Plus de 2 millions de ménages attendent un HLM. Malgré le dynamisme de la construction, seul un demandeur sur cinq voit aboutir son dossier chaque année.
Les listes des demandeurs d’un logement social ne cessent de s’allonger. En 2018, la barre des 2 millions de candidats a été franchie, avec 2,1 millions de ménages inscrits, soit 12 % de plus par rapport à 2015. Or, moins de 500 000 HLM sont attribués chaque année. Résultat, le taux de succès, c’est-à-dire la chance d’obtenir un logement, a fortement chuté, à 22 %. Un candidat locataire sur cinq seulement peut donc espérer voir aboutir son dossier. A Paris, c’est moins d’un sur dix. (...) Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr Source : Le Monde, 24 septembre 2019
La
loi du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique prévoit une révision de
la loi par le Parlement dans un délai maximal de sept ans, précédé de
l’organisation d’états généraux confiée au Comité consultatif national
d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé. Ce texte est
l'aboutissement de cette clause de révision.Le projet de loi a été adopté en première lecture avec modifications par l'Assemblée nationale le 15 octobre 2019.
Il avait été présenté au Conseil des ministres du 24 juillet 2019 par
Nicole Belloubet, garde des Sceaux, ministre de la justice, Agnès Buzyn,
ministre des solidarités et de la santé et Frédérique Vidal, ministre
de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.
Le
projet de loi élargit l'accès à la procréation médicalement assistée
(PMA) aux couples de femme et aux femmes non mariées. Les couples
doivent établir devant notaire une déclaration anticipée de volonté dans
laquelle les deux membres du couple s'engagent à devenir parents de
l'enfant à naître. Les enfants nés d'un don peuvent à leur majorité
avoir accès soit à des données non identifiantes (âge, caractères
physiques...), soit à l'identité du donneur s'il l'autorise.
Le
texte ouvre aux deux sexes la possibilité de faire prélever et conserver
leurs gamètes (sperme et ovocytes), et plus seulement pour des raisons
médicales, uniquement dans des établissements autorisés. Un consentement
par écrit de la personne est nécessaire. Le recueil et le prélèvement
des gamètes sont remboursés mais pas la conservation. Un amendement
adopté en première lecture par l'Assemblée nationale interdit aux
entreprises publiques et privées de prendre en charge l'autoconservation
des gamètes de leur salariées.
Le texte assouplit le régime de
recherches sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires. Les
recherches sur les cellules souches embryonnaires, passent d’un régime
d’autorisation par l’Agence de la biomédecine à celui plus souple d’une
déclaration préalable, à laquelle cette agence peut ensuite s’opposer.
Le
délai de réflexion d'une semaine en cas d'interruption médicale de
grossesse est supprimé. Le texte crée une nouvelle catégorie
d'avortement, l'interruption volontaire partielle d'une grossesse
multiple en cas de mise en péril de la santé de la femme, des embryons
et des fœtus. Cette intervention doit intervenir avant la fin de la
douzième semaine de grossesse après consultation d'une équipe
pluridisciplinaire.
Le texte interdit la modification d'un embryon humain par adjonction de cellules d'autres espèces.
L'Assemblée
nationale a adopté des dispositions pour une meilleure prise en charge
des enfants présentant une variation du développement génital (enfants
intersexes).
Comme les précédentes lois de bioéthique,
la nouvelle loi devra être de nouveau examinée par le Parlement dans un
délai maximal qui est désormais fixé à cinq ans (contre sept ans
auparavant) après sa promulgation.
Après 80 heures environ de débats intenses, l'Assemblée nationale a largement adopté le 15 octobre le vaste projet de loi bioéthique avec la mesure phare de l'ouverture de la PMA à toutes les femmes.
Le
texte sensible, première grande réforme sociétale du quinquennat, a été
voté en première lecture par 359 voix contre 114 et 72 abstentions,
sous des applaudissements de la majorité. Il devrait arriver en janvier
au Sénat avant de revenir en deuxième lecture à l’Assemblée au
printemps. Le gouvernement espère ensuite voir la loi adoptée "avant l'été".
