mercredi 11 mai 2016

Cancers en France : un décès sur trois attribuable au tabac

En 2014, près de 150 000 personnes sont mortes d'un cancer en France. Une part de ces décès est liée au tabac et à l'alcool, des facteurs de risque évitables.


Depuis 2005, l’incidence du cancer diminue en France, selon le dernier rapport de l’Institut National du Cancer (INCa). En 2015, 385 0000 personnes ont été diagnostiquées en métropole. Environ 211 000 hommes ont été touchés, principalement par un cancer de la prostate, du poumon et du côlon-rectum. Chez les femmes, 174 000 nouveaux cas ont été dépistés. Le cancer du sein reste de loin le plus fréquent devant les cancers du côlon rectum et du poumon. 


L'an dernier, 149 500 décès en France métropolitaine ont été comptabilisés parmi lesquels 84 500 hommes et 65 400 femmes.


Mais pourquoi certaines personnes vont-elles être touchées par ces terribles maladies tandis que d’autres ne seront jamais inquiétées ? A cette question, l’INCa indique que l’âge et l’origine génétique sont responsables de 60 % des cancers. Les 40 % restants sont liés à l’environnement, l’alimentation et notre mode de vie.


Tabac et alcool

Parmi ces facteurs de risques comportementaux, le tabac et l’alcool sont les principales causes. « Premier facteur de risque de cancer évitable, la cigarette est responsable de 47 000 décès par an, soit 30 % de la mortalité par cancer », relève l’INCa.
Avec 15 000 décès par an, la consommation d’alcool est, quant à elle, la deuxième cause de cancer évitable.


La nutrition est également pointée du doigt. Consommation trop importante de viande rouge, alimentation trop grasse ou trop sucrée, favoriseraient notamment l’apparition de cancers digestifs. « Les études menées au Royaume-Uni estiment que 20 à 25 % des cancers sont attribuables aux facteurs nutritionnels », souligne les experts dans leur rapport. A l’inverse, une alimentation riche en fruits et légumes, équilibrée et saine pourrait prévenir l’apparition de ces pathologies.


Un environnement néfaste


L’INCa cite également l’environnement mais rappelle que son effet sur la santé reste complexe à évaluer et mesurer. Des projets de recherches européens visent justement à évaluer son impact. Les premiers résultats sont attendus à l’horizon 2016.
De fortes inégalités de risques face aux cancers existent également selon l’environnement professionnel. L’exposition à l’amiante, aux poussières de bois ou à certains rayonnements sont des causes reconnues.



Institut National du Cancer, Publié le 12.05.2016 à 17h02
par Anne-Laure Lebrun , pourquoidocteur.fr

mardi 10 mai 2016

Quels calculs se cachent derrière les logos nutritionnels ?

Quatre types de logos nutritionnels seront testés à la rentrée dans des grandes surfaces françaises. Objectif: savoir lequel conduit le consommateur vers l'assiette la plus saine. 

 
Longtemps annoncés, promis par la loi de Santé du 26 janvier 2016, les logos nutritionnels s'approchent de nos supermarchés. La ministre de la Santé a annoncé mardi dans le Parisien que quatre façons de représenter la qualité nutritionnelle des aliments allaient être testées à la rentrée. Objectif: savoir quelle représentation graphique permet le mieux au consommateur de faire les bons choix, pour une alimentation équilibrée.
La ministre ne s'en cache cependant pas: la réglementation européenne interdira d'imposer quoi que ce soit aux industriels, car cela risquerait d'«entraver la libre circulation des marchandises, notamment donner lieu à une discrimination à l'encontre de denrées alimentaires provenant d'autres États membres». Le gouvernement pourra donc simplement «recommander» un ou plusieurs systèmes aux industriels et distributeurs, libres à eux de s'y plier.

Mais que se cache-t-il derrière chacun d'entre eux ?

• Le système Nutri Score (5-C, ou 5 couleurs)
Les aliments se voient attribuer une couleur parmi 5, du vert (produit de bonne qualité) au rouge (produit à éviter). C'est un système adapté du système des feux tricolores; mais disposer de 5 catégories laisserait une plus grande souplesse pour passer de l'une à l'autre, encourageant les consommateurs à améliorer leurs achats, comme les industriels à modifier leurs recettes.
Mitonné par l'équipe du Pr Serge Hercberg, professeur de nutrition et président du Plan national nutrition santé, il est bâti selon un score calculé avec:
- des points «négatifs»: 0 à 10 points sont attribués pour chacun de 4 nutriments considérés comme défavorables à la santé (calories, acides gras saturés, sucres simples, sel). En théorie, un aliment peut avoir O «point négatif» s'il n'apporte qu'une très faible quantité de calories, et ne contient quasiment pas de graisses saturées, sucres et sel ; à l'inverse, il aura au maximum 40 points négatifs s'il contient beaucoup de tout cela.
- des points «positifs»: de 0 à 5 points pour les nutriments jugés bons pour la santé (fruits et légumes, fibres, protéines). Un aliment aura donc un minimum de 0 «point positif» s'il ne contient que très peu de ces nutriments, et au maximum 15 s'il contient beaucoup de chaque.
Le score total, qui permet d'attribuer une couleur au produit, est égal au nombre de points négatifs auquel on soustrait le nombre de points positifs. Plus le score total est important, moins le produit est donc jugé de qualité. Quelques modulations entrent cependant dans le calcul, selon la quantité de points A obtenus (s'il est trop élevé, la quantité de protéines ne sera généralement plus comptée dans les points «positifs») et selon le produit jugé (une «prime» est donnée aux fruits et légumes, aux protéines des fromages, pour les matières grasses le ratio entre graisses saturées et lipides totaux est pris en compte, pour les boissons les seuils sont modifiés…).


