mercredi 6 juin 2018

Le Comité national d'éthique alerte sur la "ghettoïsation des personnes âgées"

"Leur exclusion de fait de la société pose de véritables problèmes éthiques", dénonce ce comité, composé de médecins, de scientifiques, de juristes et de philosophes.

Le constat est sombre et sans appel. Dans un avis sur les enjeux éthiques du vieillissement, rendu public ce mercredi 16 mai, le Comité national d'éthique (CCNE) alerte sur la "ghettoïsation des personnes âgées" dans les Ehpad, et les faiblesses de leur prise en charge. Composé de médecins, de scientifiques, de juristes et de philosophes, ce comité écrit :
"Leur exclusion de fait de la société, ayant probablement trait à une dénégation collective de ce que peut être la vieillesse, la fin de la vie et la mort, pose de véritables problèmes éthiques, notamment en termes de respect dû aux personnes." Le placement des personnes âgées dans des Ehpad et "leur concentration entre elles génèrent des situations parfois indignes", poursuit le CCNE, qui estime que cette concentration constitue une "institutionnalisation forcée" et une forme de "ghettoïsation". Selon l'organe consultatif, le placement des personnes âgées "se fait en effet le plus souvent sous la contrainte, faute d'alternative".
Cette "exclusion de fait de la société" n'est pas sans conséquence. "Dans un contexte de pénurie de personnels et de rationalisation des soins, le sentiment de solitude ressenti par les résidents est renforcé", écrit encore le CCNE, qui rappelle que "la France a le triste privilège d'avoir, au sein de la Communauté européenne, le taux le plus élevé de suicide des personnes âgées de plus de 75 ans". 



vendredi 7 avril 2017

Soins dentaires, quels tarifs les dentistes ne doivent pas dépasser ?

C'est un règlement arbitral assurance maladie/dentistes qui fixe les nouveaux tarifs dentaires pour 5 ans. Il s'agit d'un plafond que les dentistes ne doivent pas dépasser.


Faute d’entente  entre l’assurance maladie, les mutuelles et les chirurgiens-dentistes sur les tarifs des consultations et des soins , il a été fait appel à l’arbitrage de la Cour des comptes. Il en est ressorti un règlement arbitral qui vient d'être acté par

UNPPD (Union nationale des prothésistes dentaires)

Ce règlement organise, depuis le 1er avril, les relations sécu/dentistes mais surtout fixe les tarifs dentaires pour 5 ans sauf s'ils s'accordent sur une nouvelle convention nationale.
Quelques exemples :

- plafonnement des tarifs des prothèses dentaires sur 4 ans à l’exemple du plafond tarifaire maximal de la couronne céramo-métallique qui sera fixée à 550 euros en 2018, 530 euros en 2019, 510 euros en 2020.

- détartrage et polissage = 28,92 euros.

- bridge = 279,50 euros.

- pose d'un implant chez l'enfant = 438,90 euros (2 implants = 806,74 euros, 3 implants = 1 174,58 euros, 4 implants = 1 542,42 euros)

- pose d'un implant chez l'adulte = 422,18 euros ( 2 implants = 785,84 euros, 3 implants = 1 149,50 euros, 4 implants = 1 513,16 etc.)

- déplafonnement des tarifs des couronnes et prothèses dentaires  pour les bénéficiaires de la CMU-C et extension de la prise en charge à certains actes qui ne le sont pas actuellement.

- amélioration de la prévention et des soins courants.

- amélioration de la prise en charge ciblée (par exemple prise en charge à 100% d’examen bucco-dentaires  de suivi pour les jeunes à 21 ans et à 24 ans).

(...)

L'Humanité, 04/04/2017.

Article intégral en ligne : http://www.humanite.fr

lundi 13 juin 2016

Cancer: la réparation de l'ADN, nouvelle voie d'attaque

Des molécules empêchent les cellules cancéreuses de corriger les erreurs dans leur matériel génétique endommagé. 

