lundi 1 septembre 2014

Des pharmaciens de quatre régions vont tester la vente d'antibiotiques à l'unité

L'objectif vise à réduire les dépenses de santé et à lutter contre le gaspillage des médicament

L'appel est lancé. Dans quatre régions (PACA, Ile-de-France, Lorraine et Limousin), les pharmaciens peuvent désormais déposer leur candidature auprès de leur agence régionale de santé (ARS) pour expérimenter la vente de médicaments à l'unité.
Le projet, annoncé par la ministre de la santé, Marisol Touraine, en septembre 2013, dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale, devrait permettre de réduire les dépenses de santé et de lutter contre le gaspillage des médicaments. L'expérimentation porte sur les antibiotiques. Quatre régions ont été sélectionnées. En PACA, les officines avaient jusqu'au dimanche 31 août pour se porter candidates. Les trois autres ont jusqu'au 8 septembre.
A Paris, la pharmacie Maison-Blanche (13e arrondissement) a d'ores et déjà déposé sa candidature. Pour Anne Aubijoux, pharmacienne associée de l'officine, " c'est une mission de santé publique. L'occasion d'agir face à des problèmes nouveaux qui se posent, tels la résistance aux antibiotiques, la pollution environnementale ou l'intoxication d'enfants à cause d'antibiotiques oubliés dans les placards ".
Les officines participantes seront chargées de veiller à l'acceptabilité par les patients de la délivrance des antibiotiques à l'unité, insiste l'ARS, et à la quantification d'une éventuelle diminution de la quantité d'antibiotiques stockée par les patients. Une mission d'écoute qui viendra compléter un aspect purement économique en évaluant le temps de travail supplémentaire et la modification des volumes d'antibiotiques délivrés.
Quelles économies d'échelle peut-on espérer avec ce dispositif ? " Il ne faut pas faire d'amalgame entre le problème économique et celui de santé publique ", souligne Anne Aubijoux. Pour elle, la priorité reste l'efficacité du système : " La délivrance à l'unité existe déjà pour les stupéfiants comme les dérivés de la morphine ", explique-t-elle. Sur chaque blister – l'opercule qui protège et ferme le médicament –, toutes les informations obligatoires sont mentionnées : date limite de consommation, numéro de lot, nom de la molécule et dosage. Une praticité actuellement absente des boîtes d'antibiotiques.
" L'ARS est restée floue sur les méthodes à employer pour distribuer les notices et le mode de conditionnement qui sera utilisé pour la vente à l'unité des antibiotiques ",regrette ainsi la pharmacienne. Mais cette difficulté ne semble pas la freiner : " Je ne suis ni pour ni contre ce projet ; je vois une action, un cadre, alors je fonce. " Une attitude qui n'est pas légion dans la profession.
Au total, le ministère de la santé espère rassembler une centaine d'officines. Lundi 1er septembre, au lendemain de la fin de l'appel à candidature en PACA, l'ARS se disait satisfaite, sans révéler de chiffres. Vendredi 29 août, celle d'Ile-de-France constatait de son côté que les candidats étaient " très peu nombreux ". Un succès mitigé, qui s'explique, selon Philippe Besset, vice-président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), par " un ras-le-bol de la profession ". " Depuis huit ans, le contexte général est morose, confie-t-il. La profession fait face à des réformes permanentes, dans un contexte de baisse de prix. Alors les pharmaciens sont plutôt défavorables à l'expérimentation ".
Pour beaucoup, les manipulations supplémentaires nécessaires posent problème. Mélanie Goudard, 27 ans, pharmacienne salariée dans une officine du 6e arrondissement de Paris, en est certaine : " Cela va nous prendre un temps fou, car les conditionnements sont inadaptés. " Une contrainte de temps pourtant envisagée par la FSPF, consultée par le ministère de la santé : " Nous avons estimé un surcoût d'un euro par jour et par patient ", relativise Philippe Besset.
L'expérimentation, d'une durée de douze mois, prévoit " une rémunération spécifique ", explique l'ARS. Les pharmacies expérimentatrices bénéficieront de 1 500 euros par an en un seul versement ; 300 euros pour les pharmacies dites " témoins ", chargées de recenser le volume d'antibiotiques nécessaires en comparaison avec le nombre distribué avec des boîtes de médicaments.
Car l'objectif premier du dispositif est bel est bien de réduire le nombre de délivrances d'antibiotiques. L'Inserm sera chargé de dresser le bilan de l'expérimentation, pour en déterminer, ou non, la généralisation. En moyenne, chaque Français disposerait dans ses placards d'environ 1,5 kg de médicaments. Une situation jugée dangereuse par les professionnels de la santé, car propice à l'automédication, dans un contexte de résistance aux antibiotiques.
Céline Revel-Dumas
© Le Monde 2/09/2014