• Le système SENS (système d'étiquetage nutritionnel simplifié, qui a la préférence des industriels)
Il s'agit ici de classer les aliments selon 4 catégories selon qu'ils peuvent être consommés «très souvent», «souvent», «régulièrement en petite quantité» ou «occasionnellement ou en petite quantité».
Développé pour les enseignes du commerce et de la distribution par Nicole Darmon, directrice de recherches à l'Inra. Le système SENS est une adaptation d'un système qu'elle avait mis au point dans le cadre de travaux sur le coût d'une bonne nutrition. L'algorithme, calculé selon les données des tableaux de valeur nutritionnelle, est fondé sur le principe «SAIN et LIM». Là encore, le score global mélange deux composantes:
- les nutriments «positifs»: le score SAIN (Score d'adéquation individuel aux recommandations nutritionnelles) mesure le respect des apports nutritionnels conseillés, selon le ratio pour 100 kilocalories de protéines, fruits et légumes, fibres, et un nutriment spécifique pour trois catégories d'aliments (par exemple le calcium pour les produits laitiers, la vitamine C pour les boissons…)
- les nutriments «négatifs»: le score LIM (pour «Limiter») mesure la teneur en acides gras saturés, sel, sucres libres pour 100g.
L'aliment sera classé en quatre catégories selon les scores SAIN et LIM obtenus: si le SAIN est très fort et le LIM très faible, l'aliment sera vert, si c'est l'inverse il sera violet (les industriels ayant préféré éviter le rouge…). Là encore des modulations sont prévues pour certaines catégories d'aliments. De même, un aliment descendra d'une classe s'il est trop énergétique.

• «Nutri-Repères»

Ce système existe déjà depuis plusieurs années. Il s'agit d'indiquer la quantité de calories, matières grasses, acides gras saturés, sucres et sel apportés par une portion de l'aliment, mais en précisant quelle part des «apports journaliers recommandés» (pour un adulte de d'âge et de corpulence moyenne) est consommée avec le produit. Il s'agit de mettre en valeur la quantité de nutriments «négatifs» consommés avec le produit.

• «Traffics Lights (feux de circulation en anglais)»

Utilisé en Grande-Bretagne, le système reprend les mêmes éléments que le «Nutri-Repère» mais en y ajoutant une composante tricolore: pour chaque nutriment visé, le vert signifiera que les apports sont réduits, l'orange qu'ils sont moyens, le rouge qu'il faut s'en méfier.

• L'étiquetage nutritionnel «traditionnel»

Rendu obligatoire par le règlement Inco (Information des consommateurs sur les denrées alimentaires) en décembre 2014, qui a uniformisé l'étiquetage alimentaire dans toute l'Europe, il est présenté sur la face arrière des emballages alimentaires et est considéré trop complexe pour les consommateurs dépourvus de connaissances nutritionnelles. Les mentions obligatoires sont: la valeur énergétique, la quantité de matières grasses (dont les acides gras saturés), les glucides (dont les sucres simples), les protéines, et le sel. Le tout doit être indiqué pour 100 g ou 100 ml de produit, et éventuellement pour une portion.

• Le design de l'étude qui va être menée en France

L'expérimentation sera conduite «en conditions réelles d'achat». Cinquante grandes surfaces seront sélectionnées, réparties en cinq groupes: dix points de vente pour chacun des quatre systèmes testés (deux synthétiques, le «Nutri-Score» développé par le Pr Serge Hercberg, responsable du Plan national nutrition santé, et «SENS», qui a la préférence des industriels, et deux analytiques, le «Nutri-Repère» existant déjà et les «feux tricolores» des Britanniques) , et dix autres points de vente sans logo en guise de groupe contrôle.
Les logos seront apposés en face avant des produits sélectionnés pour l'étude, sachant que tous les produits appartenant à une même catégorie seront étiquetés (par exemple, toutes les pizzas). Il s'agira de savoir si le fait de donner ce type d'information nutritionnelle pousse le consommateur à composer un panier d'achat, et de savoir quel système l'aide le mieux. Restera une inconnue: l'étude ne dira pas ce que le client du supermarché achète éventuellement ailleurs, ni ce qu'il mange réellement une fois rentré chez lui…

Le Figaro santé, 10/05/2016.

lundi 9 mai 2016

Les études servent-elles à intégrer le monde du travail ?

Avec deux masters obtenus dans une université lilloise, Khalil Kheddar, 28 ans, pensait avoir de bonnes cartes en main pour trouver un emploi. Mais le jeune homme a déchanté. « J’ai bien galéré », constate-t-il, sans compter que « le fait d’avoir un prénom et un nom arabes ne m’a pas du tout aidé ». Aujourd’hui, il a trouvé un emploi de responsable commercial dans une jeune entreprise. Un emploi bien éloigné des études en commerce international et en stratégie qu’il a suivies. « Ce que j’ai appris à la fac, estime-t-il, ne m’a pas du tout servi dans la vie professionnelle. Je pense que l’université ne nous prépare pas au monde du travail. »




Des lycéens passent le baccalauréat le 17 juin 2015 à Nantes.


Dans l’appel à témoignages lancé sur LeMonde.fr, les jeunes diplômés sont nombreux à considérer, à l’instar de Khalil, que ce qu’ils ont appris pendant leurs études ne correspond pas aux attentes des entreprises. Rémy Tran, 23 ans, ingénieur centralien récemment embauché dans une entreprise aéronautique britannique, indique par exemple que « les entreprises veulent de l’expérience professionnelle. Jusqu’à maintenant, je n’ai pas eu à me servir dans mon travail de ce que j’ai pu apprendre en termes de contenus de cours. »

Des compétences trop académiques ?