 
Un essai clinique en cours sur des patientes touchées par un cancer des ovaires est en train de démontrer l'efficacité d'une nouvelle approche pour tuer les tumeurs. La molécule olaparib, développée par le laboratoire américain AstraZeneca sous le nom de Lynparza, vise à perturber les mécanismes de réparation de l'ADN des cellules cancéreuses.
«La réparation des erreurs dans l'ADN est un processus absolument vital pour notre organisme, qui subit chaque jour des mutations dans certaines cellules sous l'action de toxiques externes comme la radioactivité, les UV, ou la fumée du tabac», explique le Dr Susan Galbraith, responsables des approches innovantes en cancérologie chez AstraZeneca. Mais les plus grosses utilisatrices de ces réparations d'ADN sont les cellules cancéreuses, dont la réplication rapide et incontrôlée entraîne de nombreuses erreurs dans les mécanismes de copie de leur matériel génétique. Lorsqu'on empêche la correction des erreurs, les anomalies s'accumulent dans les cellules tumorales, qui deviennent incapables de fonctionner correctement et finissent par mourir.
L'olaparib empêche le fonctionnement d'une voie de réparation du matériel génétique appelée PARP, qui ressoude entre eux les brins d'ADN cassés. C'est une cible intéressante en cancérologie car elle est déficiente dans toutes les formes de cancers liées aux mutations héréditaires du gène BRCA, celles-là mêmes qui avaient poussé Angelina Jolie à subir une double mastectomie. Les cellules non tumorales peuvent avoir recours à d'autres voies de réparation, ce qui leur permet d'être infiniment moins affectées par le médicament.
(...)

Le Figaro santé, 07/06/2016.
Article en ligne : http://sante.lefigaro.fr/actualite/2016/06/07/25069-cancer-reparation-ladn-nouvelle-voie-dattaque

jeudi 25 décembre 2014

Notre système de soins est-il vraiment en péril ?

Etienne Caniard, président de la Mutualité française

L’ampleur inhabituelle de la mobilisation des médecins appelant à fermer leur cabinet entre Noël et le Jour de l’an ne peut laisser indifférent. Le projet de loi santé, qui focalise les mécontentements de nombreux professionnels, mérite-t-il cette réprobation ? L’outrance des positions de la plupart des syndicats médicaux, de l’Ordre des médecins, les excès de certaines campagnes de communication pourraient laisser penser que les orientations de la future loi menacent la médecine libérale, et au-delà tout notre système de santé.


Caisse primaire d'assurances maladie (CAM), 8 octobe 2014 à Lille (Nord). AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN
Caisse primaire d'assurances maladie (CAM), 8 octobe 2014 à Lille (Nord).
AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN | AFP / PHILIPPE HUGUEN


Trois dispositions de cette loi concentrent les critiques : la timide évolution du dispositif conventionnel pour mieux prendre en compte les disparités territoriales, la volonté d’encadrer les pratiques tarifaires dans le service public hospitalier ouvert aux cliniques privées et la généralisation du tiers payant. Ce sont pourtant trois dispositions qui visent à lutter contre les renoncements aux soins, qui n’ont jamais été aussi élevés : 26 % de nos concitoyens. La généralisation du tiers payant facilite l’accès aux soins. Il est déjà pratiqué par près de 100 000 professionnels de santé en France, de manière volontaire et à la satisfaction de l’immense majorité d’entre eux et des patients.
C’est aussi un moyen de paiement moderne qui, généralisé, permettrait de laisser plus de 11 milliards d’euros dans l’économie, à la disposition des ménages. Ce progrès va tellement de soi qu’il a été adopté par vingt-cinq des vingt-huit pays européens. Bien sûr, sa mise en œuvre ne doit pas générer de charge administrative nouvelle pour les professionnels de santé. Les complémentaires s’y engagent, car rien ne se fera sans les médecins, moins encore contre eux.

Il faut aller plus loin

 