Rythmes scolaires et égalité filles-garçons, deux sujets à hauts risques pour la ministre

LA PREMIÈRE ÉPREUVE du feu pour la nouvelle ministre de l'éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, est le retour en classe, mardi 2 septembre, des 12 296 400 élèves des écoles, collèges et lycées. Elle n'aura eu qu'une semaine pour s'assurer que les 839 700 enseignants ont tous un poste. Mais sa crainte porte moins sur la réussite technique de la rentrée que sur deux sujets épineux : les rythmes scolaires et le programme de lutte contre les inégalités filles-garçons. Le premier dossier a coûté son poste à Vincent Peillon et le nom de la nouvelle ministre est déjà assimilé au second…

Sur les rythmes, des appels à la mobilisation, voire au boycottage de l'école, émanant de syndicats (non majoritaires), d'élus, de parents, circulent sur les réseaux sociaux sans qu'on puisse en mesurer l'ampleur. Les professeurs, eux, semblent sur la réserve. Du côté du SNUipp-FSU (majoritaire), on fait état de 74 % d'enseignants craignant que ce changement ait un impact négatif sur leur travail. Au SE-UNSA, on assure en revanche que " les collègues sont assez convaincus de l'intérêt de la réforme, en tout cas plus qu'il y a un an, et reconnaissent mieux avancer avec cinq matinées d'école plutôt que quatre ".
Face à ces signaux contradictoires, difficile d'imaginer que cette première semaine, qui va voir 5,7 millions d'écoliers goûter aux nouveaux rythmes, échappera aux critiques, voire aux couacs. En 2013 déjà, la communauté éducative s'était plainte d'ateliers annulés, de personnels absents, de locaux manquants… alors même que les 4 000 villes revenues à la semaine de quatre jours et demi étaient volontaires. En cette rentrée, qui voit 20 000 autres communes sauter le pas, beaucoup ont encore le sentiment d'appliquer la réforme à marche forcée.

Marge de manœuvre étroite

A cette contestation pourrait s'ajouter une autre, si l'on en croit la virulence des réactions à la nomination de Mme Vallaud-Belkacem, perçue par certains comme l'" égérie " d'une prétendue " théorie du genre ". Avant même son arrivée dans les classes, le " plan d'action " pour l'égalité filles-garçons, annoncé le 30 juin, est déjà dans la ligne de mire des lobbies traditionalistes. La non-généralisation des " ABCD de l'égalité " n'a pas calmé la contestation. La Manif pour tous, notamment, a appelé à la mobilisation le 5 octobre. Quant au mouvement de Farida Belghoul, à l'initiative de Journées de retrait de l'école, il reste pour l'heure discret, même s'il aurait l'intention de briguer des voix lors des élections de parents d'élèves, en octobre, sous l'appellation de Fédération autonome de parents engagés et courageux.
D'ici là, la Rue de Grenelle devrait avoir levé le flou qui entoure son plan d'action. Pour tenter d'éviter la polémique, le gouvernement prévoit de mettre l'accent sur la formation des enseignants et la relation aux familles. Mais la " malette pédagogique " promise aux enseignants pour la rentrée garde encore ses secrets…
La marge de manœuvre est étroite. Face aux " tradis ", les militants de l'égalité – associations féministes, de lutte contre l'homophobie, etc. – ne pardonneraient pas à la gauche de ne pas avancer. Déjà, leur désillusion s'était fait entendre après l'annonce de la non-généralisation des " ABCD de l'égalité ", expérimentés le temps d'un semestre.
Si la nouvelle ministre arrive à sortir de l'identification à ce dossier, elle pourra alors ouvrir plus sereinement les multiples autres chantiers qui l'attendent.
M. B. et M. Ba.
Le Monde 1/09/2014

Les chiffres de la rentrée scolaire 2014

Lundi 1er septembre, près de 840 000 enseignants ont retrouvé leur salle de classe, un jour avant la rentrée scolaire des élèves. Les 12,3 millions d’élèves feront leur rentrée scolaire, mardi 2 septembre, dans les écoles (6,8 millions), les collèges (3,3 millions) et les lycées (2,16 millions) de France. Ils suivront les cours dispensés par près de 840 000 enseignants, dans les établissements publics et privés. 