 

Audrey, 26 ans, a suivi la voie royale : trois années de prépa littéraire puis un master à Sciences Po Paris. « Mes deux formations m’ont apporté beaucoup sur le plan ­humain, confie-t-elle, la façon d’analyser et d’écrire, sans compter la culture générale. » Mais en entrant sur le marché du travail, elle a déchanté. Il lui a fallu « plus d’un an » pour trouver un emploi. Malheureusement, dit-elle en effet, l’intérêt de ce qu’elle a appris a laissé les employeurs froids : « Cela ne suffit pas pour convaincre un recruteur, qui veut quelqu’un d’opérationnel tout de suite. »
Le « baromètre de l’humeur des jeunes diplômés », réalisé tous les ans par Deloitte, le montre régulièrement : quatre jeunes diplômés sur dix considèrent que les compétences qu’ils ont acquises ne « correspondent jamais ou rarement » aux attentes des entreprises. « Les études leur ont permis d’acquérir des compétences techniques, académiques, mais ils n’ont pas appris un métier, explique ­Géraldine Segond, DRH adjointe de Deloitte, ni à l’exercer dans son quotidien. Les études en France manquent de pratique, de stages, et plus généralement de la connaissance du monde de l’entreprise. »
Dans une interview accordée aux Echos en 2013, Pierre Gattaz, président du Medef, estimait que « les formations dispensées à l’université sont trop souvent orientées pour la toute petite minorité d’étudiants qui se destinent à l’enseignement, et pas pour ceux qui vont ­aller travailler en entreprise. »
Pourtant, paradoxalement, les directeurs des ressources humaines paraissent moins sévères que leurs jeunes recrues. « Sinon, nous n’aurions pas ces taux d’insertion, et les entreprises ne se ­battraient pas pour venir sur les ­forums emploi repérer nos futurs diplômés », assure Francis Jouanjean, secrétaire général de la Conférence des grandes écoles.

Spécialisation progressive

 

La 5e édition du baromètre Deloitte, parue en décembre 2015, en apporte la confirmation : la même question a été posée aux DRH, et ils ne sont qu’un quart à considérer que les études ne collent pas aux besoins des entreprises. « En arrivant sur le marché du travail, les jeunes peuvent être perdus, constate Mme Segond : ils mesurent l’écart qui existe entre ce qu’ils savent et ce qui est demandé en entreprise. Les DRH sont plus expérimentés ; ils savent que sur le moyen terme, le long terme, ces compétences techniques, ces méthodes de travail seront utiles. La différence de perception entre les jeunes diplômés et les DRH est donc aussi liée au manque de recul des premiers. »
De fait, souligne Jean-Loup ­Salzmann, président de la Conférence des présidents d’université, il faut prendre en compte le temps long, et pas seulement « l’employabilité immédiate ». « A l’évidence, ce qu’on apprend en première année de licence est très loin des besoins du marché du ­travail, reconnaît M. Salzmann, mais en fin de cursus, en licence professionnelle ou en master, les étudiants en sont beaucoup plus proches. C’est d’autant plus normal que la spécialisation est progressive à l’université. »

Mettre l’accent sur la notion d’employabilité

 

La France est un pays « adéquationiste ». La tendance, depuis longtemps, est de fortement spécialiser les étudiants et d’adapter la formation à l’emploi. Cette politique a porté ses fruits. Selon une étude conduite par le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq) en 2015, les jeunes diplômés ­considèrent que ce qu’ils ont appris, en termes de compétences techniques ou professionnelles, correspond à ce que les entreprises attendent.
Mais leur avis est opposé pour ce qui est des « compétences générales » (celles qui ne sont pas spécifiques à une formation : organiser le travail, communiquer, poser un problème, monter un projet, etc.). Par conséquent, l’impression qu’ont beaucoup de jeunes de ne pas être suffisamment formés aux besoins des entreprises montre peut-être « les limites de notre politique adéquationiste », note Philippe Lemistre, ingénieur de recherche au Céreq.
Selon lui, le pays devrait davantage mettre l’accent sur la notion d’employabilité : une bonne formation n’est pas forcément celle qui permet de trouver un emploi dans sa spécialité, ce qui est déjà le cas d’une majorité de diplômés, mais tout simplement de s’insérer. « Dans d’autres pays, poursuit M. Lemistre, le sentiment de décalage est sûrement beaucoup plus important qu’en France, mais il est assumé. Nous demeurons un pays adéquationiste, y compris dans les mentalités. »

Le Monde, 04/05/2016.

dimanche 8 mai 2016

Un rapport alerte sur la situation des quartiers pauvres

Les disparités restent très importantes entre les territoires les plus déshérités et le reste de la France, selon un rapport publié mardi 3 mai par le nouvel Observatoire national de la politique de la ville (ONPV).


A Vaulx-en-Velin en 2008. L’Observatoire national de la politique de la ville (ONPV) présentait mardi 3 mai son tout premier rapport sur des zones de relégations françaises. / Fred Dufour/AFP
A Vaulx-en-Velin en 2008. L’Observatoire national de la politique de la ville (ONPV) présentait mardi 3 mai son tout premier rapport sur des zones de relégations françaises.

Un chômage trois fois plus élevé dans les quartiers prioritaires qu’ailleurs. Une réussite au collège de 10 points inférieure à ce que l’on observe en moyenne sur le reste du territoire. Des zones entières désertées par les médecins… « Le contraste n’est pas loin d’être violent », résume Jean Daubigny, président du nouvel Observatoire national de la politique de la ville (ONPV).

Ce préfet présentait mardi 3 mai le tout premier rapport sur des zones de relégations françaises depuis que les moyens de l’État ont été recentrés sur un nombre limité d’unités urbaines. Depuis 2014, seuls les 1 436 quartiers les plus pauvres de France profitent en effet des crédits des politiques de la ville (450 millions d’euros par an), contre 2 500 auparavant.

