dimanche 1 décembre 2019

Le réchauffement climatique lié aux activités humaines est connu depuis 40 ans

La communauté internationale et les politiques ont ignoré les avertissements des scientifiques, et des entreprises ont sciemment semé le doute dans l’opinion.


Sur la question climatique, tout regard rétrospectif sur l’accumulation du savoir depuis un demi-siècle ne peut produire que deux réactions : regret et consternation d’une part, effroi d’autre part. Regret et consternation car, bien que la science sache fermement, depuis au moins la fin des années 1970, que les émissions humaines de gaz à effet de serre modifient profondément le climat terrestre, rien n’a été entrepris à temps pour infléchir le cours des choses. Effroi, car les nouvelles connaissances conduisent presque toujours à aggraver les diagnostics précédents.
Mi-septembre 2019, les deux grandes institutions scientifiques françaises impliquées dans des travaux de modélisation du climat terrestre – le Centre national de recherches météorologiques et l’Institut Pierre-Simon-Laplace – ont rendu publique la mise à jour de leurs projections : dans le pire des scénarios de développement, fondé sur une croissance économique soutenue par la combustion des ressources fossiles, la température moyenne mondiale pourrait s’élever, d’ici à 2100, de 6 °C à 7 °C par rapport au climat préindustriel.

Les dernières simulations de ces deux équipes, utilisées dans le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), sous-estimaient donc l’élévation de la température de près de 1 °C. Comment imaginer l’adaptation des sociétés et des économies dans un monde oppressé par une telle hausse des températures ? Cette question est dangereusement ouverte.


Incendies et canicules


Car, aujourd’hui, le thermomètre terrestre ne pointe qu’à environ 1 °C de réchauffement, mais la situation est déjà difficilement gérable dans les régions du monde les plus exposées aux risques de sécheresses, de canicules ou d’inondations. A 1 °C de réchauffement, les océans se sont en moyenne déjà élevés de 20 cm environ, l’acidité de leurs eaux de surface s’est accrue de 25 % environ et l’avenir réserve d’autres surprises, plus sombres encore. Chaque saison estivale charrie désormais un lot croissant de catastrophes.

Dans un pays comme la France, pourtant moins exposé aux risques du réchauffement que nombre de régions du monde, on comptait moins de deux épisodes caniculaires par décennie entre 1950 et 1990 sur le territoire métropolitain, alors qu’on en dénombre déjà seize entre 2010 et 2019. Soit un taux huit fois plus élevé. En très peu de temps, le changement climatique a cessé de n’offrir aux citoyens occidentaux que le spectacle des malheurs de pays pauvres et lointains, voire la possibilité de dommages éventuels dans un
futur distant.










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Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr

samedi 4 mai 2019

Le changement climatique, fléau pour la santé humaine

Les inondations, les canicules, les sécheresses et les tempêtes aggravent, et pour longtemps,  la mortalité et la morbidité dans le monde.


Il est en train de devenir le plus grand défi sanitaire du XXIe siècle. Le changement climatique, avec son lot de vagues de chaleur, d’inondations ou de sécheresses extrêmes, affecte d’ores et déjà la vie et la santé des humains, aggravant la mortalité et la morbidité aux quatre coins du monde. Autrefois perçus comme une menace lointaine ou incertaine, ces effets sont désormais documentés et confirmés par les récentes catastrophes, telles que le dévastateur cyclone Idai qui a tué plus de 1 000 personnes au Mozambique et au Zimbabwe mi-mars et a entraîné une épidémie de choléra.

Le changement climatique a déjà provoqué un accroissement du nombre de vagues de chaleur – la température mondiale a augmenté de 1 °C depuis le début de l’ère préindustrielle. En 2017, 157 millions de personnes supplémentaires ont été exposées à des événements caniculaires comparé à l’année 2000, selon la dernière édition du « compte à rebours sur la santé et le changement climatique » du Lancet, revue médicale britannique de référence.

Ainsi, les populations vulnérables, notamment les adultes de plus de 65 ans, sont exposées au stress thermique, ce qui augmente leur risque de développer des maladies cardio-vasculaires et rénales. Le phénomène a été particulièrement observé en Europe – 70 000 personnes ont succombé à la canicule en 2003 – et en Méditerranée orientale, probablement en raison d’une population plus âgée vivant en zone urbaine. Ces chaleurs extrêmes ont entraîné la perte de 153 milliards d’heures de travail en 2017 dans le monde, dont 80 % dans le secteur agricole. Une baisse de revenus qui affecte encore davantage, indirectement, la santé des plus fragiles.