PMA ouverte aux lesbiennes et aux femmes célibataires
La
mesure emblématique est l'ouverture de la procréation médicalement
assistée (PMA) aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires. Cet
amendement a fait l’objet à lui seul de trois jours de débats acharnés.
Au final, l’Assemblée prévoit que la PMA pourra être autorisée aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires,
et non plus réservée aux seuls couples hétérosexuels. Elle sera
remboursée par la Sécu, pour un coût de 15 millions d'euros annuels
supplémentaires. La PMA pour les hommes transgenres ou la PMA
post-mortem ont été rejetées. Des députés Les Républicains ont inlassablement pointé un "effet domino" inéluctable vers la gestation par autrui (GPA), même si le gouvernement répète que celle-ci reste "un interdit absolu en France".
Réforme de la filiation
Conséquence de l'ouverture de la PMA, le texte prévoit une réforme de la filiation
pour les enfants de couples de femmes. Ces couples devront passer par
une reconnaissance anticipée de l'enfant devant notaire, comme peuvent
le faire les couples hétérosexuels non mariés. La femme qui n'a pas
porté le bébé sera reconnue comme l'un des deux parents, à égalité avec
sa compagne. La reconnaissance automatique en France de la filiation
d'enfants conçus par GPA (mère porteuse) à l'étranger a été rejetée, le
gouvernement ne voulant pas "ouvrir une brèche dans la prohibition de
la GPA".
L’auteur du documentaire « Corpus Christi » et l’économiste
déconstruisent les fondamentaux de l’économie moderne en six épisodes.
Après Dieu, l’économie. Rien de moins. Gérard Mordillat, bien connu du
grand public pour la formidable série documentaire sur la Bible Corpus Christi,
réalisée en 1997 en collaboration avec Jérôme Prieur, s’est lancé dans
la tâche à la fois aride et titanesque de rendre accessibles au plus
grand nombre les grandes notions de l’économie moderne : travail,
emploi, salaire, marché, capital et profit. Le tout en six épisodes,
dont les deux derniers sont uniquement disponibles en ligne, sur
Arte.tv.Plus qu’un travail de vulgarisation, Gérard Mordillat, avec la
complicité de l’économiste Bertrand Rothé, s’est attelé à donner du sens
à ces notions, omniprésentes dans les médias, les discours des
politiques et les conversations « en ville », mais souvent mal
maîtrisées, et donc mal comprises. Pour ce faire, les réalisateurs de Travail, salaire, profit
sont partis à la rencontre d’un éventail des meilleurs chercheurs
actuels, qu’ils soient économistes, historiens, philosophes ou juristes.
Dans un décor dépouillé qui reprend les codes adoptés par Corpus Christi
– sur fond noir et sans aucune voix off –, chaque intervenant est
invité à s’exprimer sur une notion, réfléchir à une définition, valider
ou non une hypothèse. La structuration du propos est assurée a
posteriori, par le biais d’un montage rigoureux.
Approche vivante
Qu’est-ce
qu’une crise économique ? Qu’est-ce qui différencie le travail de
l’emploi ? Comment la classe ouvrière a-t-elle disparu ? Quelles sont
les origines de la crise du fordisme ? Comment crée-t-on de la valeur ?
Voici quelques-unes des questions qui seront posées au fil des épisodes.
Que les néophytes se rassurent, il n’est pas besoin de maîtriser les
concepts de base de la microéconomie pour comprendre les réponses :
l’approche se veut vivante, concrète, illustrée par de nombreux exemples
tirés de toutes les sciences humaines. La diversité culturelle des
intervenants garantit la richesse de leur propos et permet de saisir
pourquoi l’économie est intimement liée à une certaine vision du monde.
