vendredi 21 avril 2017

Austérité : l'hôpital au bord du burn-out

20 000 postes ont été supprimés dans les hôpitaux français en quinze ans. Sur le terrain, le travail s’intensifie, les soignants ne cessent de courir après des objectifs intenables, et finissent souvent par s’effondrer. Ils ont l’impression de négliger les patients, et perdent le sens de leur travail. Ils craignent de commettre des erreurs et tirent la sonnette d’alarme : la qualité des soins diminue dangereusement et la mortalité des patients s’accroît. Mais cette sévère cure d’austérité devrait se poursuivre : le dernier plan de financement des hôpitaux présenté par l’actuel gouvernement promet 20 000 suppressions supplémentaires. L’avenir de l’hôpital se jouera aussi lors de ces élections présidentielles. Un article du journal en ligne Basta!

manifestation infirmière
Austérité : les agents ne peuvent plus adapter leur pratiques pour
que les patients ne souffrent pas des conséquences de la pénurie ambiante...

6h50 du matin dans un hôpital en Bretagne. Anne, aide-soignante en gériatrie, commence sa journée. C’est le moment des transmissions : l’équipe de nuit informe celle du matin de l’état des quarante patients du service. On fait ça au pas de course, explique Anne. En un quart d’heure-vingt minutes maximum. Sinon, on prend du retard pour tout le reste. Quand il n’y a pas d’absente, nous ne sommes que sept. Toilettes, distribution des petits-déjeuners, aide au repas, ménage, vaisselle, changements de lits… les aide-soignantes se hâtent à longueur de journées, interrompant souvent ce qu’elles sont en train de faire pour répondre aux appels des patients, dont beaucoup sont en situation de grande dépendance. On court tout le temps, poursuit Julie, infirmière en chirurgie dans un centre hospitalier universitaire (CHU). Hier, je suis arrivée à 13h50, je suis repartie à 22h. Je n’ai pas eu le temps de faire pipi, ni de manger.
Les soignants passent plus de temps à prouver ce qu’ils font qu’à faire ce qu’ils ont à faire

Intensification incessante du travail

Selon nombre de soignants, ce travail à flux tendu dure depuis une quinzaine d’années, suite au passage aux 35 heures, mais sans les embauches correspondantes, et suite à l’instauration de la tarification à l’activité, plus couramment appelée « T2A ». Chaque établissement est désormais financé en fonction de sa production d’actes de soins et de sa rentabilité, détaille la CGT. Il faut produire un nombre d’actes de soins suffisant, et diminuer les coûts. Donc faire plus avec moins1. Le personnel, c’est 72% de la masse budgétaire. C’est la première variable d’ajustement, précise Thierry Amouroux, secrétaire général du syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI). Les politiques ne peuvent pas annoncer la fermeture d’un hôpital, ajoute Hélène Derrien, présidente de la coordination nationale de défense des hôpitaux et maternités de proximité. Ils risquent de se retrouver avec des milliers de personnes dans la rue. Donc, ils font ça petit à petit. Ils ferment des lits par ci, des services par là. À la fin, le résultat est catastrophique. Le nombre de maternités a été divisé par trois ces quinze dernières années, et 20 000 postes ont été supprimés.
Tout cela se fait dans un contexte global de dénigrement des dépenses publiques, éclaire Philippe Batifoulier, professeur d’économie à l’université Paris 13 et membre du collectif des économistes atterrés. Les soignants ont très fortement ressenti les effets de l’austérité à partir des années 2000 mais tout cela a été doucement mis en place à partir du début des années 1980. Avant la T2A, le « budget global » avait déjà imposé aux hôpitaux une enveloppe budgétaire fixée à l’avance. L’idée de la T2A, c’est de "normer" les coûts et de standardiser les soins. On déclare par exemple qu’une toilette dure sept minutes, en ignorant le malade et la réalité. Il est en effet impossible de faire une toilette en sept minutes. Anne, aide-soignante, aurait besoin de trois quarts d’heure avec les anciens dont elle a la charge pour faire son travail correctement, en prenant soin de ne pas les brusquer, et en prenant le temps de les écouter. La T2A a fait entrer le capitalisme à l’hôpital, poursuit Philippe Batifoulier. On valorise les actes techniques et on supprime le reste. Tout ce qui est inestimable économiquement n’a plus de valeur. 2. 3
Si l’AP-HP payait tout ce qu’elle doit aux infirmières, elle devrait débourser 75 millions d’euros