« Niveau de risque inadmissible »

Le réchauffement provoque également une recrudescence des allergies. « La hausse des températures favorise la diffusion de végétaux allergènes, comme l’ambroisie ou le bouleau en Europe, précise Sophie Godin-Beekmann, directrice de recherche au CNRS. Les allergies sont plus fortes dans les villes polluées car les gens sont plus fragilisés. »
Le réchauffement pourrait entraîner 250 000 morts supplémentaires chaque année entre 2030 et 2050, selon l’Organisation mondiale de la santé

Plus largement, les aléas climatiques touchent actuellement 27 attributs de la santé humaine (mortalité, morbidité, blessures, malnutrition ou encore espérance de vie), selon une large recension parue dans Nature Climate Change en novembre 2018.
Les inondations, les incendies ou les tempêtes entraînent des noyades, des asphyxies, des famines et la recrudescence d’épidémies, telles que le paludisme, la dengue, le choléra ou des diarrhées. Les risques climatiques altèrent également la santé mentale : des dépressions et des stress post-traumatiques ont été recensés après des tempêtes aux Etats-Unis, comme l’ouragan Katrina qui a dévasté la Nouvelle-Orléans en 2005.

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Article intégral en ligne : https://www.lemonde.fr
Source : Le Monde.fr, 13/04/2019.

dimanche 3 décembre 2017

Dérèglement climatique : la santé mondiale en danger

Les chiffres mis en lumière par ce rapport intitulé «Lancet Countdown» donnent le tournis : en moyenne 125 millions de personnes supplémentaires ont été touchées par des vagues de chaleur depuis 2000. Les moins responsables du réchauffement en sont les premières victimes.

Vingt-quatre institutions et organisations intergouvernementales, dont l’Organisation mondiale de la santé, la Banque mondiale et plusieurs universités, publient ce mardi un premier rapport complet sur les enjeux sanitaires liés au climat. Intitulée Lancet Countdown (pour «compte à rebours», ndlr), et réalisée en partenariat avec la revue médicale britannique The Lancet, l’initiative s’appuie sur les travaux de la «Commission on Health and Climate Change» de la revue qui concluait dès 2015 que le changement climatique menaçait de saper les avancées des cinquante dernières années en matière de santé publique, et sur l’Accord de Paris, la même année. Ce bilan est amené à être reproduit chaque année jusqu’en 2030.

Paris noyée dans la pollution, le 29 décembre 2016.
Paris noyée dans la pollution, le 29 décembre 2016. Photo Lionel Bonaventure. AFP

Blessures ou morts liées à des événements météorologiques extrêmes, pénuries, maladies transmises par des moustiques, risques sécuritaires, migrations liées à des sécheresses répétées ou à la montée du niveau des océans, les auteurs du rapport recensent les nombreux liens entre le changement climatique et la santé. «Le rapport du "Lancet Countdown" met à nu l’impact que le changement climatique a sur notre santé aujourd’hui. Cela montre aussi que s’attaquer au changement climatique directement, sans équivoque et immédiatement, peut améliorer la santé mondiale. C’est aussi simple que ça», résume la présidente du conseil consultatif du Lancet Countdown et ex-secrétaire de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, Christiana Figueres.

mercredi 28 juin 2017

Réchauffement climatique : il ne reste que 3 ans pour inverser la tendance

Un groupe de scientifiques et dirigeants sonne l'alerte : nous n'aurions plus que jusqu'en 2020 pour réduire les émissions de gaz à effet de serre si l'on veut espérer atteindre les objectifs de l'accord de Paris.

 

Quelles que soient les bonnes intentions affichées par la quasi totalité de la planète lors de la COP21, l'accord de Paris sur le climat semble avoir du plomb dans l'aile, et pas seulement à cause du retrait des Etats-Unis décidé par le président Trump. Espérer contenir l'augmentation globale des températures à 1,5° par rapport à la moyenne de l'ère pré-industrielle est déjà un objectif difficile. L'accord de Paris vise pourtant cet objectif, et a minima voudrait maintenir cette hausse "nettement en dessous de 2°".
Certains ne croient pas que cela soit faisable, sauf à prendre des mesures drastiques, et pensent que la cible des 2° serait de la science-fiction si l'on se contentait de ce qui est suggéré par l'accord de Paris, et qu'il faudrait se préparer à un monde difficile approchant les +3° à la fin du siècle.

