jeudi 30 octobre 2014

Le suicide est contagieux à l'adolescence

On décrit souvent les adolescents comme des êtres influençables. Une récente étude sur les comportements suicidaires corrobore cette idée. Quand un membre de son entourage a tenté de mettre fin à ses jours, un adolescent a plus de risques de développer des pensées suicidaires, voire d’essayer à son tour de se donner la mort. Deux chercheurs en sociologie de l’université de Memphis se sont penchés sur les données de l’enquête nationale longitudinale sur la santé des collégiens et des lycéens aux États-Unis. Les auteurs ont pris soin de se concentrer sur les jeunes qui n’avaient pas déclaré de comportements suicidaires lors de la première vague de l’enquête, en 1994-1995. Ils ont surveillé l’apparition de telles conduites un an et six ans après la tentative de suicide d’un proche.

À la lueur des résultats, les garçons apparaissent moins vulnérables que les filles : dans les mêmes circonstances, la probabilité de développer des comportements suicidaires est plus grande pour ces dernières. L’hypothèse des auteurs ? Elles seraient plus affectées car elles ont tendance à construire des relations plus intimes avec leur entourage et font davantage preuve d’empathie. Pour les filles comme pour les garçons, l’effet de contagion s’avère également plus fort face à l’acte désespéré d’un ami,
plutôt qu’à celui d’un membre de la famille. D’autres recherches ont mis en évidence le mouvement important d’identification aux pairs, caractéristique de l’adolescence, qui accompagne les efforts de différenciation vis-à-vis de l’entourage familial. Enfin, après la tentative de suicide d’un proche, l’effet sur les comportements des jeunes étudiés est durable : il persiste au moins un an et s’estompe de manière significative sous six ans.

Aurélia Descamps - Sciences Humaines novembre

mardi 23 septembre 2014

L'Unicef s'alarme du mal-être des adolescents français

43 % des jeunes de 15 ans et plus seraient en situation de " souffrance psychologique ", selon une étude menée auprès de 7 000 adolescents. Un malaise accentué par la crise économique

Les adolescents connaissent, en France, un mal-être dont l'ampleur frappe l'Unicef. Pour la deuxième année consécutive, le Fonds des Nations unies pour l'enfance a mené partout en France, au printemps, une vaste étude auprès des 6-18 ans, qui fait l'objet d'un rapport remis au gouvernement, mardi 23 septembre. Parmi les personnes interrogées, quelque 7 000 adolescents (12-18 ans) ont évoqué leur quotidien, mais aussi leurs peines, leurs idées suicidaires et conduites addictives, " d'une ampleur inquiétante ", selon l'Unicef. 43 % des jeunes de 15 ans et plus seraient ainsi en " situation de souffrance psychologique ".
Le mal-être adolescent, miroir d'une société en crise, lit-on en filigrane dans ce rapport intitulé " Adolescents en France  : le grand malaise ". Car la situation matérielle des familles n'est pas sans rapport avec ce mal-être adolescent. 17 % des enfants et adolescents consultés se trouvent en " situation de privation matérielle ". Ils ont répondu négativement à quatre des dix-sept critères qui servent à l'Unicef pour évaluer la précarité à l'échelle européenne ("  Je mange trois repas par jour ", " J'ai au moins un jeu ou jouet adapté à mon âge ", " Un endroit pour faire mes devoirs au calme "…).
Cette précarité va de pair avec d'importantes difficultés d'intégration dans toutes les sphères de la vie sociale, note l'Unicef, en un " cumul des inégalités " qui a " une forte probabilité d'être vécu comme une souffrance ". En famille, une proportion non négligeable d'interrogés disent ne pas se sentir valorisés par leur père (23 % des 15 ans et plus), ou leur mère (11 % des 15 ans et plus). Vivre, même, des relations tendues avec leurs parents (autour de 40 %). Dans les familles les moins nanties, la moitié des jeunes a fait état de tensions.
Mêmes difficultés accrues à l'école, qui " ne joue pas son rôle de reconnaissance et de protection pour un grand nombre d'enfants ", regrette l'Unicef. Près de la moitié des sondés (45 %) se sentent angoissés à l'idée de ne pas réussir. Chiffre qui atteint 60 % chez les jeunes en situation de privation.
Malgré les sommes " considérables " investies dans l'éducation et la prise en charge des enfants, analyse, dans l'étude, la pédiatre et psychothérapeute Catherine Dolto, " un trop grand nombre d'entre eux se sentent à la dérive dans le tournant de l'adolescence ". Derrière ces vies " très privilégiées au regard de la majorité des enfants du monde ", se cachent l'alcoolisme, la drogue, le harcèlement, " une immense solitude, un désarroi qui étouffent insidieusement le désir de vivre ".
81 % des participants ont avoué qu'il leur arrivait d'être tristes ou " cafardeux ", 52 % de n'avoir plus goût à rien. L'alcool est de consommation habituelle, jusqu'à l'ivresse, pour 41 % des plus de 15 ans. La drogue, pour 32 %. Une fois encore, ce sont les adolescents les plus démunis qui sont le plus sujets aux conduites addictives. Le plus tentés, aussi, par le suicide, question par ailleurs " fortement présente " à l'esprit des adolescents sollicités. Quelque 32 % reconnaissent qu'il leur est arrivé d'y penser ; 12 % qu'ils ont tenté de mettre fin à leurs jours.
" Le harcèlement sur les réseaux sociaux joue un rôle crucial dans le passage à l'acte, multipliant les risques par trois, s'alarme Serge Paugam, sociologue et directeur de recherches au CNRS, qui a encadré l'étude. Ces réseaux développent les liens sociaux des ados qui y sont présents à près de 90 %. Mais le manque de “popularité”, la critique, le harcèlement les entraînent dans une angoisse relationnelle qui explique les tentatives de suicide ".
Autre intérêt de l'étude, pour le sociologue  : l'impact confirmé des séparations parentales dans le mal-être adolescent. " Ce n'est pas du modèle familial lui-même que naît la souffrance, mais de la manière dont il est vécu et regardé par la société ; des tensions et de l'isolement qu'il génère ", complète le docteur Dolto.
D'où la nécessité d'inventer de nouveaux lieux d'écoute et des formes étroites d'accompagnement. Le rapport tiré de cette étude vaudra " interpellation des pouvoirs publics  et de la société civile dans son ensemble ", espère la présidente d'Unicef-France, Michèle Barzach. " Nous avons tous un devoir de réassurance vis-à-vis de ces jeunes. "
Pascale Krémer
Article publié dans le journal Le Monde du 24 septembre 2014.

mercredi 23 octobre 2013

MIEUX PREVENIR LE SUICIDE DES PERSONNES AGEES / les propositions du comité de bientraitance

Michèle Delaunay, ministre déléguée aux personnes âgées et à l'autonomie, a profité du 8 octobre, Journée Internationale de prévention du suicide, pour présenter les recommandations émises par le Comité National pour la Bientraitance et les Droits des Agés et des handicapés (CNBD) sur le suicide des personnes âgées.

Extrait de agevillage.fr

LUTTE CONTRE L'ISOLEMENT DES PERSONNES AGEES / la Nièvre fait partie des "départements tests"

La "mobilisation nationale de lutte contre l'isolement des âgés" (Monalisa) entre dans sa phase opérationnelle. C’est ce qu’a annoncé Michèle Delaunay, ministre déléguée aux Personnes âgées, mardi 8 octobre 2013.


France Tv info


Extrait de bourgogne.france3.fr