lundi 21 octobre 2019

La retraite en dix mots

Durée d’assurance, minimum contributif, réversion, taux plein, etc. Pour comprendre sa future retraite, encore faut-il en maîtriser le jargon…

Age légal

Age minimal auquel il est possible de toucher sa pension de base, dans le cas général. Actuellement fixé à 62 ans, il ne devrait pas être modifié par la réforme. Certains peuvent toutefois partir avant. Exemples : ceux qui ont commencé à travailler tôt et bénéficient d’une retraite anticipée pour carrière longue, ou encore les fonctionnaires de catégorie « active » (dont l’emploi présente un risque particulier ou de fatigue exceptionnelle).

Age du taux plein

Age auquel la pension est accordée sans décote. Dans le système actuel, vous l’atteignez soit automatiquement entre 65 et 67 ans (cet « âge du taux plein automatique » varie selon les générations), soit dès lors que vous avez à la fois au moins 62 ans et la durée d’assurance requise pour votre génération (par exemple 167 trimestres pour ceux nés entre 1958 et 1960).

Coefficient de solidarité

Malus de 10 % appliqué, depuis janvier 2019, aux pensions complémentaires Agirc-Arrco des salariés prenant leur retraite dès lors qu’ils remplissent les conditions du taux plein. Cet abattement est temporaire, il est subi trois ans maximum. Pour y échapper, il faut décaler son départ d’au moins un an. Les retraités modestes en sont exemptés.

Décote

Abattement définitif appliqué à votre pension de base si vous n’obtenez pas le taux plein. La minoration : 1,25 % par trimestre vous manquant pour atteindre le taux plein, dans la limite de 25 %. A l’inverse, votre pension de base peut bénéficier d’une surcote (1,25 % par trimestre dans la plupart des régimes) si vous continuez à travailler alors que vous avez dépassé à la fois l’âge légal et le nombre de trimestres requis.

Durée d’assurance

Nombre de trimestres à votre compteur, tous régimes confondus. La durée d’assurance comprend tous les trimestres validés : aux périodes réellement cotisées s’ajoutent donc les trimestres de chômage, de maladie, de maternité, les trimestres pour enfants, etc.

Minimum contributif

Pension de base minimale accordée automatiquement aux ex-salariés du privé touchant leur retraite à taux plein. La condition pour y avoir droit : que le total des pensions, de base et complémentaires, ne dépasse pas 1 177,44 euros par mois. Son montant, 695,59 euros maximum, varie en fonction des trimestres validés au régime général et de ceux réellement cotisés. Il existe pour les fonctionnaires un équivalent appelé « minimum garanti ».
Article réservé à nos abonnés Lire aussi Retraites : une réforme qui cristallise les inquiétudes

Minimum vieillesse

Désormais appelé allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), le minimum vieillesse est généralement versé à partir de 65 ans aux seniors très modestes. Son montant maximal, 868,20 euros pour une personne seule actuellement, doit être porté à 903,20 euros au 1er janvier 2020. Il s’agit d’une allocation différentielle : vous touchez la différence entre le niveau maximal de l’ASPA et vos ressources.

Pension complémentaire

Retraite venant s’ajouter à la retraite de base. Pour les salariés, la complémentaire est par exemple gérée par l’Agirc-Arrco. Elle peut constituer une part importante de la pension totale – il n’est ainsi pas rare qu’elle en représente plus de la moitié pour les cadres supérieurs et les libéraux. Ces complémentaires doivent disparaître avec la réforme, une seule pension serait alors versée. Les droits acquis dans les régimes actuels (dont l’Agirc-Arrco) ainsi que ceux acquis au régime de base (le régime général) seront convertis en points avec le nouveau régime.

Pension de réversion

Pension que peut toucher un veuf ou une veuve après le décès du conjoint, en plus de sa retraite personnelle, s’il en a une. Dans le système actuel, il s’agit d’une fraction de la pension du défunt. Le taux de réversion et les conditions varient aujourd’hui selon les régimes, mais les règles doivent être harmonisées par la réforme.

Répartition

Dans un système par répartition, les pensions des retraités actuels sont financées par les cotisations des actifs actuels. A l’inverse, dans un système par capitalisation, chacun épargne directement pour sa propre pension, collectivement ou individuellement. Le système de retraite obligatoire français est basé sur le principe de la répartition et doit le rester malgré la réforme.