C’est impossible de faire ce qu’on nous demande

Pour tracer les actes, tout a été informatisé. Plutôt contents de voir arriver un outil qui devait leur permettre de gagner du temps, les soignants se désolent aujourd’hui de la bureaucratisation grandissante de leurs activités. Chez nous, le logiciel est vraiment très mal fait, rapporte une infirmière de CHU. Il faut cliquer quinze fois pour avoir une vue d’ensemble du dossier des malades. On perd des infos. Et quand arrive 20 heures, ça rame. C’est une horreur. Certains médecins ne le maîtrisent pas du tout, ils font des erreurs de prescriptions que nous sommes obligées de rattraper derrière. Et ne parlons pas des intérimaires qui sont là pour une journée et qui ne comprennent évidemment rien du tout. Ce temps administratif rogne encore un peu plus sur celui passé auprès des patients. "Tu es toujours sur ta télé", me disent les anciens dont je m’occupe, rapporte Anne. Et c’est vrai, on y passe un temps fou. Les soignants passent plus de temps à prouver ce qu’ils font qu’à faire ce qu’ils ont à faire, résume Olivier Mans, de la fédération nationale Sud santé sociaux.
Face à ces nouvelles injonctions, chacun essaie de s’organiser comme il peut, et tout le monde – ou presque – navigue à vue. Ils nous disent sans cesse qu’il faut mieux nous organiser, pour pouvoir remplir nos objectifs. Mais personne ne nous dit comment, proteste un infirmier. Et pour cause : en réalité, c’est impossible de faire ce qu’on nous demande. Les directions parient sur la pression des objectifs et sur la conscience professionnelle des agents, très élevée dans le domaine du soin, notamment parmi les infirmières, rapporte un expert en santé au travail. Le problème, c’est qu’avec le durcissement des conditions de travail et l’épuisement chronique des équipes, l’absentéisme augmente, reprend Jean Vignes, secrétaire général de la fédération Sud santé sociaux. Le recours à l’auto-remplacement est très élevé.
Notre seule satisfaction, ce sont les compliments que nous adressent les patients

Des millions d’heures travaillées gratuitement

C’est ainsi que des agents travaillant de 6h45 à 14h00 peuvent finalement rester jusqu’à 19h00, et revenir le lendemain à 6h45 ! D’autres sont rappelés pendant leurs jours de repos et pendant leurs vacances. C’est compliqué de dire non. On sait bien que les collègues vont galérer si on n’est pas là, soupire Anne, aide-soignante. C’est infernal pour la vie privée et pour la vie de famille, avertit Olivier Mans. Les agents accumulent les jours de récup’, sans jamais pouvoir les prendre !, complète Yves Morice, représentant Sud santé sociaux au CHU de Rennes. On a ainsi une masse de jours qui se reportent d’une année à l’autre, et qui ne cesse de grossir. C’est une vraie bombe à retardement.
Fin 2012, les 40 hôpitaux de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) et 240 établissements de Province cumulaient trois millions de jours à récupérer pour leurs agents4. Si l’AP-HP payait tout ce qu’elle doit aux infirmières, elle devrait débourser 75 millions d’euros, compte Olivier Mans. Il faudrait qu’elle ferme l’hôpital de la Salpêtrière pendant un an. Nous estimons par ailleurs qu’à partir du moment où tout le monde peut être rappelé à n’importe quel moment, c’est une astreinte permanente non reconnue. En cinq ans, cela fait une dette cumulée de 7 milliards d’euros !

Article intégral en ligne sur le site Infirmiers.com, 19/04/2017 : https://www.infirmiers.com

mardi 18 avril 2017

Qu’est-ce qu’un additif alimentaire ?

Afin d’améliorer le goût, la texture, la conservation ou encore l’esthétique de nos aliments, l’industrie agroalimentaire s’est dotée de tout un arsenal chimique : les additifs alimentaires. Dans Le Nouveau Guide des additifs (éditions Thierry Souccar) paru au début de mars, Anne-Laure Denans, docteure en pharmacie et spécialiste en nutrition, propose un guide pour mieux comprendre l’utilité des additifs alimentaires... et leur éventuelle nocivité pour notre santé.


Que doit-on comprendre derrière ces lettres « E » apposées sur les étiquettes de nos produits ? Anne-Laure Denans a répondu à vos questions en Facebook Live.

