réduisent

Selon que l’on naît en République centrafricaine ou en Espagne, on peut espérer vivre moins de cinquante ans ou plus de 80 ans. En un demi-siècle, l’espérance de vie a augmenté partout dans le monde, mais l’écart entre populations pauvres et riches reste très important.  



Tandis que les femmes et les hommes nés au début des années 1950 pouvaient espérer vivre en moyenne 47 ans, les personnes nées entre 2010 et 2015 pourront atteindre en moyenne l’âge de 70,8 ans selon les Nations Unies. L’espérance de vie [1] a progressé de plus de vingt années en 65 ans. Les inégalités se sont réduites : les populations des régions en développement ont vu leur espérance de vie augmenter de 27,4 années entre 1950 et 2015, pendant que les pays riches gagnaient moitié moins. L’écart entre les populations des régions développées et celle des régions les plus pauvres a diminué : de 23 années en 1950 à 9 ans en 2015. Malgré tout, l’espérance de vie des pays les plus pauvres n’atteint aujourd’hui que le niveau d’espérance de vie des pays riches à la fin des années 1960.

 

D’abord, parvenir à l’âge adulte


Jusque récemment, l’un des principaux déterminants des inégalités d’espérance de vie dans le monde était la mortalité infantile. Pour qu’une population puisse atteindre en moyenne 70 ou 80 ans, il faut que ses bébés aient de bonnes chances de survivre à leurs premières années. La mortalité infantile se concentre aujourd’hui dans les pays les moins développés [2]. Cette menace a presque disparu d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie du Sud-Est. Mais, selon les Nations Unies (données 2010-2015), près d’un enfant sur dix meurt encore avant d’atteindre son cinquième anniversaire en Afrique subsaharienne (95 décès pour 1000 naissances vivantes), en Afghanistan (81 ‰) ou au Pakistan (87 ‰).


L’Afrique, à distance des autres continents


La progression de l’espérance de vie moyenne dissimule des évolutions différentes selon les continents. En Amérique latine et en Asie, les 65 dernières années ont vu l’indicateur se rapprocher du niveau élevé connu en Europe et en Amérique du Nord. En Asie, l’espérance de vie à la naissance est passée de 42,3 ans au début des années 1950 à 71,8 ans en 2010-2015, un gain de près de 30 années. En Amérique latine et dans les Caraïbes, elle était de 51,3 ans en 1950. Elle est aujourd’hui de 74,7 ans, soit 23,4 ans de plus. Sous l’effet du développement économique, des progrès en matière d’éducation, d’hygiène et de système de santé, les espérances de vie sur ces continents se rapprochent de celles des pays les plus riches : alors qu’en 1950, l’écart avec l’Europe était de 12,4 ans pour l’Amérique latine et de 21,4 ans pour l’Asie, il n’est plus que de 2,5 ans et de 5,4 ans respectivement.

L’Afrique a également connu un allongement de la durée de vie, mais les progrès ont été plus lents et plus chaotiques. L’espérance de vie y était de 37,5 ans en moyenne pour les personnes nées entre 1950 et 1955. Elle est de 60,2 ans pour les personnes nées entre 2010 et 2015. Selon les zones, les disparités sont grandes : les habitants d’Afrique du Nord peuvent espérer atteindre désormais 71,1 ans, tandis que l’espérance de vie est de 54,7 ans en moyenne en Afrique de l’Ouest et reste inférieure à 60 ans en Afrique centrale ou australe. Le progrès a marqué le pas à partir des années 1980, notamment du fait de l’épidémie de sida. Au cours de la décennie 1990, les décès dus au sida ont été tellement nombreux que l’espérance de vie a reculé de 11 ans au Botswana, de 8 ans en Afrique du Sud, de 14 ans au Lesotho. Grâce aux politiques de prévention et à la démocratisation très progressive des médicaments antirétroviraux, l’espérance de vie retrouve aujourd’hui seulement son niveau de la fin des années 1980 en Afrique australe.


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Article intégral en ligne : https://www.inegalites.fr
Source : Inégalités.fr

dimanche 1 avril 2018

La mortalité par cancers continue de baisser en Europe

Les chercheurs constatent des progrès pour l’un des plus meurtriers, le cancer colorectal, grâce au dépistage et à sa prise en charge.
On observe une baisse de la mortalité par cancers, pour les principaux d’entre eux, dans la majorité des pays d’Europe. De bonnes nouvelles donc dans les projections pour 2018 publiées lundi 19 mars dans les Annals of Oncology à partir des données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).