Source  : Le Monde, 08/10/2019.

dimanche 20 octobre 2019

Logement social : le modèle français sous tension

Plus de 2 millions de ménages attendent un HLM. Malgré le dynamisme de la construction, seul un demandeur sur cinq voit aboutir son dossier chaque année.

Les listes des demandeurs d’un logement social ne cessent de s’allonger. En 2018,
la barre des 2 millions de candidats a été franchie, avec 2,1 millions de ménages
inscrits, soit 12 % de plus par rapport à 2015. Or, moins de 500 000 HLM sont
attribués chaque année. Résultat, le taux de succès, c’est-à-dire la chance d’obtenir
un logement, a fortement chuté, à 22 %. Un candidat locataire sur cinq seulement
peut donc espérer voir aboutir son dossier. A Paris, c’est moins d’un sur dix.


(...)

Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr

Source : Le Monde, 24 septembre 2019

vendredi 18 octobre 2019

Projet de loi relatif à la bioéthique

La loi du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique prévoit une révision de la loi par le Parlement dans un délai maximal de sept ans, précédé de l’organisation d’états généraux confiée au Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé. Ce texte est l'aboutissement de cette clause de révision.Le projet de loi a été adopté en première lecture avec modifications par l'Assemblée nationale le 15 octobre 2019.


Il avait été présenté au Conseil des ministres du 24 juillet 2019 par Nicole Belloubet, garde des Sceaux, ministre de la justice, Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé et Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

Le projet de loi élargit l'accès à la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femme et aux femmes non mariées. Les couples doivent établir devant notaire une déclaration anticipée de volonté dans laquelle les deux membres du couple s'engagent à devenir parents de l'enfant à naître. Les enfants nés d'un don peuvent à leur majorité avoir accès soit à des données non identifiantes (âge, caractères physiques...), soit à l'identité du donneur s'il l'autorise.

Le texte ouvre aux deux sexes la possibilité de faire prélever et conserver leurs gamètes (sperme et ovocytes), et plus seulement pour des raisons médicales, uniquement dans des établissements autorisés. Un consentement par écrit de la personne est nécessaire. Le recueil et le prélèvement des gamètes sont remboursés mais pas la conservation. Un amendement adopté en première lecture par l'Assemblée nationale interdit aux entreprises publiques et privées de prendre en charge l'autoconservation des gamètes de leur salariées.

Le texte assouplit le régime de recherches sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires. Les recherches sur les cellules souches embryonnaires, passent d’un régime d’autorisation par l’Agence de la biomédecine à celui plus souple d’une déclaration préalable, à laquelle cette agence peut ensuite s’opposer.

Le délai de réflexion d'une semaine en cas d'interruption médicale de grossesse est supprimé. Le texte crée une nouvelle catégorie d'avortement, l'interruption volontaire partielle d'une grossesse multiple en cas de mise en péril de la santé de la femme, des embryons et des fœtus. Cette intervention doit intervenir avant la fin de la douzième semaine de grossesse après consultation d'une équipe pluridisciplinaire.
Le texte interdit la modification d'un embryon humain par adjonction de cellules d'autres espèces.

L'Assemblée nationale a adopté des dispositions pour une meilleure prise en charge des enfants présentant une variation du développement génital (enfants intersexes).
Comme les précédentes lois de bioéthique, la nouvelle loi devra être de nouveau examinée par le Parlement dans un délai maximal qui est désormais fixé à cinq ans (contre sept ans auparavant) après sa promulgation.

Source : Vie-publique.fr, 16/10/2019.
En savoir + : https://www.vie-publique.fr/loi/268659-projet-de-loi-relatif-la-bioethique

mercredi 16 octobre 2019

Loi de bioéthique : quelles sont les mesures finalement adoptées à l’Assemblée ?

Après 80 heures environ de débats intenses, l'Assemblée nationale a largement adopté le 15 octobre le vaste projet de loi bioéthique avec la mesure phare de l'ouverture de la PMA à toutes les femmes.


Le texte sensible, première grande réforme sociétale du quinquennat, a été voté en première lecture par 359 voix contre 114 et 72 abstentions, sous des applaudissements de la majorité. Il devrait arriver en janvier au Sénat avant de revenir en deuxième lecture à l’Assemblée au printemps. Le gouvernement espère ensuite voir la loi adoptée "avant l'été".