Records de précarité


La nouvelle ministre de la ville, Hélène Geoffroy, a officiellement réceptionné ce rapport qui porte sur l’année 2014. L’ancienne députée-maire de Vaulx-en-Velin, en banlieue lyonnaise, s’est particulièrement alertée de certains « freins à l’insertion sociale réussie », à commencer par les ravages provoqués par la pénurie d’emploi pour les 5,3 millions de personnes qui vivent dans ces quartiers.

Le taux de chômage est ainsi de 26,7 % dans ces quartiers contre 10 % ailleurs. La ministre s’inquiète particulièrement de la situation des femmes : seules la moitié d’entre elles sont en emploi, contre 4 sur 5 dans le reste des agglomérations. Autre point qui a attiré l’attention du gouvernement : l’état de désertion médicale. Dans les zones sensibles, les spécialistes sont toutes proportions gardées 3,4 fois moins nombreux d’ailleurs. La pénurie de généralistes et d’infirmiers est également préoccupante (– 35 et – 29 %).

La discrimination touche tous les niveaux d’étude. «Un homme diplômé de niveau Bac + 5 de plus de 30 ans a 22 % de chances de moins d'occuper un emploi de cadre lorsqu'il est issu des quartiers prioritaires», note le rapport. Les inégalités commencent très tôt. Le niveau de réussite au brevet des collèges est de 75,6 % dans les quartiers pauvres, contre 86,1 % au niveau national.

Combler les écarts


Hélène Geoffroy a annoncé qu’elle devrait bientôt signer des conventions avec les ministères de l’éducation nationale et de la santé pour réduire ces inégalités. La ministre promet que des « objectifs très mesurables » y seront inscrits. Déjà, 6 300 postes ont ainsi été créés pour l’éducation prioritaire, alors que 678 autres auront été affectés pour ces quartiers par Pôle emploi d'ici à fin 2016. Elle garantit qu’à l’avenir dans les zones sensibles, « tous les jeunes diplômés d’une licence bénéficieront d’un coaching personnalisé, et d’une mise en réseau avec des employeurs ».

En attendant, la rénovation urbaine se poursuit. En tout, 20 milliards d’euros devraient y être consacrés dans les dix prochaines années, avec l’objectif avoué de davantage de «mixité sociale » dans les quartiers. Hélène Geoffroy souligne enfin des efforts pour redynamiser le tissu associatif dans les quartiers populaires. Cette année, les crédits alloués aux centres sociaux et aux maisons de quartiers ont été revalorisés de 100 millions d’euros, pour atteindre 240 millions d’euros.




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JEAN-BAPTISTE FRANÇOIS - Infographies  : Frédérique Schneider, le 03/05/2016, La Croix.

Retrouvez toutes les infographies de cet article ici : http://www.la-croix.com/France/Exclusion/Un-rapport-alerte-sur-la-situation-des-quartiers-pauvres-2016-05-03-1200757686?&PMID=5ab65ba628e8bf618b82a7cfe9f8a87e

samedi 7 mai 2016

Grossesse : des bons d'achat en échange d'un arrêt du tabac

Les femmes participant à cette étude pourront recevoir l'équivalent de 300 euros si elles s'abstiennent de fumer durant leur grossesse.

Modifié le - Publié le | Le Point.fr
Le tabagisme chez les femmes enceintes est un fléau. 
Le tabagisme chez les femmes enceintes est un fléau.  © AFP/ CHASSENET

Les plans de communication n'ont pas suffisamment fonctionné. Il faut donc trouver d'autres arguments pour convaincre les femmes enceintes d'arrêter de fumer. Le Parisien annonce que seize maternités vont offrir des bons d'achat. Un total de 400 futures mamans vont être recrutées. Des volontaires, majeures, qui doivent être enceintes de moins de quatre mois et demi et fumer un minimum de cinq cigarettes quotidiennes (ou trois roulées, mais pas d'autres produits à base de tabac ni de cigarette électronique), selon le journal. Seize services de maternité de France participent à cette étude baptisée Fiscp et lancée par l'AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris), avec le soutien financier de l'Institut national du cancer (Inca).
Les résultats ne seront connus que dans deux ans, indique encore le quotidien qui explique que les futures mamans seront reçues et suivies en consultation de tabacologie trois ou cinq fois jusqu'à l'accouchement et devront se soumettre à un entretien téléphonique six mois plus tard. Toutes recevront une rémunération de 20 euros à chaque visite. Des bons d'achat valables dans plusieurs enseignes, sauf évidemment pour acheter du tabac ou de l'alcool.

300 euros versés

Pour une moitié des 400 futures mamans choisies de façon aléatoire (l'autre moitié constituant un groupe de contrôle), l'incitation financière pour cette aide au sevrage sera doublée. 20 euros de bons supplémentaires, en récompense de leurs mois sans cigarettes. Selon Le Parisien, une femme enceinte entrant dans l'étude en début de grossesse pourrait ainsi recevoir l'équivalent de 300 euros. L'addiction à la cigarette est des plus tenaces, particulièrement chez les femmes enceintes, précise Le Parisien, qui indique que le tabac pendant la grossesse présente un risque d'accouchement prématuré, nuit au développement d'un bébé menacé de petit poids, d'asthme et même de diabète futur.
Le journal conclut en citant les dernières statistiques disponibles du baromètre santé Inpes (Institut national de prévention et d'éducation pour la santé), selon lesquelles les futures mamans sont près de 18 % à toujours fumer au dernier mois de leur grossesse.

vendredi 6 mai 2016

Les réfugiés peinent à retrouver le chemin des études

A la rentrée 2015, face à la crise humanitaire et à l’afflux de réfugiés, les universités s’étaient déclarées prêtes à les accueillir pour reprendre leurs études. Quelques mois plus tard, ce sont surtout des initiatives dues à l’engagement local et très actif d’étudiants, d’enseignants, et de certaines directions d’université qui maintiennent la flamme allumée. Mais l’effort global n’a pas été à la hauteur de l’enjeu. Aujourd’hui, impossible de savoir combien de réfugiés exactement étudient sur les bancs de l’université.