Globalement, la mortalité standardisée sur l’âge, pour tenir compte du vieillissement de la population, baisse de 10 % chez les hommes et de 5 % chez les femmes. Une baisse observée dans quasiment tous les cancers. Les seules hausses sont le cancer du pancréas, pour les deux sexes, et le cancer du poumon pour les femmes. Les chercheurs estiment, sur la base de l’évolution des taux de mortalité des différents cancers depuis 1988, que près de 5 millions de vies ont été sauvées en Europe, 3,3 millions de femmes et 1,6 million d’hommes.

Des efforts de recherche à poursuivre

Une satisfaction prudente, car comme le souligne le rédacteur en chef de la revue scientifique, le Pr Fabrice André (Gustave-Roussy, Villejuif), «en même temps que cette étude suggère qu’améliorer le dépistage et la qualité des soins se traduit par de meilleurs résultats, elle nous rappelle aussi que 1,4 million de patients en Europe mourront d’un cancer en 2018 et qu’il faut amplifier les efforts de recherche».
Les chercheurs ont comparé les taux de mortalité par cancer dans les 28 États membres de l’Union européenne avec un focus cette année sur l’un des plus meurtriers, le cancer colorectal.



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Article intégral en ligne : http://sante.lefigaro.fr
Source : Le Figaro santé, 20/03/2018.

vendredi 30 mars 2018

INFOGRAPHIE - En France, un tiers des pauvres sont des enfants

11 % des moins de dix ans vivent dans une situation de pauvreté en France. Des enfants dont les parents sont au chômage ou très mal rémunérés.

INFOGRAPHIE - En France, un tiers des pauvres sont des enfants
Olesia Bilkei - stock.adobe.com

Article intégral en ligne : https://www.la-croix.com
Source : LaCroix.com, 15/03/2018.

mercredi 28 mars 2018

La PMA ouverte à « toutes » ?


Pendant trois semaines, « La Croix » va examiner les questions qui seront débattues tout au long des états généraux de la bioéthique lancés en janvier par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE).
La première d’entre elles, la PMA. Les enjeux de l’ouverture de la procréation médicalement assistée (1) aux couples de femmes et aux femmes seules sont multiples, allant bien au-delà de la seule question de la procréation.

 
L’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules est assurément l’un des sujets les plus débattus et emblématiques de la révision des lois de bioéthique qui doit être présentée à l’automne par le gouvernement. De fait, évoquer la légalisation de ce que les uns appellent « la PMA pour toutes » et les autres « la PMA sans père » fait figure de marqueur, car touchant à un certain nombre de paradigmes qui vont du rôle de la médecine à la place du père, en passant par la gratuité des produits du corps humain…

La PMA ouverte à « toutes » ?

Satisfaire une demande d’enfant

Premier d’entre eux, le passage d’une médecine qui soigne à une médecine qui satisfait une demande d’enfant. La PMA est aujourd’hui uniquement accessible aux couples formés d’une femme et d’un homme pour pallier une infertilité pathologique ou pour éviter la transmission d’une maladie. L’étendre aux couples de femmes et aux célibataires revient à prendre en compte des critères « sociétaux », en dehors de toute demande médicale.


« On exigerait de la médecine qu’elle réponde à un désir, en évacuant toute notion de réparation », explique le docteur Bertrand Galichon, le président du Centre catholique des médecins français (CCMF). Ce praticien hospitalier craint une « instrumentalisation de la médecine ». « Nous passons peu à peu d’une obligation de moyens à une obligation de résultats : les médecins sont sommés d’obtenir des résultats quelles que soient la biologie du patient, son histoire, sa liberté ou sa personnalité. »
« Il s’agit de réparer une infertilité sociale », fait valoir Nicolas Faget, le porte-parole de l’Association des parents gays et lesbiens (APGL), qui défend l’extension de l’accès à la PMA. « Un couple de femmes est dans un état d’infertilité sociale et devrait donc pouvoir accéder à la technique d’assistance médicale à la procréation comme les couples hétérosexuels. C’est une question d’égalité », insiste-t-il.


Deux conceptions opposées de la loi

Quid de la biologie ? « Depuis la généralisation de la contraception, très rares sont les familles qui se laissent guider par la biologie. Qu’il s’agisse de couples homosexuels ou hétérosexuels, l’enfant est toujours le fruit d’un désir. »
D’où le deuxième paradigme mis en cause dans ce débat : le « projet d’enfant » primerait désormais sur l’accueil d’un enfant. « L’enfant devient petit à petit un projet personnel qui n’est plus conditionné à d’autres critères que ma seule volonté », décrypte Marianne Durano, agrégée de philosophie et auteur de Mon corps ne vous appartient pas (2). « Avec l’ouverture de la PMA, le fait de faire un enfant deviendrait un droit subjectif, c’est-à-dire un droit calqué sur mes propres envies. Comme si je considérais que l’État devait me concéder un enfant. »



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Article intégral en ligne : https://www.la-croix.com
Source : LaCroix.com, 12/03/2018.