PMA ouverte aux lesbiennes et aux femmes célibataires

La mesure emblématique est l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires. Cet amendement a fait l’objet à lui seul de trois jours de débats acharnés. Au final, l’Assemblée prévoit que la PMA pourra être autorisée aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires, et non plus réservée aux seuls couples hétérosexuels. Elle sera remboursée par la Sécu, pour un coût de 15 millions d'euros annuels supplémentaires. La PMA pour les hommes transgenres ou la PMA post-mortem ont été rejetées.
Des députés Les Républicains ont inlassablement pointé un "effet domino" inéluctable vers la gestation par autrui (GPA), même si le gouvernement répète que celle-ci reste "un interdit absolu en France".

Réforme de la filiation

Conséquence de l'ouverture de la PMA, le texte prévoit une réforme de la filiation pour les enfants de couples de femmes. Ces couples devront passer par une reconnaissance anticipée de l'enfant devant notaire, comme peuvent le faire les couples hétérosexuels non mariés. La femme qui n'a pas porté le bébé sera reconnue comme l'un des deux parents, à égalité avec sa compagne.
La reconnaissance automatique en France de la filiation d'enfants conçus par GPA (mère porteuse) à l'étranger a été rejetée, le gouvernement ne voulant pas "ouvrir une brèche dans la prohibition de la GPA".




mardi 15 octobre 2019

L’économie vue par Gérard Mordillat et Bertrand Rothé sur Arte, anatomie d’une nouvelle religion

L’auteur du documentaire « Corpus Christi » et l’économiste déconstruisent les fondamentaux de l’économie moderne en six épisodes. 


Après Dieu, l’économie. Rien de moins. Gérard Mordillat, bien connu du grand public pour la formidable série documentaire sur la Bible Corpus Christi, réalisée en 1997 en collaboration avec Jérôme Prieur, s’est lancé dans la tâche à la fois aride et titanesque de rendre accessibles au plus grand nombre les grandes notions de l’économie moderne : travail, emploi, salaire, marché, capital et profit. Le tout en six épisodes, dont les deux derniers sont uniquement disponibles en ligne, sur Arte.tv.Plus qu’un travail de vulgarisation, Gérard Mordillat, avec la complicité de l’économiste Bertrand Rothé, s’est attelé à donner du sens à ces notions, omniprésentes dans les médias, les discours des politiques et les conversations « en ville », mais souvent mal maîtrisées, et donc mal comprises. Pour ce faire, les réalisateurs de Travail, salaire, profit sont partis à la rencontre d’un éventail des meilleurs chercheurs actuels, qu’ils soient économistes, historiens, philosophes ou juristes. Dans un décor dépouillé qui reprend les codes adoptés par Corpus Christi – sur fond noir et sans aucune voix off –, chaque intervenant est invité à s’exprimer sur une notion, réfléchir à une définition, valider ou non une hypothèse. La structuration du propos est assurée a posteriori, par le biais d’un montage rigoureux.


Approche vivante


Qu’est-ce qu’une crise économique ? Qu’est-ce qui différencie le travail de l’emploi ? Comment la classe ouvrière a-t-elle disparu ? Quelles sont les origines de la crise du fordisme ? Comment crée-t-on de la valeur ? Voici quelques-unes des questions qui seront posées au fil des épisodes. Que les néophytes se rassurent, il n’est pas besoin de maîtriser les concepts de base de la microéconomie pour comprendre les réponses : l’approche se veut vivante, concrète, illustrée par de nombreux exemples tirés de toutes les sciences humaines. La diversité culturelle des intervenants garantit la richesse de leur propos et permet de saisir pourquoi l’économie est intimement liée à une certaine vision du monde.
Travail, salaire, profit n’en est pas pour autant une œuvre pédagogique et ne s’adresse pas à tous les publics : la série a beau être incroyablement nourrie et documentée, elle reste assez peu digeste, tant sur le fond que sur la forme. Pour les moins armés, la succession de séquences parlées peut s’avérer difficile à suivre. Au point d’en sortir avec l’impression d’avoir entendu beaucoup de choses intéressantes, mais de ne finalement pas avoir retenu grand-chose.


Ce n’est cependant pas la principale limite de cette série documentaire, car ce parti pris a le grand avantage de rappeler que l’économie est une science complexe, parfois approximative, dont de nombreux pans ne font pas consensus, et qu’elle n’est pas simplifiable à l’extrême. La limite de Travail… est ailleurs, dans la composition de son panel d’invités : de Frédéric Lordon à David Graeber, en passant par Kako Nubukpo, Robert Pollin ou Danièle Linhart, le courant « hétérodoxe » (par opposition aux « orthodoxes », qui, pour aller très vite, croient en la rationalité des acteurs du marché) semble largement majoritaire.