Pour beaucoup, parlant peu ou mal le français, l’urgence est de rejoindre des cours de français langue étrangère (FLE). Sésame incontournable pour reprendre leur filière universitaire. Quelques universités pionnières ont montré l’exemple dès la rentrée 2015, sur leurs ressources propres : Strasbourg accueille ainsi 75 étudiants, pouvant compter sur l’aide d’associations, notamment « Alsace-Syrie ». C’est aussi le cas du centre de langues rattaché à l’université de Grenoble. A Paris-VIII-Saint-Denis, ils sont une centaine. En revanche, à Paris-V-Descartes, ils ne sont que onze à avoir été inscrits au premier semestre : « Mais nous n’avons refusé personne. Le problème est sans doute de les identifier et de les amener à l’université », suppose Frédéric Dardel, son président. En réalité, ce sont souvent des jeunes étudiants bénévoles qui s’y sont mis.
A Paris, dans les bidonvilles de La Chapelle et de Pajol, puis au lycée Jean-Quarré, dans le 19e arrondissement, devenu un centre d’hébergement, nombre d’entre eux sont venus très tôt apporter des vivres ou des vêtements, et surtout donner des cours. Comme ce groupe d’étudiants de l’Ecole normale supérieur (ENS) Ulm : « Nous avons passé notre été 2015 à enseigner le français parfois assis par terre », explique Alison Bouffet, élève en première année. Parmi les migrants et les réfugiés, ils ont vite repéré des jeunes « d’un niveau excellent », explique Frédéric Salin, également en première année. Ce qui les a amenés à se soucier de l’avenir de leurs « élèves », compte tenu de la précarité de leurs conditions de vie ou de la complexité des procédures administratives, dans lesquelles ils les accompagnent. Alors ils se sont organisés à travers l’association MigrENS qui accompagne le projet « programme étudiants-invités », soutenu par les personnels – 120 bénévoles – et la direction de l’ENS. Le Soudanais Abdelhamid Mahmoud, la Syrienne Hasan Nenar, ou les Afghans Habibullah Hashemi et Rabi Asabi, qui apprenaient dans la rue, se perfectionnent aujourd’hui en français à l’ENS, participent à des activités culturelles, sportives…

« La société civile fait bouger les choses »

 

Avec une amie, Lola Courcoux, étudiante en master de sciences politiques à Paris-X-Nanterre, a commencé à recenser des étudiants sans inscription, pour pouvoir les orienter vers des formations, aller sonner à la porte des universités… Elles comptent 170 candidats sur leur liste « mais il y a des gens qui passent par l’ENS, par l’EHESS, par le collectif de cours de français à Nanterre donc nous avons été en contact avec beaucoup plus de personnes ! », explique Lola Courcoux. Des jeunes rencontrent d’autres jeunes qui veulent apprendre le français, voir leurs diplômes reconnus, étudier et ne plus être enfermés dans leur seul état de migrant : « Nous ne sommes pas dans l’émotion mais dans un rapport d’égalité avec les gens. Un étudiant soudanais et un étudiant australien doivent avoir la même information et le même respect de leurs droits. Il y a de très bonnes universités en Afrique, à Khartoum, de même que certaines universités syriennes sont excellentes », ajoute la jeune fille.
Mi-avril, toutes ces bonnes volontés se sont unies dans le collectif Resome (Réseau études supérieures et orientation des migrant.e.s et exilé.e.s), qui plaide pour l’ouverture de programmes de reprises d’études et d’associations d’enseignement du français dans l’enseignement supérieur. L’association Voyage au bout de la 11 en fait partie. A son origine, le même parcours fait par Maiwelle Mezi, étudiante en L3 de relations internationales à Paris-II-Assas venue, elle aussi, apporter de l’aide aux réfugiés du lycée Jean-Quarré. « J’y suis allée régulièrement puis j’ai improvisé des cours de français. J’en ai parlé avec des amis, et au bout d’un certain temps, c’est devenu plus officiel et plus structuré. » L’association compte 150 étudiants bénévoles « venus de tous les horizons », qui dispensent des cours de français chaque dimanche. Actuellement une centaine d’étudiants se retrouvent dans des locaux de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul dans le 14e arrondissement.
« Beaucoup d’initiatives étudiantes sont motrices et c’est la société civile qui fait bouger les choses », constate Etienne Bergès, étudiant à Sciences Po. Avec Alyette Tritsch, Louisa Mammeri ou encore Hai Ha Vu Thi, il fait partie du groupe d’élèves français et étrangers engagés pour que leur école accueille une vingtaine d’étudiants réfugiés et migrants depuis le second semestre. Ils ont aussi créé la branche française de l’ONG allemande Kiron permettant à leurs « auditeurs libres » de reprendre immédiatement des cours en ligne. D’abord accueilli par ses confrères du barreau de Paris, où il a cherché refuge à l’automne 2015, Zaid Al-Azem, ancien avocat à Damas, a d’abord choisi de se « perfectionner en français » à Sciences Po. « Mais, ajoute-t-il dans un grand sourire, j’ai déjà appris à faire des crêpes, j’ai lu Paul Eluard, Molière, Baudelaire, je connais la Révolution française, Robespierre et Danton… »

Casse-tête administratif

 

