jeudi 11 octobre 2018

En France, les jeunes restent les premiers frappés par la misère

Dans une étude publiée aujourd’hui, l’Observatoire des inégalités souligne que la relative stabilité du taux de pauvreté s’accompagne d’un creusement des situations de précarité, dont les moins de 30 ans font majoritairement les frais.


En première ligne. Publié aujourd’hui, le rapport sur la pauvreté de l’Observatoire des inégalités rappelle, parmi ses multiples constats, que les jeunes, en France, restent les plus touchés par la précarité. Parmi les 5 millions de pauvres (1), un peu plus du tiers sont des enfants et des adolescents, et plus de la moitié a moins de 30 ans. Ce taux monte à 19,8 % pour les moins de 18 ans. Un constat inquiétant et pourtant souvent minoré par les politiques publiques. « Plus d’un enfant sur dix vit sous le seuil de pauvreté du fait des bas revenus de ses parents. On oublie plus encore les jeunes adultes de 20 à 29 ans, dont 11,8 % sont pauvres, souvent les peu diplômés en difficulté d’insertion professionnelle », détaille le rapport.
S’il est impossible d’établir un profil type, ce sont principalement des enfants et des jeunes vivant dans des ménages n’ayant pas eu accès à une insertion professionnelle stable qui sont concernés. Julien Damon, professeur à Sciences-Po et auteur d’Éliminer la pauvreté (éditions PUF), connaît bien les raisons de ce constat : « Les jeunes entrent difficilement dans le marché du travail. Le choc du chômage pèse sur ces outsiders, mais il y a aussi la transformation des familles plus souvent monoparentales et fragiles, plus nombreuses dans les quartiers prioritaires, et enfin, la surréprésentation de jeunes pauvres et migrants. »

Infographie : Humanité

Le plan pauvreté d’Emmanuel Macron était attendu, entre autres, sur cette question. Mais la plupart des associations ont été déçues. Beaucoup comptaient notamment sur un élargissement du RSA aux 18-25 ans, puisque cette tranche d’âge ne perçoit que l’aide personnalisée au logement (APL) en termes de soutien effectif. Le président n’a rien proposé en ce sens. Une mauvaise nouvelle pour des centaines de milliers de jeunes précaires, dont de nombreux étudiants.

mercredi 10 octobre 2018

Les deux tiers des IVG se font sans chirurgie, et une sur cinq hors de l’hôpital

Le nombre d’IVG reste stable en 2017, mais plus des deux tiers sont désormais médicamenteuses, et peuvent être pratiquées en cabinet ou centre médical.


Depuis janvier 2018, l’hôpital du Bailleul (Sarthe) ne pratiquait plus d’interruptions volontaires de grossesse (IVG), car trois médecins avaient fait valoir leur clause de conscience. La secrétaire d’Etat à l’égalité entre les hommes et les femmes, Marlène Schiappa, est intervenue au début de septembre pour faire reprendre l’activité, soulignant que « l’IVG est un droit » qui doit être effectif sur tout le territoire. Comment se traduit-il concrètement ? Comment sont prises en charge les femmes qui souhaitent avorter en France ? Une étude, publiée vendredi 28 septembre par le ministère de la santé, montre à quel point la pratique a changé en quinze ans, alors que, paradoxalement, le nombre de femmes concernées varie peu.

1 – Une étonnante stabilité des IVG

216 700 IVG en France, dont 202 900 en métropole
Depuis les années 1990, le nombre d’avortements évolue très peu, et oscille entre 215 000 et 230 000 en France. Une stabilité repérée et étudiée depuis plusieurs années par les démographes, malgré le large recours aux moyens de contraception. Selon les chiffres publiés vendredi par la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), les femmes de 20 à 24 ans restent les plus concernées, mais le recours à l’IVG se constate dans toutes les tranches d’âge, avec un taux de recours en légère baisse chez les moins de 20 ans depuis 2010, alors qu’il augmente chez les 25-39 ans.

(...)

 

Source : Le Monde, 28/09/2018.
Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr

lundi 8 octobre 2018

PMA, euthanasie, ADN... Les 9 avis rendus par le Comité national d'éthique

Le CCNE a rendu un avis sur deux thèmes sociétaux et sept thèmes médicaux, avant la réforme de la loi bioéthique début 2019.

Le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) a rendu un avis très attendu ce mardi 25 septembre, consécutivement à une consultation publique appelée "Etats généraux de la bioéthique", organisée entre janvier et avril autour de neuf thèmes : deux thèmes sociétaux (procréation et fin de vie) et sept thèmes strictement médicaux (examens génétiques, recherche sur l'embryon...). Si les 40 membres du CCNE ne sont pas parvenus à un consensus sur tous les sujets, ils ont pu atteindre ce que son président, Jean-François Delfraissy, qualifie d'"assentiment majoritaire".
Le gouvernement a prévu de présenter avant la fin de l'année un projet de loi qui sera débattu par le Parlement début 2019. "Je ne sais pas ce qui va figurer ou pas dans la loi, dont la construction est en cours", a déclaré le président du CCNE. A la fin de son avis, le Comité préconise de réviser les lois de bioéthique tous les cinq ans (contre sept actuellement), pour tenir compte de l'accélération des "évolutions scientifiques et sociétales".

Le point sur les 9 avis rendus par le CCNE. 

1 PMA : c'est oui...

Il l'avait déjà fait dans son précédent avis en juin 2017 : sur cette thématique parmi les plus attendues et les plus clivantes, le CCNE se prononce de nouveau en faveur de l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules qui souhaitent procréer sans partenaire masculin, grâce à un don de sperme.
L'impossibilité d'avoir un enfant est "une souffrance" qui "doit être prise en compte", même si les raisons ne sont pas biologiques, réaffirme le CCNE. L'extension de la PMA à toutes les femmes "peut se concevoir, notamment pour pallier une souffrance induite par une infécondité résultant d'orientations personnelles".
Aujourd’hui, la PMA est réservée aux couples hétérosexuels dont l’infertilité est médicalement constatée.


... GPA : c'est non

En revanche, le CCNE réaffirme l’interdiction de la gestation pour autrui (GPA), par "respect de la personne humaine, refus de l'exploitation de la femme, refus de la réification de l'enfant, indisponibilité du corps humain et de la personne humaine".
"Fondamentalement, il y a quelque chose de très différent entre PMA et GPA", estime le président du Comité, Jean-François Delfraissy, auprès du "Monde".
"Avec la GPA, il y a un processus possible de marchandisation du corps humain. Avec l’ouverture de la PMA pour les couples de femmes et les femmes seules, il n’y a pas de 'nuisance'". 


dimanche 7 octobre 2018

Pôle emploi. Le numérique, un plus pour les usagers ? Pas sûr !

Surréaliste ! Pôle emploi devrait être amputé de près 4 000 postes. Pour ce faire, la direction veut aller encore plus loin dans la dématérialisation. Un « progrès » censé faciliter les démarches des usagers qui se mue en véritable galère pour nombre d’entre eux. Explications.


Près de 4 000 postes devraient être supprimés à Pôle emploi. La ministre du Travail justifie cette saignée par la « baisse du chômage », mais aussi par les évolutions technologiques. « La direction de Pôle emploi explique que numériser et automatiser les tâches à faible valeur ajoutée vont permettre de libérer du temps pour l’accompagnement des demandeurs d’emploi », explique Philippe Barriol, délégué syndical SNU-Pôle emploi. En région parisienne, un conseiller suit 300 demandeurs d’emploi et peut être contacté par mail par 250 autres, considérés comme autonomes dans leur recherche. Le moins qu’on puisse dire est que cet accompagnement est limité. Les postes les plus menacés par la digitalisation sont ceux liés à l’indemnisation. « Du fait de la mise en place de la déclaration sociale nominative, les attestations d’employeurs vont, de plus en plus, être transmises et gérées automatiquement. Le problème est que, à la différence d’un conseiller, un algorithme n’est pas capable de repérer les erreurs, notamment sur le motif du licenciement. »


Photo Hamilton/REA.

Côté usagers, la digitalisation peut constituer un véritable obstacle à l’accès aux droits. « Outre la barrière de la langue, beaucoup de demandeurs d’emploi ne maîtrisent pas l’informatique, certains ne savent même pas bouger une souris », souligne Angela (*), conseillère dans les Hauts-de-Seine. Un accompagnement est souvent nécessaire pour permettre à ces usagers de gagner en autonomie. « J’ai fait venir plusieurs fois une dame, qui parlait le français mais ne le lisait pas, pour réaliser son actualisation. Au bout de trois mois, elle y arrivait toute seule. » Le problème est que le temps manque pour les conseillers. « Au lieu d’aider les demandeurs à acquérir de l’autonomie, nous sommes obligés de faire à leur place ! » regrette-t-elle. Tous les demandeurs d’emploi ne disposent pas d’un ordinateur personnel et s’il est possible de réaliser ses démarches sur les postes à disposition dans les agences, ceux-ci ne suffisent souvent pas. « Dans mon agence, 10 postes sont à disposition du public, mais le réseau local ou celui plus global de Pôle emploi sont fréquemment saturés », regrette Béatrice (*), conseillère dans le Val-de-Marne.

Toujours plus complexe

Pour les nouveaux chômeurs, la galère numérique commence dès l’inscription. « Pôle emploi oblige ceux qui n’ont pas de boîte mail à en créer une. Le problème, c’est que beaucoup n’iront jamais dessus », observe sa collègue Céline. Le formulaire d’inscription s’est, en outre, largement complexifié : il faut maintenant renseigner les compétences acquises via ses études ou son expérience professionnelle. « Même pour des personnes maîtrisant l’outil informatique, ce n’est pas simple », note Rose-Marie Péchalat, administratrice du site www.recours-radiation.fr

(...)

Source : L'Humanité.fr, 27/09/2018.
Article intégral en ligne : https://www.humanite.fr

samedi 6 octobre 2018

Pauvreté : de quoi et de qui parle-t-on ?

Dans une tribune au « Monde », le sociologue Nicolas Duvoux, estime que mesurer le phénomène selon différents critères – revenu, consommation, ressenti – permet de dépasser, notamment, la dichotomie entre actifs et « assistés ».


La pauvreté est une notion complexe, en général appréhendée par le biais d’un « seuil » dont la définition ne fait pas consensus. Dans la plupart des pays non européens, c’est la notion de pauvreté « absolue » qui prévaut, la pauvreté étant pensée en fonction de la capacité à satisfaire un certain nombre de besoins considérés comme des minimums vitaux.
La Banque mondiale retient par exemple un seuil d’extrême pauvreté de 1,90 dollar (1,63 euro) par jour, tandis que les États-Unis font passer la ligne de pauvreté à 25 100 dollars par an pour une famille de quatre personnes. En Europe, la définition de la pauvreté est aussi essentiellement fondée sur le revenu, mais c’est plutôt la notion de « pauvreté relative » qui prédomine, basée sur l’idée selon laquelle sa délimitation varie en fonction de la société dans laquelle on vit.
En France, est considéré comme pauvre tout individu vivant dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur à 60 % du niveau de vie médian (1 015 euros par mois pour une personne isolée en 2015, soit 14,2 % de la population). D’après cette définition, le taux de pauvreté a reculé d’à peine 4 points au cours des cinquante dernières années. Plus significatives, peut-être, sont les évolutions qualitatives de la pauvreté : comme dans l’ensemble des pays développés, celle-ci s’est déplacée vers les jeunes, les familles monoparentales et les populations urbaines.

La pauvreté touche aujourd’hui de manière disproportionnée les enfants (19,9 %), les jeunes adultes (25,2 % des 18-24 ans) et les familles monoparentales (34,9 %). Très exposées au cours de la période des « trente glorieuses », les personnes âgées et retraitées apparaissent aujourd’hui relativement épargnées par ce type de pauvreté, grâce aux retraites dont les montants, quoique relativement modestes (en 2016, la pension de droit direct s’élevait en moyenne à 1 294 euros par mois), offrent un niveau de vie souvent supérieur au seuil de pauvreté monétaire.
Cette mesure de la pauvreté fait toutefois l’objet de critiques, qui portent tant sur le niveau du seuil que sur le fait de se focaliser sur le revenu des ménages. Des variations minimes du seuil retenu peuvent en effet conduire à des taux de pauvreté très différents : par exemple, avec un seuil fixé à 50 % du niveau de vie médian, on aboutit à un taux de pauvreté de 8 % –et non plus de 14,2 %. Il convient aussi de souligner qu’une diminution du niveau de vie médian de la population peut provoquer une baisse mécanique du taux de pauvreté, sans que la situation des plus démunis ne se soit améliorée.


jeudi 4 octobre 2018

Alimentation : 1 Français sur 5 est en situation de précarité

Selon un baromètre Ipsos-Secours populaire, 21 % des sondés déclarent ne pas pouvoir s’offrir une alimentation saine et 41 % ont du mal à partir en vacances une fois par an.


Le dernier baromètre Ipsos-Secours populaire, publié mardi, souligne l’ampleur de la précarité alimentaire en France, qui touche une personne sur cinq.
Un peu plus d’un cinquième des Français sondés (21 %) ont, en effet, déclaré ne pas être en mesure de s’offrir une alimentation saine leur permettant de faire trois repas par jour et 27 % ont admis ne pas avoir les moyens financiers de s’acheter quotidiennement des fruits et légumes.
C’est dans les foyers les plus modestes que cette tendance est la plus marquée. Ainsi, plus d’un français sur deux dont les revenus mensuels sont inférieurs à 1 200 euros a déclaré avoir des difficultés à payer la cantine de ses enfants et près d’un sur deux (48 %) estime avoir des difficultés à se procurer une alimentation variée.
Par ailleurs, ils sont une écrasante majorité (86 %) à estimer que la précarité alimentaire est le signe d’une situation de pauvreté.

Difficultés pour payer les actes médicaux

De façon générale, le Secours populaire souligne que la situation financière d’une partie des Français s’est améliorée par rapport à 2017, tout en pointant qu’ils sont 39 % (+ 2 % par rapport à 2017) à déclarer avoir déjà connu une situation de pauvreté.
Quant au seuil de pauvreté, il n’y a pas d’évolution notable par rapport à 2017 : les Français considèrent qu’une personne seule est pauvre quand elle a un revenu mensuel inférieur ou égal à 1 118 euros, soit cinq euros de plus que l’année précédente.
Cette année encore, le sondage révèle que les vacances et la culture restent des postes de dépenses « problématiques » pour de nombreux Français. Ils sont 41 % à admettre avoir du mal à partir en vacances une fois par an (45 % en 2017).
Et près d’un Français sur trois reconnaît avoir du mal à payer des actes médicaux mal remboursés (56 % chez les bourses les plus modestes).
A noter également qu’ils sont plus de 80 % à penser que leurs enfants seront plus vulnérables face à la pauvreté que leur génération.

Source : Le Monde : 11/09/2018.

mercredi 3 octobre 2018

Les femmes vivent en moyenne deux ans et demi de plus que les hommes « en bonne santé »

L’« espérance de vie en bonne santé », c’est-à-dire le nombre d’années que peut espérer vivre une personne sans être limitée dans ses activités quotidiennes, a progressé en 2017 à 64,9 ans pour les femmes tandis qu’elle a légèrement reculé à 62,6 ans pour les hommes, selon une publication, mardi 2 octobre, de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). Cet indicateur, également appelé « espérance de vie sans incapacité », a progressé en moyenne de 0,8 an pour les femmes, mais il a reculé de 0,1 an pour les hommes.

Cette évolution peut s’expliquer par « la baisse de la déclaration de limitations fonctionnelles, particulièrement chez les septuagénaires », selon la Drees, qui appuie son enquête sur les réponses à une question posée dans le cadre d’un sondage européen : « Etes-vous limité(e), depuis au moins six mois, à cause d’un problème de santé, dans les activités que les gens font habituellement ? » En dix ans, l’espérance de vie en bonne santé n’a pas évolué de façon significative pour les hommes tandis qu’une tendance à la hausse est perceptible pour les femmes depuis 2012, souligne cette étude.

L’espérance de vie à la naissance continue de progresser

De son côté, l’espérance de vie à la naissance, qui ne prend pas en compte l’état de santé dans les dernières années de la vie, continue de progresser pour les hommes : elle atteint 79,5 ans pour les hommes contre 79 ans en 2015. Pour les femmes, cet indicateur reste stable à 85,3 ans.
Un autre indicateur, qui calcule la part des années vécues sans incapacité au sein de l’espérance de vie, reste stable autour de 79 % pour les hommes et de 76 % pour les femmes. « Ces dernières déclarent en effet davantage de limitations fonctionnelles légères ou fortes, dans les activités habituelles du quotidien », note la Drees. Des chiffres qui s’expliquent par le fait que les femmes présentent une espérance de vie en bonne santé plus élevée que les hommes, mais ont également une espérance de vie totale plus longue. Si elles vivent plus longtemps que les hommes, elles ne vivent pas proportionnellement plus longtemps en bonne santé.

Source : Le Monde, 02/10/2018.

mardi 2 octobre 2018

En 2016, la France comptait près de neuf millions de pauvres

Le taux est en légère baisse, de 0,2 point, par rapport à 2015, ce qui, selon l’Insee, « s’explique principalement » par la prime d’activité créée sous le quinquennat Hollande.


En 2016, la France comptait 8,8 millions de pauvres, soit 14 % de la population, selon des chiffres publiés par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) mardi 11 septembre. Ce taux monte à 19,8 % pour les moins de 18 ans.

Sont considérées comme pauvres par l’Insee les personnes seules qui perçoivent moins de 1 026 euros par mois, c’est-à-dire 60 % du revenu médian de la population, qui est de 1 710 euros par mois en 2016. Parmi celles qui sont en dessous de ce revenu médian, près de 5 millions ont moins de 855 euros mensuels pour vivre.

Le taux de pauvreté globale est toutefois en légère baisse, de 0,2 point, par rapport à celui constaté en 2015, ce qui selon l’Insee « s’explique principalement par la mise en place de la prime d’activité » – une aide aux travailleurs et travailleuses à revenus modestes créée au début de 2016. « Depuis 2008, on constate une reprise lente de la pauvreté, mais aussi un problème d’irréversibilité. C’est-à-dire qu’il n’y a pas plus de pauvres, mais qu’on a du mal à en sortir », explique Jérôme Vignon, président de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (Onpes).

Plan pauvreté présenté jeudi

« La situation vis-à-vis de la pauvreté reste très liée au statut d’activité », souligne l’institut des statistiques. Ainsi, en 2016 la pauvreté touchait 38,3 % des chômeurs, 6,4 % des salariés et 7,7 % des actifs occupés. Mais la situation familiale joue également un grand rôle dans le risque d’être confronté à des difficultés matérielles.
Ainsi, 34,8 % des familles monoparentales sont pauvres — ce qui représente deux millions de personnes — soit un taux quatre fois plus élevé que les couples avec un ou deux enfants. A partir de trois enfants, en revanche, le taux de pauvreté des familles en couple augmente très nettement, à 23,9 %.

Ce rapport a été publié deux jours avant les annonces prévues jeudi par le président de la République, Emmanuel Macron, sur la stratégie de lutte contre la pauvreté du gouvernement. Lundi, le chef de l’Etat a passé cinq heures dans un centre ATD Quart monde pour rencontrer des personnes touchées par la grande pauvreté.

« Il y aura de la dépense pour accompagner mieux les personnes vers leur émancipation », a promis la ministre de la santé et des solidarités, Agnès Buzyn, évoquant « une stratégie ambitieuse » qui cherche à surmonter les « obstacles qui maintiennent les personnes dans la précarité » comme la santé, le logement, le transport ou l’accès à la garde d’enfant.

Source : Le Monde, 11/09/2018.

lundi 1 octobre 2018

Pupille

Cette fiction sensible et documentée suit le processus de l’adoption, de la mère biologique à la future maman, en passant par l’aide sociale. 


Théo, né sous X, est confié à l’adoption par sa mère biologique le jour de sa naissance. Alice, 41 ans, attend depuis dix ans, et nombre de démarches, de devenir mère adoptante. Pupille est l’histoire de leurs trajets respectifs vers leur rencontre, acmé bouleversante permise par une chaîne de travailleurs sociaux dévoués : trois mois de suspense psychologique, tendu. A partir d’un long travail de documentation, et grâce à une savante construction scénaristique, Jeanne Herry (Elle l’adore) tisse un thriller affectif, où chaque regard devient vital pour Théo, et où chaque mot soutient Alice dans sa démarche.


Il y a d’abord cette « recueillante », si douce et pédagogue, qui aide la mère biologique dans sa décision, puis chaque maillon des services de l’aide sociale à l’enfance et de l’adoption, attentif à ce qu’un lien, neuf, naisse. Jeanne Herry rend un bel hommage à ces fonctionnaires qui négligent leur propre vie, l’une cachant sa grossesse (Olivia Côte, magnifique) pour ne pas blesser ses interlocuteurs privés d’enfants, l’autre se gavant de bonbons pour continuer de croire à la douceur des choses (Sandrine Kiberlain, délicate). Le romanesque s’engouffre partout : dans une chambre d’hôpital, un bureau d’administration, jusqu’à la maison de cet accueillant qui veille sur ce bébé en attendant qu’il trouve une nouvelle maman. Dans ce rôle-là, Gilles Lellouche, tout en humanité, apporte une chaleur tendre et inquiète quand, soudain, le petit Théo semble souffrir d’un trouble de l’attachement. Et puis il y a Elodie Bouchez, dont la voix claire, puis tremblante de dépit ou de bonheur, restitue, à elle seule, le difficile et lumineux chemin d’une adoption. Pupille offre, entre autres, cette émotion-là : la renaissance d’une grande actrice.

Source : Télérama.

Un rapport parlementaire préconise des mesures contre la malbouffe

Le rapport sur l'alimentation industrielle proposée ce mercredi à l'Assemblée nationale préconise notamment l'amélioration de la qualité des repas dans les cantines et une forte diminution du nombre d'additifs autorisés dans les produits industriels.


Les députés s'attaquent à la malbouffe. Un rapport parlementaire sur l'alimentation industrielle est présenté ce mercredi à l'Assemblée nationale. Il découle d'une série d'études menée sur six mois et d'une quarantaine d'auditions conduites par les députés chargés d'une commission d'enquête sur le sujet, présidée par le député de la France Insoumise, Loïc Prud'homme. Les propositions du document, dévoilées par franceinfo, visent à encadrer plus strictement le secteur de l'alimentation sur la publicité, la fabrication des produits, l'éducation, et la lutte contre les inégalités sociales. Passage en revue.


● Rendre obligatoire le logo Nutri-Score

Le logo Nutri-Score prend la forme d'une échelle de 5 couleurs (du vert foncé au orange foncé), associée à des lettres allant de A («meilleure qualité nutritionnelle») à E («moins bonne qualité nutritionnelle»). Il est aujourd'hui facultatif et repose sur le volontariat des entreprises. Le rapport recommande de le rendre obligatoire sur les produits alimentaires transformés et ultratransformés qui sont fabriqués en France. Les parlementaires préconisent également la mise en place d'une étiquette indiquant la proportion globale d'additifs et l'origine du produit.




● Limiter la teneur en sel, sucre et acide gras

Le rapport intervient également sur la fabrication même des produits, préconisant ainsi l'institution d'une réglementation qui limiterait leur teneur en sel, sucre ou encore acide gras. En France, alors que 30 % de nos apports quotidiens en sel proviennent du pain, le rapport souhaite rendre obligatoire une teneur maximale en sel des produits de panification de 18 grammes par kilo de farine. Cette réglementation avait par ailleurs déjà été préconisée par l'Anses depuis 2002. Le document s'appuie sur les indications de l'Organisation mondiale de la santé qui recommande une consommation de 5 grammes de sel par jour, à la place des 10 à 12 grammes que les Français consomment en moyenne. Afin d'atteindre cet objectif dans les cinq ans, les députés chargés de l'enquête suggèrent un échéancier et des sanctions financières imposées en cas de non-respect des nouvelles conformités.

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Article intégral en ligne : http://www.lefigaro.fr
Source : Le Figaro, 26/09/2018.