samedi 6 septembre 2014

Epidémies, la menace invisible

Le Documentaire enquête d'Arte, diffusé mardi 9 septembre 2014 : Ebola, H7N9, SRAS... enquête sur les virus les plus inquiétants




Ébouillanté, grillé, puis cuit avec une herbe qui en atténue fortement le goût, le rat noir de Chine donne un bol de viande assez fine, paraît-il. Encore faut-il ne pas -lésiner sur la durée de séjour du rongeur dans la marmite, tant il est porteur  de virus. Et des virus qui, comme les scientifiques commencent à s'en apercevoir, évoluent, changent et mutent au fil du temps, lorsque, fuyant la déforestation, leur hôte -arrive en ville.
Du rat à la puce  ou à l'acarien, voire  à la tique, avant une éventuelle transmission à l'homme, les virus -démarrent alors leur  transhumance, apportant de  nouvelles maladies chez les citadins.
Flambée d'Ebola en AfriqueUn mécanisme similaire est à l'œuvre avec  la chauve-souris en Guinée et au Gabon, selon des chercheurs qui travaillent en ce moment même sur la flambée d'Ebola en Afrique : l'extension de l'agriculture et la déforestation qui en découle entraînent  une migration des chauves-souris vers les villes, d'où un stress les amenant à excréter plus d'agents -pathogènes que dans leur milieu premier. Or  les chauves-souris, à l'origine de l'épidémie d'Ebola, représentent un cinquième des mammifères du globe. Un immense réservoir de virus.
Dommage que ce documentaire long et didactique, coécrit par Anne Poiret et Raphaël Hitier, fasse trop peu état du mouvement One Health, instigateur du lien entre bouleversements environnementaux pour les animaux et santé humaine, entre nouvelles pratiques sociales et maladies émergentes. Le film  sera fort heureusement suivi d'un débat pour faire état de la recherche sur ces "  menaces invisibles  ".
Martine Delahaye

Documentaire d'Anne Poiret (France, 2014, 122 min).
Bande annonce : http://www.arte.tv/guide/fr/050590-000/epidemies-la-menace-invisible

Paroles de réfugiés : Arte donne carte blanche à des artistes pour évoquer le sort des populations déplacées


Ils sont  réfugiés  et n'ont jamais été aussi nombreux. Selon les chiffres fournis par l'ONU, plus de 51  millions  d'êtres humains sont contraints de vivre sur une terre qui n'est pas la leur. 

Parqués dans des camps à travers le monde, certains survivent  sous des tentes ou  dans des baraques en tôle, d'autres sont hébergés  dans des centres collectifs bien établis.  Plus de la moitié sont localisés  en Asie et près de 29  % en Afrique pendant des années.
Qui sont-ils ? Pourquoi sont-ils arrivés là ? Quel est leur avenir ? C'est pour répondre à ces différentes questions et raconter leur(s) histoire(s) que  les équipes d'Arte Reportage, en partenariat avec  l'UNHCR, l'Agence des Nations unies pour les réfugiés, sont parties à leur  rencontre  au -Népal, en  Irak, au  Liban et au  Tchad. Dans la foulée, seize artistes (réali-sateurs, écrivains, photographes et auteurs de bandes dessinées) se sont installés trois  semaines dans ces camps et ont  rapporté des  récits très personnels de leur expérience.
Deux films très personnels......................

Lire la suite sur le journal Le Monde du 06/09/2014.
Et à regarder sur Arte,
à 18h35 sur Arte.tv.

jeudi 4 septembre 2014

Dossier : Éduquer au XXIe siècle

Comment éduquer les enfants ? 


Hier encore, chacun avait sa réponse. Deux camps s’affrontaient, pédagogues contre républicains, luttant chacun pour imposer sa méthode. D’un côté, l’enfant au centre, son intelligence, sa curiosité naturelle, son épanouissement ; de l’autre, l’autorité du maître, la discipline, l’effort, le mérite. 


Il a suffi d’une décennie pour que les certitudes s’affaissent. Il a suffi, surtout, d’un séisme nommé Pisa. Édition après édition, tel le cruel miroir de Blanche-Neige, ce classement international des systèmes scolaires nous rappelle qu’il y a meilleur que nous. La France est en milieu de tableau, et le milieu n’est jamais loin – du moins étymologiquement – de la médiocrité. 


Notre modèle républicain serait-il donc mauvais ? Disons plutôt, comme François Dubet, qu’il arrive peut-être au terme de son histoire. Depuis Jules Ferry, tout a changé : l’enfant, sommé dès le berceau d’être autonome, critique et connecté ; la société, simultanément mondialisée et individualiste ; l’école, autrefois sanctuaire, aujourd’hui poreuse aux problèmes sociaux. 