Réchauffement climatique : il ne reste que 3 ans pour inverser la tendance
Températures durant la période 2012-2016. L'échelle indique les variations
enregistrées par rapport à la température moyenne du globe
((NASA/Goddard Space Flight Center Scientific Visualization Studio) )
 Aujourd'hui, c'est un groupe de décideurs et de scientifiques, emmenés par Christiana Figueres, vice-présidente de la Convention mondiale des maires pour le climat et l'énergie, qui alerte la communauté internationale dans un article publié par "Nature".
Les auteurs ont été rejoints par de nombreux signataires du monde politique, universitaire, mais aussi économique.  Ils affirment que nous n'avons plus que trois ans pour infléchir nos émissions de gaz à effet de serre. Si ces émissions continuaient à augmenter, ou même restaient stables en 2020, il serait alors impossible d'atteindre les objectifs de la COP21. Pourtant, les auteurs de cet appel pensent qu'il est encore possible d'y parvenir... à condition de faire chuter nos émissions d'ici 2020.


mercredi 11 novembre 2015

Le réchauffement climatique va frapper les plus pauvres, la preuve




Réduction de la nourriture, baisse de la production, exposition aux catastrophes naturelles et aux maladies… Les plus pauvres sont les plus exposés au changement climatique, et à l’approche de la Cop 21, il est urgent d’agir, explique la Banque Mondiale.

 

Le réchauffement climatique va frapper les plus pauvres 


1 milliard
de personnes visant dans les pays les plus pauvres produisent moins de 1 % des émissions de gaz à effet de serre
122 millions de pauvres
Selon les prévisions, le réchauffement climatique fera entre 35 et 122 millions de pauvres supplémentaires en 15 ans 
Chaque degré supplémentaire
Fait chuter la croissance des pays en développement de 1,2 à 3,8 %, selon les études et les pays
Le réchauffement climatique va également réduire la quantité de nourriture disponible dans les pays les plus pauvres. Ce graphique montre le pourcentage d'apport calorique quotidien que les habitants d'Afrique sub-saharienne recevront d'ici 2080, en fonction des efforts décidés. 100 % étant l'apport calorique quotidien moyen d'un habitant de pays développé.

500 000       
personnes mourront chaque année dès 2030 des conséquences du réchauffement climatique si des mesures urgentes et radicales ne sont pas prises
Le réchauffement climatique est un facteur aggravant de nombreuses maladies, parmi lesquelles les diarrhées, maladies respiratoires et le paludisme, particulièrement dangereuses chez les jeunes enfants.Les causes de la mortalité (exprimé en X pour 1000) chez les enfants de moins de 5 ans le démontrent bien.

C'est d'autant plus grave que dans les pays les plus pauvres, la moitié des dépenses de santé est payée de la poche des malades.

Une inégalité au sein même des pays les plus pauvres

 

Prenons l'exemple des chocs climatiques au Maghreb et au Moyen-Orient. Les plus pauvres ont, en pourcentage, perdu bien plus que les plus riches.

Dans l'ensemble, les foyers dans les pays en développement souffrent de nombreux accidents. Particulièrement en zone rurale. Voici exprimée en pourcentage, la part des foyers touchés par diverses catastrophes, de ces pays en voie de développement représentatifs de leur région, selon les zones d'habitations, urbaine ou rurale.

Retrouvez toutes les infographies explicatives : http://www.humanite.fr/le-rechauffement-climatique-va-frapper-les-plus-pauvres-la-preuve-589192
L'Humanité, Pierric Marisal, 8/11/2015.

mercredi 10 septembre 2014

Emissions de gaz à effet de serre : le terrible record mondial encore battu

Les gaz responsables du réchauffement climatique ont atteint de nouveaux records de concentration dans l'atmosphère en 2013. Pendant ce temps, la communauté internationale se tourne les pouces.