Travail, salaire, profit
n’en est pas pour autant une œuvre pédagogique et ne s’adresse pas à
tous les publics : la série a beau être incroyablement nourrie et
documentée, elle reste assez peu digeste, tant sur le fond que sur la
forme. Pour les moins armés, la succession de séquences parlées peut
s’avérer difficile à suivre. Au point d’en sortir avec l’impression
d’avoir entendu beaucoup de choses intéressantes, mais de ne finalement
pas avoir retenu grand-chose.
Ce
n’est cependant pas la principale limite de cette série documentaire,
car ce parti pris a le grand avantage de rappeler que l’économie est une
science complexe, parfois approximative, dont de nombreux pans ne font
pas consensus, et qu’elle n’est pas simplifiable à l’extrême. La limite
de Travail…est ailleurs, dans la composition de son
panel d’invités : de Frédéric Lordon à David Graeber, en passant par
Kako Nubukpo, Robert Pollin ou Danièle Linhart, le courant
« hétérodoxe » (par opposition aux « orthodoxes », qui, pour aller très
vite, croient en la rationalité des acteurs du marché) semble largement
majoritaire.
La Nouvelle-Galles du Sud est le dernier État australien à avoir
décriminalisé l’avortement, après des semaines d’affrontements entre
militants des deux camps.
« Désolé que cela ait pris tant de temps »,
a déclaré jeudi Alex Greenwich, député indépendant de Nouvelle-Galles
du Sud, après avoir obtenu la dépénalisation de l’avortement dans cet
Etat le plus peuplé d’Australie. C’est à l’issue de quarante heures de
débat parlementaire, deux mois après l’introduction de sa proposition de
loi, mais surtout cent dix-neuf ans après une première législation
criminalisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG), que la
pratique sort du code pénal de cet État, le dernier d’Australie à l’y
avoir maintenue.
Inspiré des
législations des États voisins, la Nouvelle-Galles du Sud autorise
désormais l’avortement jusqu’à vingt-deux semaines de gestation et
permet la pratique au-delà avec l’approbation de deux médecins dans un
hôpital public. Toute personne cherchant à persuader une femme à avorter
ou à l’en dissuader risque deux ans de prison.
La
proposition de réforme s’est heurtée à de vives oppositions au sein du
Parlement fédéré, particulièrement de mandataires de la coalition
conservatrice au pouvoir, appuyés par l’ex-premier ministre Tony Abbott
(Parti libéral) et l’ancien vice-premier ministre adjoint Barnaby Joyce
(Parti national). Le premier a comparé la proposition de loi à « un infanticide sur demande », le second au « débat sur l’esclavagisme de notre époque », lors d’un rassemblement anti-avortement à Sydney, mi-septembre.
Une centaine d’amendements
Le
climat politique houleux a en effet été doublé de mobilisations
conséquentes des militants des « pro-choix » et « pro-vie », ces
derniers soutenus par des groupes religieux, jusqu’à rassembler
plusieurs milliers de manifestants. Fin août, des détracteurs de la
réforme ont même eu recours à l’écriture aérienne, en inscrivant les
mots « Choose life » dans le ciel de Sydney, capitale de l’État. Deux députés opposés à la décriminalisation ont été la cible de
menaces, fin août, qui ont conduit à l’ouverture d’une enquête.
11 millions de Français apportent au
quotidien leur soutien à un proche dépendant ou malade. Un plan de
mobilisation nationale devrait bientôt mieux prendre leurs difficultés
en compte.
En France, 11 millions de
personnes accompagnent un proche malade, en situation de handicap ou de
dépendance, selon la dernière étude en la matière, celle de la fondation
April/BVA réalisée en 2018. La Journée nationale des aidants, le 6
octobre, est l’occasion de faire le point sur ces individus qui assument
plusieurs tâches au quotidien en apportant soin et soutien à un parent,
conjoint, enfant ou voisin, en plus d’assumer leur travail, de vivre
leur retraite, et même parfois de suivre leurs études.