L’heure est à l’humilité. Elle oblige à admettre, comme Marcel Gauchet, que « nous n’avons pas trouvé la bonne école ». Mais rien n’empêche de chercher. Avec ce dossier, nous dessinons des pistes. Les modèles qui marchent à l’étranger, mais aussi leurs limites. Les promesses tenues par Internet. Les innovations concrètes qui se déroulent au sein des établissements, à l’ombre des grands principes. Les idées à exhumer, celles à inventer, pour penser ensemble l’éducation de demain. (...)



Par Héloïse Lhérété, le 20/08/2014.
Dossier complet disponible au Centre de ressources du DPFI.

Projet de loi santé : les stages infirmiers bientôt étendus aux cabinets libéraux


Les étudiants infirmiers pourraient prochainement réaliser leurs stages dans des cabinets libéraux agréés. 

C'est ce que prévoit l'article 28 du projet de loi santé.
Il remplacerait l'article L. 4311-12 du code de la santé publique, qui permettait d'effectuer des stages uniquement « dans les établissements ou services agréés pour l'accomplissement des stages ». L'article 28 élargit ce champ aux « établissements de santé ou médico-sociaux, structures de soins ambulatoires et cabinets libéraux agréés pour l’accomplissement des stages. Les étudiants peuvent réaliser personnellement des actes dans chaque lieu de stage, sous la responsabilité d’un infirmier diplômé ».
L'exposé des motifs de la loi rappelle qu'« actuellement, [...] un professionnel paramédical ne peut facturer des actes réalisés par un stagiaire même si les actes du stagiaire ont été réalisés en sa présence et sous sa responsabilité. Seul un remplaçant en libéral est autorisé à facturer et à solliciter le remboursement de l’acte effectué à la place du professionnel conventionné ».
Pour le gouvernement, « permettre le développement des stages en structure ambulatoire et en cabinet libéral, ainsi que la réalisation par le stagiaire d’actes de soins pris en charge par l’assurance maladie sous la supervision du professionnel maître de stage, est de nature à diversifier les lieux de stages en lien avec le parcours du patient ». Une mesure à surveiller lors de la présentation du projet de loi en septembre par la ministre de la Santé, Marisol Touraine...

Publié le 03/09/14 sur inflib.com, site d'infirmiers libéraux.

Edgar Morin : " Inventer une sociologie du présent "

Né en 1921 Edgar Morin est directeur de recherche émérite au CNRS, président de l'Agence européenne pour la culture (Unesco) et président de l'Association pour la pensée complexe. Ancien résistant, intellectuel de renommée internationale, il a notamment élaboré sa sociologie du temps présent dans les colonnes du Monde, à travers cinquante ans de tribunes et d'interventions réunies par les éditions L'Archipel (Au rythme du Monde, à paraître en octobre  2014). 

 

Vous n'avez gardé aucun souvenir des conditions de la publication de votre premier article, consacré à la mythologie des stars, en août  1960. En revanche, ceux consacrés à la nouvelle classe d'âge et au phénomène des yé-yé  de l'été 1963 restent gravés dans votre mémoire. Pour quelles raisons  ?

Parce qu'ils sont fondateurs de ma collaboration avec Le Monde. Au début de l'été 1963, je reçois un appel de Jacques Fauvet, alors rédacteur en chef du journal. Il me demande d'analyser un événement qui avait surpris la presse et débordé les forces de l'ordre. Le 22  juin 1963, l'émission de radio " Salut les copains " avait convié ses jeunes auditeurs à une grande fête musicale sur la place de la Nation, à Paris, pour fêter son premier anniversaire. Entre 150  000  et 200  000  jeunes s'y retrouvent, pour un concert gratuit où se produisent notamment Richard Anthony, Les Chaussettes noires, Les Chats sauvages, Sylvie Vartan et Johnny Hallyday. Mais ce rassemblement, qui devait être bon enfant, a tourné au chaos  : grilles arrachées, voitures renversées, adultes pris à partie, rixes, etc.
Le Monde cherchait un "  sociologue  " pour expliquer le phénomène. Or, aucun des chercheurs classiques en sociologie ne s'était alors intéressé à cette jeunesse façonnée et fascinée par les médias. Je rédigeai  ainsi un long article qui parut en trois numéros successifs, dans lequel j'expliquais qu'une nouvelle classe d'âge émergeait, incarnée par le yé-yé, mue par le plaisir du jeu, l'envie de jouir et de s'affirmer dans une société à la fois individualiste et en recherche d'extase collective. Je diagnostiquai que l'adolescence contemporaine portait  en elle avec une extrême intensité  l'aspiration qui a traversé toute l'histoire de l'humanité et se trouve endormie dans le monde adulte  : la quête de la plénitude personnelle au sein d'une communion fraternelle et solidaire. En somme, l'épanouissement du "  je  " dans un "  nous  ".