Ces initiatives restent fragiles, face au manque de moyens, à la longueur et aux casse-tête des procédures administratives, ou à la déstabilisation de certains étudiants déplacés subitement de centre d’hébergement… A Paris, la Cité universitaire a été obligée de mobiliser des mécènes privés pour héberger 18 étudiants réfugiés ; et le Crous de Paris a accueilli au premier semestre dans ses résidences universitaires 14 étudiants, pris en charge directement à Munich dans le cadre des accords européens.
« La France ne donne pas de logement aux réfugiés, sauf ceux qui sont pris en charge avant leur départ », constate avec dépit le jeune Syrien Jaafar Karkor, étudiant en mathématiques à Paris-I-Panthéon-Sorbonne. Lui a pu bénéficier du « cas particulier » de son université, qui accueille 111 étudiants grâce à un soutien financier du Qatar – 300 000 euros par an sur trois ans – obtenu par l’entremise de son procureur général Ali Ben Fetais Al-Marri, docteur en droit de cette université. Ce qui permet d’aller au-delà de la seule scolarité gratuite et d’aider aux procédures administratives, de donner des bourses et des aides au logement.
Thierry Mandon a pu mesurer l’ampleur de ces problèmes lors d’une visite à l’ENS, mi-février. Une demi-journée de travail est d’ailleurs prévue sur ce sujet mardi 10 mai au secrétariat d’Etat à l’enseignement supérieur. A l’ENS, M. Mandon avait pu entendre l’étudiant soudanais Abdelhamid Mahmoud, diplômé de gestion, disserter sur la théorie du contrat social de Jean-Jacques Rousseau, dire son amour de l’œuvre de Victor Hugo et remercier la France « pays de liberté ». Difficile d’y rester insensible. 

Le Monde, 03/05/2016, Adrien de Tricornot.

jeudi 5 mai 2016

Tchernobyl a-t-il provoqué des cancers en France ?

Le « nuage radioactif » venu d’Ukraine ne s’est certes pas arrêté à la frontière, comme l’assuraient avec aplomb les autorités françaises dans la foulée de l’accident nucléaire qui secoua l’Europe le 26 avril 1986, mais il n’a eu que peu de conséquences sanitaires, contrairement à la croyance populaire ancrée depuis trente ans.

Pourquoi ? Deux éléments permettent d’expliquer les faibles conséquences sanitaires : le niveau de contamination des sols et de l’air en France et l’amélioration du diagnostic du cancer de la thyroïde.

La contamination radioactive en France est restée faible

 

Le survol du nuage radioactif de Tchernobyl du 30 avril au 3 mai a diffusé dans l’air et sur les sols français un certain nombre d’éléments radioactifs tels que l’iode 131 ou le césium 137. Une reconstitution des dépôts de césium 137 réalisée d’après les relevés de mai 1986 montre que la France a été inégalement touchée par ces dépôts. Les deux tiers ouest du pays ont une radioactivité comprise entre 0 et 2 000 becquerels par mètre carré (Bq/m²), tandis que tout l’est français monte à des taux allant de 2 000 à 20 000 Bq/m², certaines zones allant jusqu’à 40 000 Bq/m². 



Les relevés sur les aliments (légumes, viande, lait, etc.) ont montré une radioactivité allant jusqu’à 1 000 Bq/kg, selon le Service central de protection contre les rayonnements ionisants. L’association Criirad assurait quant à elle avoir relevé à l’automne 1987 une radioactivité de 24 000 Bq/kg dans certains champignons.
Si de tels taux sont supérieurs aux taux de radioactivité naturels, ils restent toutefois très faibles et insuffisants pour poser un problème sanitaire. A titre de comparaison, la radioactivité naturelle dégagée par un corps humain de 70 kg est d’environ 8 500 becquerels. Nous recevons donc plus de radioactivité naturelle provenant de trois corps humains avoisinants qu’en ingérant un kilogramme de champignons parmi les plus contaminés de France en 1987.
Certains endroits en France restent toutefois plus radioactifs que la moyenne en raison de dépôts accumulés. C’est le cas de certaines zones montagneuses des Alpes, où la Criirad a mesuré une radioactivité allant jusqu’à 154 000 Bq/m². Une exposition de plusieurs heures à une telle radioactivité se traduit par une dose non négligeable équivalente à plusieurs semaines de radioactivité naturelle.

Il y a plus de cancers de la thyroïde car nous savons mieux les diagnostiquer

 

Le bilan sanitaire de l’accident de Tchernobyl est très difficile à établir. Le territoire français ayant été exposé à des niveaux faibles de radioactivité, il est très compliqué de lier les dépôts radioactifs causés par Tchernobyl avec une explosion du nombre de cancers, et notamment du cancer de la thyroïde, cette glande située à la base du cou fixant l’iode radioactif émis lors d’accidents nucléaires.
Ce cancer, relativement rare il y a 25 à 30 ans, a beaucoup augmenté depuis, en France et dans le monde, atteignant dans l’Hexagone une progression annuelle des cas de 7 %. En 2015, on a diagnostiqué 10 100 nouveaux cas de cancers de la thyroïde (7 317 chez les femmes et 2 783 chez les hommes), selon l’Institut de veille sanitaire (InVS).
Si l’augmentation de ce cancer est indéniable, une grande partie des nouveaux cas n’est due ni au nuage radioactif ni à la radioactivité, mais à l’amélioration des diagnostics : nous détectons plus et mieux de cancers de la thyroïde qu’avant. La glande thyroïde est mieux et plus régulièrement surveillée et plusieurs examens permettent de dépister ce cancer de façon précoce, précise et complète. En France, l’InVS estime que 59 % des nouveaux cas de cancer de la thyroïde chez les hommes et 68 % chez les femmes sont directement dus à l’amélioration des diagnostics.
Les observations cliniques indiquent d’ailleurs que les populations recourant à plus de soins sont le plus touchées par l’augmentation des cas de thyroïde, confirmant la thèse du surdiagnostic : plus on diagnostique les populations, plus on trouve de cas de petits cancers de la thyroïde, qui ne mèneront d’ailleurs pas forcément à une expression clinique et donc pathologique.