Afin d’améliorer le goût, la texture, la conservation ou encore l’esthétique de nos aliments, l’industrie agroalimentaire s’est dotée de tout un arsenal chimique : les additifs alimentaires. Dans Le Nouveau Guide des additifs (éditions Thierry Souccar) paru au début de mars, Anne-Laure Denans, docteure en pharmacie et spécialiste en nutrition, propose un guide pour mieux comprendre l’utilité des additifs alimentaires... et leur éventuelle nocivité pour notre santé. Que doit-on comprendre derrière ces lettres « E » apposées sur les étiquettes de nos produits ? Anne-Laure Denans a répondu à vos questions en Facebook Live.


samedi 15 avril 2017

Renoncement aux soins, un assuré social sur quatre serait concerné

Plus de 25 % des personnes, qui se présentent à un guichet de la « Sécu », déclarent avoir déjà renoncé à des soins dans l’année dans une étude publiée mardi 28 mars. Pour des problèmes dentaires, d’optique mais aussi pour des consultations chez le médecin

Le siège de la Caisse Primaire d'Assurance Maladie de Lyon.
Le siège de la Caisse Primaire d'Assurance Maladie de Lyon. / Fred Dufour/AFP
Pour quelles raisons un certain nombre de personnes en France renoncent-elles à se faire soigner ? Cette question est au cœur d’une étude fort instructive rendue publique mardi 28 mars par l’assurance-maladie. Elle montre que ce phénomène n’est pas anecdotique puisqu’il concerne plus d’un quart (26,5 %) des assurés sociaux. « De par son ampleur et ses conséquences multiples, le renoncement aux soins, source d’inégalités et de dépenses supplémentaires à moyen et long termes, devient un défi qui concerne la collectivité dans son ensemble », indique l’assurance-maladie.

29 000 personnes interrogées dans 18 caisses primaires

 

Cette étude a été conduite dans 18 caisses primaires avec l’Observatoire des non-recours aux droits et aux services (Odenore) mis en place par une équipe du CNRS et de l’université Grenoble Alpes. Au total, 29 000 personnes, venues dans leur caisse, ont été interrogées sur un éventuel renoncement aux soins au cours des 12 derniers mois. A l’arrivée, 7 000 ont répondu part l’affirmative. « Il faut prendre ce chiffre avec précaution. On ne peut pas dire qu’un quart de la population française est concerné par ce problème mais un quart des personnes s’étant déplacé dans les locaux de leur caisse », précise Jean-Yves Casano, directeur de la caisse primaire de la Somme. « On peut penser que ces assurés ont peut-être plus de problèmes que d’autres, notamment d’accès aux soins. Même si on reçoit aussi beaucoup de gens, très bien insérés, qui viennent régler juste un problème administratif », ajoute-il.

Des enquêtes déclaratives à prendre avec prudence

 

La précision est importante. Car les enquêtes sur le renoncement aux soins font souvent débat. « Beaucoup de nos concitoyens renoncent à se faire soigner pour des raisons financières. Cela peut concerner jusqu’à un Français sur trois », avait affirmé en 2014 Marisol Touraine pour défendre sa réforme d’un tiers-payant généralisé. Mais selon certains spécialistes, il faut rester prudent face à ces enquêtes uniquement déclaratives. Et à l’époque, certains syndicats de médecins avaient répliqué à la ministre que ces renoncements concernaient peu les soins médicaux mais surtout les patients n’ayant plus les moyens d’aller chez le dentiste ou de refaire leurs lunettes.

Des renoncements à des soins dentaires, d’optique mais aussi médicaux

 

C’est dans ce contexte qu’intervient cette nouvelle enquête. Elle montre que le renoncement concerne, effectivement, d’abord des soins chez le dentiste. Les soins, qui n’ont pas été effectués, concernent à 38 % des prothèses dentaires mais aussi à 33 % des soins dentaires conservateurs. « C’est vraiment regrettable car ces soins conservateurs sont globalement bien pris en charge par l’assurance-maladie ou les mutuelles », indique Héléna Revil, chercheur à l’Observatoire. Dans 18 % des cas, ces renoncements concernent des achats d’optique. Mais, plus nouveau, 20 % des soins, ayant fait l’objet d’un renoncement, concernent des consultations chez un ophtalmologiste, 14 % des consultations chez un autre médecin spécialiste et 13 % chez un généraliste.