ÉCONOMIE DE LA CONNAISSANCE : les vertus négatives du redoublement

Rentrée ne rime pas avec nouveauté pour tout le monde


Deux pour cent des élèves n'auront eu cette année ni nouveaux professeurs ni nouvelle classe. Ces 200 000 élèves n'auront eu droit à aucune nouveauté mardi 2 septembre, puisqu'ils ont redoublé. Tous les ans, c'est pareil. Sur les 10 millions d'élèves de 15 ans ou moins qui reprennent le chemin de l'école, une partie d'entre eux piétine parce que le système français n'a jamais réussi à inventer un dispositif qui permette de lutter contre l'échec scolaire.
Depuis des années, on sait pourtant la pratique au minimum inefficace. En général, l'élève progresse l'année du redoublement, puisqu'il refait un programme déjà vu, mais ne conserve pas ce bénéfice les années suivantes, quand il doit à nouveau marcher au rythme d'une classe et être confronté à l'assimilation de nouveautés. Toutes les études montrent aussi qu'un redoublant perd confiance en lui et traînera longtemps cette trace psychologique. Mais faute d'alternative, on continue… en préconisant toutefois de limiter la pratique.
A cette rentrée, on dirait quand même qu'une porte de sortie s'entrebâille. Ou plutôt que le mouvement s'accélère et que la réflexion s'emballe. Pourquoi aujourd'hui ? Parce que le redoublement coûte cher et que l'argent public est devenu rare. Alors dépenser 1,6 milliard d'euros pour une pratique qui ne sert à rien commence à faire réfléchir. Le Conseil national d'évaluation du système éducatif (Cnesco) a en effet évalué à 415 millions d'euros le redoublement au primaire et à 1,15 milliard d'euros dans le secondaire (soit 460 millions pour le collège et 690 millions pour le lycée général en 2012)… C'est plus que l'argent consacré à l'éducation prioritaire.


Lire la suite sur Le Monde du 04/09/2014

LE LIVRE Le cri du cœur d'un jeune chômeur

Petite lecture de la rentrée



Le Bomeur, une vie de bobo chômeur est le premier et le dernier livre de Nathanaël Rouas. Il s'agit d'un récit autobiographique, et non d'un roman ou d'un essai qui pleurerait sur le sort d'une jeunesse sacrifiée sur l'autel de la crise économique : un cri du cœur, presque un coup de gueule. C'est le témoignage d'un jeune " au parcours sans fautes ", bac + 5, ambitieux, plutôt bourgeois de condition sociale, enfin bobo (bourgeois bohème). Il est directeur de création dans une agence de pub le jour où, à 26 ans, il prend sa première claque : sa société est liquidée, il se retrouve au chômage ; une situation dont il n'avait jamais imaginé qu'elle pourrait le concerner.
Bobo et chômeur à la fois… Un cocktail qui fait de lui un personnage romanesque qui vit au rythme du zapping, des relations éphémères. Mais qui garde la face, quoi qu'il arrive, en se drapant dans la désinvolture, ultime protection de sa dignité…
Exutoire à la colère de toute une génération
**" Tu vas voir, Nat - hanaël - , au début c'est trop cool, hein, le chômage, en plus, toi, c'est en plein pendant l'été, c'est juste des vacances prolongées pour le moment.
— Franchement, c'est mortel, j'en avais besoin en plus, je commençais à fatiguer. "
**Mais le travail n'est pas un objet comme un autre, c'est ce que Nathanaël semble découvrir et dévoile jour après jour au lecteur dans son introspection. " C'est bizarre comme sensation de voir tout le monde retourner au travail et de se dire qu'on n'en a pas. "
De la première à la dernière page, le livre ne se départ pas de sa légèreté, portée par un style aux phrases fleuries de grossièretés et de néologismes SMS, comme pour mieux faire contrepoids à l'importance du statut social qu'il a perdu, et dont l'absence lui pèse chaque jour un peu plus : " Je suis une merde " ; " Ne me regardez pas comme ça, bordel ! "
Quelque 260 pages en guise d'exutoire à la colère ? Probablement, mais pas seulement celle de Nathanaël, celle de toute une génération. Nathanaël se raconte en " bande ", car ils sont nombreux, les " bomeurs " aux terrasses de café qui continuent à donner le change, à esquisser des projets pour se reconvertir jusqu'à ce que " leur dernière miette d'ego " soit rongée par le sentiment d'exclusion.
Sauf s'ils rebondissent, comme Nathanaël. Mais il le jure, il ne sera plus salarié !
Anne Rodier

Le Bomeur, une vie de bobo chômeur
Nathanaël Rouas, Robert Laffont, 264 pages, 18,50 euros.
Via le site Le Monde.fr

L'édition française a-t-elle des raisons de craindre Amazon ?