Ce chiffre colossal, en comparaison de la population française, cache de fortes disparités. « Il est impossible de dresser un portrait-robot de l’aidant, car il y a quasiment autant de profils que de personnes aidées », note
Annie de Vivie, fondatrice du site spécialisé dans l’information aux
seniors et aidants Agevillage.com. Parmi les aidants, 52 % occupent un
emploi et 58 % sont des femmes. Autre enseignement : 57 % d’entre eux
accompagnent au quotidien un proche dépendant en raison de la
vieillesse. Des chiffres qui risquent d’augmenter dans les vingt
prochaines années, puisque selon le rapport de Dominique Libault sur la
Concertation grand âge et autonomie, publié en mars dernier, le nombre
de personnes âgées en perte d’autonomie, percevant l’allocation
personnalisée d’autonomie (APA), devrait passer de 1 265 000 en 2015, à
1 582 000 en 2030 puis à 2 235 000 en 2050.
Malgré
tout, le rôle d’aidant ne doit pas être cantonné à l’image d’une épouse
dévouée au côté son mari très âgé, ou d’une fille aînée à la retraite
prenant en charge ses parents à leur entrée dans le quatrième âge. « Un
aidant assiste, à titre non professionnel, une personne de son
entourage qui est en perte d’autonomie et avec laquelle il a un lien
affectif », explique Laure Vezin, psychologue spécialisée dans
l’accompagnement des proches aidants à Paris. Fait méconnu : beaucoup de
moins de 25 ans répondent à cette définition.
500
000 jeunes Français, même encore écoliers, apporteraient de l’aide à un
proche malade ou handicapé au quotidien. Image Source / Photononstop
Selon l’association nationale Jeunes aidants ensemble (JADE), ils seraient près de 500 000 à gérer le quotidien d’un proche. « Ils
sont écoliers, collégiens, lycéens ou étudiants et apportent un soutien
moral à leur proche malade. Ils gèrent les aspects de la vie
quotidienne comme les courses ou l’aide aux devoirs de leur fratrie plus
jeune. Ils s’occupent aussi des aspects médicaux et apportent parfois
même des soins », précise Françoise Ellien, sa présidente.
Des congés pour les salariés
Cette
réalité de terrain, la disparité des profils d’aidants, mais aussi leur
rôle pivot lorsqu’une perte d’autonomie intervient, sont désormais
mieux pris en compte par les pouvoirs publics. La loi d’adaptation de la
société au vieillissement, entrée en vigueur en 2016, a notamment créé
le statut de « proche aidant » afin de prendre en compte ceux qui
entretiennent des liens étroits avec une personne âgée ou malade, sans
forcément avoir de liens familiaux. Elle a aussi introduit une « aide au
répit » (de l’ordre de 500 euros par an), créé des congés spécifiques
pour les salariés qui ont besoin de cesser de travailler pendant une
courte période… Un premier pas qui va dans le bon sens mais reste, pour
l’heure, insuffisant.
Le Monde en face. Le Monde selon AMAZON France 5, 20 h 50
Le
Monde en face propose un voyage dans les coulisses de la plus grosse
plateforme de vente en ligne, l’empire tentaculaire de Jeff Bezos. Et ce
n’est pas reluisant.
Il
n’aura fallu que quelques années à Jeff Bezos pour conquérir le monde.
En 1994, il est assis dans son garage, il empaquette des livres prêts à
être déposés dans la boîte postale la plus proche. En 2017, il devient
officiellement l’homme le plus riche du monde. Et dans le monde de Jeff
Bezos, richesse rime avec puissance. Dans cette nouvelle édition, le
Monde en face a tenté de décrypter les secrets de la fulgurante
ascension d’Amazon.