Un reste à charge trop élevé ou l’impossibilité de faire l’avance de frais

 

Tous soins confondus, ces renoncements s’expliquent, trois fois sur quatre, par une raison financière. « Dans 59% des cas, les personnes se sont abstenues à cause d’un reste à charge qu’elles ne pouvaient pas assumer ou, dans 32% des cas, parce qu’elles ne pouvaient pas faire l’avance des frais », indique Héléna Revil. Dans certaines situations, le problème concerne des délais de rendez-vous trop lointains. « On voit des personnes qui, à un moment, ont mis de côté un petit pécule de 50 ou 60 € pour avancer les frais d’une consultation, poursuit-elle. Et qui ne savent pas si, dans six mois, une fois qu’elles auront rendez-vous chez le médecin, elles auront toujours cette somme à disposition. Du coup, elles laissent tomber ».

« Des gens qui, par pudeur, n’osent pas réclamer »

 

Parfois, ce renoncement est lié au fait que les assurés ne font pas valoir les droits qui leur permettraient de se faire soigner. « Dans le département de la Somme, nous avons 90 000 personnes ayant des revenus inférieurs aux seuils de pauvreté. Et pourtant, nous n’avons que 65 000 assurés qui bénéficient de la CMU-C », souligne Jean-Yves Casano, C’est le même phénomène avec l’ACS, un dispositif d’aide financière permettant à certains assurés de se payer une mutuelle. En 2011, au niveau national, seulement 22 % des personnes, éligibles à cette aide, avaient fait valoir leur droit. « On voit beaucoup de gens qui, par pudeur, n’osent pas réclamer ni même avouer qu’elles n’ont pas les moyens d’aller chez le médecin », souligne Héléna Revil.

(...)

Lacroix.fr, 28/03/2017.
Article intégral en ligne : http://www.la-croix.com

jeudi 13 avril 2017

Laïcité : une circulaire pour préciser son application dans les services publics

Le 15 mars 2017, la ministre de la fonction publique a publié une circulaire précisant le sens et la portée pour les agents publics du principe de laïcité. Elle fait suite au rapport "Laïcité et fonction publique" remis par Émile Zuccarelli en décembre 2016.

Le respect du principe de laïcité inscrit dans la loi

La loi du 20 avril 2016 relative à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires a inscrit, parmi les obligations qui s’imposent aux agents publics, le respect du principe de laïcité et son corollaire l’obligation de neutralité. Ces obligations s’imposent à tous les salariés d’un service public quel que soit leur statut.
Dans l’exercice de leurs fonctions, les agents publics ne doivent pas manifester leurs convictions religieuses. Le non-respect de ces obligations peut justifier une sanction disciplinaire.
La circulaire énumère les cas qui constituent un manquement à l’obligation de neutralité : port de signe d’appartenance religieuse dans le service, inscription d’une adresse électronique professionnelle sur le site d’une association cultuelle, prosélytisme, etc.
En outre, les agents publics doivent traiter de façon égale tous les usagers quelle que soit leur appartenance religieuse. Les usagers d’un service public sont libres de manifester leurs opinions et leurs convictions religieuses.
Il existe cependant des restrictions à cette liberté. La loi du 15 mars 2004 interdit, par exemple, le port de signes religieux ostentatoires dans les écoles, collèges et lycées publics. Pour des impératifs de sécurité, de santé ou d’hygiène, des mesures peuvent être prises pour encadrer la manifestation des croyances. La Charte de la personne hospitalisée prévoit ainsi que "l’expression des convictions religieuses ne doit porter atteinte ni au fonctionnement du service, ni à la qualité des soins, ni aux règles d’hygiène (...)".

Renforcer la culture de la laïcité dans la fonction publique

Dans le prolongement de la loi du 20 avril 2016, la circulaire tend à renforcer la culture de la laïcité dans la fonction publique.
Pour cela, le dispositif de formation sur le principe de la laïcité va être intensifié tout au long de la carrière des agents publics. La formation initiale va comprendre une formation à l’explication du principe de laïcité, sa mise en perspective historique, sa portée juridique et son application au quotidien. Dans chaque établissement du réseau des écoles de service public, un référent doit être désigné pour mettre en place cet enseignement.
Pour accompagner les agents publics dans leur pratique professionnelle, un référent laïcité doit être clairement identifié dans chaque administration.
Le 9 décembre, jour anniversaire de la loi de 1905 de séparation des églises et de l’État, doit devenir une journée d’échange pour valoriser la laïcité afin de réaffirmer l’attachement de la fonction publique à la laïcité.

