samedi 26 mai 2018

1968-2018 : logement, consommation, études… comment la France a changé en cinquante ans

Zoom sur cinquante ans d’évolution des conditions de vie des Français à l’heure où le pays célèbre le cinquantième anniversaire de Mai 68.

A l’heure où la France célèbre le cinquantième anniversaire de Mai 68, Les Décodeurs ont cherché à comprendre ce qui a changé dans la société et les conditions de vie des Français en un demi-siècle.

Des logements moins surpeuplés

+ 17 mètres carrés par personne
En 1968, la France commence à s’affranchir des difficultés de logement liées à l’après-guerre, mais le surpeuplement reste un souci majeur. Cette problématique n’a pas disparu actuellement, puisque la Fondation Abbé-Pierre compte encore près de 4 millions de personnes mal-logées, mais, en cinquante ans, la situation générale s’est améliorée. En effet, le parc de logement a augmenté trois fois plus vite (+ 76 % entre 1968 et 2013, selon l’Insee) que la croissance de la population (+ 28 %).
Avec le vieillissement de la population, et le changement de structures familiales, le nombre de personnes au sein de chaque ménage a diminué, alors que, dans le même temps, la surface des maisons augmentait. Selon une étude du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), chaque Français dispose aujourd’hui en moyenne de 40 m2, contre 23 m2 en 1970.

Toujours plus de propriétaires

En cinquante ans, la France est-elle devenue une nation de propriétaires ? La proportion de ménages qui ont acquis ou sont en train d’acquérir leur résidence principale a de fait nettement augmenté depuis 1968, passant de 42 % à 58 %. Sur la même période, le taux de locataires a lui diminué. Mais le plus notable est la baisse drastique des hébergements à titre gratuit : plus d’un ménage sur huit était logé par des proches (12,6 % en 1967) contre à peine 2,6 % actuellement.

La fin de l’inconfort

Non seulement les logements étaient en nombre insuffisant en 1968, mais ils étaient aussi loin d’avoir tout ce que l’on considère actuellement comme la norme minimale de confort moderne.
48 % de logements sans WC en 1968
Depuis la seconde guerre mondiale, la modernisation s’était accélérée, mais en 1968, un logement sur dix était encore dépourvu d’eau courante et plus de la moitié n’avaient pas de salle de bain – des situations qui ont quasi disparu.


(...)

Source : Le Monde,  21/05/2018.
Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/05/21/1968-2018-logement-consommation-etudes-comment-la-france-a-change-en-cinquante-ans_5302144_4355770.html

jeudi 7 décembre 2017

Portrait de la France qui se lève tôt pour gagner peu

L’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) publie ce mardi 21 novembre « un éclairage sur les personnes, ni riches, ni pauvres, mais situées au milieu de l’échelle des niveaux de vie en France, et souvent peu étudiées » lit-on en préambule de l’étude. L’Institut a choisi de décrire « les caractéristiques sociodémographiques de ces personnes, leur situation sur le marché du travail, leurs revenus et patrimoine, leur conditions de vie et enfin le logement » entre 1996 et 2014.


Cette étude concerne environ 19% de la population française, soit 11,6 millions de personnes dont « le niveau de vie est compris entre 90% et 110%  du niveau de vie médian (soit entre 1 510 et 1 850€ nets par mois en 2014) » en France métropolitaine. Dans cette population ciblée à travers son revenu, six ménages sur dix comptent au moins une personne en emploi tandis qu’un tiers des ménages sont des retraités. Au niveau individuel,  54%  des personnes qui entrent dans cette tranche de revenu sont en emploi, souvent en CDI et environ 4% sont inscrits au chômage. L’Institut affirme que « 17% des actifs appartenant à un ménage médian travaillent à temps partiel, soit une part proche de celle des ménages plutôt aisés et aisés (14%), mais bien moindre que pour les ménages pauvres (37%) et modestes (25%)».

Avec 25% de sans diplômes et 28% de personnes titulaires d’un BEP ou d’un CAP, les Français aux revenus médians déclarent à 66% être en difficulté financière, soit 5% de plus que la moyenne de la population française. Photo : Philippe Huguen/AFP
Avec 25% de sans diplômes et 28% de personnes titulaires
d’un BEP ou d’un CAP, les Français aux revenus médians déclarent
à 66% être en difficulté financière, soit 5% de plus que la moyenne
de la population française. Photo : Philippe Huguen/AFP

61% des actifs sont ouvriers ou employés

Comme « 61%  des actifs sont ouvriers ou employés » on pourrait croire en lisant rapidement ces chiffres que la stabilité de l’emploi est grande tandis que la précarité de l’emploi et le chômage toucheraient peu les ouvriers et les employés. Or, ces 11,6 millions de Français sont classés à partir de leur « niveau de vie médian ». Quand le chômage ou le travail précaire diminue le revenu d’un individu, sort de cette catégorie statistique pour rejoindre les « ménages modestes dont le revenu est compris entre 60% et 90% de la médiane », voire les « ménages pauvres dont le niveau de vie est inférieur à 60% de la médiane ». Mais l’étude de l’INSEE omet d’apporter ces précisons qui sont pourtant indispensables pour bien comprendre la signification réelle des chiffres publiés dans cette étude, via un tri sélectif constant. Perdre son boulot ou subir un temps partiel contraint vous met très vite en dessous du revenu mensuel compris entre 1 510 et 1 850€ nets par mois et vous fait sortir de ce groupe médian.

(...)

Source : L'Humanité, 21/11/2017.
Article intégral en ligne : https://www.humanite.fr