Et d’abord, qu’est-ce qu’Amazon ? Amazon, c’est le nom
d’une plateforme. Mais pas seulement. C’est devenu aujourd’hui celui
d’un empire, celui de Jeff Bezos, l’ex-libraire du Web. Sa puissance, il
la doit à son ambition et à sa ténacité sans mesure. Jeff Bezos voit
plus loin, plus grand, et n’est pas près de jeter l’ancre. Mais à quel
prix ? L’intérêt de comprendre le fonctionnement de la machine Amazon
est devenu essentiel, car force est de constater que ce qui se cache
derrière ce succès n’est pas reluisant. En parallèle du livre de Benoît
Berthelot, l’émission le Monde en face s’est également intéressée aux
secrets et à la stratégie du géant de l’Internet. Jeff Bezos a conquis
le monde en contournant toutes les règles, et ne cesse de gagner en
pouvoir et en territoires. Désormais, Amazon est partout.
La plateforme
de vente en ligne a envahi l’Amérique, puis l’Europe, et s’attaque
désormais à l’Inde. Mais ce n’est que la face cachée de l’iceberg : si
sa puissance de tir commerciale est aujourd’hui reconnue, Jeff Bezos ne
s’assoupit pas et cherche le développement constant. Amazon est
aujourd’hui une plateforme vidéo. Amazon est aujourd’hui un acteur de
l’économie. Amazon est aujourd’hui un pôle de développement
technologique. Amazon est aujourd’hui un cloud, qui héberge jusqu’aux
données du ministère de l’Intérieur américain. Amazon est aujourd’hui un
acteur de la conquête spatiale. Amazon, c’est aujourd’hui une immensité
qui étend ses tentacules partout sur le monde. Mais les tentacules ne
peuvent s’emparer d’une chose sans en étouffer une autre. À commencer
par les droits des travailleurs, sacrifiés partout dans le monde par
Amazon.
À 17 ans, ils sont désormais près de 12% à n’avoir jamais consommé d’alcool, de tabac et de cannabis. Des chiffres encourageants, mais loin d’être encore suffisants.
Toujours beaucoup d’alcool, moins de tabac, plus de cannabis. C’est ce que montre le dernier rapport de Santé publique France et de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) sur les consommations de substances psychoactives chez les jeunes, publié cette semaine. Si globalement, la consommation de ces produits baisse chez les jeunes, elle reste importante. «Continuer les efforts de prévention et de sensibilisation est donc primordial», insiste Viet Nguyen-Thanh, responsable de l’unité Addictions au sein de Santé publique France.
Une consommation en légère baisse
En 2008, 5,1% des adolescents de 17 ans déclaraient n’avoir jamais consommé d’alcool, de tabac et de cannabis. Dix ans plus tard, ils sont 11,7%. «Des chiffres encourageants, selon Viet Nguyen-Thanh, qui viennent confirmer une tendance que nous observions depuis quelques années dans les études». La baisse est particulièrement encourageante chez les collégiens, qui sont moins nombreux à déclarer avoir déjà été ivres ou à avoir déjà fumé. «Nous pensons que c’est grâce aux différentes politiques menées depuis une dizaine d’années, comme la loi HPST du 21 juillet 2009 qui interdit la vente d’alcool aux mineurs, et aux campagnes d’information», indique Viet Nguyen-Thanh, qui évoque aussi les changements d’attitude des parents: «Auparavant, il y avait parfois une culture de l’initiation à l’alcool de la part des parents, qui est moins présente aujourd’hui. Et il est aussi possible que l’essor des écrans grignote sur le temps de consommation des jeunes.» La responsable de Santé publique France tempère cependant: «Certes, nous nous réjouissons de cette baisse, mais il y a encore des efforts à faire. Dans une synthèse parue en février dernier, l’OFDT a montré que parmi les jeunes de 17 ans interrogés ayant bu le mois précédent, 91% ont acheté de l’alcool en magasin malgré l’interdiction.» La consommation d’alcool reste ainsi élevée chez les jeunes: dans les 12 mois précédant l’enquête, plus de 80% des jeunes interrogés ont consommé de l’alcool.
Deux sociologues expliquent le changement de vision du travail par une étude sur trois générations.
Travaille-t-on
aujourd’hui comme travaillaient nos grands-parents ? Quels impacts
l’évolution du monde professionnel a-t-elle eu sur la vision du travail
au fil des générations ?