 

lundi 26 mars 2018

Rapport Fiat-Iborra : 31 propositions en réponse à la crise des Ehpad

Alors que le personnel des Ehpad est en grève à l'appel de dix syndicats, ce jeudi 15 mars, les députés Caroline Fiat et Monique Iborra ont rendu hier leur rapport d’information de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Elles préconisent des mesures pour soutenir tout de suite les Ehpad et leurs personnels en crise : fin de la convergence tarifaire, embauche et formation. À moyen terme, elles recommandent un changement de modèle avec un Ehpad refondé, plateforme de services et acteur pivot du maintien àdomicile. Et si, dans le premier temps, elles appellent à "suspendre" ou "abroger" le décret "tarification et convergence", le sujet reste finalement le chantier du cinquième risque, entrouvert en 2008 et soigneusement évité depuis.


Le malaise s’amplifie et déborde des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Tous les signaux sont au rouge : le personnel des établissements des Ehpad est en grève à l’appel de dix syndicats, ce 15 mars 2018, pour la deuxième fois en moins de trois mois.
« La profonde crise des Ehpad ne peut laisser indifférent », écrivent Monique Iborra et sa corapporteure, Caroline Fiat (députée de Meurthe-et-Moselle, La France Insoumise) dans le rapport rendu public, le 14 mars, rédigé à l’issue de leur mission d’information sur les Ehpad.


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Les constats du rapport corroborent les raisons de la grève

 

Les constats du rapport, « le premier qui porte sur les Ehpad spécifiquement », se plaît à rappeler Monique Iborra, sont sévères, mais connus et corroborent les raisons de la grève : « prise en charge insatisfaisante » d’une population de plus en plus âgée, de plus en plus malade et de plus en plus dépendante, « conditions de travail souvent difficiles », « état d’épuisement professionnel », personnels qui n’obtiennent pas « la reconnaissance qui leur est due », « problèmes de recrutement et de formation », « prise de conscience insuffisante » et « tardive » du vieillissement de la société, « choix politique » de vider les unités hospitalières de soins de longue durée vers les Ehpad, « politique du grand âge vue essentiellement sous l’angle financier ».

Repenser de fond en comble la prise en charge des personnes dépendantes

 

Pour remédier à cet état de fait, les deux députées formulent trente-et-une propositions, à appliquer en deux temps. Elles plaident pour des mesures expresses, peu engageantes financièrement, et, dans un second temps elles réclament « un changement de modèle », nécessaire pour « répondre aux besoins ».
Il ne s’agit pas de rajouter quelques milliers d’euros par-ci, d’ouvrir quelques places par-là, il faut repenser de fond en comble la prise en charge des personnes dépendantes, en s’inspirant des expériences néerlandaises, danoises ou québécoises. C’est une plateforme de services au cœur du territoire qui est proposée pour créer des établissements de proximité offrant une offre diversifiée, centrés sur le parcours de vie de la personne âgée.
L’Ehpad doit être un « acteur pivot du maintien à domicile », et des établissements – villages dédiés aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et apparentés doivent être créés. Sa gouvernance duale tant au plan national (DGCS + CNSA) que local (ARS + CD) est à reconsidérer selon les auteures du rapport qui plaident pour un acteur local unique et une « répartition des tâches plus claire […] entre le pilote juridique, d’une part, et le pilote financier et technique, d’autre part ».

60 ETP soignants pour 100 résidents

 

En attendant que ce nouveau modèle émerge, il s’agit d’apporter des moyens pour que davantage de personnels soignants s’occupent des personnes âgées.
Le rapport propose d’adopter d’une norme minimale d’encadrement en personnel « au chevet » (aides-soignants et infirmiers) de 0,6 (soit 60 ETP pour 100 résidents), dans un délai de quatre ans maximum, ce qui revient à doubler le taux d’encadrement actuel.
Concrètement cela se traduit par 210 000 recrutements, chiffrés par le rapporteur du PLFSS pour 2018, un Olivier Véran réservé, à 7 milliards d’euros. Le prix à payer pour que chaque résident puisse bénéficier chaque jour « d’une heure et demie de soins et de toilette ».
Un plan national de formation doit en outre être mis en place, préconise le rapport.

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Article intégral en ligne : http://www.gazette-sante-social.fr
Source : Gazette santé Social, 15/03/2018.