Source : Site internet Vie Publique : Direction de l'information légale et administrative.

lundi 10 avril 2017

Les femmes françaises deviennent mères toujours plus tard

L’âge de la première maternité n’a cessé de reculer depuis 1974. À cette date, les femmes avaient leur premier enfant à 24 ans contre 28,5 ans en 2015. 


Les mères accouchent de leur premier enfant en moyenne 4,5 ans plus tard qu’en 1974. C’est ce que révèle une étude publiée par l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques ), le 27 mars. Elles sont, par conséquent, plus âgées lors de l’accouchement du deuxième enfant (31 ans en moyenne) et de leur troisième (32,6 ans).
Ce mouvement n’est pas propre à la France. Dans presque tous les pays européens, l’âge de la première maternité a reculé depuis 2010. En 2014, l’âge de la première maternité des femmes européennes était de 28,8 ans en moyenne. C’est en Bulgarie où les femmes deviennent mère le plus tôt, aux alentours de 25,8 ans. Au contraire, en Italie, elles attendent environ 30,7 ans.

En France, des disparités existent. Les femmes immigrées deviennent mère plus tôt que les femmes françaises. Les futures mères nées en Turquie accouchent de leur premier enfant vers 24,3 ans en moyenne, tandis que celles nées au Portugal donnent naissance pour la première fois vers 26,3 ans.
«Les femmes nées en Turquie ou au Portugal sont plus souvent sans diplôme que celles nées en Europe hors Portugal. Les facteurs culturels, comme la fécondité dans le pays d’origine, peuvent aussi expliquer les comportements différenciés de fécondité parmi les immigrées», note l’Insee.

Des facteurs sociologiques

 

La première raison de ce recul de l’âge de la maternité serait donc l’allongement de la durée des études. Les femmes diplômées du supérieur s’installent en général avec leurs conjoints plus rapidement et vivent plus longtemps à deux avant d’avoir un enfant. À l’inverse les femmes peu ou pas diplômées ont leur premier enfant plus tôt, aux alentours de 25,6 ans en 2012, soit quatre ans avant les plus diplômées.


vendredi 7 avril 2017

Soins dentaires, quels tarifs les dentistes ne doivent pas dépasser ?

C'est un règlement arbitral assurance maladie/dentistes qui fixe les nouveaux tarifs dentaires pour 5 ans. Il s'agit d'un plafond que les dentistes ne doivent pas dépasser.


Faute d’entente  entre l’assurance maladie, les mutuelles et les chirurgiens-dentistes sur les tarifs des consultations et des soins , il a été fait appel à l’arbitrage de la Cour des comptes. Il en est ressorti un règlement arbitral qui vient d'être acté par

UNPPD (Union nationale des prothésistes dentaires)

Ce règlement organise, depuis le 1er avril, les relations sécu/dentistes mais surtout fixe les tarifs dentaires pour 5 ans sauf s'ils s'accordent sur une nouvelle convention nationale.
Quelques exemples :

- plafonnement des tarifs des prothèses dentaires sur 4 ans à l’exemple du plafond tarifaire maximal de la couronne céramo-métallique qui sera fixée à 550 euros en 2018, 530 euros en 2019, 510 euros en 2020.

- détartrage et polissage = 28,92 euros.

- bridge = 279,50 euros.

- pose d'un implant chez l'enfant = 438,90 euros (2 implants = 806,74 euros, 3 implants = 1 174,58 euros, 4 implants = 1 542,42 euros)

- pose d'un implant chez l'adulte = 422,18 euros ( 2 implants = 785,84 euros, 3 implants = 1 149,50 euros, 4 implants = 1 513,16 etc.)

- déplafonnement des tarifs des couronnes et prothèses dentaires  pour les bénéficiaires de la CMU-C et extension de la prise en charge à certains actes qui ne le sont pas actuellement.

- amélioration de la prévention et des soins courants.

- amélioration de la prise en charge ciblée (par exemple prise en charge à 100% d’examen bucco-dentaires  de suivi pour les jeunes à 21 ans et à 24 ans).

(...)

L'Humanité, 04/04/2017.