En réalité, l’opposition au tiers payant est le symptôme d’un malaise plus profond, lié notamment aux conditions d’exercice, aux contenus des métiers, à l’adaptation des pratiques au progrès médical. La question des rémunérations doit aussi être abordée. Certains médecins, les généralistes, ceux dont la pratique est essentiellement clinique et nécessite temps et écoute, les praticiens de secteur 1 [tarif qui sert de base aux remboursements de la caisse d’assurance-maladie] en général et l’immense majorité des soignants, éternels oubliés du débat, doivent bénéficier de revalorisations. Celles-ci sont en cours pour les généralistes à travers les rémunérations forfaitaires qui ont permis une progression significative de leurs revenus. Il faut aller plus loin !
Nous avons besoin d’une approche d’ensemble de la rémunération des professionnels de santé, d’une véritable politique des revenus et des carrières, qui nécessite de revoir profondément l’ensemble du dispositif conventionnel avec les professionnels de santé – dispositif qui n’a atteint aucun de ses objectifs dans les dernières décennies. La contractualisation avec les professionnels de santé doit permettre une relation directe entre ces derniers et les mutuelles, afin de mieux rembourser les dépassements d’honoraires lorsqu’ils sont pertinents et raisonnables, pour réduire le reste à charge des patients tout en contribuant à la revalorisation de la pratique des médecins – notamment clinique.
Enfin, avant même les questions de financement, notre système souffre d’un défaut d’organisation. Aucune solution n’émergera si l’Etat, après avoir fixé les objectifs et affiché les résultats à atteindre, ne fait pas confiance aux acteurs. Le système est trop complexe pour prétendre pouvoir être géré de manière centralisée et solitaire par l’Etat ou l’Assurance-maladie. Les acteurs (professionnels de santé, complémentaires…) doivent pouvoir prendre leurs responsabilités, négocier entre eux, s’adapter aux réalités territoriales, aux besoins spécifiques de certaines populations, s’engager sur des résultats et, surtout, revenir toujours à l’intérêt des patients. Il est temps de donner au débat sur la politique de santé et de protection sociale la place qui doit être la sienne dans la définition de politiques publiques. La Mutualité prendra sa place dans ce débat, avec pour seul objectif d’améliorer l’accès aux soins et de diminuer le reste à charge des Français.

Le Monde, 22/12/2014.

samedi 13 septembre 2014

Patient décédé après une erreur d'intraveineuse à Bordeaux : information judiciaire ouverte

Une information judiciaire contre X pour homicide involontaire a été ouverte par le parquet de Bordeaux, a annoncé celui-ci vendredi, à la suite d'une erreur médicale dans un hôpital de la ville, où un patient est décédé après avoir reçu un médicament qui ne lui était pas destiné.

Selon les premiers éléments de l'enquête, le patient de 61 ans, admis le 25 août à l'Institut Bergonié spécialisé dans le traitement des cancers, a reçu mercredi après-midi une injection en intraveineuse de chlorure de potassium, en lieu et place de l'injection de corticoïdes prescrite.
L'injection de chlorure de potassium, "prévue pour un autre patient qui se trouvait dans une autre chambre", a entraîné presque immédiatement des "difficultés respiratoires" conduisant "très rapidement" au décès du malade, a précisé la procureur de la République de Bordeaux, Marie-Madeleine Alliot, en conférence de presse.
Dans l'heure suivant le décès, l'établissement avait alerté la police évoquant une "erreur d'administration médicamenteuse".
L'injection a été faite par une élève infirmière, accompagnée par une infirmière titulaire, en présence de la famille du patient admis en soins palliatifs, a indiqué la magistrate. Elle a précisé que l'autopsie, pratiquée jeudi, avait "confirmé que l'injection était à l'origine du décès".
Selon Mme Alliot, deux seringues se trouvaient à disposition de l'infirmière lors de l'injection. "L'emballage était étiqueté, mais pas la seringue", a-t-elle précisé, évoquant une "erreur d'inattention, une imprudence". Les deux infirmières ont été entendues, mais n'ont pas été placées en garde à vue.
La magistrate a précisé que la famille du patient avait déposé plainte pour "avoir accès au dossier".
Concernant d'éventuelles difficultés "de personnels, d'encadrement ou de pression" au sein du service, la procureur a renvoyé à l'enquête dans le cadre de l'information judiciaire, à laquelle il appartiendra de "rechercher les responsabilités pénales". La peine encourue est de trois ans de prison et 45.000 euros d'amende.
L'hôpital a également diligenté une enquête interne "pour déterminer précisément l'origine des faits". En parallèle, l'Agence régionale de santé (ARS), conformément à ses procédures, a annoncé la mise en place d'une "mission d'inspection contrôle".
Le directeur de la politique médicale de Bergonié, le Pr Emmanuel Bussières, a évoqué vendredi un "émoi considérable au sein du personnel, totalement dévoué aux patients", et une "situation terrible car le drame est intervenu dans une situation de soins".
jb-pbl/nm
Par l'AFP, le 13 septembre 2014.