Dominique Méda,
professeure de sociologie à l’université Paris-Dauphine et directrice
de l’Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales
(Irisso), et Patricia Vendramin, professeure de
sociologie à l’université catholique de Louvain, en Belgique, ont
observé ces changements depuis les années 2000. Plusieurs publications
ont été éditées sur le sujet, dont leur livre, Réinventer le travail (PUF, 2013).
Existe-t-il des attentes particulières à l’égard du travail en fonction des générations ?
Oui.
Dans nos enquêtes, les jeunes (moins de 30 ans) demandent davantage de
protection sociale et des salaires plus élevés, mais aussi plus de
liberté et d’opportunité de développement personnel.
La
génération du milieu (de 30 à 50 ans) réclame plutôt un soutien de la
société et de l’entreprise pour mieux concilier travail et famille. Ils
réclament également des mesures en termes de formation continue, dans
une perspective d’allongement de la vie active, car ils sont conscients
d’être « les futurs travailleurs âgés ».
La
génération plus âgée (plus de 50 ans) attend, quant à elle, une
meilleure reconnaissance de l’expérience, mais aussi une adaptation des
conditions de travail compatible avec le vieillissement.
Y a-t-il des points communs entre ces trois générations ?
Les
jeunes et les plus âgés se disent confrontés au même problème, le
manque de reconnaissance au travail. Les jeunes se sentent sous-évalués
au regard de leur effort de formation et les plus âgés se sentent
sous-évalués au regard de leur expérience. (...)
La loi en cours d’examen à l’Assemblée nationale a des répercussions pour de nombreuses situations.
Depuis le 24 septembre, l’Assemblée
nationale examine le projet de loi relatif à la bioéthique. Les députés
ont déjà adopté plusieurs mesures phare dont l’ouverture de la
procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes.Mais
ce texte aura une influence sur d’autres situations : accès aux
origines des enfants nés d’une PMA, double don de gamètes, etc.
Certaines
dispositions controversées sont âprement discutées dans l’hémicycle.
Nous avons tenté de montrer les répercussions concrètes de cette loi
pour les parents, seuls ou couple, les donneurs, les enfants :
Ce qui va changer :
ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules,
autoconservation des ovocytes, double don de gamètes, accès aux origines
des enfants nés de PMA ;
Deux femmes en couple souhaitent bénéficier d’un don de sperme pour avoir un enfant.
Interdite avant la loi
Aujourd’hui,
il ne leur est pas possible de bénéficier d’une PMA en France. Elles
peuvent toutefois avoir recours à une insémination « artisanale » (non
médicalisée), avec le concours d’un donneur. Si elles en ont les moyens
financiers, elles peuvent aller dans les pays (Belgique, Danemark,
Espagne…) où le don de sperme est autorisé pour les couples de femmes.
Depuis
2013, le « parent social » peut adopter l’enfant de son conjoint (qui
est le géniteur), à condition que le couple soit marié. Mais l’adoption
plénière est parfois refusée par certains tribunaux quand il n’a pas été
prouvé que le don était anonyme – c’est le cas si le don a été
« amical » et « artisanal ». Dans ce cas, l’adoption est dite
« simple » : les deux liens de filiation, biologique et adoptif,
coexistent.
Autorisée après le vote de la loi
Une
femme en couple avec une autre femme pourra bénéficier, en France, de
la PMA et prétendre à un don de sperme, aujourd’hui réservé aux couples
hétérosexuels infertiles. Pour établir un lien de filiation, les deux
femmes, qu’elles soient mariées ou non, devront produire une
« reconnaissance conjointe anticipée » de l’enfant à naître.
Cette
reconnaissance devra être faite devant notaire au même moment que le
consentement à la PMA avec tiers donneur – le consentement est
obligatoire pour tous les couples qui y ont recours. La ministre de la
justice a aussi assuré que « mère et mère » apparaîtrait dans l’acte de
naissance de l’enfant.