Taux de césium 137 relevés en France en mai 1986.
Taux de césium 137 relevés en France en mai 1986. IRSN

 

Le nuage radioactif de Tchernobyl a-t-il pu provoquer des cancers ?

C’est possible. L’InVS estime que, statistiquement, Tchernobyl a pu provoquer dans l’est de la France entre 7 et 55 cancers de la thyroïde entre 1991 et 2015. Mais il rappelle que dans une population non exposée aux facteurs de risque connus, l’incidence spontanée du cancer serait d’environ 900 cas. Cela signifie que le nombre de cancers directement imputables à Tchernobyl est trop faible pour qu’on puisse clairement faire un lien.
D’autant que les départements français les plus touchés par ce cancer ne sont pas ceux ayant reçu les doses les plus importantes de matière radioactive en mai 1986. Le Bas-Rhin et le Haut-Rhin présentent tous les deux une incidence faible du cancer de la thyroïde alors même qu’ils ont été parmi les plus touchés par les dépôts radioactifs. A l’inverse, la Gironde ou la Vendée n’ont été que très peu touchées par le nuage mais présentent tout de même plus de cas de cancer de la thyroïde.
l’InVS souligne par ailleurs que l’augmentation des cas de cette pathologie a commencé au début des années 1980, avant l’accident de Tchernobyl, et s’est poursuivi après au même rythme.
Les études de l’InVS ne concluent pas que le lien entre les dépôts dus à Tchernobyl et les cancers de la thyroïde n’existe pas, mais il est pratiquement impossible d’en établir par le biais d’une étude épidémiologique.

Le Monde, 26/04/2016.

mercredi 4 mai 2016

Refondation de l’école : 3 ans après, qu'est-ce qui a changé ?

Le ministère de l’Éducation organise les 2 et 3 mai à Paris un "point d’étape" de la mise en œuvre de sa loi de 2013. Évaluation trois ans après son adoption.

L'opération de communication a été soigneusement planifiée. 2000 invités, 70 intervenants, 6 ateliers, 4 plénières, 3 "grands débats", deux anciens ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon et Benoît Hamon, une ministre en exercice, Najat Vallaud-Belkacem, et la participation en "guest-stars" du président de la République et du Premier ministre. Tous réunis les 2 et 3 mai entre les imposantes colonnes du palais Brongniart, à Paris, pour dresser un "bilan d’étape" des réformes éducatives du quinquennat Hollande.
Un bilan qui n’aura sans doute rien de contradictoire, au grand regret de plusieurs syndicats d’enseignants : Jean-Remi Girard, vice-président du Syndicat national des lycées et collèges (Snalc), dénonce des débats "dont 98% des participants partagent le même point de vue", quand Roland Hubert, secrétaire général du Snes, évoque "un plan com qui ne convaincra personne, sauf ceux qui sont déjà convaincus"...
Mais, au delà de la polémique suscitée par l’organisation de cette "opération séduction" des enseignants à un an de la présidentielle, que reste-t-il sur le terrain des réformes portées par les trois ministres de l’Education nationale successifs ? Le point sur quatre sujets sensibles : la formation et le recrutement des enseignants, l’éducation prioritaire, le plan numérique, et la réforme du collège.

Plus d'enseignants
(un peu) mieux payés

Nicolas Sarkozy avait supprimé les Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), François Hollande, conformément à ses promesses électorales, a rétabli la formation initiale des professeurs. Les écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espé) ont ouvert à la rentrée 2013, et forment en deux ans les futurs enseignants, avec cours théoriques et stages dans les établissements scolaires. Mais beaucoup de ces aspirants-professeurs déplorent notamment un manque de formation concrète à la tenue de classe. Vieux reproche déjà fait par le passé aux IUFM. "Tout change, rien ne change", résume le Snalc.

Autre promesse du candidat Hollande : la création de 60.000 postes d’enseignants, supprimés lors du quinquennat précédent. Lors de la dernière rentrée scolaire, la rue de Grenelle annonçait que 35.200 de ces postes avaient été créés depuis 2012, un chiffre qui montera à 47.000 à la rentrée 2016. Des postes supplémentaires pour améliorer le remplacement des enseignants absents, développer l’accueil des enfants de moins de trois ans, mais aussi assurer la mise en place progressive du dispositif "plus de maîtres que de classes" dans le primaire. Las… Sur les 7.000 postes dévolus à ce seul objectif, seulement 2.270 ont effectivement été créés à la rentrée 2015. Mais "l’objectif des 60.000 sera tenu d’ici à 2017", a redit François Hollande lundi soir au Palais Brongniart.



Côté hausse des rémunérations, autre revendication historique des syndicats de professeurs, le premier ministre Manuel Valls devrait annoncer mardi une revalorisation de 800 euros de la prime annuelle des enseignants du 1er degré, pour la porter au niveau de celle de leurs collègues du second degré, soit 1.200 euros. Pas sûr que ce petit coup de pouce suffise à redonner envie aux enseignants de voter à gauche lors de la prochaine présidentielle.