Source : Le Monde, 15/10/2019.
Emission à voir ou revoir : https://www.arte.tv/fr/videos/RC-018077/travail-salaire-profit/ 

samedi 12 octobre 2019

En Australie, l’IVG est dorénavant autorisée dans tout le pays

La Nouvelle-Galles du Sud est le dernier État australien à avoir décriminalisé l’avortement, après des semaines d’affrontements entre militants des deux camps. 


« Désolé que cela ait pris tant de temps », a déclaré jeudi Alex Greenwich, député indépendant de Nouvelle-Galles du Sud, après avoir obtenu la dépénalisation de l’avortement dans cet Etat le plus peuplé d’Australie. C’est à l’issue de quarante heures de débat parlementaire, deux mois après l’introduction de sa proposition de loi, mais surtout cent dix-neuf ans après une première législation criminalisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG), que la pratique sort du code pénal de cet État, le dernier d’Australie à l’y avoir maintenue.

Inspiré des législations des États voisins, la Nouvelle-Galles du Sud autorise désormais l’avortement jusqu’à vingt-deux semaines de gestation et permet la pratique au-delà avec l’approbation de deux médecins dans un hôpital public. Toute personne cherchant à persuader une femme à avorter ou à l’en dissuader risque deux ans de prison.
La proposition de réforme s’est heurtée à de vives oppositions au sein du Parlement fédéré, particulièrement de mandataires de la coalition conservatrice au pouvoir, appuyés par l’ex-premier ministre Tony Abbott (Parti libéral) et l’ancien vice-premier ministre adjoint Barnaby Joyce (Parti national). Le premier a comparé la proposition de loi à « un infanticide sur demande », le second au « débat sur l’esclavagisme de notre époque », lors d’un rassemblement anti-avortement à Sydney, mi-septembre.

Une centaine d’amendements

Le climat politique houleux a en effet été doublé de mobilisations conséquentes des militants des « pro-choix » et « pro-vie », ces derniers soutenus par des groupes religieux, jusqu’à rassembler plusieurs milliers de manifestants. Fin août, des détracteurs de la réforme ont même eu recours à l’écriture aérienne, en inscrivant les mots « Choose life » dans le ciel de Sydney, capitale de l’État. Deux députés opposés à la décriminalisation ont été la cible de menaces, fin août, qui ont conduit à l’ouverture d’une enquête.

(...)

Source : Le Monde, 27/09/2019.
Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr

jeudi 10 octobre 2019

Dépendance : les aidants enfin mieux reconnus

11 millions de Français apportent au quotidien leur soutien à un proche dépendant ou malade. Un plan de mobilisation nationale devrait bientôt mieux prendre leurs difficultés en compte. 


En France, 11 millions de personnes accompagnent un proche malade, en situation de handicap ou de dépendance, selon la dernière étude en la matière, celle de la fondation April/BVA réalisée en 2018. La Journée nationale des aidants, le 6 octobre, est l’occasion de faire le point sur ces individus qui assument plusieurs tâches au quotidien en apportant soin et soutien à un parent, conjoint, enfant ou voisin, en plus d’assumer leur travail, de vivre leur retraite, et même parfois de suivre leurs études.
Ce chiffre colossal, en comparaison de la population française, cache de fortes disparités. « Il est impossible de dresser un portrait-robot de l’aidant, car il y a quasiment autant de profils que de personnes aidées », note Annie de Vivie, fondatrice du site spécialisé dans l’information aux seniors et aidants Agevillage.com. Parmi les aidants, 52 % occupent un emploi et 58 % sont des femmes. Autre enseignement : 57 % d’entre eux accompagnent au quotidien un proche dépendant en raison de la vieillesse. Des chiffres qui risquent d’augmenter dans les vingt prochaines années, puisque selon le rapport de Dominique Libault sur la Concertation grand âge et autonomie, publié en mars dernier, le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie, percevant l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), devrait passer de 1 265 000 en 2015, à 1 582 000 en 2030 puis à 2 235 000 en 2050.


Malgré tout, le rôle d’aidant ne doit pas être cantonné à l’image d’une épouse dévouée au côté son mari très âgé, ou d’une fille aînée à la retraite prenant en charge ses parents à leur entrée dans le quatrième âge. « Un aidant assiste, à titre non professionnel, une personne de son entourage qui est en perte d’autonomie et avec laquelle il a un lien affectif », explique Laure Vezin, psychologue spécialisée dans l’accompagnement des proches aidants à Paris. Fait méconnu : beaucoup de moins de 25 ans répondent à cette définition.