►Dans le public, il y aura en moyenne 25,8 élèves par classe en maternelle, 22,9 élèves par classe à l’école élémentaire, 24,8 élèves par classe au collège, 19,3 élèves par classe au lycée professionnel et 29,8 élèves par classe au lycée général et technologique.
►La dépense moyenne par élève et par an (hors Mayotte) s’élève à 6 010 € dans le premier degré (maternelle et élémentaire), 8 410 € par collégien, 11 310 € par lycéen général et technologique et 11 960 € par lycéen professionnel.


►Le coût de la rentrée augmente de 2,17 % pour un enfant entrant en 6e, à 189,09 €, selon Familles de France (FDF). La Confédération syndicale des familles (CSF) estime que le coût va augmenter de 1,35 % en moyenne, notamment en raison du prix des équipements sportifs pour les lycéens qui font un bond de 17 %. Selon le ministère de l’éducation, le coût de la rentrée est stable (-0,1 %) par rapport à 2013, évoluant moins que l’inflation.
►L’allocation de rentrée scolaire (ARS), qui bénéficie à plus de 5 millions d’enfants et adolescents, a été valorisée de 0,7 %, contre à une hausse de 1,2 % en 2013 et à une revalorisation exceptionnelle de 25 % en 2012.
►François Hollande a promis 60.000 créations de postes dans l’enseignement sur le quinquennat, dont 54.000 destinés à l’éducation nationale (les autres au supérieur et à l’enseignement agricole).
Cinq mille postes sont créés cette année dont 2.355 postes d’enseignants dans le primaire et 1.986 dans le secondaire.
Les autres concernent les personnels de l’éducation nationale : 159 conseillers principaux d’éducation (CPE), 350 accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH), 100 emplois de personnels médico-sociaux, 50 emplois administratifs au sein des services du ministère.

La Croix avec AFP

Les chiffres de la rentrée scolaire 2014


Sur le travail du dimanche, le recours aux ordonnances passe mal

Le gouvernement a annoncé qu’il pourrait agir par ordonnances pour légiférer sur le repos dominical qui suscite de nombreuses oppositions, à gauche mais aussi à droite.
Le terrain est miné et Manuel Valls le sait. Chaque fois que le débat sur le travail du dimanche est revenu sur le devant de la scène, il s’est soldé par des discussions houleuses à l’Assemblée nationale et par des compromis boiteux. Déterminé à « accélérer » les réformes, le premier ministre cherche à contourner ce piège. Matignon a ainsi confirmé en fin de semaine dernière que la future loi sur la croissance « comporterait des habilitations à agir par ordonnances, par exemple sur le repos dominical ».
Cette procédure, prévue par l’article 38 de la Constitution, permet au gouvernement de prendre des mesures qui relèvent normalement du domaine de la loi, après avoir au préalable sollicité l’accord du Parlement par la voie d’une loi d’habilitation. 

UN SUJET QUI DIVISE À GAUCHE COMME À DROITE

Le recours à une telle procédure n’est pas exceptionnel. Selon un rapport du Sénat, les gouvernements y ont eu recours 126 fois depuis le milieu des années 1980. La gauche, qui a beaucoup critiqué ce recours aux ordonnances lorsqu’elle était dans l’opposition, l’a déjà utilisé 16 fois entre l’élection de François Hollande et fin 2013, notamment pour prendre des mesures de simplification administrative ou pour revoir des règles d’urbanisme.
Des mesures en général d’ordre très technique. Or, avec le travail du dimanche, on touche à un sujet de société particulièrement sensible et qui divise à gauche comme à droite. 
En 2009, Nicolas Sarkozy avait dû affronter la fronde d’une partie de ses troupes et faire marche arrière sur ce sujet. Manuel Valls, qui n’est pas assuré d’obtenir une majorité à l’Assemblée nationale, cherche à éviter la même mésaventure.
Mais la méthode passe mal dans sa majorité, traditionnellement attachée au principe du repos dominical. Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis a déclaré qu’il n’y était pas favorable et le ministre délégué aux relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen est resté hier encore très évasif sur le recours à cette procédure. « Nous verrons »,s’est-il contenté de répondre sur RTL.

« PAS QUESTION D’ACCORDER UN CHÈQUE EN BLANC »

Les députés socialistes qui ne sont pas très « chauds » à l’égard du procédé, assurent qu’ils seront en tous cas extrêmement vigilants. « Le périmètre de la loi d’habilitation devra être très précis sur ce que le gouvernement veut faire. Il n’est pas question d’accorder un chèque en blanc » assure le député socialiste de Seine-et-Marne, Olivier Faure pour qui le travail du dimanche doit rester exceptionnel et être « volontaire et compensé ». 
Si des aménagements sont selon lui envisageables dans les zones touristiques, notamment à Paris, et dans les zones commerciales des grandes villes, comme le suggère le rapport Bailly remis au gouvernement l’année dernière, « le groupe serait extrêmement réticent s’il s’agissait d’augmenter le nombre d’ouvertures dominicales décidées par les maires », actuellement au nombre de 5.
Les syndicats, qui ont commencé à être reçus par le nouveau ministre de l’économie, Emmanuel Macron, n’entendent pas non plus rester « hors-jeu ». « Ordonnance ou pas, il faut une discussion avec les organisations syndicales sur le contenu du texte » a expliqué, le 1er septembre le patron de la CFDT, Laurent Berger.« Si on va comme je le suppose vers un élargissement du travail du dimanche, cela mérite un débat devant l’Assemblée nationale, estime de son côté Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC. C’est un vrai choix de société. »
1/9/14 - 17 H 42CÉLINE ROUDEN journal La Croix

vendredi 29 août 2014

SANTÉ Le monde en guerre contre Ebola

Dossiers d'actualité


Dossier sur le virus EBOLA 

26.08.2014



A lire au CDR du DPFI Lormont - Courrier international

Les mégots à charge






“Avec plus d’un milliard de fumeurs dans le monde selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la consommation de tabac n’est pas seulement une problématique sanitaire, c’est aussi un enjeu environnemental majeur”, constate le magazine Smithsonian. 



Lire la suite sur Courrier International HEBDO N° 1243

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L'abécédaire du travail






A lire dans le n° de sciences humaines sept-oct-nov 2014 (disponible au CDR DPFI de Lormont et EFMS Talence)

mercredi 27 août 2014

A Lyon, interrogations autour de l’afflux de « réfugiés médicaux »



Un sujet sensible agite les milieux de l’asile et les cercles médicaux de Lyon, l’une des portes d’entrée de l’immigration en France : l’arrivée croissante de demandeurs d’asile dont les motivations réelles ne sont pas les persécutions qu’ils subiraient dans leur pays mais leurs besoins en soins médicaux pour des pathologies lourdes – insuffisance rénale ou handicap notamment. « Ce sont en quelque sorte des réfugiés médicaux », estime le professeur Emmanuel Morelon, chef du service transplantation de l’hôpital Edouard-Herriot.



lire la suite dans le journal Le Monde du LE MONDE | 











A lire également : la réforme en vue du droit des étrangers malades
http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2014/08/04/reforme-en-vue-du-droit-des-etrangers-malades_4466522_3224.html

L’OMS autorise l’usage de traitements expérimentaux contre le virus Ebola



C'est un feu vert. Mardi 12 août, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a avalisé le recours à des traitements et vaccins expérimentaux non encore évalués chez l'homme. Pour l'agence des Nations unies, il s'agit de faire face à « l'épidémie de fièvre à virus Ebola la plus vaste, la plus sévère et la plus complexe de l'histoire » à laquelle l'Afrique de l'Ouest est aujourd'hui confrontée. Cette décision fait suite aux conclusions unanimes d'un panel de douze experts en éthique médicale réunis la veille.


Dès mercredi, le Canada annonçait ainsi faire don de 800 à 1 000 doses de vaccins expérimentaux contre le virus qu'il a développés dans ses laboratoires publics.


lire la suite sur Le Monde du 27/08/2014