La nouvelle carte de l’éducation prioritaire

La "Refondation de l’école" initiée en 2012 par Vincent Peillon reposait sur le constat, partagé par tous les acteurs du monde éducatif, que la réussite scolaire en France reste fortement conditionnée par l’origine sociale des élèves. D’où la nécessité d’investir davantage dans les établissements qui accueillent le plus de jeunes issus de milieux défavorisés. La répartition des moyens de l'éducation prioritaire a donc été revue, en 2014, avec une révision de l’ancienne carte des ZEP (zones d’éducation prioritaire). 350 collèges ont été labellisés "REP+" avec à la clé une réduction du temps de service des enseignants qui y travaillent, et davantage de jours de formation. Mais le problème du fort taux de turn-over dans les établissements difficiles reste entier.

Lire l'article dans sa globalité sur le site de L'obs, 03/05/2016 :   http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20160503.OBS9715/refondation-de-l-ecole-3-ans-apres-qu-est-ce-qui-a-change.html

mardi 3 mai 2016

Cancers : en France, la lutte contre la maladie porte ses fruits

Selon le bilan 2015 de l'Institut national du cancer, le risque de faire un cancer au cours de sa vie diminue, tandis que la mortalité par cancers poursuit sa baisse en France métropolitaine.

 

CANCER. Le risque de faire un cancer au cours de la vie diminue tandis que la mortalité par cancers poursuit sa baisse en France métropolitaine, selon le bilan 2015 publié par l'Institut national du cancer (INCa) le 26 avril 2016. "Ces bonnes tendances sont globalement liées aux diagnostics précoces, dépistages inclus, et à l'amélioration de l'efficacité des traitements", souligne le Dr Jérôme Viguier de l'INCa. Ainsi, le nombre de décès par cancers en 2015 s'est élevé à 149.456 (84.041 hommes et 65.415 femmes) et les nouveaux cas de cancers diagnostiqués ont été au nombre de 384.442 (210.082 hommes et 173.560 femmes). Des chiffres issus du document d'actualisation de 240 pages sur l'impact de la maladie intitulé "Les cancers en France en 2015", en ligne sur son site. Le taux de mortalité continue lui aussi sa baisse. Entre 1980 et 2012, celle-ci est estimée à 1,5% par an chez les hommes  et à 1% par an chez les femmes.



Le coût de la prise en charge continue lui de grimper.


L'INCa relève aussi un taux d'incidence standardisé (nombre de cas pour 100.000 personnes/an sans tenir compte de l'évolution de la démographie) qui baisse ou tend à se stabiliser depuis 2005. Cette baisse est de 1,3% par an chez les hommes tandis que chez les femmes, on note un "ralentissement de la progression" (+0,2%/an), des évolutions attribuées respectivement à la baisse de diagnostics de cancers de la prostate et de cancers du sein. Ainsi, "le risque de faire un cancer au cours de la vie diminue et la mortalité par cancer poursuit une tendance à la baisse en France métropolitaine", explique le Dr Viguier.

Une survie augmentée

Le cancer de la prostate reste de loin le cancer le plus fréquent chez les hommes (53.912 cas estimé en 2011), devant le cancer du poumon (30.401 cas en 2015) et le cancer colorectal (23.535 cas), avance l'INCa. Chez les femmes, c'est le cancer du sein qui reste prédominant (54.062 nouveaux cas estimés), devant le cancer colorectal (19.531 cas) et le cancer du poumon (14.821 cas).



Chez l'homme, le cancer du poumon reste de loin le cancer le plus meurtrier (20.990 décès), devant le cancer colorectal (9.337 décès) et le cancer de la prostate (8.713 décès). Chez la femme, le cancer du sein reste en tête de la mortalité par cancer, avec 11.913 décès, devant le cancer du poumon (9.565 décès) et le cancer colorectal (8.496 décès). Par ailleurs, on dénombre chaque année en moyenne 1.750 nouveaux cas de cancers chez les enfants.
Ainsi, depuis l'an 2000, la survie a significativement augmenté 5 ans après le diagnostic pour l’ensemble des cancers, avec des taux parfois supérieur à 80%. Ce taux de survie atteint par exemple 99% pour une tumeur de l'oeil, le rétinoblastome.

Le droit à l'oubli pour les enfants

"Dans l'ensemble, les cancers de l'enfant sont de meilleurs pronostic ce qui justifie le droit à l'oubli qui leur permettra de s'assurer à l'âge adulte", relève le Dr Viguier. Prévu dans la nouvelle loi santé, le "droit à l'oubli" doit permettre à d'ex-malades d'accéder aux assurances emprunteurs, sans lourdes surprimes ou taux plus élevés.

Sciences et Avenir, 28/05/2016.

dimanche 1 mai 2016

Être recruté dans la Fonction publique : le guide 2016 est paru

Illustration 1

Le ministère en charge de la Fonction Publique vient de publier l'édition 2016 du guide Être recruté dans la fonction publique qui rassemble, sous forme de fiches, toutes les informations relatives au recrutement dans la fonction publique d’État ainsi qu'une liste d'adresses utiles.
Ce guide est disponible en ligne.
Il présente les différentes voies d'accès à la fonction publique :
  • les concours externes pour lesquels il faut remplir une condition de diplôme ou de niveau d'étude et les concours internes réservés aux candidats appartenant déjà à l'administration ;
  • le 3e concours ouverts aux candidats qui justifient d'une expérience professionnelle en dehors de l'administration ;
  • les recrutements sans concours au 1er grade des corps de la catégorie C.
Une fiche expose les modalités de recrutement réservées aux travailleurs handicapés.
Le guide explique également en quoi consiste la reconnaissance de l'acquis de l'expérience professionnelle (RAEP) qui peut être l'unique épreuve d'admissibilité ou d'admission d'un concours, une épreuve supplémentaire commune à tous les candidats ou une épreuve supplémentaire proposée en option.

Guide téléchargeable ici : http://www.fonction-publique.gouv.fr/files/files/publications/coll_les_essentiels/etre_recrute_dans_la_FP_2016.pdf

Publié le 26 avril 2016 - Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)