500 000 jeunes Français, même encore écoliers, apporteraient de l’aide à un proche malade ou handicapé au quotidien.
500 000 jeunes Français, même encore écoliers, apporteraient
de l’aide à un proche malade ou handicapé au quotidien. Image Source / Photononstop
 
Selon l’association nationale Jeunes aidants ensemble (JADE), ils seraient près de 500 000 à gérer le quotidien d’un proche. « Ils sont écoliers, collégiens, lycéens ou étudiants et apportent un soutien moral à leur proche malade. Ils gèrent les aspects de la vie quotidienne comme les courses ou l’aide aux devoirs de leur fratrie plus jeune. Ils s’occupent aussi des aspects médicaux et apportent parfois même des soins », précise Françoise Ellien, sa présidente.

Des congés pour les salariés

Cette réalité de terrain, la disparité des profils d’aidants, mais aussi leur rôle pivot lorsqu’une perte d’autonomie intervient, sont désormais mieux pris en compte par les pouvoirs publics. La loi d’adaptation de la société au vieillissement, entrée en vigueur en 2016, a notamment créé le statut de « proche aidant » afin de prendre en compte ceux qui entretiennent des liens étroits avec une personne âgée ou malade, sans forcément avoir de liens familiaux. Elle a aussi introduit une « aide au répit » (de l’ordre de 500 euros par an), créé des congés spécifiques pour les salariés qui ont besoin de cesser de travailler pendant une courte période… Un premier pas qui va dans le bon sens mais reste, pour l’heure, insuffisant.

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 Source : Le Monde, 04/10/2019.

Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr

mardi 8 octobre 2019

La toute-puissance d’Amazon à la loupe

Le Monde en face. Le Monde selon AMAZON France 5, 20 h 50

Le Monde en face propose un voyage dans les coulisses de la plus grosse plateforme de vente en ligne, l’empire tentaculaire de Jeff Bezos. Et ce n’est pas reluisant.

 Il n’aura fallu que quelques années à Jeff Bezos pour conquérir le monde. En 1994, il est assis dans son garage, il empaquette des livres prêts à être déposés dans la boîte postale la plus proche. En 2017, il devient officiellement l’homme le plus riche du monde. Et dans le monde de Jeff Bezos, richesse rime avec puissance. Dans cette nouvelle édition, le Monde en face a tenté de décrypter les secrets de la fulgurante ascension d’Amazon.

Amazon expédie 158 colis par seconde à travers le monde.


Et d’abord, qu’est-ce qu’Amazon ? Amazon, c’est le nom d’une plateforme. Mais pas seulement. C’est devenu aujourd’hui celui d’un empire, celui de Jeff Bezos, l’ex-libraire du Web. Sa puissance, il la doit à son ambition et à sa ténacité sans mesure. Jeff Bezos voit plus loin, plus grand, et n’est pas près de jeter l’ancre. Mais à quel prix ? L’intérêt de comprendre le fonctionnement de la machine Amazon est devenu essentiel, car force est de constater que ce qui se cache derrière ce succès n’est pas reluisant. En parallèle du livre de Benoît Berthelot, l’émission le Monde en face s’est également intéressée aux secrets et à la stratégie du géant de l’Internet. Jeff Bezos a conquis le monde en contournant toutes les règles, et ne cesse de gagner en pouvoir et en territoires. Désormais, Amazon est partout.

La plateforme de vente en ligne a envahi l’Amérique, puis l’Europe, et s’attaque désormais à l’Inde. Mais ce n’est que la face cachée de l’iceberg : si sa puissance de tir commerciale est aujourd’hui reconnue, Jeff Bezos ne s’assoupit pas et cherche le développement constant. Amazon est aujourd’hui une plateforme vidéo. Amazon est aujourd’hui un acteur de l’économie. Amazon est aujourd’hui un pôle de développement technologique. Amazon est aujourd’hui un cloud, qui héberge jusqu’aux données du ministère de l’Intérieur américain. Amazon est aujourd’hui un acteur de la conquête spatiale. Amazon, c’est aujourd’hui une immensité qui étend ses tentacules partout sur le monde. Mais les tentacules ne peuvent s’emparer d’une chose sans en étouffer une autre. À commencer par les droits des travailleurs, sacrifiés partout dans le monde par Amazon.