Article intégral en ligne : http://www.humanite.fr

mercredi 5 avril 2017

Sida: vers une nouvelle piste pour éliminer le virus

Des chercheurs français ont réussi à détecter les cellules où se cache discrètement le virus latent.


Aucun médicament ne permet pour le moment d’éliminer totalement le VIH (le virus responsable du Sida) chez un malade. Car si les tri thérapies permettent de contrôler l’infection, elles n’entraînent pas l’extermination totale du virus. Celui-ci peut se cacher pendant plusieurs dizaines d’années dans des cellules de l’organisme, les cellules «réservoirs», échappant ainsi à la réponse immunitaire et aux traitements. 

Jusqu’à maintenant, il n’existait aucun moyen de repérer ces cellules, hôtes silencieuses du virus. Pour la première fois, des chercheurs français ont identifié un marqueur qui permet de les reconnaître, et qui permettra, un jour peut-être, de les éradiquer. Leur découverte, fruit de cinq années de travail, a été dévoilée mercredi dans la prestigieuse revue Nature .
«Nous savions que ces cellules réservoirs existaient et qu’il y en avait une sur un million. Ce sont des cellules du système immunitaire, les lymphocytes T CD4. Par contre, nous étions incapables de les identifier, expliquent Benjamin Descours et Gaël Petitjean, coauteurs de l’étude et chercheurs au département de virologie moléculaire, dirigé par le Pr Monsef Benkirane, au CNRS de Montpellier. Désormais, nous connaissons un marqueur, et plus précisément une protéine exprimée à la surface de ces cellules dormantes infectées, la protéine CD32.»

La découverte du marqueur

 

Tout a commencé en 2011, lorsque des chercheurs de ce même laboratoire ont montré comment infecter par le VIH les lymphocytes T CD4. «Après avoir infecté des lymphocytes, nous avons regardé quels gènes s’exprimaient par rapport à un lymphocyte sain. Nous avons sélectionné le gène qui s’exprimait le plus, c’est comme cela que nous avons découvert le gène codant le marqueur CD32», racontent les chercheurs.
Tentative de description de la révélation de CD32A comme marqueur des cellules réservoir du VIH1 / © Fabrice Hyber, pour Organoïde/Institut Pasteur

Pour confirmer leurs résultats, ils ont analysé le sang de 12 patients vivant avec le VIH et sous trithérapie. «Grâce à des anticorps, nous avons isolé les cellules du sang exprimant le marqueur», poursuit Benjamin Descours. Résultat? Un nombre infime de lymphocytes T CD4 (0,0012%) exprimait la fameuse protéine CD32. Et la quasi-totalité de ces cellules était effectivement infectée par le virus. Pas de doute: ces cellules étaient bien des cellules réservoirs. Les chercheurs estiment qu’un malade atteint du VIH doit avoir quelque 4000 cellules réservoirs parmi les 4 milliards de lymphocytes CD4 T qui circulent dans les 5 litres de sang.
Reste à savoir si ce marqueur permet de reconnaître toutes les cellules réservoirs du corps ou si d’autres existent et diffèrent selon les parties du corps. «Le sang contient 2% des lymphocytes de l’organisme et nous savons que la majorité des réservoirs se trouvent dans les tissus. Nos résultats sont une petite photographie d’une réalité mais nous ne savons pas s’ils sont représentatifs. Mais il nous est plus facile d’avoir accès au sang que de faire des biopsies de muscles ou d’organes», soulignent les chercheurs.
«À long terme, cette découverte devrait déboucher sur des stratégies thérapeutiques visant à éliminer le virus latent de l’organisme, affirme le Pr Benkirane. Mais la priorité est de comprendre comment fonctionnent ces réservoirs viraux».

Le Figaro santé, 16/03/2017.

lundi 3 avril 2017

Sida : des chercheurs font une découverte majeure

Une équipe de chercheurs français a mis au jour un marqueur permettant de différencier les cellules "dormantes" infectées par le VIH des cellules saines.