Les gaz à effet de serre – ceux qui piègent sur Terre la chaleur du soleil et provoquent le réchauffement climatique - ont atteint en 2013 des concentrations records dans l'atmosphère selon l'OMM, l'Organisation météorologique mondiale (une agence de l'ONU).
Sont principalement surveillés par l'Organisation météorologique mondiale dans cette étude, le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et le protoxyde d'azote (N2O), trois gaz présents dans les émissions qui résultent des activités humaines.
Le dioxyde de carbone est le plus répandu, il est le grand responsable du réchauffement en cours. Mais le pouvoir « réchauffant » du méthane lui est par exemple 25 fois supérieur à quantité égale, celui du protoxyde d'azote environ 300 fois. Les scientifiques estiment que 60% des rejets de méthane dans le monde sont d'origine humaine (élevage de bétail et production de gaz dans les décharges d'ordures ménagères, par exemple), 40% pour le protoxyde d'azote.
Ce record en valeur absolu est en soi inquiétant. Il l'est encore plus quand on sait que la hausse de la concentration de ces gaz dans l'atmosphère s'emballe. Le taux d'accroissement du CO2 atmosphérique entre 2012 et 2013 représente la plus forte augmentation annuelle depuis 1984, selon l'OMM, qui a présenté ses travaux mardi à Genève.

Vers un bouleversement majeur du climat

Les milieux naturels semblent absorber moins de CO2 qu'auparavant, ce qui constitue une surprise désagréable pour les scientifiques. On considère qu'environ la moitié des rejets de CO2 dans l'atmosphère est piégée soit dans les océans (25%), soit dans les écosystèmes sur la terre ferme (25%). Par la croissance des arbres, par exemple, qui ont besoin de carbone. L'absorption du carbone dans les mers du globe n'est pas sans conséquences. Elle contribue à les acidifier à un rythme « sans précédent depuis au moins 300 millions d'années », selon l'OMM. Par comparaison, l'extinction des dinosaures à la fin du crétacé date de 65 millions d'années. Cette acidification a d'ores-et-déjà des effets sur la faune marine, les animaux à coquille ayant de plus en plus de mal à la fabriquer (le carbonate de calcium est attaqué par l'acidité).
Le second facteur qui explique le pic des gaz à effet de serre est archi-connu : les émissions de ces gaz continuent à augmenter, ce qui témoigne de la complète indifférence de la communauté internationale à juguler le réchauffement climatique. Celle-ci s'engage, sommet climatique après sommet climatique, à limiter ce réchauffement à 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle. Mais la réalité est têtue : les émissions actuelles mettent le climat sur une trajectoire de quatre à cinq degrés de plus à la fin du XXIe siècle, ce qui correspondrait à un bouleversement majeur des climats mondiaux dans un laps de temps si court que les écosystèmes seraient en péril. Et donc les ressources naturelles que l'homme utilise au quotidien.

Absence consternante de volonté politique

Les études nationales illustrent l'envolée annoncée. Remis à Ségolène Royal et rendu public samedi 6 septembre, le rapport sur « Le climat de la France au XXIe siècle » augure de sérieuses difficultés : une hausse des températures moyennes entre 0,6°C et 1,3°C d'ici 2050, de 2,6°C à 5,3°C en été d'ici 2100, une augmentation des jours de canicule et des épisodes de sécheresse, en clair un changement brutal de climat. Autre exemple, une étude américaine dévoilée mardi avance que plus de la moitié des espèces d'oiseaux d'Amérique du Nord seraient menacées d'extinction si le réchauffement climatique se poursuivait. Ce qu'il va faire, car l'inertie de la grande machine climatique terrestre est telle que des mesures très fortes de réduction des émissions de gaz à effet de serre ne produiraient leur effet qu'avec des décennies, voire des siècles de retard. 
Le grand écart permanent entre les ambitions affichées et l'absence consternante de volonté politique pour les traduire dans le concret fait une fois de plus sortir l'ONU de ses gonds. Celle-ci a appelé mardi à « une action internationale concertée urgente ». Le secrétaire général de l'organisation, Ban Ki-moon, aura l'occasion de le marteler le 23 septembre prochain à New York, lors de la convocation d'un sommet sur le climat. La réunion est censée enclencher la marche avant pour la conclusion d'un accord à l'occasion de la grande conférence internationale prévue à Paris à la fin 2015. Accord qui entrerait en vigueur en 2020. C'est mal parti.
 
Photo archives AFP MARK RALSTON

Source : Site internet du Journal Sud-Ouest.