Documentaire à voir ou revoir en replay : https://www.france.tv/documentaires/societe/1074021-le-monde-selon-amazon.html

Colombine Balcaen
Source : L'Humanité, 08/10/2019.

dimanche 6 octobre 2019

Alcool, tabac, cannabis: les jeunes consomment moins, mais toujours trop

À 17 ans, ils sont désormais près de 12% à n’avoir jamais consommé d’alcool, de tabac et de cannabis. Des chiffres encourageants, mais loin d’être encore suffisants.


Toujours beaucoup d’alcool, moins de tabac, plus de cannabis. C’est ce que montre
le dernier rapport de Santé publique France et de l’Observatoire français des
drogues et des toxicomanies (OFDT) sur les consommations de substances
psychoactives chez les jeunes, publié cette semaine. Si globalement, la
consommation de ces produits baisse chez les jeunes, elle reste importante.
«Continuer les efforts de prévention et de sensibilisation est donc primordial», insiste
Viet Nguyen-Thanh, responsable de l’unité Addictions au sein de Santé publique
France.



Une consommation en légère baisse



En 2008, 5,1% des adolescents de 17 ans déclaraient n’avoir jamais consommé
d’alcool, de tabac et de cannabis. Dix ans plus tard, ils sont 11,7%. «Des chiffres
encourageants, selon Viet Nguyen-Thanh, qui viennent confirmer une tendance que
nous observions depuis quelques années dans les études». La baisse est
particulièrement encourageante chez les collégiens, qui sont moins nombreux à
déclarer avoir déjà été ivres ou à avoir déjà fumé. «Nous pensons que c’est grâce
aux différentes politiques menées depuis une dizaine d’années, comme la loi HPST
du 21 juillet 2009 qui interdit la vente d’alcool aux mineurs, et aux campagnes
d’information», indique Viet Nguyen-Thanh, qui évoque aussi les changements
d’attitude des parents: «Auparavant, il y avait parfois une culture de l’initiation à
l’alcool de la part des parents, qui est moins présente aujourd’hui. Et il est aussi
possible que l’essor des écrans grignote sur le temps de consommation des jeunes.»
La responsable de Santé publique France tempère cependant: «Certes, nous nous
réjouissons de cette baisse, mais il y a encore des efforts à faire. Dans une synthèse
parue en février dernier, l’OFDT a montré que parmi les jeunes de 17 ans interrogés
ayant bu le mois précédent, 91% ont acheté de l’alcool en magasin malgré
l’interdiction.» La consommation d’alcool reste ainsi élevée chez les jeunes: dans les
12 mois précédant l’enquête, plus de 80% des jeunes interrogés ont consommé de
l’alcool.



mercredi 2 octobre 2019

Dans le monde du travail, "jeunes et plus âgés se disent confrontés au même problème, le manque de reconnaissance"

Deux sociologues expliquent le changement de vision du travail par une étude sur trois générations. 


Travaille-t-on aujourd’hui comme travaillaient nos grands-parents ? Quels impacts l’évolution du monde professionnel a-t-elle eu sur la vision du travail au fil des générations ?
Dominique Méda, professeure de sociologie à l’université Paris-Dauphine et directrice de l’Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales (Irisso), et Patricia Vendramin, professeure de sociologie à l’université catholique de Louvain, en Belgique, ont observé ces changements depuis les années 2000. Plusieurs publications ont été éditées sur le sujet, dont leur livre, Réinventer le travail (PUF, 2013).

Existe-t-il des attentes particulières à l’égard du travail en fonction des générations ?

Oui. Dans nos enquêtes, les jeunes (moins de 30 ans) demandent davantage de protection sociale et des salaires plus élevés, mais aussi plus de liberté et d’opportunité de développement personnel.
La génération du milieu (de 30 à 50 ans) réclame plutôt un soutien de la société et de l’entreprise pour mieux concilier travail et famille. Ils réclament également des mesures en termes de formation continue, dans une perspective d’allongement de la vie active, car ils sont conscients d’être « les futurs travailleurs âgés ».
La génération plus âgée (plus de 50 ans) attend, quant à elle, une meilleure reconnaissance de l’expérience, mais aussi une adaptation des conditions de travail compatible avec le vieillissement.

Y a-t-il des points communs entre ces trois générations ?

Les jeunes et les plus âgés se disent confrontés au même problème, le manque de reconnaissance au travail. Les jeunes se sentent sous-évalués au regard de leur effort de formation et les plus âgés se sentent sous-évalués au regard de leur expérience.
(...)

Source : Le Monde, 28/09/2019.
Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr