dimanche 11 février 2018

Travailleurs sociaux : une réforme périlleuse

Le 22 janvier, se terminait le travail de refonte des diplômes des professionnels du travail social. Les établissements de formation n'auront que quelques mois pour mettre en place les formations qui y mènent. Et les contenus restent flous...


D'ici la rentrée de septembre, ce sera l'agitation dans les établissements de formation des travailleurs sociaux. En effet, c'est dès cette année que va entrer en application la refonte des diplômes de niveau III du secteur. Cinq sont concernés : diplômes d'État d'assistant de service social (DEASS), de conseiller en économie sociale et familiale (DECESF), d'éducateur spécialisé (DEES), d'éducateur de jeunes enfants (DEEJE) et d'éducateur technique spécialisé (DEETS). Si le chantier a été lancé en 2013 dans la foulée des états généraux du travail social (EGTS), il vient à peine de s'achever. L'ultime commission professionnelle consultative (CPC) s'est tenue, en effet, le 22 janvier, pour valider les derniers référentiels et s'est achevée sur un constat de désaccord.

 

mercredi 19 juillet 2017

Le CAP Petite enfance enfin rénové

Après des années de tergiversations, le CAP Petite enfance a enfin été rénové à la demande insistante de tous les professionnels de l’accueil de la petite enfance. La nouvelle mouture, de niveau V, appelée désormais "Accompagnant éducatif petite enfance", reflète beaucoup mieux la réalité des champs d’exercice des professionnels.


Rénover les diplômes de la petite enfance, cela fait plusieurs années qu’on en parle. Un travail long et fastidieux puisque les diplômes d’éducateur de jeunes enfants (EJE), d’auxiliaire de puériculture et le CAP Petite enfance (1) ne dépendent pas des mêmes ministères.

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Mais la première étape vient d’être franchie, avec la rénovation du CAP Petite enfance, qui s’appellera désormais « Accompagnant éducatif petite enfance ». L’arrêté est paru au JO le 13 avril 2017.
Profonde rénovation du CAP Petite enfance

Ce n’est pas un simple toilettage mais bien une rénovation profonde dont a fait l’objet ce diplôme qui concerne la majorité des professionnels de l’accueil collectif et individuel : personnels dans les crèches, assistantes maternelles, agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem).

« Il y a eu une réflexion profonde sur la structuration du diplôme, l’identification des compétences liées à chacun des trois grands pôles métier, pour augmenter l’employabilité des professionnels », confirme Martine Paty, adjointe au chef du bureau des diplômes professionnels à la Direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO) du ministère de l’Éducation nationale.

mercredi 15 février 2017

Certains groupes d’immigrés sont plus diplômés que la population française en général

Le chercheur de l’INED Mathieu Ichou publie une enquête qui montre que les pays d’accueil sont loin de recevoir « toute la misère du monde » lorsqu’ils octroient un titre de séjour.


En France, le migrant reste, souvent, perçu comme un pauvre hère débarqué en haillons. Cette mythologie s’éloigne pourtant de plus en plus de la sociologie réelle de l’exilé. Même assignés au maniement du balai ou à un poste de vigile, les migrants installés dans l’Hexagone ont souvent des diplômes en poche. C’est ce que relève Mathieu Ichou, chercheur à l’Institut national d’études démographiques (INED), dans un travail intitulé « Le niveau d’instruction des immigrés : varié et souvent plus élevé que dans les pays d’origine », publié, mardi 14 février, dans le dernier numéro de Population et Sociétés.
Le démographe relève que certains groupes sont plus diplômés que la population française en général. Ainsi, 37 % des immigrés nés en Roumanie et vivant en France possèdent un diplôme de l’enseignement supérieur, comme 43 % des Chinois, 35 % des Vietnamiens ou 32 % des Polonais, alors que « seulement » 27 % de la population générale adulte de France dispose d’un grade universitaire. Un taux d’ailleurs identique à celui des diplômés de l’université au sein de la population sénégalaise de France… Quelques autres diasporas sont en revanche en dessous de ce taux, comme les Tunisiens, dont 21 % ont au moins une licence, ou les Marocains (19 %) et les Algériens (18 %).

« Un triple capital : économique, social et intellectuel »

« Contrairement à ce que l’on croit a priori, les migrants maliens qui arrivent [en Europe] sont souvent issus des classes moyennes ou supérieures de leur pays », précise le chercheur, qui rappelle que « pour quitter l’Afrique, il faut désormais bénéficier d’un certain niveau de capital économique, social et intellectuel » et ajoute que « le taux de diplômés du supérieur est bien moindre sur le continent africain qu’en France ».
Cette analyse des différentes diasporas présentes en France à laquelle Mathieu Ichou se livre est confortée par les travaux menés sur les vagues d’arrivées plus récentes observées par la démographe Anne Goujon, de l’Institut de démographie de Vienne. Cette dernière s’est penchée sur les réfugiés entrés en Autriche au début de 2015. Elle a ainsi mesuré que 27 % de Syriens arrivés dans ce pays sont diplômés du supérieur, contre 10 % de ceux qui sont restés en Syrie.
On retrouve aussi ce différentiel pour les Afghans, dont 11 % de ceux qui ont rejoint l’Autriche sont diplômés de l’université, contre un taux global de 3 % de détenteurs d’un parchemin du supérieur dans ce pays.
De quoi mesurer en creux que les pays d’accueil sont bien loin de recevoir « toute la misère du monde » lorsqu’ils octroient un titre de séjour, que celui-ci soit accordé à un réfugié ou à un migrant dit « économique ». « La plupart des discours sur les migrations ne sont pas de l’ordre du rationnel mais de l’idéologique », note à ce propos Mathieu Ichou.

Des flux migratoires diversifiés

Dans ses travaux, le démographe s’est toutefois attardé sur un autre groupe de migrants : celui des « très peu diplômés », qui existe aussi, même s’il est sans doute en train de s’estomper, eu égard aux difficultés croissantes de la migration.
Le chercheur montre qu’au sein des diasporas présentes en France, un groupe d’exilés comprenant des populations qui n’ont pas terminé leur enseignement primaire a réussi le voyage vers l’Europe.
Au sein de la population générale française, ce groupe existe à peine, représentant 1 % des Français dans leur ensemble, mais il s’élève à 19 % chez les immigrés marocains, à 17 % chez les Sénégalais et 15 % chez les Turcs.
La jonction des surdiplômés et des sous-diplômés montre, comme le rappelle Mathieu Ichou, que « les flux migratoires se sont largement diversifiés au fil des décennies ». Ce qui permet certainement d’expliquer que le rêve « politique » d’une immigration choisie soit un des seuls points communs entre les différentes approches du sujet par les candidats à l’élection présidentielle.

Le Monde, 15/02/2017.
 

dimanche 31 juillet 2016

CAP Petite Enfance : bientôt un nouveau diplôme

Ce diplôme et la formation qui y prépare, sont en pleine refonte. Le nouveau diplôme, prévu pour la rentrée 2017, sera validé d’ici décembre. Il devrait aussi faciliter les évolutions et les passerelles entre  les métiers et donner de vraies  perspectives de carrière dans la filière Petite Enfance. Le point sur ce qui existe et ce qui se prépare.

   

La formation : 2 ans après la 3ème ou en formation continue

La formation dure de 2 ans. Avec un rythme soutenu : 30 à 35 heures de cours par semaine. A côté des enseignements classiques (maths, anglais, sciences, lettres, histoire-géo, EPS...), la formation comprend des cours de prévention santé-environnement, de biotechnologies santé-environnement, de sciences et techniques médico-sociales, d'animation, de nutrition et collations, ou encore d'entretien des locaux. 600 heures de formation théorique au total.  La formation théorique est entrecoupée de stages  sur te terrain : 12 semaines réparties en trois stages. Ces deux années de formation sont sanctionnées par un diplôme, le CAP Petite Enfance.
A savoir : peu d'élèves préparent le CAP au sortir du collèges. Beaucoup le préparent dans le cadre de la formation continue ou de la VAE. Ce sont donc des adultes en reconversion professionnelle ou des assistants maternels qui souhaitent obtenir un diplôme.
Les titulaires du CAP Petite Enfance trouvent facilement du travail car depuis 2010 et le fameux décret « Morano », les normes d’encadrement permettent d’embaucher  un pourcentage plus élevé de personnels moins qualifiés.

Les perspectives d’évolution  

Les titulaires du CAP Petite Enfance, ont accès directement aux concours organisés par les collectivités territoriales pour le recrutement d’ATSEM (agent territorial des écoles maternelles). Ils peuvent  aussi choisir de  se présenter aux concours des écoles d’auxiliaires de puériculture ou d’aide soignante par exemple afin d’obtenir un diplôme d’état.  Et au bout de trois ans d’ancienneté, ils peuvent tenter le concours d’entrée dans un institut préparant au diplôme d’état d’éducateur de jeunes enfants.

A quoi ressemblera le nouveau CAP Petite Enfance ?

Le groupe de travail interministériel (Ministère de  Education Nationale, et Ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des Femmes) d’ores et déjà établi le référentiel des activités : les activités ont été définies en fonction du lieu et du contexte de travail (écoles maternelles, établissements d’accueil, lieux d’animation et domicile pour les assistants maternels). A ce stade, il est juste acté qu’il y a des activités communes et d’autres spécifiques. Et donc des compétences transversales et d’autres spécifiques.
Reste maintenant à travailler sur la certification (diplôme et savoirs associés aux activités).Et nul ne sait encore comment vont se construire les domaines de certification. Ensuite il s’agira de d’élaborer la réglementation des examens  avec la définition des épreuves.
Rien n’est encore décidé sur ces derniers points. Et les choses pourraient encore bouger suite aux propositions du rapport Giampino. Il y a aura arbitrages -politiques- à faire  d’ici le mois de septembre.


Ce qui semble acquis
• Le référentiel sera prêt en décembre pour un nouveau CAP effectif à la rentrée 2017
• il n’y aura qu’un seul CAP Petite Enfance qui sera un diplôme général de niveau V, sans spécialisation
• Il y a aura modularisation.
• La durée de la formation restera inchangée, mais en revanche la durée des stages passera de 12 à 16 semaines


Ce qui ne change pas ou n’est pas encore été tranché
• Le rapport Giampino suggérait de donner aux titulaires du CAP petite Enfance le titre d' « assistants d’accueil petite enfance ». C’est en décembre que la Commission professionnelle consultative (CPC) votera  sur le nom du titre.
• Le cas des assistants maternels : y- aura -t il un allongement de leur formation continue comme le suggère le rapport Giampino ? Le CAP Petite  Enfance sera-t-il nécessaire pour exercer ? La réussite à l’examen de l’équivalent du module 1 actuel sera -t- elle obligatoire ? Autant de questions, sans réponses. AU Ministère on se contente de dire que tout cela n'est pas d'actualité. Pour le moment, on  ne change rien. Sauf décision politique contraire.


Source : https://lesprosdelapetiteenfance.fr/formation-droits/fiches-metiers/animateur-petite-enfance/cap-petite-enfance-bientot-un-nouveau-diplome
03/07/2016.

mercredi 20 avril 2016

Les femmes sont désormais plus diplômées que leur conjoint

Non seulement, les femmes sont plus diplômées que les hommes, mais au sein de leur couple, l’infériorité « académique », considérée au début du XXe siècle comme une norme, s’est inversée. C’est ce que montre une étude de l’INED, publiée le 12 avril 2016, qui s’intéresse au niveau de diplôme des conjoints lors de leur première union à partir de l’enquête rétrospective Etude de l’histoire familiale (Insee-INED, 1999).

Son auteur, Milan Bouchet-Valat, sociologue et enseignant à Paris 8, explique que « les normes de féminité qui prévalaient jusque dans les années 1960 ont changé. Avant cette date, les hommes nés avant la deuxième guerre mondiale avaient tendance à considérer qu’une femme dotée d’un diplôme élevé pouvait se désintéresser de la vie familiale ». Mécaniquement, ce modèle produisait l’exclusion des femmes diplômées du grand marché conjugal et, dans une moindre mesure, parce qu’ils étaient plus nombreux, les hommes non diplômés.

Chômage et massification de l’éducation

 

« Si le diplôme des femmes pouvait être perçu comme un signal négatif au sein des générations d’avant-guerre, un tel calcul a très clairement perdu en pertinence », poursuit l’auteur, qui explique : « Le développement du chômage, en augmentant l’incertitude attachée aux carrières masculines, rend particulièrement risquée la stratégie suivant laquelle l’homme aurait intérêt à se spécialiser dans l’activité professionnelle et la femme dans la sphère domestique. » Autres facteurs soulignés par l’INED : « L’élévation du niveau d’éducation des femmes, leur entrée massive sur le marché du travail, le développement de la contraception, et la fin de la tutelle du mari sur sa femme. » Les femmes étant de plus en plus nombreuses à faire des études, elles sont donc devenues impossibles à contourner sur ce que l’auteur appelle le « marché conjugal ».

Les écarts de salaire se maintiennent

 

Néanmoins, l’INED indique que l’arrivée des femmes diplômées sur le marché du travail n’abolit pas les inégalités salariales : « les femmes gagnent en moyenne toujours nettement moins que leur conjoint ». « Aux Etats-Unis cet écart peut atteindre 10 % quel que soit le secteur », confirme Anne Boring, économiste à Sciences Po. La grande école parisienne dont les diplômées sont en moyenne payées 30 % de moins que leurs homologues masculins un an après leur entrée sur le marché de l’emploi. Un écart persistant, à diplôme équivalent, dans de nombreux secteurs.

Il est aggravé par le fait que les femmes sont plus souvent diplômées de filières moins rémunératrices : elles sont sous-représentées, dès le lycée, dans les filières scientifiques. Or même « un doctorat en lettres classiques n’a pas la même valeur sur le marché du travail qu’un master d’une grande école ou qu’un diplôme de bac + 2 professionnalisant », rappelle Hélène Périvier.
Les perdants de cette grande évolution du marché conjugal sont pourtant les hommes non diplômés. Milan Bouchet-Valat relève qu’ils ont même de plus en plus de difficultés à être en couple, preuve de la persistance d’un modèle genré où le statut social de l’homme demeure prédominant.

Le Monde, 14/04/2016.