mercredi 23 septembre 2015

Enfants handicapés, de la galère à l'exil

« Enfants handicapés : de la galère à l'exil » est un film de 52 minutes réalisé par Nicolas Bourgoin et Amandine Stelletta et commenté par l'acteur Charles Berling. Il débute sur du positif, ces écoles qui, en France, plutôt que de relever le « pari » de l'inclusion ont tout simplement respecté la loi. Mais, rapidement, le constat déraille… Seulement 20% des enfants autistes sont admis à l'école : « un record de misère européen », selon le réalisateur, alors que la loi rend leur scolarisation obligatoire depuis 2005.


Pénurie française

 

Chaque année, entre 6 000 et 8 500 enfants avec un handicap mental naissent en France. Autisme, trisomie 21, syndrome d'Asperger, ils ne seront jamais totalement autonomes. Pour certaines familles, épuisées et démunies face à certains troubles particulièrement éprouvants, trouver une structure adaptée est la seule solution. Commence alors un véritable parcours du combattant. Ce film donne la parole à plusieurs familles qui tentent désespérément d'obtenir une aide. Même si la situation varie d'un département à l'autre, il manquerait aujourd'hui entre 10 et 30 000 places en foyers d'accueil France. 50% des enfants autistes n'ont donc d'autre soutien que celui de leurs parents. Une mère, souvent seule, qui a tout sacrifié, sa carrière, son couple et même ses autres enfants, parfois mise en cause par la justice pour « défaillance de parentalité » comme si elle était responsable des troubles de son enfant.

L'exil vers la Belgique

 

Sur la trace des « sans solution », la caméra prend ensuite la route. Car cette pénurie ne laisse souvent d'autre choix de s'exiler très loin du domicile familial, voire à l'étranger. Pays en pointe dans l'accueil des personnes handicapées mentales, la Belgique propose des initiatives parfois novatrices dans des écoles spécialisées mais également un « business juteux ». Profitant d'une législation beaucoup plus souple qu'en France, des investisseurs privés, n'ayant aucune expérience dans le domaine du handicap, ouvrent des structures.

Et les adultes ?

 

Un troisième volet est consacré à l'accompagnement d'une adulte autiste, qui aborde les dysfonctionnements dans sa prise en charge et le manque de projet personnel, d'activités d'éveil et même de nourriture. « Des lieux de vie qui deviennent des garderies, selon son papa ». « Enfants handicapés : de la galère à l'exil » sera diffusé le mardi 22 septembre 2015 à 20h50 dans l'émission « Le monde en face » sur France 5. Sa projection sera suivie d'un débat animé par Marina Carrère d'Encausse.

Voir ou revoir cette émission : http://www.france5.fr/emission/enfants-handicapes-de-la-galere-lexil/diffusion-du-22-09-2015-20h40

vendredi 18 septembre 2015

DOC HEBDO N°49 - du 17 au 23 septembre 2015

Retrouvez et téléchargez le bulletin numérique de revue de presse DOC HEBDO N°49 du DPFI de Lormont qui présente l'actualité du 17 au 23 septembre 2015 via ce lien : https://drive.google.com/file/d/0B8K6AGV2iEkDUFpYSC1OZU9kWHc/view?usp=sharing

Retrouvez les anciens numéros du Doc Hebdo sur cette page : http://actu33.blogspot.fr/p/doc-hebdo-du-dpfi.html

https://drive.google.com/file/d/0B8K6AGV2iEkDUFpYSC1OZU9kWHc/view?usp=sharing

Des experts de la petite enfance alertent sur l'usage intensif des tablettes numériques

Lundi dernier dans le journal Le Monde , un collectif de psychologues, orthophonistes, médecins et enseignants ont alerté sur les effets de l'usage précoce et abusif de la tablette numérique. 

Numéro un des ventes de jouets l'an passé, la tablette tactile a déjà séduit de nombreux parents et provoque dans le même temps l'inquiétude de certains experts. C'est le cas de six professionnels de l'enfance (une psychologue, deux enseignants, une orthophoniste, un pédopsychiatre et un pédiatre*) qui, dans une tribune publiée lundi sur le site internet du journal Le Monde, ont alerté sur les troubles sérieux constatés chez de jeunes «accros» à la tablette et ont appelé à la mise en place de recommandations d'usage.
Ce pamphlet critique en partie l'avis rendu en janvier 2013 par l'Académie française des Sciences, intitulé «L'enfant et les écrans», bien plus enthousiaste vis-à-vis de «ces extraordinaires outils d'apprentissage et d'échange d'information». Dans cet avis, l'Académie des Sciences prend notamment position en faveur d'un usage précoce des tablettes numériques, à condition qu'il soit accompagné.

Conséquences néfastes

 

Dans leur tribune, les auteurs dressent un constat des conséquences délétères de l'usage excessif de la tablette chez les tout-petits. Ils font d'abord état de troubles de l'attention. En se concentrant sur les images et les sons attrayants de l'écran, l'enfant mobilise moins d'énergie pour ce qui importe vraiment, comme le développement du langage. Les six spécialistes dénoncent également des «programmes prétendument «interactifs», qui ne permettent pas l'échange propre à la communication humaine». Selon eux, l'excès de tablette serait l'une des causes de la hausse des consultations pour des retards de langage.
En séparant l'enfant de son environnement, le monde virtuel met en péril le développement de sa logique et de ses repères: «Le ballon roule si je donne un coup de pied dedans. Cette expérimentation est impossible via l'écran et peut même être biaisée: le carré peut rouler, l'œuf tomber sans se casser…». Quant au remplacement du duo papier-crayon par la tablette, les auteurs affirment que cela altère les capacités graphiques de l'enfant.
La liste des dommages dont font état les auteurs ne s'arrête pas là. Ils concluent ironiquement en rappelant qu'en 2010, le fondateur d'Apple Steve Jobs a déclaré au New-York Times avoir choisi de limiter l'utilisation des nouvelles technologiques par ses enfants, et appellent à la mise en place de recommandations claires de limitation pour tous les enfants.

Le Figaro santé, Cécile Thibert - le 16/09/2015  

jeudi 17 septembre 2015

La silver économie, les bons usages de l’âge

Alors que le projet de loi d’adaptation de la société au vieillissement revient enfin devant l’Assemblée, il est bon de rappeler que la révolution de la longévité a et aura de plus en plus d’effets sur l’économie. Mais cela nécessite d’abord de rajeunir le regard sur le vieillissement.





La pension médiane est inférieure à 1 300 euros par mois. Une large partie de l’offre ne trouvera pas son marché par l’inaccessibilité du prix.
La pension médiane est inférieure à 1 300 euros par mois. Une large
partie de l’offre ne trouvera pas son marché par l’inaccessibilité du prix. 
AFP/VALERY HACHE
Pour trop de décideurs, un pays qui prend des rides perd sa capacité à innover et sera incapable d’affronter les grands vents de la mondialisation. Pire les pays vieillissants sont par nature enclins à sacrifier les générations futures…
Sortons de ce prêt à penser essentialiste ! La longévité porte un potentiel d’emplois nouveaux (300 000 créations nettes d’ici à 2020 selon la Dares), d’innovations technologiques, sociales et culturelles, d’invention de nouveaux produits et services adaptés, d’aménagements de logements…
Rappelons que l’Allemagne, le pays le plus vieux d’Europe, est aussi celui dont on loue le dynamisme et le succès économique. C’est aussi un pays où les comptes de la sécurité sociale sont positifs… De même au Japon, le pays le plus âgé du monde, le marché de la « silver économie » représente 692 milliards d’euros en 2015, soit plus de 12 % de la création de richesses annuelle.

Le Monde.fr,  | Par


Dépistage du virus du sida à domicile : une « bonne nouvelle » et quelques risques

Annoncés depuis des mois, les tests de dépistage de l’infection au VIH sont en vente libre en France dans les pharmacies depuis le mardi 15 septembre. Commercialisés depuis trois ans aux Etats-Unis et depuis mai au Royaume-Uni, ils permettent, à partir d’une goutte de sang collectée sur le bout du doigt, de déterminer soi-même, en quinze à trente minutes, s’il y a ou non contamination.




Marisol Touraine présente un kit de dépistage d'infection au VIH dans une pharmacie de Paris le 14 septembre 2015.
Marisol Touraine présente un kit de dépistage d'infection auVIH
 dans une pharmacie de Paris le 14 septembre 2015. BERTRAND GUAY / AFP

L’enjeu n’est pas mince. Nombre de personnes échappent au dépistage en France. Sur les 150 000 personnes vivant avec le VIH aujourd’hui, environ 20 %, soit 30 000 personnes, ignorent leur séropositivité. Conséquence : le nombre de nouvelles contaminations atteint 7 000 à 8 000 personnes chaque année. « Il faut trouver de nouvelles manières de favoriser les dépistages », indique Marisol Touraine, la ministre de la santé, pour qui cet autotest doit servir à « aller vers les populations moins réceptives aux outils classiques de prévention ».


Le Monde, 15/09/2015, Pascale Santi

Les députés britanniques rejettent à une très large majorité le suicide assisté

Les députés britanniques ont rejeté à une large majorité, vendredi 11 septembre, une proposition de loi pour autoriser les malades en phase terminale à mettre fin à leur vie. Trois cent trente députés ont voté contre cette proposition de loi introduite par le député travailliste Rob Marris, 118 pour.

Des manifestants contre le suicide assisté, devant le Parlement à Londres, le 11 septembre.

Les députés n’avaient pas reçu de consigne de leur parti pour ce vote, le premier sur la question depuis 1997, mais le premier ministre conservateur, David Cameron, avait clairement signifié son opposition à ce texte. Comme le précise le Guardian, même si la proposition avait été approuvée au Parlement, elle n’aurait eu qu’une mince chance de devenir loi du fait de l’opposition du premier ministre.
L’association British Humanist Association, favorable au suicide assisté, a regretté dans un communiqué l’issue de ce vote qui va laisser « un grand nombre de personnes souffrir inutilement ou les contraindre à se rendre en Suisse ou encore laisser leurs proches mettre illégalement fin à leur vie ».

Le Monde.fr avec AFP |

Vaccins contre le papillomavirus: une étude qui rassure… en partie

Selon l’Agence du médicament, le Gardasil et le Cervarix, recommandés en prévention du cancer du col de l’utérus, « n’entraînent pas de risques accrus de maladies auto-immunes ». Sauf que toutes les pathologies n’ont pas été analysées, regrette une association de malades.

Photo : Fred Tanneau/AFP
Photo : Fred Tanneau/AFP

Un soulagement… partiel. Voilà ce qui ressort de l’étude présentée lundi par l'Assurance Maladie et l'Agence du médicament (ANSM) sur les risques associés aux vaccins anti-papillomavirus humain (HPV), ces infections qui constituent la principale cause du cancer du col de l’utérus (3000 nouveaux cas et environ 1000 décès chaque année). Très décriés, les deux vaccins commercialisés en France, le Gardasil de Sanofi-Pasteur-MSD et le Cervarix de GlaxoSmithKline (GSK), «recommandés» chez les jeunes filles entre 11 et 14 ans, font l’objet d’une forte défiance dans la population, nourrie par les polémiques autour d’effets secondaires graves (maladies auto-immunes…) imputés auxdits vaccins et plus précisément à leurs adjuvants à base d’aluminium (lire notre édition du 18 septembre 2014). Résultat : une couverture vaccinale de seulement 18% en France, contre 70% au Danemark par exemple.

Alexandre Fache, Mardi 15 Septembre 2015, Humanite.fr


Journées européennes du patrimoine 2015

Les 32e journées européennes du patrimoine auront lieu les 19 et 20 septembre 2015.


Pour cette 32e édition, les Journées du patrimoine mettent en lumière "le patrimoine du 21e siècle, une histoire d'avenir". Des lieux insolites, des espaces habituellement fermés au public et des monuments emblématiques vont rivaliser de créativité pour s'offrir à vous. Les Journées européennes du patrimoine sont ainsi l'occasion de porter un regard attentif sur quinze années de création qui s'expriment par l'architecture des constructions, le design et les arts plastiques.


En savoir plus sur les manifestations organisées à Bordeaux : http://www.bordeaux.fr/ebx/LinkResolverServlet?classofcontent=evenement&id=5993


Est-il moral d’enseigner la morale à l’école ?

DR

Avec Pierre Kahn , professeur des universités émérite, Catherine Chabrun , militante pédagogique, rédactrice en chef du Nouvel Éducateur, Ruwen Ogien
, philosophe, directeur 
de recherche 
au CNRS et Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU.

  • L’enseignement moral 
et civique à l’école est légitime par Pierre Kahn, professeur des universités émérite, coordonnateur du groupe d’experts attaché à la conception du programme d’enseignement moral et civique auprès du Conseil supérieur des programmes.

L’enseignement moral et civique (EMC) mis en place dès cette année du CP aux classes terminales a-t-il lieu d’être ? Répondre le plus clairement possible à cette question demande d’abord de la subdiviser. 1) Un enseignement moral et civique à l’école, en son principe, est-il légitime ? 2) Le nouveau programme d’EMC correspond-il à ce qu’on est en droit d’en attendre ? À ces deux questions, je réponds par l’affirmative.


Oui, l’enseignement moral et civique à l’école, en son principe, est légitime. C’est une vérité qu’on connaît au moins depuis Durkheim : toute société est intéressée à la formation de sa jeunesse aux valeurs qui la constituent, parce que toute société a le souci vital de sa perpétuation. La nôtre ne fait évidemment pas exception à la règle. On n’éduque pas, écrivait Ferdinand Buisson, un républicain comme on éduque un catholique : certes, mais on l’éduque néanmoins.


Quant au programme d’EMC, il a précisément été conçu comme un projet conforme à ce que doit être une République démocratique moderne.


Il insiste sur la dimension sensible de la vie morale, en cherchant à développer les capacités d’empathie, de bienveillance et de souci des autres ; il insiste également sur le rapport instituant, et non seulement subi, aux règles ; également encore sur le principe d’égale considération des personnes. Il prend acte du fait et de la valeur de la pluralité des convictions, des croyances et des modes de vie. Il parie sur l’idée que c’est en mesurant leurs jugements à ceux des autres, dans des situations de classe qui le permettent, que les élèves pourront construire du commun et reconnaître la valeur de règles du jeu civique partagées par tous. Telle est d’ailleurs la meilleure façon et la plus universellement acceptable de faire vivre à l’école la laïcité.

Implications philosophiques d’une mesure gouvernementale
Mercredi, 9 Septembre, 2015
L'Humanité

Réfugiés, le droit au minimum vital


Photo AFP Phanie Burger

Les mauvaises langues affirment que les réfugiés ont droit aux allocations familiales, à la sécurité sociale, l’hébergement et à la scolarité gratuite. Mise au point.

Premièrement, les demandeurs d’asile sont des êtres humains qui demandent protection à un état. Cela a toujours été. Rappelons aux mémoires courtes ou sélectives que 500 000 réfugiés espagnols ont demandé l’asile en France pendant la guerre d’Espagne. A l’inverse, l’Espagne a accueilli de nombreux français fuyant l’occupation allemande en 1939-45.
Cette protection de l’état français peut prendre plusieurs formes :

- le statut de réfugié, accordé en principe à tout étranger craignant d’être persécuté dans son pays pour fait de race, religion, nationalité, appartenance à un groupe social, d’opinion politique. Il s’agit d’asile conventionnel ou politique.
- également le statut de réfugié accordé à tout étranger persécuté dans son pays pour des actions en faveur de la liberté (militants syndicalistes, politiques, artistes, intellectuels). Il s’agit d’asile constitutionnel.
- et enfin le statut de réfugié accordé à tout étranger sous mandat de protection du HCR (haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés).

- la protection subsidiaire attribuée à tout étranger qui ne remplit pas les conditions pour bénéficier du statut de réfugié mais qui prouve qu’il est exposé dans son pays à la peine de mort ou à la torture, une menace grave pour sa vie et celle de sa famille en raison d’un conflit armé.

- la protection temporaire (celle qui prévaut actuellement avec l’accueil de Syriens et de Chrétiens d’orient) qui est un dispositif décidé au niveau européen en cas d’afflux massif de personne déplacées. Rappelons que ce fut le cas en 1999 des Albanais du Kosovo).
Pour obtenir l’une de ces protections, il faut obtenir en préfecture ou en zone d’attente à la frontière,  un formulaire de demande d’asile et l’adresser à l’OFPRA (office français de protection des réfugiés et apatrides) https://www.ofpra.gouv.fr/asile/les-differents-types-de-protection/l-asile

Daniel Roucous, L'Humanité
Mardi, 15 Septembre, 2015