 

Sida : des chercheurs font une découverte majeure
Cette découverte devrait à long terme permettre de développer 
de nouvelles "stratégies thérapeutiques". ( JAUBERT/SIPA)

C'est une découverte majeure. Des chercheurs français ont révélé l’existence d’un marqueur – une protéine – permettant de différencier, chez un patient séropositif, les cellules "dormantes" infectées par le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) des cellules homologues saines très ressemblantes. Ces travaux ont été réalisés par une équipe française issue de la collaboration entre plusieurs organismes et hôpitaux*, dans le cadre du programme de l’ANRS (Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales) "Réservoirs du VIH". Les résultats ont été publiés, mercredi 15 mars, dans la revue "Nature".  
Depuis 1996, les scientifiques sont convaincus que la lutte contre le sida passera par le ciblage de "cellules réservoirs" qui abritent le virus dans les organismes des patients sous trithérapie (association de trois médicaments antirétroviraux renforçant la puissance du traitement contre le VIH). Grâce à ce traitement pris à vie, l’infection peut être stoppée.

Des cellules difficilement détectables       

             
Néanmoins, le virus n’est pas éradiqué de l’organisme, puisqu’il persiste, à l’état latent, dans une très faible proportion de globules blancs (cellules du système immunitaire), les lymphocytes T CD4, qu’il infecte. Ces cellules seraient au nombre de "1 à 5 sur 1 million", selon les propos du directeur de l’Institut de génétique humaine, Monsef Benkirane, au "Parisien".
Le virus "dormant" peut rester une dizaine d’années dans ces "réservoirs cellulaires" et échappe à la réponse immunitaire chargée de le détruire et aux traitements antirétroviraux. Il ne donne alors aucun signe de vie. Aucune protéine virale, qui donne au virus son pouvoir infectieux, n’est exprimée. Les médecins ne peuvent donc pas détecter la charge virale (évaluation de la quantité de virus par millilitre de sang), contrôlée par le traitement, chez les patients. Le danger n’est pour autant pas écarté, puisqu’en cas d’arrêt de la trithérapie, le virus va se multiplier massivement entraînant une nouvelle progression de la maladie.



La protéine CD32a, marqueur des cellules "dormantes"


La première étape pour espérer éliminer ces virus "dormants" est donc de trouver un moyen de traquer ces cellules. Les chercheurs sont partis de l’hypothèse que le VIH pouvait laisser une empreinte à la surface des "cellules réservoirs". Grâce à des travaux menés in vitro sur des cellules saines et infectées, ils sont parvenus à identifier une protéine baptisée CD32a, présente uniquement à la surface des lymphocytes infectés. Des tests réalisés à partir de sang de 12 patients séropositifs sous traitement ont confirmé leurs résultats.
Ils ont également remarqué qu'activer in vitro ces cellules entraînait la production de virus capables de réinfecter des cellules saines. A contrario, leur élimination a engendré un retard important de la production virale.
"Dans la lutte contre le VIH, cette découverte ouvre la voie à une meilleure connaissance fondamentale des réservoirs viraux, qui pourront désormais être isolés facilement et analysés directement. A plus long terme, elle devrait déboucher sur des stratégies thérapeutiques visant à éliminer de l’organisme le virus latent", a déclaré l’équipe de chercheurs dans un communiqué.
Pour le chercheur sur le sida de l’Université de Californie à San Diego, Douglas Richman, qui n’a pas participé à ces travaux, plusieurs choses restent à déterminer, comme le rapporte Europe 1. Tout d’abord, il est nécessaire de savoir si la protéine CD32a joue un rôle actif pour permettre au virus de s’installer dans les cellules dormantes.
Il reste également à établir si cette protéine est un bon marqueur pour les lymphocytes T CD4 se situant ailleurs que dans le sang, dans les ganglions lymphatiques, la moelle osseuse, l'intestin et d'autres tissus qui pourraient contenir également des cellules réservoirs. Il indique tout de même que cette étude est potentiellement majeure.

Marlène Thomas                             
* Le CNRS, l’Université de Montpellier, l’Inserm, l’Institut Pasteur, l’hôpital Henri-Mondor AP-HP de Créteil, le CHU de Montpellier et le VRI (Institut de recherche vaccinale)

L'Observateur, 16/03/2017.

samedi 1 avril 2017

Comprendre la laïcité en France en trois minutes

On entend tout et son contraire sur la laïcité. Pourtant, la loi de 1905 et les autres textes de loi qui s’y rapportent sont clairs et permettent de définir ce qui est autorisé et ce qui est interdit, selon les lieux et les statuts des personnes. Liberté de conscience, séparation stricte de l’Église et de l’État, égalité de tous devant la loi… Le blog Dessine-moi la société vous explique tout en trois minutes.

Le Monde, 16/03/2017.