Des auteurs allemands et américains pétitionnent contre Amazon,
qui tente d'imposer ses prix sur le marché du livre numérique.
Si, en France, la loi sur le prix unique empêche ce type de pratique,
le secteur de l'édition est-il pour autant à l'abri de ce géant du Web ? Comment préserver le livre et les intérêts des auteurs ?





 lire la suite au CDR (DPFI de Lormont ou EFMS Talence )
© Le Monde du 04/09/2014

Forte hausse des naissances multiples en 2013

De plus en plus de femmes ont recours à la fécondation in vitro après 45 ans
Malgré une légère baisse des naissances en 2013 (– 1,2 %) corrélée à la crise et au chômage, la France reste l'un des pays les plus féconds d'Europe, selon l'étude de l'Insee sur les naissances en France en 2013 rendue publique mercredi 3 septembre. Mais le point le plus saillant et inédit de cette étude est que les grossesses gémellaires se multiplient, en particulier chez les femmes âgées de plus de 45 ans.
Sur les 805 801 accouchements comptabilisés en France en 2013, 13 898 d'entre eux étaient multiples (soit 1,7 % des accouchements). Si, en dix ans, la proportion de ce type de naissances progresse faiblement, passant de 1,5 % à 1,7 % chez les femmes de moins de 40 ans et de 1,8 % à 2,4 % pour les 40-44 ans, cette part a fortement augmenté chez celles qui ont dépassé les 45 ans. Le taux passe alors de 2,8 % à 5,7 % sur cette même période.
Cette hausse est " en partie liée au fait que les mères plus âgées ont plus souvent recours à l'assistance médicale à la procréation. Ces méthodes induisent en effet plus fréquemment des grossesses multiples ", indique la note de l'Insee.
Le professeur Alexandra Benachi, chef du service de gynécologie-obstétrique à l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart, confirme ce lien. Elle n'est pas non plus étonnée par l'augmentation des naissances gémellaires chez les femmes de plus de 45 ans. " La procréation médicalement assistée a banalisé ces naissances ", confirme-t-elle.
La fréquence de ces grossesses multiples s'explique par la nécessité pour les médecins de maximiser les chances de réussite de l'opération en implantant plusieurs embryons. Le processus, parfois long et coûteux – au moins 5 000 euros –, demande la mise en œuvre d'une logistique complexe, ne serait-ce que pour organiser les déplacements. Les patientes attendent donc un résultat.
Grossesses à risque
Le professeur Benachi observe aussi une recrudescence des naissances gémellaires " depuis quatre ou cinq ans " dans les consultations de son service où l'on est habitué à traiter ces grossesses difficiles. Si certaines quadragénaires deviennent mères de manière naturelle, les autres appartiennent à " une nouvelle catégorie " de femmes, mues par un fort désir d'enfant, qui ont reçu un don de gamètes à l'étranger (en Espagne, Grèce ou dans les pays de l'Est par exemple) pour concrétiser leur envie.
Celles qui choisissent de mener une grossesse tardive sont souvent " des femmes qui ont privilégié leur carrière et se décident sur le tard à avoir un enfant, des femmes sans conjoint et des femmes à la tête de familles recomposées en couple avec un homme plus jeune sans enfants de son côté ", souligne Alexandra Benachi.
Pourtant, explique le professeur, les médecins veillent aujourd'hui à ne pas implanter plus de " deux ou trois embryons " pour justement limiter les possibilités de naissances multiples. Car ces grossesses tardives restent des grossesses à risque.
Faïza Zerouala
© Le Monde

mardi 2 septembre 2014

MÈRES PORTEUSES : LES DÉRIVES EN QUESTION



L’affaire du bébé Gammy abandonné en Thaïlande a relancé le débat sur la GPA, une pratique décidément polémique.

C'est le drame de l'été qui relance le débat sur la gestation pour autrui (GPA), révélant les dérives du marché mondialisé des mères porteuses. Au coeur de l’affaire, Gammy, 7 mois, né trisomique et avec ce que l’on croyait être une malformation cardiaque (diagnostic finalement écarté). Selon la mère porteuse thaïlandaise qui l’a mis au monde, les parents australiens qui ont eu recours à ses services auraient refusé de prendre le petit garçon et seraient rentrés chez eux avec sa sœur jumelle, en parfaite santé, elle. Les parents biologiques réfutent cette version. Wendy et David Farnell n’auraient pas été informés de la trisomie 21 avant la naissance ni du refus de la mère porteuse d’avorter, en accord avec sa foi bouddhique. Ils auraient souhaité emmener le garçon malgré tout, mais en auraient été dissuadés car il ne devait pas survivre. Qui dit vrai ? Cela soulève nombre de questions. GPA